ACTION DU SUC UASTRIQUK SUR LES DIVERS PRINCIPES AUMENTAIRES
moins de cohésion préexistante, et que, surtout,, parmi leurs divers éléments oi^aniques, ils en offriront un plus grand nombre donnant prise à I action particulière du suc gastrique.
Pappcnbeim(l), ayant examiné au microscope un grand nombre de ti>sus animaux pendant leur dissolution plus ou moins avancée dans le suc ga:!>trique, a décrit les diverses altérations qu'ils subissent dans ce menstrue spécial. Parmi les résultats qu'il a fait connaître figure celui qui a trait aui changements de la chair musculaire : pendant la digestion, les muscles, au moindre attouchement, se dissocient dans la direction de leurs fibres primitives, et ces fibres elles-mêmes se divisent en petits fragments rompus au niveau de leurs stries tranversales. Cette dissociation résulte de la destruction du tissu conjonctif par le suc gastrique. «Le tissu conjonctif de la viande, dit Burdach (2)> est ce qui se dissout d'abord; les fibres de cdie-ci se séparent donc les unes des autres; puis elles apparaissent comme rongées, et finissent par se convertir en une bouillie... d. Plus tard arrive leur dissolution plus ou moins complète. L. Corvisart^ qui a fixé son attention particulièrement sur ce point, a pu constater que le suc gastrique dissout, par lui-môme, une certaine proportion de musculine^ substance qu'on a tour à tour rapprochée de la fibrine du sang et de l'albumine concrète.
Nous venons de reconnaître, par l'exposé de tous les faits qui précèdent, l'extrême importance du suc gastrique dans la digestion des matières albuminofdesj importance qu'on voudrait vainement lui ravir en disant qu il se borne à dissoudre le tissu cellulaire ou gélatinigène de l'aliment azoté, et que même il peut jusqu'à un certain point être remplacé par la cuisson. Les matières albuminoïdcs, quelles qu'elles soient (fibrine^ albumine, caséine, glutine, etc.), éprouvent toutes, nous l'avons dit, une transformation presque uniforme. Le produit ultime de cette transformation, dans Testomac, par l'action particulière de la pepsine acidifiée, parait, en « ITct, être le même, au moins quant à son essence : ce produit, encore a^^z mal défini et quelque peu diversifié dans ses réactions, a été désigné, dabord, sous le nom d'aibuminose (Mialhe), puis sous celui de peptone <L(.hmann), pour rappeler qu'il doit sa formation au principe actif du suc ;:'i'>(rique. Il n'est, comme Tout cru divers physiologistes, ni l'albumine proprement dite, ni aucun des autres principes constituants du sang; luai^, suivant l'expression de Burdach (3), il est un rudiment de ces di- ^trsts substances, une sorte de matière neutre aux dépens de laquelle Utnits peuvent prendre naissance, ou encore, comme s'exprime Trutten- ÎHirher {ii)y une masse plastique indifiérente. Soluble, endosmotique et •tMirnilable, cette albuminose ou peptone est promptement utilisée par l'i'rganisme après avoir passé des voies digestives danç la circulation géfiéfale.
[i] Zttr Kenntnm (1er Verdauung im gesunden undkranken Zustande, Breslau, 1839. (2) Traité de physiohgvf, trad. de Jourdan, t. IX, p. 273. IH) Traité de physiol., trad. de Jourdan, t. I\, p. 311. (4y Der Verdauungspnrocess^ p. 7, 24
Cette substance avait déjà été vue et décrite par divers physiologislcs qui l'avaient désignée sous d'autres noms {osmazôme, matière gélatini forme, albumine^ etc.); tels sont Eberle, Tiedemann et Gmelin, Prévost etMorin, J. Mûller, etc. Mais elle a été surtout bien étudiée par Mialhe, et, aprè^ lui, par Lehmann.
Les caractères de Talbuminose pure, de celle qui résulte de la digestion de la fibrine, par exemple, sont les suivants : elle se présente sous la forme d'un liquide incolore, doué d'une odeur et d'une saveur faibles, mais qui, néanmoins, rappellent ordinairement un peu l'odeur et la saveur de la viande. Ce liquide, évaporé à une douce chaleur^ laisse un résidu jaunâtre, offrant assez de ressemblance avec Talbumine de l'œuf desséchée : c'est Talbuminosc solide.
L'albuminose est très-soluble dans Teau et complètement insoluble dans Tajcool absolu. Sa solution aqueuse n^cst précipitable ni par la chaleur, ni par les bases alcalines, ni par les acides, ni enfin par la pepsine. Elle est. au' contraire, précipitée par un grand nombre de sels métalliques, tels que ceux de plomb, de mercure et d'argent. Le chlore la précipite égalenaent. Il en est de môme du tannin, môme alors que ce dernier réactif est additionné d'une certaine quantité d'acide nitrique. Injectée dans les veine> d'un animal, elle est assimilée et ne passe pas dans les urines, tandis que l'albumine d'œuf, simplement dissoute dans l'eau, arrive en nature dans ce liquide exe rémenti tiel (i).
Nous avons fait entrevoir plus haut que Valbuminose ou peptone n'est pas absolument identique, suivant qu'elle provient de l'albumine, de la fibrine ou de la caséine. En effet, d'après les analyses de Lehmann (2), il y aurait entre les diverses peptones quelques différences dans la composition élémentaire, et il en existe aussi, suivant L. Corvisart (3), dans les réactions: c'est ainsi, par exemple, que la fibrine- peptone précipite par le bichlorun^ de platine, et que Valbumine-peptone ne fait rien de semblable, etc. Cela porte à croire que chaque principe albuminoîde donne par la digestion une albuminose ou peptone différente, pour répondre à des besoins différents de l'économie. Ainsi, une fois digérées par le suc gastrique, le« diverses substances albuminoïdes sont transformées en de nouveaux produits solubles et faciles à absorber; produits qui d'ailleurs semblent avoir la môme composition chimique que les substances dont ils procèdent, et qui partant pourront remplacer ces dernières dans rorganismi suivant ses besoins. Tel est le but de la digestion stomacale des principe^ alimentaires azotés. •
Est-il besoin d'ajouter que la quantité de peptone, produite par ce> divers aliments simples, varie avec chacun d'eux? C'est ainsi que L. Corvisart (û) et Lehmann (5) ont trouvé que 100 grammes de suc gastrique
(1) MiALHE, Chimie appliquée à la physiologie et à la thérapeufiqtie, p. 125 etsutv. Paris,
(2) Physiolog, C hernie , t. II, p. 54.
(3) Études sur les aliments et les nutriments, p. 41. Paris, 1854.
(4) Dan» Comptes rendus de VAc. des se, de Paris, t. XXXV, 1852.
(5) Ottvr. cité, t. II, p. 50 ; t. III, p. 339. 1853.
ACTION DO SUC GASTRIQUE SDR LES DIVERS PltlNGIPES ALIMEN TAIRES. 26i
naturel de chien, en agissant sur l'albumine^ donnent 5 grammes d^albu-mine-peptone, et que, d'après le premier de ces observateurs, pareille quantité du même Auide en contact prolongé avec la fibrine produit jusqu'à 10 grammes de fibrine-peptone^ etc. Nous avons déjà fait remarquer combien la transformation digestive de l'albumine était lente. D'après L. Corvisart (1), cette transformation serait môme toujours incomplète ; trois quarts seulement se changeraient en albumine-peptone> et l'autre quart resterait coagulable. Sans doute, il y a lieu de voir dans cette portion coagulable la paropeptone de G. Meissner.
Ce dernier expérimentateur (2) a plus récemment publié une série de recherches intéressantes sur la digestion des substances albuminoïdes, recherches desquelles il résulterait que ces substances ne se changent pas directement en albuminoses ou peptones^ mais qu'il se fait des produits de dédoublement et de transition.
Tels sont, comme produits de dédoublement : 1" la paropeptone^ matière qui se précipite quand on neutralise le chyme acide filtré; qui ne peut d'ailleurs se changer en peptone par une action prolongée du suc gastrique, et dont la quantité parait toujours proportionnelle à la quantité de peptone produite O ;2® ludyspeptone que G. Meissner n'a trouvée jusqu'ici que dans te liquide provenant de la digestion de la caséine et de la fibrine^ et qui reste en suspension dans ce liquide.
Quant aux produits de transition, le plus remarquable est là métapeptone qui se différencie de la parapeptone d'abord par sa solubilité dans l'eau, puis par sa transformation possible en peptone quand l'action du suc gastrique >i; prolonge. — D'après G. Meissner, le produit liquide de la digestion des substances albuminoîdes, après qu'on en a extrait les précédents principes, eo renfermerait encore d'autres qu'il désigne sous les noms de peptone a, peptone b^ peptone c, toutes matières différant les unes des autres par un degré plus ou moins grand de solubilité en présence de certains réactifs.
Quant aux matières grasses^ la plupart des observateurs admettent qu'elles restent tout à fait inaltérées dans l'estomac, qu'elles n'y subissent aucun changement, si ce n'est qu'en général elles se liquéfient par suite de la température. Cependant, dans nos digestions artificielles de viande chargée de graisse, nous avons vu qu^en prenant le soin d'agiter légèrement les bocaux^ la graisse s'émulsionnait un peu; et W. Beaumont (3), qui a eu M souvent occasion d'étudier le chyme dans Testomac lui-même, a constaté que celui qui provenait de la digestion des aliments gras ressemble à de la crème : a J'ai vu, dit-il, que la matière grasse pouvait prendre «1 la longue, dans l'estomac, l'aspect d'une émulsion et se convertir en
(1) Gaz. hebdom, deméd, 1857, t. IV, p. 252.
'2, G. llEISSiiEBy Vntersuchungen ûber die Veidauung der Eiweisskôrper, {Zeitachrift fur 'otion, Med. 1859, t. Vil, p. 1 ; et 1860, t. VIII, p. 280, t. IX, p. 1.)
(*) Les parapeptones provenant de diverses substances albuminoïdes, si elles ne sont pas ^Munieot idenUques, sont au moins trés-anaJogues les unes aux autres.
(3) Exper, and Observ, on the Gastrir Juice and the PhysioL of Digetiion^ p. 96. PlaUs- ^, «833.
une sorte de fluide laiteux. » La même remarque se trouve reproduite dans UD travail plus récent de Blondlot (1), où il est dit que « non-seulement Testomac possède, à un degré de puissance beaucoup plus élevé qu'aucune autre partie du tube digestif, Faction dynamique ou de trituration, cause première et essentielle de tout émulsionnement, mais qu'il réunit en même temps les éléments passifs de cette transformation, c'està-dire la masse cbymeuse elle-même. » Nul doute, pour nous, qu'il n'y ail beaucoup d'exagération dans cette manière de voir; car, comme nous rétablirons bientôt^ c'est principalement, sinon exclusivement, dau> l'intestin grêle que les corps gras trouvent à s'émulsionner; c'est là qnVii d'autres termes ils sont divisés en particules d'une finesse extrême, et ainsi préparés à l'absorption. Nous aurons à nous occuper plus tard de l'opinion émise par W. Marcet (2), qui attribue à l'estomac le pouvoir de rendre libres les acides gras des graisses neutres. La bile, d'après cet observateur, n'exerce son pouvoir émulsif que si cette séparation préalable a eu lieu.
Après l'usage un peu prolongé d'aliments oti prédominaient des matiére> grasses^ W. Beaumont (3) dit avoir vu plusieurs fois la bile refluer daii^ l'estomac; mais il n'a pas remarqué que l'émulsionnement des corps gra> fût plus prononcé dans ces cas exceptionnels.
Lehmann (4) afiirme avoir constaté que les graisses accélèrent l'action digestive du suc gastrique sur les matières albuminoîdes, aussi bien dan' les digestions artificielles que dans l'estomac lui-même. Ce mode d'influence attend encore son explication.
Les digestions artificielles démontrent que la fécule n'est nullement transformée parle suc gastrique pur, mais que, si on la fait digérer dans ce liquide mêlé à une certaine quantité de salive» elle peut se cbanger en dextrine et en glycose, quand bien même l'acidité du suc gastrique l'emporte sur l'alcalinité du fluide salivaire. Aussi est-ce à tort qu'on a avancé. comme règle générale^ que les substances alimentaires féculentes, qui arrivent imprégnées de salive dans l'estomac, ne sauraient plus y éprouver aucune modification, parce que les acides empêchent le principe salivaire d'exercer son action saccharifiante. Quoique j'aie déjà exposé (p. 203) les preuves expérimentales qui militent contre celte assertion, je crois devoir ajouter ici quelques remarques à propos des dissidences des expérimentateurs.
Et d'abord, il importe de rappeler que, dans certaines expériences instituées pour juger cette question, on s'est mal à propos servi du chien qui, comme tous les autres carnivores, ne fait qu'exceptionnellement usage d'aliments amylacés; et que d'ailleurs Ë. Schrœder (5), dans quelque>
(1) Recherches sur la digestion des matières grasses, p. 29 et suiv. (Thèses de la Faculté des sciences de Paris. 1855, n** 183.)
(2) Médical Timet and Gazette, 28 août 1858.
(3) Loc, cit.
(4) Lehrà. der physiol. Chemie, t. II, p. 49.
(5) Succi gastrici humani vis digesliva ope fistuiœ stomacalis indagata, Dorpat, 1853.
ACTION on sec GASTRIQUE SCR LES DIVERS PRINaPES ALIMENTAIRES. 263
observations comparatives faites sur une femme atteinte de fistule gastrique et sur un chien mis dans la môme condition, a reconnu que la salive de ce dernier, mélangée avec le suc gastrique, est bien inférieure^ comme fluide saccharifiant, à la salive humaine. Ajoutons que la mastication étant fort incomplète chez le chien, qui avale sa nourriture pour ainsi dire sans la mâcher, il y a aussi une quantité bien moindre de salive i^crétée puis mêlée au suc gastrique dans l'estomac. Or, si d'une part le liquide salivaire est en quantité insuffisante, et si, d'autre part, il a une moindre activité^ comme nous verrons tout dépendre ici des proportions du mélange, il n'y a donc pas Heu de s'étonner des différences dans les résultats en présence de conditions elles-mêmes si dissemblables, ni, par conséquent, d'être surpris de voir la sacchariflcation de l'amidon à peu près manquer dans un cas et s'effectuer dans l'autre.
Il faut encore savoir que^ dans bien des expériences, où, après avoir administré des féculents, on a constaté la présence de la glycose, on ne >'était pas toujours assuré qu'il n'en existait pas déjà dans les aliments iogérés; de là sans doute l'exagération de certains auteurs relativement à la quantité de fécule qu'ils disent avoir vue se transformer dans l'estomac. C'est ainsi que dans la farine de blé cuite, dans le pain, on peut rencontrer parfois des quantités très-appréciables de principe sucré, ce qui enlève de leur valeur aux expériences faites avec de telles substances. Nous avons trouvé aussi qu'un certain nombre de pommes de terre crues contiennent de la glycose^ et que, dans un plus grand nombre encore, la fécule se transforme partiellement en glycose quand on les cuit, tandis qu'elles n'en renfermaient pas à l'état de crudité : ces dernières sont des pommes de terre demi-malades qui, après avoir été bouillies, restent encore un peu humides dans leur centre. Il y a enfin des pommes de terre saines qui, par la cuisson, deviennent sèches et farineuses; celles-là peuvent ne contenir aucune Irace de glycose. L'amidon lui-môme, s'il est impur, peut, quand on le réduit en empois, se transformer partiellement en sucre : cela est probablement arrivé, dans les expériences de Frerichs, qui trouva une grande quantité de sucre dans l'estomac de chiens auxquels il avait administré de l'empois d'amidon.
Quant à Vamidon cru, il ne paraît guère subir qu'un commencement de désagrégation dans l'estomac, avant de passer dans l'intestin grêle où se < ontinue l'action de la salive si puissamment secondée par celle du suc pancréatique. Les expériences de Griinewaldt et de Schrœder, sur une ffmroe atteinte de fistule gastrique^ expériences que nous avons déjà mentionnées (p. 206), s'accordent à ce sujet avec celles de la plupart des observateurs. Selon Blondlot (i), qui appuie sa théorie sur la constitution même du grain d'amidon, le suc gastrique aurait le pouvoir de réduire la matière féculente en granules^ après avoir altéré l'espèce d'enduit azoté qui les réunissait entre eux. Ces granules seraient alors devenus sufli- ^mment ténus (0"",002} pour être livrés en nature, comme les matières
(i) Hecherches ntr la digestion des matières amylacées^ Nancy, 1853.
iHh DE U DlfiESTIOM.
grosses, à l'absorption. Est-il besoin de Taire remarquer tout ce qu'il y .1 d'hypothétique dans cette dernière proposition ?
Nul doute que, dans nos digestions artificielles, le suc gastrique, tel qu'on le trouve dans l'estomac, c'est-à-dire uni à une quantité variable de salive, n'agisse pas toujours avec la même énergie sur l'amidon cuit. Si l'on y ajuute une proportion notable de salive, et si celte proportion est assez grande pour lui avoir fait perdre sa réaction acide, on constate qu'il transforme très-rapidement l'amidon cuit en glycose. Si, au contraire, le suc gastrique ne renferme que très-peu de liquide salivairc, la transformation de l'empois d'amidon s'opère beaucoup moins rapidement, et souvent on n'y peut découvrir de la glycose qu'après environ une heure. On doit donc présumer que l'action de la salive, dans l'estomac loi-méme, sera d'autant plus faible et plus tardive que ce liquide sera plus rare dan^ le suc gastrique, et que, par conséquent, comme nous le disions plus haut, la variété dans la proportion de ces deux fluides digestifs devra asseï souvent faire toute la différence et expliquer la diversité des résultats obtenus.
Quoi qu'il en soit, après les expériences de Lehmann (1), Frerichs(!), Jacubowitsch (3), Mialhe (A); après les nôtres (5), celles de Donders (6) el dt; Lent {7), nous ne pensons pas qu'on puisse maintenir les doutes qui s'étalent élevés relativement au pouvoir qu'a la salive de continuer son action, dans Cestoniac, sur l'empois d'amidon avec lequel elle arrive mélangée (*).
Douchardat et Sandras (8) ont avancé que le sucre de canne se change dans l'estomac en sucre inttroerti (""), puis en acide lactique; ce qui est nié par la plupart des physiologistes, notamment par Blondiot (9), Frerichs (10) elKoebner{ll). Cette négation impliquerait pourtant sa transformation dans une autre partie de l'organisme, car le sucre de canne ne saurait rester en
(1) Lk. ai.
(2) WAcau't HandiLôrierbach, etc.: t. III. 18t9.
(3) De taliva dûiertatio. tktnwl, 1848.
I i) Chimie appliqua à la phyrioiogie, etc., p. 53 el luiv.
(5) LONCIT. Nouiiellei rechercliei relativet à Caction du fuc gastrique sur les matièTes bIU minoidei; tnémoire iniért dini lei Ann. des se. nal., 4* aérie, t. Ul, 1856. {(.) Letirbueh der Physiol., p. 19A. Leipuc, 18&S.
(7) De tueci gatlrici faeullate adiimylum permutandum dissertatio. GrieTiwald, iHi. {') VojBt autii lu «xp^rirncM conllrinalivei qua Ehith, de PhiUdel|ihie, et Biowi-Sti)iiii>
ont failM sur le chatieur ««nidien, à Qitula ilamiole, qui aultcroii ivut ai utllemenl lo^ ïux rechercbei de W. Beadnont lur la digeitioa {Journal de la physiologie de rhornivl des anànaux. 18S8, t. 1, p. 158).
(8) De la digestion des maliéret féculentes et sucrées, etc., dani la nipfilélMal la tisnu'iire de thérapeutique pour 1816.
(") Vojei plui haut (p, 73} ce que l'on doit eolendre par sucre interverti.
(9] Loe. cit.
(10) Loe.eit.
(It) Ditquititioaet de ttechari caim<e in traetu ciiar/o mulationihut dissert. Itol"'-
ACTION DU SUC GASTRIQUE SUR tES DIVERS PRINCIPES ALIMENTAIRES. 265
lissolution dans le système circulatoire sans être excrété avec Turine^ et expérience démontre que ce liquide n'en renferme point, même après un epas très*riche en sucre de cette espèce.
£q faisant digérer du sucre de canne dans le suc gastrique, Schiff et loi nous avons constaté qu'il se changeait en sucre interverti après une, eux ou trois heures^ comme Bouchardat et Sandras l'avaient observé. En }éme temps, nous nous sommes assurés qu'un pareil résultat n'était point ù à l'action de la salive; car^ malgré l'action prolongée de ce fluide seul, unais semblable métamorphose ne s'y est accomplie. Ce n'est pas non las la pepsine qui agit sur le sucre de canne, puisque le suc gastrique, iiaafré jusqu'à l'ébullition^ n'a point alors perdu sa faculté transformaîce. Mais, en neutralisant l'acidité de ce liquide avec de l'eau de chaux i] de baryte, on lui enlève toute action sur le sucre de canne, du moins m les huit à dix premières heures de l'expérience. C'est donc à l'acide du ic gastrique qu'il faut rapporter la transformation du sucre de canne. D'ailurs, on sait que les acides dilués agissent ainsi, à la manière des acides Tls même à la température ordinaire. Dans un verre, nous avons mêlé 3 sucre de canne avec du suc gastrique, et, dans un autre, avec une cer- Ine quantité d'eau acidulée par un millième d'acide chlorhydrique. Après Hix heures, et par une température de + 36 à UO degrés centigrades, les ^ux expériences donnèrent également du sucre interverti ou mélange de jcose et de lévulose.
n est prouvé qu'une solution de sucre de canne est bien moins facileent absorbée qu'une solution de glycose ou que l'eau pure : aussi a-t-il im vraisemblable que^ dans l'estomac vivant, le sucre de canne devait oirle temps de se transformer en glycose; mais on ne peut guère supposer ie la transformation aille plus loin^ et que ce dernier principe se change lui- ^me en acide lactique. C'est là une métamorphose que nous verrons s'acemplir surtout le long de l'instestin grêle. Rappelons seulement ici que, t6z les animaux auxquels on a donné une très-grande quantité de sucre Jeanne, on peut trouver dans leur sang une proportion assez notable de ycose, comme l'ont surtout établi les expériences de Becker (1).
la gomme et Xdipectine se dissolvent simplement par le suc gastrique, sans fe raodiQées dans leurs réactions. Blondiot et Frerichs ont dirigé leurs cherches sur ce sujet. Le produit insoluble de la pectine, qui ne se dis- ^t eu partie que dans les acides chauds, n'est ni altéré ni dissous par le ^ gastrique. — La cellulose n'y subit non plus aucune transformation.
^>n avait pensé que Valcool pouvait se changer, dans l'estomac, en acide -''tique. Mais Bouchardat et Sandras (2) ont prouvé que l'alcool est absorbé *i^^ l'estomac sans y éprouver d'altération, qu'on le retrouve en nature ^) beaucoup de sécrétions et dans l'exhalation pulmonaire. Deux fois |trichs n'a pu trouver de l'acide acétique dans Testomac, après l'ingestion t'j&e quantité considérable d'alcool.
^} SiiBOLDet KdLLiKBi, ZettfcAW/Y, etc., t. V, p. 123.
^ toc. «Y.
26G DE Là DIGESTION.
Nous arrivons maintenant à étudier Faction du suc gastrique sur les èUments inorganiques des matières alimentaires.
Veau, ingérée dans Testomac, se charge des matières solubles qu elle y rencontre, des sels et de Talbuminose. Dans cet état, elle est en partie absorbée sur place, en partie versée dans Tinlestin. Si Ton fait boire de l'eau i un chien après lui avoir donné une quantité considérable d*albumiae li quide^ l'absorption de Teau est notablement ralentie. On peut croire qu la même chose a lieu quand Testomac contient beaucoup de sucre de cana en dissolution.
Les seis alcalins solubles, renfermés dans les aliments^ passent avec leai avec les fluides gastrique et salivaire, sans être altérés.
Quant aux métaux et aux sels terreux^ leur absorption et leur solubiiit dans le suc gastrique ont donné lieu à de nombreuses controverses, s diaprés Frerichs (i), on fait digérer du suc gastrique avec du fer pcudai plusieurs heures, on trouve ensuite que la liqueur filtrée tient en dissoi tion une quantité assez médiocre d'oxyde de fer. Si, au lieu de fer niéu lique, on se sert d'un oxyde de fer hydraté, le suc gastrique en dissout u plus notable proportion. SchifTa constaté, comme Frerichs» que lescarb nateet phosphate de magnésie se dissolvent dans le suc gastrique. Blond!< nous l'avons vu précédemment, n*admetpas cette dissolution ; d'après il ce serait tout au plus la quantité infinitésime de Tacide chlorbydrique lit du suc gastrique qui pourrait dissoudre quelques particules de ces >d Frerichs dit avoir précipité, à l'aide d'alcalis, une quantité variable de n gnésie dissoute dans le suc gastrique.
Les carbonates et les phosphates de chaux, d'après la théorie de Bl dlot, ne seraient pas non plus dissous par le suc gastrique. Mais Scbi communiqué à la Société de médecine de Francfort des expérienre< prouvent que ces sels sont solubles, en quantité restreinte il est vrai, m pourtant suflTisante pour les besoins de l'organisme. Frerichs est arrive même résultat, et déjà Tiedemann et Gmelin, en faisant avaler à des dm des pierres calcaires, avaient trouvé dans l'estomac un liquide assez rii] en sels de chaux. Si Testomac renferme beaucoup d'acide lactique, le» ^ calcaires pourront se dissoudre en plus forte proportion.
La solubilité des sels calcaires présente un intérêt spécial, puisqu'à et question se rattache celle de la digestibilité des os, dont ces sels foim^ la partie inorganique. Boerhaave et Haller (2) ont nié que les os (u^^'i digérés : ils pensaient qu'ils n'étaient que désagrégés dans l'estomac H être ensuite cxcréiôs en nature. Réaumur et Spallanzani ont, au contidi soutenu que les os étaient, du moins en partie, véritablement digérés : o manière de voir est partagée par Tiedemann et Gmelin, Frerichs et d'awi auteurs. Quant à Blondlot, il croit que, si en effet la partie organiqu.^ digérée,\ai matière calcaire est seulement désagrégée, réduite en poudrti
(1) Ouvr. cité, t. in, p. 801. .
(2) BOBRHAÀYE, Prœiectiones academicœ; édit. de Haller, t. I, p. 269.