COMPOSITION CHIMIQUE DE LA BILE
làckùlettériney Voléine, la margarine et la lécithine, dont Chevreul (1) a [^montré la présence dans la bile normale (*), y sont tenues en dissolution )iT le glycocholate et le taurocholate de soude qui jouissent de la proiriété de dissoudre les corps gras.
La ehoie$tmne est cristallisable en lames brillantes; quoique douée des lutres caractères physiques des corps gras, elle n'est pas saponifiable, et re^t fusiblequ'à-f i37 degrés. Elle est soluble dans Teau de savon, Talcool lOttillant et Téther^ dévie à gauche le plan de polarisation (2), et offre, '•u« rinflaence de Tacide sulfurique s'eul ou mêlé à l'iode^ une belle série I^.'oloration8(3). La cholestérine ne se métamorphose que sous l'influence l'irtioDs très-puissantes. Il n'est pas admis qu*elle prenne une part quel- «inque au rôle de la bile dans la digestion. Si, d'ailleurs^ on considère que t'l\(- matière grasse particulière se dépose parfois dans la vésicule sous ■rroe de calculs, on sera porté à la regarder plutôt comme un produit de ^assimilation destiné à être expulsé de l'organisme.
«juant à Voléine et à la margarine^ il en a déjà été fait mention à propos "-principes gras de ralimentation. — La lécithine est une matière grasse j<*<phorée, liquide et non cristallisable, qui, comme la cholestérine, se iiive aussi dans le sang, dans le jaune d'œuf et dans la substance neru>e. D'après Gobiey, les acides gras du sang et de la bile proviendraient li décomposition de la lécithine.
làbiliverdine est la matière colorante verte de la bile (Berzelius) (U); elle Qtient de l'azote et du fer, et par sa composition, se rapproche de ématosine. Pulvérulente, amorphe, caractérisée par sa couleur verte naot de la teinte jaune verdâtre à la nuance vert foncé, elle est insoluble u> Teau et soluble dans l'alcool ou l'éther. Ses dissolutions sont rouges r transmission et vertes par réflexion. L'acide acétique et les alcalis lorent la biliverdine en jaune. Elle disparait ordinairement de l'écomie par expulsion au dehors avec les matières fécales. C'est elle qui, û> rictère, se concentre dans le sérum du sang et colore en jaune les m^'urs et les tissus.
l'our beaucoup de chimistes il n'existe pas d'autre principe colo-
ide la bile que la biliverdine. Cependant des recherches récentes ten-
M à la subordonner à un autre principe colorant, la cholépyrrhine{**).
Uo matière d'un jaune brunâtre, traitée par l'acide nitrique, passe suc-
• Cbeviecl, Mém. du Muséum dhist. nnt,y t. \I.
U 'hotestérine se rencontre aussi dans le cerveau, les nerfs, dans le sang et le jaune K'. Les calculs biliaires sont formés de cholestérine i peu près pure.
- Horra, Veber die circumpolar Eigensch, der Gailermbst, {Arch, fur path, Anat., Ul, p. &80; t. XV. p. 120, et plus récemment Virchow's Arc/i,^ années 1862 et
- 0. FinriB. Uhrbuch der Physiohgie. 4« édit., t. I, p. 259.
• BcftzELius, Rapport annuel sur les progrès de la chimie, Stockholm, 18A1. Paris,
• franc., 1842. p. 823.
'**' ^ V^i^ bile, et itu^^o^, rooge (Bbrziuus).
cessîvement par les couleurs brune, yerte, bleue, violette et rouge; et, si Ton verse avec précaution dans de Tacide azotique une solution de ii matière colorante, on voit simultanément i la couche limite des denxsiib stances, des zones superposées de toutes ces couleurs. Suivant Lehmaim (t^ avec la biliverdine on n'obtient point les mêmes effets. Funke (^], i l'exemple de firûcke, a pu séparer la biliverdine et la cholépyrrhine I l'aide du chloroforme qui ne dissout que cette dernière. De plus, la cbul pyrrhine abandonnée à l'air libre, ou bien par le simple séjour daib vésicule biliaire, se dédouble, et l'un des produits de dédoublemeat e>t biliverdine. Maly (de Gratz) (3) a pu, par analyse, faire de la biliverdine aui dépens de la cholépyrrhine (il y a séparation d'ammoniaque), et par^yo thèse, reconstituer la cholépyrrhine à l'aide de la biliverdine. Maly concl que la cholépyrrhine est la seule matière colorante préformée dans labil Mais tous ces faits ont encore besoin de confirmation; car Staedeler (V;, dl son côté, a isolé cinq substances colorantes dont il a pratiqué l'analyse éie mentaire et auxquelles il a donné les noms de bilirubine^ biliverdine, bili fuscine, biliprasine, bilihumine, ne différant les unes des autres que park équivalents d'eau et d'oxygène, le carbone et l'azote restant les niôme>.
Parmi les principes minéraux que renferme la bile, c'est le chlorure I sodium qui prédomine. Nous savons déjà qu'on y trouve aussi des ph(« phates, des sulfates et des carbonates alcalins, de très-petites proporlic^ de phosphates et de sulfates terreux et des traces de sels de fer. Il e>t noter que la bile des poissons de mer ne contient guère que des sek potasse, tandis que celle des herbivores, en particulier, ne renferme à près que des sels à base de soude.
La proportion de l'eat/, qui se rencontre habituellement dans la bile,( environ de 85 à 90 pour 100. \
Quant au mucus qui est mêlé à la bile, il provient à la fois des paifi de la vésicule et de la surface des canaux excréteurs. L'addition de i'aci^ acétique ou de l'alcool le précipite. Nous avons déjà fait remarquer que| bile se putréfie très-vile quand elle renferme du mucus, et qu'elle ne< putréfie que très-difficilement quand elle en est exempte. C'est principall ment au mucus que la bile doit sa consistance visqueuse.
Frerichs (5) et Gorup-Besanez (6) ont donné de la bile de l'homme di analyses dont nous allons faire connaître les résultats, en finissant ceqi se rapporte à la composition chimique de ce fluide :
(1) Lebmann, Loc, cit.
(2) 0. FcNkC, Loc, cit.
(3) Maly, Voriilufige Miltheilufig ûfjer diecfumiùicheNatur(ierGailenfarbstoffe(Uis»
Aunaiett, CJiWn. 1864).
(4) Stabdcler, Ueber die Farbstoffe der (iaUe {Viertetjohrschrift der Nniurfonche^i Gfselhchaft, in ZUricli, Vlll, 1863).
(5) Frekicbs, Verdauung (WAaNER*s Hnndworterb. lier Physioi. , t. IH, p. 827.
(6) riORUP-BcsANE7., l'ntprwch. ûfter die Gai/e. 1846, p. 44.