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RÔLE DE LA BILE DANS LA DIGESTION

pelés chiens lèchent souvent leur fistule, la plus grande partie du liquide iiliaire se perd et s'écoule à l'extérieur. '

filoDdlot(l)^ en laissant la bile s'écouler librement au dehors, a vu un bien survivre pendant cinq ans à l'occlusion du canal cholédoque. Pen- .int les premiers jours qui succédèrent à l'opération, l'animal resta triste i abattu, il maigrit sensiblement ; mais bientôt l'appétit reparut, l'embon- «Knt revint avec la gaieté et la vivacité ordinaires. On remarqua quelques bizarreries dans l'appétit de cet animal, qui tantôt mangeait beaucoup de lande et refusait le pain, tantôt au contraire refusait la viande pour manier ie pain avec avidité.

Schwann,au rapport de Frerichs (2), a répété ses premières expériences ur trente autres chiens, en prenant toujours soin d'obtenir l'évacuation éguiière de la bile. Il observa encore qu'après Tamaigrissement qui suilit immédiatement l'opération, les animaux pouvaient recouvrer une artie de leur poids primitif : mais à l'exception d'un chien qui vécut |Datre mois, et d'un autre qui vécut un an, tous moururent dans un laps te temps assez court.

Nasse (3) a conservé pendant cinq mois un chien opéré de la même maiére. L'appétit était très-vif, l'animal mangeait quelquefois une quantité ie viande double de celle qu'eût mangée un chien ordinaire de môme taille ; ï cependant il mourut presque complètement privé de graisse. Pendant » premiers mois qui suivirent l'opération, il avait conservé son poids. Il ouffrait beaucoup du froid dans les derniers temps de sa vie, et, d'après (asse, il aurait probablement vécu encore longtemps, s'il n'avait été exposé on froid trop vif.

Bidder et Schmidt {U) ont vu, dans deux expériences analogues aux préèdentes, les animaux succomber au bout de vingt-sept et trente-deux >(irs, après avoir perdu la moitié de leur poids et presque toute leur raJDse. Ces animaux avaient, jusqu'à la mort, conservé un certain appétit t mangeaient à peu près 160 à 200 grammes de viande par jour. Mais cette tiantité est insuffisante pour un animal à l'état normal et du poids t(^ 6 kilogrammes ; à plus forte raison, lorsqu'il porte une fistule biliaire, ar laquelle s'écoule chaque jour, d'après ces auteurs, la cinquantième par- '? du poids de l'animal. Ces chiens^ refusant de manger davantage, de- ^eot, de toute nécessité, mourir d'inanition.

(>s deux expériences, peu satisfaisantes, en appelaient d'autres : il fallait [if le choix tombât sur des chiens assez vigoureux pour qu'ils pussent irt:ndre, après l'opération, une quantité d'aliments en rapport avec les ^(-penses normales augmentées de celles qu'occasionne la fistule biliaire. ^l'ifler et Schmidt expérimentèrent sur deux autres chiens dans ces heu- ^nv^ conditions. Un chien vigoureux^ du poids de 5580 grammes^ qui

il Esjsâi 9ur les fondions du foie et de ses annexes, Naacy, 1846. — Inutilité de la bile "" ia digettion. Nancy, 1851.

i Wacïiek's Handwôrterlmch der PhysioL, L UI, p. 837. i. Ctymmentatio de bile quotidie a Cane eecretà» Marbourf^ i851« ^ Ihe Verdammgssâfte, p. 98.

mangeail habilucllement par jour 250 à 300 grammes de viande, fut opéré le 15 février : immédiatement après l'opération, il mangea 100 gramme> de viande ; dès le troisième jour, 630, et, dès lors, en moyenne, 525 gramme^ par jour. Avec ce régime, il ne perdit ni de ses forces, ni de son poids, qui môme augmenta un peu. Tué le 11 avril, il pesait 5590 grammes; b muscles étaient bien nourris, mais le tissu graisseux avait sensiblement diminué, surtout sous la peau. Qunnt au second chien qui, avant d*ètre mi en expérience, mangeait 350 grammes de viande par jour, il en consomma 5/i0 après l'opération. Mais^ quinze jours après, il y eut des indices, confir mes par l'autopsie, du rétablissement du conduit cholédoque.

Kôlliker et MûUer (1) ont calculé qu'un chien adulte à l'état sain, mangeaol journellement 50 grammes de viande par kilogramme de poids du corps devait en manger 9^ grammes pour augmenter un peu de poids. Un jeun chien, non encore adulte, mangeait^ à l'état sain, un peu plus de 50 granim par kilogramme; après qu'on lui eût établi une fistule biliaire, ildimim de poids avec une ration de 125 grammes par kilogramme^ mais le poid augmenta lorsque la quantité de viande fut portée à 186 grammes.— D'ap Arnold (2), pour maintenir le poids d'un chien dont toute la bile s'écoult librement au dehors, il faut environ 5/8 de viande et 3/5 de pain de plu par kilogramme de l'animal, que chez un chien en santé.

De ce qui précède, il parait résulter que la bile n*est pas indispensable ai travail de la digestion en général, mais que, néanmoins, son écoulemco continuel au dehors n'est compatible avec l'entretien de la \1e que si m copieuse alimentation compense cette perte incessante.

m. — De ce que la bile n'est pas indispensable au travail digestif, il ^ s'ensuit pas qu'elle ne l'aide point d'une certaine manière, si, consenad son cours habituel, elle pâment dans Tintestin. Peut-être la perte de la lA nécessite-t-elle, pour l'entretiçn de la vie, une nourriture plus abondaiile! 1® parce que, dans l'état normal, les principes nombreux de ce fluide ver ses dans l'intestin sont en partie résorbés, ce qui ne peut plus avoir liei après l'établissement d'une fistule biliaire; 2^ parce que la bile facilitanlb digestion d'une certaine classe d'aliments, une grande quantité d'autrfi aliments, digestibles sans elle, devient nécessaire pour suppléer ceux qs ne sont plus qu'incomplètement digérés dans les cas de fistule biliaire L'exposé et la discussion qui suivent pourront jeter quelque lumière ^0J ces questions.

Liebig (3), et avec lui beaucoup de physiologistes modernes, admoU^f» que la bile est en grande partie absorbée dans l'intestin^ et que les produit* de celte absorption^ après avoir été utilisés par l'organisme et modiliés pu la respiration, finissent par s'écouler avec les urines. La plupart des partie

(1) KôLLlKEH und MûLLEK, 1. BerichL ûber dos physiol. Institut, su Wûrzbmtrg, p. ^^^ — 2. Bervcht,y p. 33.

(2) Abnold, Zur Physiologie der Galle, Mannheim, 1854.

(3) Die Thiet'chemie, 3« édil., p. 70 ; r« édit., 1842, p. 65,

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organiques de la bile, la soude, le soufre, etc., qu'elle contient, ne se retrouvent pas dans les matières fécales d'après les recherches de Liebig. Il est Trai que Mulder (1) pense, au contraire, que les éléments de la bile sont transformés dans l'intestin, puis expulsés avec les fèces.

Frericbs (2) a décrit avec soin les métamorphoses que divers éléments de la bile subissent dans l'intestin ; elles sont semblables, d'après cet auteur, à celles que produirait l'action des acides ou celle des alcalis. Sous i'inflaence du chyme acide ^ les substances de la bile doivent se transformer en matières insolubles, surtout en dyslysine^ dont la quantité augmente en descendant vers le rectum. Aussi, la bile^ en entrant dans l'intestin, où elle rencontre le chyme, forme-t-elle un précipité qui, avec un peu de graisse et de cholépyrrhine, se présente sous l'aspect de petits flocons jaunâtres que l'on appelait autrefois a chyle brut » {*), Déjà Tiedemann et Gmelin en traient reconnu la véritable nature. De ces faits, Frericbs conclut qu'une partie seulement de la bile peut être résorbée, mais que la plus grande |»rtie devient insoluble et est rejetée avec les fèces. II avoue, du reste, que Indétermination de la quantité des éléments de la bile, contenus dans le chyme de l'intestin grôle, offre de grandes difficultés^ et il croit qu'elle ne peut se faire qu'approximativement.

Mais il est évident que, pour résoudre la question de la résorption de la ^If, il fallait d'abord savoir en quelle quantité ce liquide est sécrété à l'état lormal. C'est un point sur lequel on n'était pas fixé, et à propos duquel les tuteurs avaient émis des opinions très-diverses. Les estimations faites par lianchi, Haller, Douglas, Schultz, Bouisson, etc., ne reposent sur aucune tonnée exacte.

filondiot (3) est le premier qui ait cherché à déterminer directement la joantité de bile sécrétée en vingt-quatre heures, et il l'estime à ^0 ou 4 grammes pour un chien de moyenne taille ; mais il ne donne pas le )^ids de l'animal et ne pnrait pas avoir pris toutes les précautions nécesaires pour ne rien perdre du liquide sécrété.

Nasse (/i) et Platner (5), qui ont employé un appareil spécial pour erueillir toute la bile sécrétée en vingt-quatre heures, disent qu'un chien^ In poids de 10 kilogrammes, sécrète par jour 200 grammes de bile. Ce récitât est d'accord avec ce qu'ont vu Bidder et Schmidt^ qui^ d'après une

(i, i'/ilersuchungen ùber die Galle. Frankfurt, 1847, p. 160. — Physiotogvsche C hernie^ II, p. 996, Bruaswick, 1851.

(2 Oucr. cité, U HI, p. 839.

*, On Toit que, dans Topinion déjà ancienne reproduite ici par Freriehs, c*e«t l'acide du ^vity à ion entrée dans le duodénum, qui précipite la bile, et non (comme on a voulu l'éta- >l'r récemment) la bile qui coagule VaUmminoitc, c*e8t-à*dire la partie de l'aliment azoté préa- >t4einent dissoute et transformée dans l'estomac par le çuc gastrique. Avec L. Gorvisart, j'ai >«itaté qn'en effet le précédent précipité, quelle que soit sa nature, ne se produit que dans un ^vti adde, avec le sue gastrique pur et obtenu à jeun, aussi bien qu'avec l'albuminose, avec '^*Q léf èrement acidulée ou le suc gastrique acide débarrassé de la pepsine ; qu'enfln ce >^ précipité disparaît enajontant un excès de bile alcaline,

(3) Mém. €it,^p. 61.

^] /> copia et tndole bitis a cane sécréta. Marbourg, 1851 . ô, Danssatradoction allemande de l'ouvrage de Bouisson sur la bile^ 1847, p. 49.

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série considérable d'expériences exécutées avec le plus grand sain el de diverses manières sur beaucoup d'animaux, ont tracé le tableau suivant (1):

iilogriunme

Chai 1A,500 0,816

ChiM 19,990 0,98S

Houton 35,116 1 ,3tt

UiMD , 136,810 a,d70

Oie ll,78â 0,816

Conwilto 73,096 5,265

Ainsi un chien sécrète, en vingt-quatre heures, 1/50' de son poids de bih: ■m lapin, jusqu'à 1/^* de son poids, etii.

Bidder et Schmidt, ainsi que Blondlol et surtout Nasse, ont examiné liofluence sur la sécrétion de la bile, de divers états physiologiques, de dif- Ti^rents régimes, de l'abstinence, de certains médicaments, etc. Mais ce» recherches concernent plutôt l'étude de la sécrétion biliaire que celle île indigestion; elles trouveront leur place ailleurs.

Après avoir établi les précédentes évaluations de la quantité de bile normalement sécrétée, Bidder et Schmidt (2) nourrirent exclusivement Ai viande, pendant cinq jours, un chien du poids de 8 kilogrammes. Les matières féeales expulsées, pendant ce temps, pesaient 91",% renfermant : tau, 56*','i el résidu solide Ù0*',9. Sur ce résidu, 9 grammes tout au pliircpréscntaienl les éléments de la bile.

Or, le résidu sec de la bile sécrétée en cinq jours aurait dû être «le 39*',52, c'est-à-dire presque égal au poids total du résidu solide : la plu* grande partie de ce fluide a donc dû être absorbée dans l'intestin.

Le résidu sec de la bile du chien contient environ 6 pour 100 de soufre. I.a bile sécrétée en cinq jours devait donc en contenir 2", 37 ; mais on n'en trouva dans les fèces que 0«',38(i, dont 0'',230 environ provenaient de poil* avalés. Presque tout le soufre de la bile a donc été absorbé.

Par conséquent, suivant ces deux expérimentateurs, une grande partie (le la bile ttt résorbée dans l'inlfUin. Une assez faible portion seulemeni ^ transforme en substance insoluble {dytlytine). Quant au mucus lui-mém^ qui se précipite au moment où la bile arrive dans l'intestin, il n'est pas n'- JL'Ié en totalité, comme on pourrait le supposer, mais il est en partie di^HHi> rie nouveau lorsque le contenu de l'intestin est devenu alcalin par le coi>cours du fluide pancréatique et dusuc intestinal.

L'eau, le mucus redissous, le chlorure de sodium, le phosphate de cbaiii. le fer, le soufre, la soude, les phosphate, carbonate et lactate de soutli'. toiles sont surtout les parties rétorbablet de la bile. En effet (honnis le mucus), ne sont-ce pas 1& des principes nécessaires, constants de beauconp ri'autres liquides et de tissus animaux, des dissolvants de cerUines »ut>-

(1) Ouur. du, p. 209.

1%) Otnir. até, p. S17.

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