DÉFÉCATION
vaginal à travers la cloison, ce qui ne se pourrait si ^ avant leur expulsion, elles avaient pour réservoir la portion courbe de TS iliaque du côlon. D'ailleors les ouvertures des corps ne confirment point les vues du chirurgien irlandais.
Nous sommes avertis de la nécessité de rendre les matières fécales par une sensation particulière qui se confond ici avec le besoin même d'évacuation. Elle est déterminée par le contact des fèces qui de Tampoule rectale descendent dans la partie sous-jacente. Leur présence, en même temps qu'elle occasionne un sentiment de pesanteur, irrite la muqueuse et sollicite la contraction des puissances expultrices. Le môme effet est aussi produit dans certaines conditions et par d'autres causes : ainsi le gonflement de la prostate, un calcul vésical, la saillie de la vessie distendue par Turine, la tête du fœtus dans raccouchement, peuvent faire naître le besoin de la défécation. C'est ainsi encore que l'introduction d'un suppositoire dans l'anus provoque la même sensation et amène le même résultat.
L'obstacle à la sortie des matières réside dans la contraction des sphincters, ou mieux du sphincter externe; et c'est pour vaincre cette contraction que convergent les efforts des puissances musculaires qui concourent à la défécation. Dans l'état habituel, la- défécation s'opère par l'action péristaltique de l'intestin, aidée de la contraction du diaphragme et des muscles abdominaux. Toutefois, l'intestin peut, dans quelques cas, se débarrasser des fèces sans le secours de ces derniers muscles : les fortes fibres longitudinales du rectum triomphent, à elles seules^ de la résistance du sphincter. Le fait est facile à vérifier sur un chien dont le ventre a été ouvert.
Dans l'expulsion des matières, le diaphragme et les muscles abdominaux se contractent simultanément et resserrent dans tous les sens la cavité abdominale : en même temps se produit le phénomène de l'effort. Les viscères abdominaux , poussés en bas et en avant par le diaphragme, en arrière par les muscles de l'abdomen, transmettent cette pression suivant une ligne qui vient tomber dans le petit bassin; une attitude instinctive du corps, dont le tronc s'incline en avants en favorise la force et la direction. Sous cette pression, le rectum et les matières qu'il renferme sont refoulés, en bas, vers l'anus qu'on voit s'abaisser à chaque effort. Mais, dans le même moment, une autre puissance entre en action et apporte une résistance en sens opposé : c'est la contraction du releveur de l'anus. Les fibres de ce muscle, prenant leur point fixe sur leurs attaches au pourtour du bassin, se redressent en se contractant et portent ainsi en haut l'extréinilé inférieure du rectum. En même temps elles ont pour effet de dilater Torifice anal et deviennent des auxiliaires efficaces des fibres longitudinales du rectum. Ainsi pressées, sous ces efforts divers, les matières s'engagent à travers l'ouverture du sphincter et parviennent au dehors.
En un mot, la résistance du sphincter cède à l'action de deux forces : l'une, en vertu de laquelle les matières, refoulées par le diaphragme et les muscles de l'abdomen, pressent de haut en bas; l'autre, qui, représentée par le releveur de l'anus et les fibres longitudinales du rectum, porte de
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bas en haut cet intestin en même temps qu'elle opère la dilatation de ^ sphincter. La défécation s'accomplit sous l'effort de ces puissances agissa| synergiquement.
La muqueuse du rectum, lâchement unie à la couche musculaire so jacente, est, chez certains animaux, comme le cheval^ entraînée sous fo de bourrelet, en même temps que les matières franchissent le sphinc elle rentre dans l'intestin immédiatement après leur expulsion. Quelquefi chez l'homme, et particulièrement chez l'enfant, ce phénomène se prodi accidentellement : il est, dans ce cas, un état pathologique et réel l'intervention du chirurgien.
La défécatiou, on le sait, exige de la part des puissances expultrices di efforts proportionnés au degré de consistance, au volume des roatièii fécales ; il faut aussi tenir compte de la fréquence des évacuations pluso, moins rapprochées. Celles-ci sont d'autant plus diflSciles qu'elles sont plu rares. Quand les matières sont liquides ou semi-liquides, elles sont facih ment évacuées ; dans les cas où le mouvement péristaltique est très-éne^ gique, elles sont parfois précipitées au dehors comme un flot : c'est mi que, dans quelques cas, les lavements sont rendus. Quelquefois, dam I dysenterie, par exemple, les évacuations provoquées par l'irritation doi^ loureuse de la partie inférieure du rectum se renouvellent à intervaliâ très-rapprochés; c'est à ce besoin fréquemment renouvelé, et soureo illusoire, qu'on donne le nom de téneime,
La volonté intervient dans l'acte de la défécation : son influence s'eien* sur le sphincter dont nous pouvons, à notre gré^ provoquer la contractioi] pour retarder ainsi l'évacuation des matières fécales. Cependant cette ré sistance a des limites au delà desquelles le mouvement péristaltique l'cm porte invinciblement. Le sphincter jouit en outre d'un mode particulie d'action qu'on appelle sa tonicité, sorte de tension, commune d'ailleur tous les muscles, mais plus prononcée dans les muscles annulaires, qui e^i permanente et qui ferme l'anus sans l'intervention de la volonté. Ces dea modes d'action du sphincter, la tonicité et la contraction volontaire, son sous la dépendance de la moelle épinière, par l'intermédiaire des demièrt! paires sacrées. Aussi^ la suppression, par une cause quelconque, de cett influence nerveuse, anéantit-elle ces facultés contractiles. On sait quei troubles apportent dans la défécation les affections de la moelle épinière Ne faut-il pas aussi rapporter à une suspension de l'influx nerveux dans ) rectum, le cas où une violente frayeur, une émotion subite entraine le r€ lâchement des sphincters ?
VMigea mécaiil^acs dea sas latcatlsaax.
Lorsqu'on ouvre un animal vivant, qu'il soit à jeun bu en pleine dige^ tion, on reconnaît que son tube intestinal est constamment rempli par de gaz dont l'étude, sous le rapport de leur origine et de leur compositio; chimique, devra nous occuper plus Uird. Quant à leurs usages mécanique^ ils se rapportent à la fois aux fonctions locomotrice et digestive.
PHÉNOMÈNliS CUiM[QU£S 1>£ LA DIGESTION. 177
Les gaz intestinaux concourent, avec les divers replis du péritoine, à soutenir les viscères abdominaux. Dans la marche et surtout daiis Teffort, ils jouent^ par rapport à Tabdomen, le même rôle que Tair inspiré relativement à la cage thoracique : ils fixent les parois abdominales et fournissent ainsi QD point d'appui résistant aux muscles dont la contraction est indispensable à Taccomplissement de l'effort. La pression à laquelle ils sont alors soumis de dehors en dedans est des plus énergiques ; seulement cette pression^ transmise dans tous les sens, est également répartie dans les divei'S points de l'abdomen.
Lors de la défécation, l'influence mécanique des gaz intestinaux est très* poissante : les muscles nombreux qui entrent alors en contraction agissent par transmission de pression sur des organes qu'ils ne touchent pas et qu'ils ne sauraient comprimer douloureusement.
Dans l'expiration^ l'action des gaz intestinaux n'est pas moins remarqua* ble : chez les animaux qu'une course rapide a rendus haletants^ les mou- Tements précipités et énergiques des flancs mettent cette action dans tout son jour. Ajoutons, que, dans la course et le saut, ces gaz amortissent les chocs auxquels se trouvent alors exposés les viscères abdominaux.
Les gaz intestinaux maintiennent béante la cavité du tube digestif que les matières alimentaires parcourent ainsi sans difficulté. De plus, ils fournissent un point d'appui à la tunique musculeusc de l'intestin : les mouvements de raccourcissement produits par l'action des fibres longitudinales, et ceux de rétrécissement, auxquels donne lieu la contraction des libres circulaires^ en deviennent plus faciles et plus efficaces. 11 en est de même du glissement des circonvolutions de l'intestin grêle les unes sur les autres.
Les parois intestinales se trouvant ainsi soutenues et déplissées, la circnlation n'est nullement gênée dans les vaisseaux de toute espèce qui les parcourent ; l'absorption et les sécrétions, qui s'accomplissent à la face interne de ces parois, s'exécutent aussi dans les conditions les plus favora* blés, puisque les organes chargés de ces fonctions importantes sont libres dans leur action, et que celle-ci peut s'exercer sur la plus grande surface possible, la distension du tube intestinal par les gaz restant^ d'ailleurs, dans les limites physiologiques.