‹ Traité de physiologieChapitre 53 sur 141 · RÔLE DE LA BILE DANS LA DIGESTION · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA BILE DANS LA DIGESTION

Anafifses de Frcrigbs.

au 85,92

boitte et choléale de soude 9,14

'botest^rine ) ..^

Uifuine et oléine ] '

Analyites de GoRUP-ficbANKZ.

Ibuis et nuUères colorantes 2,98

Mcnire de sodium 0,20

^osphale de soude tribasique. . . «.' 0,25

-dtZl^'::::;:::::::::î 0.28 Ifcu o.cs s«h

Wate de chaux 0,04

M;de de fer traces.

T< rminons en rappelant que le picromcl (Tbenard) ne serait qu'un pro- Hiil tic Tart, c'est-à-dire du glycocolle uni à des substances grasses, Divant les uns^ ou bien un mélange de matière colorante et de divers 'i\ selon les autres. Dumas (1) donne le picromel comme synonyme de Qcide hiliqye de Liebig, de Y acide choléique de Demarçay^ de la matière iimit de Berzelius, et enfin du suo^e biliaire de Gmelin.

A propos de synonymie ou d'analogie, rappelons encore que la résine iwire (Tbenard) serait un composé d'acides gras, d'une matière grasse fotre et du principe colorant de la bilc^ d'après Chevreul; que Vacide iiique de Berzelius n'est autre que l'acide choloîdique, et qu'enfin la Vw de Malder et de Berzelius parait être un mélange de glycocholates ^ de laurocholates alcalins.

It. — Comme nous le disions plus baut, il s'agira exclusivement dans «pages qui suivent du rôle de la bile dans les phénomènes de la digesr»n intestinale ; son usage comme humeur excrémentitielle, aussi bien if les autres fonctions de l'organe sécréteur de ce fluide, seront étudiés «•"• une autre partie de cet ouvrage (voyez le chapitre Sécrétions). ^'filicn cl avec lui toute l'antiquité avaient embrassé l'opinion que la t'eôtail sans influence sur la fonction digesttve, et que le foie avait pour •*»c<' de séparer du sang venu de l'intestin les substances inutiles proiitp> par la digestion^ et de les excréter sous forme de bile. On peut lire Jn< Haller (2), au chapitre qui a pour titre a Non bilfs sit excrementum », "noms des principaux partisans de cette opinion. Après la découverte «^vaisseaux lymphatiques, en 1622 (3), qu'on crut d'abord seuls destinés î absorption intestinale, on cessai de regarder le foie comme un organe orateur du sang, et l'on n'y voulut plus voir qu'une glande sécrétant un T'»Ie plus ou moins digestif. L'opposilion contre le rôle important que ' ^nriens avaient attribué au foie fut telle qu'on alla même jusqu'à re- '^T toute influence à cet organe, et que Thomas Baiiholin (A) crut de- ^'•r, à cette occasion, composer une épitaphe que nous reproduisons

1 Tniié de chimie p/tysioL et med., p. 586. Paris, 1846. i ElemeHÉa phynologiœ, i, VI, p. 615.

^ G. AscLU, De îactibusHive lacteis venis^ in*4®. Milan, 1627.

^ V'«Q iymphatica nuper llafniœ in animantibut inventa et hepatis ex^^eqmœ^ p» 60. ^mt 1653»

cause de sa singularité (*). De nos jours, en restituant aui veines leoi propriété absorbante, si vivement et si vainement contestée, les expéii mentaleurs ont contribué à rendre au foie toute son importance phy^^io logique.

Mais il restait encore de l'incertitude sur la question de savoir si la est ou non indispensable à la digestion. Déjà Topinion, qui ne voud voir dans la bile qu'un liquide sans aucune utilité dans Tacte dige>ti avait été comb<ittue par Haller en ces termes : « Bilem si natura volui i> de sanguine expurgarc, efTudisset in vicinia intestin) rectî, ne chylum )) admistione temeraret. Sed in omnibus animalibus bilis in principi 0 intestini adfunditur, ut nihil fere alimerUi ad sanguinem veniaiy qtnod D ea non mistum fuit, n (Op. cit., t. VI, p. 615.)

Pour juger cette question, il fallait empêcher la bile de s'écouler d l'intestin, et observer si la digestion serait troublée par l'obstacle ap{H au cours naturel de ce fluide. Brodie (1), et avant lui Blundell, entre rent la ligature du canal cholédoque, puis plusieurs expérimentateurs virent cet exemple. Les résultats obtenus par Brodie furent équivoquei contradictoires : ils ne purent établir si la vie était possible sans la de la bile dans l'intestin, car la mort survenait rapidement par 1 môme de la rétention du fluide et des accidents qui en étaient la Afin de les prévenir, Schwann (2) imagina d'établir une fistule de h\ cule biliaire, après la ligature du canal cholédoque. Sur dix-sept chi soumis à cette expérience (et non dix-huit, comme on l'a répété), d seulement survécurent en bonne santé, mais, chez eux, le canal cb doque s'était rétabli ; neuf moururent rapidement, et les six autres v rent 7, 13, 17, 25, 6k et 80 jours. Schwann croit que, chez ces deruieii, mort a dépendu du trouble digestif occasionné par le défaut d'inl tion de la bile. Ces six chiens commencèrent à maigrir dès le troisi jour après l'expérience, et, chez les quatre premiers d'entre eux, la grissement augmenta jusqu'à la mort. Quant aux deux autres, qui véc 6li et 80 jours, ils avaient, après un amaigrissement initial, presque couvre leur poids primitif, puis recommencé à maigrir jusqu'au mo de leur mort; ce qui fit supposer à Schwann (3) que le canal lié po s'être déchiré quelque temps avant la mort : mais, si cette hypothèse été fondée, on aurait dû trouver les traces d'un épanchement plu.< moins abondant de bile dans le péritoine, et il n'en existait pas. Ni verrons que la mort a été sans doute produite, en partie, par l'épuisé qui peut résulter de la perte continuelle et non compensée d'un liqû aussi riche que la bile en matières organiques et inoi^aniques; car,

(*) Sisle. Viator. Clauditur. Hoc. Tumulo. Qui. Tumulavit. Pluriroos. Princeps. Ce Tui. Cocua. Et. Arbiter. Hepar. Notum. Seculis. Sed. Ignotum. Katar». Quod. !^ot Msgestatem. Et. Dignitatis. Fama. Firmavit. Opiniooe. Conserva vit. Tamdiu. Coxit Dooec- Crucnto. Imperio. Seipsum. Decoxerit. Abi. Sine, iecore. Viator. BUemque. Hepati. Coe Ot. Sine. Bile. Bene. TibL Coquas. lUi. Preceris.

(1) Quarterly Journal of Science and the Arts, 1823, p. 3 Al.

(2) Mi'LLEB's Archiv^ 1844, p. 126.

(3) Aec. ciïe, p. 157.

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