‹ Traité de physiologieChapitre 4 sur 141 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

la vie. Plus loin, nous reviendrons sur d'importants problèmes dont la solution est due à la chimie moderne; cju'il nous suffise, pour l'instant, de rappeler que c'est surtout grâce à elle que la physiologie a été défi-^ oitivement constituée comme science.

Descartes contribua à introduire la mécanique dans l'étude des fonctions, ou plutôt il systématisa les tendances qui avaient inspiré les travaux de Borelli, peut-être aussi ceux de G. Harvey, et qui avaient procuré à ce dernier la gloire de découvrir la circulation du sang. Le corps avait été considéré comme un alambic ; on en fit une machine. Les principes de la géométrie, de la mécanique, de l'hydrostatique, servirent à expliquer les phénomènes des sens, les mouvements des organes, l'exercice des fonctions en général et jusqu'aux actes de l'intelligence. — Constatons, sans les blâmer, ces exagérations où s'égarent les meilleurs esprits : les plus puissants d'entre eux, comme les projectiles que lance la poudre, ne s'arrêtent pas toujours au but, ils le traversent et le dépassent.

Mais, chose étrange. Descartes était spiritualiste, et son système développé par Boerhaave, par Fr. Hoffmann, etc., ramène aux opinions d'Érasistrate, qui, essentiellement matérialiste, ne voyait dans la vie que des vaisseaux plus ou moins larges où circulaient des atomes plus ou moins volumineux.

Le spiritualisme de Platon avait amené le matérialisme d'Épicure ; en revanche, le matérialisme des mécaniciens donne naissance à l'animisme de Stahl. L'âme régit le corps ; deux facultés lui sont nécessaires pour conserver la vie : celle de sentir et celle de mouvoir. Elle dispose les organes suivant les fonctions auxquels elle les destine, suivant les sensations qu'elle veut recevoir. L'âme est l'homme : en elle résident la vie, la pensée, la sensation, le mouvement ; le corps n'est qu'un instrument. Sans doute, Stahl avait raison de ne se contenter ni des doctrines des chimistes, ni de celles des mécaniciens ; mais, en rééditant les idées de Platon, il substituait à une interprétation erronée de faits vrais des spéculations qui ne pouvaient s'appuyer sur aucun fait.

Cependant \à physique ^ à son tour, prenait son essor : Newton dictait des lois à la science en découvrant celles de la gravitation. Il observa les faits, les réunit et les synthétisa, en leur donnant une formule sans inventer des forces particulières, ni des propriétés occultes distinctes des corps.

Haller suivit cette direction : il établit que les principaux moyens que doit employer la physiologie pour arriver â la vérité sont l'observation

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