‹ Traité de physiologieChapitre 55 sur 141 · RÔLE DE LA BILE DAMS LA DIGESTION · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA BILE DAMS LA DIGESTION

UDces organiques, des médiateurs indispensables de diverses transformaions qui se passent au sein deTéconomie animale? Dès lors, puisque aussi lien que les matériaux organiques eux-mêmes, ces matières sont destinées l'ootretien et au renouvellement des parties solides et liquides de Torga- Nme, celui-ci devait tendre à s'en emparer au lieu de les laisser perdre ar les fèces? Il n'en est pas de même de certains principes résinoïdes ou • s njatières colorantes de la bile, ni en particulier de la cholestérine, ]atiêre grasse non saponifiable, que nous avons déjà dit être un de ces roduiu destinés à être expulsés de l'organisme, et concourir à la formaon (les calculs biliaires.

Quoique la bile soit en majeure partie résorbée, cela n'empêcherait pas uVIIe pût avoir quelque influence sur la digestion pendant le temps qu'elle ajourne dans l'intestin.

(In lui a attribué des usages fort divers et plus ou moins importants, imime de neutraliser l'acidité du chyme, d'empêcher la décomposition Qtride des aliments dans l'intestin, d'exciter les mouvements et la sécréoQ du tubeintestinal, etc. La bile serait ainsi un auxiliaire de la digestion en (oéral, d'après les uns; elle aurait, suivant les autres, une influence spétaie sur la digestion d'une certaine classe d'aliments (yim^tère^ grasses). Que >ut-il penser de toutes ces manières de voir?

On rapporte à Boerhaave l'opinion que la bile neutralise le chyme. Mais la ile, telle qu'elle est sécrétée par le foie, est ordinairement neutre, et, mv la vésicule, elle est faiblement alcaline (1): cette alcalinité semble le CQ partie à la décomposition de la bile, et en partie au mucus de la bleuie. Dans les cas où la bile ne séjourne pas dans la vésicule après :Ublissement d'une fistule biliaire, Blondlot (2) l'a trouvée neutre dans ^premiers mois de l'expérience; cependant, sur le chien qui a survécu, Idvue redevenir alcaline après les premiers mois (3). La bile ne saurait >nr neutraliser le chyme que dans une bien faible proportion, si elle était pas aidée par d'autres fluides intestinaux.

Hien plus, d'après Schùtzenberger (4), la plus petite quantité d'acide laci|ue suffit à rendre libres les acides glycocholique et taurocholique. Aussi Mjc gastrique pur n'est-il jamais neutralisé complètement par la bile, ieique forte qu'en soit la proportion.

Mai^ s'il y a décomposition dans l'intestin, décomposition favorisée par pre^eDce des ferments du suc intestinal et du fluide pancréatique, la bile i>urra plus bas, vers le gros intestin, donner souvent naissance à de l'am- K)maque qui deviendra un agent plus puissant de neutralisation pour la -uillie alimentaire.

Hidder et Scbmidt ont remarqué qu'après la ligature du canal cholé»

1. BiDDE» et ScmfiDT, ouur. cité, p. 214. .^/ Mon. cité sur les fonctions du foie^ etc., p. 58. ' InutUUé dç la bile dans h digestion^ p. 6. Manoy, 1851. «/ Ihimie appliquée à la physiologie, Paris, 186A, p. 186%

«loqiic, les chiens étant nourri» de sutistunces végétales et réculentc.--, leescréments présentent une réaction fortement acide que l'on n'obsene jamais chei ces animaux à l'état normal. Cette acidité ne provient pa; essentiellement d'un défaut de neutralisation, mais de ce que la fermenUliOD lactique est plus active dans ces conditions d'alimentation.

Quant ii l'opinion qui atlribtic à la bile le pouvoir d'empêcher la ferme»laiton des matières organiques, il est certain que ce fluide parai*, gêner certaines fermentations, comme celle, par exemple, qui constitue la di^c»lion stomacale. La bile n'est pourlant pas, d'une manière générale, ci>dtraireàtoute fermentation ou décomposition. Elle-même se décompo>« avec une grande rapidité au contact du mucus de la vésicule, et l'on ne peut la conserver quelque temps qu'à la condition d'avoir précipité ce mucus.

Si la bile est versée en asseï grande abondance sur le cbymc dès qu'il arrive dans l'intestin, elle empêche le sue gastrique, qui accompagne ce chyme, de continuer son action spéciale ou fermentifëre sur les matière', albuminoïdes; il ne peut plus se former d'albuminose ['). Celle qili se trouvait déjà formée étant rapidement absorbée, l'albumine dissoute qui se rencontre plus bas, dans l'intestin, est toujours coagulable par les acides et par la chaleur. C'est ce que Ton savait depuis longtemps ri qu'on a voulu expliquer en admettant que la hile pouvait rendre la cca- ),'ulabilité à l'albumine dissoute dans l'estomac (1): mais on sait,àpréspnl. que la matière aibuminoîde qui a quitté l'estomac san» Otrc digérée, peut encore se dissoudre plus bas dans l'intestin et devenir aussi incoagulable. D'ailleurs SchilT (2} $,'est assuré, par des expériences directes, que l'albiiminose obtenue par l'intervention du suc gastrique naturel ou artificiel ne peut plus reprendre i^a coagulabilité par un contact prolongé avec la bile. Lehmann (3) dit qu'il n'a jamais pu, dans les conditions les plus variée», transformer, par ta bile ou par un autre liquide, de la peplone (albumine»') en une matière coagulable par la chaleur ou par les acides. L'expérienee contraire de Scherer (U) a déjà été réfutée par Valentin; et Prerichs (j) fait observer que des essais analogues, qui ne sont pas h l'abri de toute objection, ne lui ont qu'exceptionnellement réussi.

Depuis Saunders (6>, on a souvent répété que la bile s'oppose à la décompotilion jmlridf des aliments dans l'intestin.

Ticdemann et Gmelin (7) disent que, chez les chiens auxquels ils

(*) J'ii nppOTti (note de U p. 389} des eiptrience» qui démontrent <]ue le prédpiM q«'M obMsrve ilon ne résulte point de l'action de la bile lur l'a/fruninow /bnnfc, mail bienderaet»" de l'aride du clijme ou acide du suc (utrique sur certains él^iDonls de la bile d

(1) PaoUT, Meteorology and Ihe Funelirm of Digtttion, p. 508.

Cl) MémoUt la II la SociélicThùl. nat. de Frani-fort-mr-^Mn», mû lUS.

(3) Fhtjaiol. Chemie, IS50, t. Il, p. 9B.

(t) ^nn. drr Chemie md Pharmacie, t. IL, p. 0.

(5) Ouvr. eili, t. III, p. 836.

(6) A Trtatùe on Ihe itmetmre and DûeoÈta oflhe Uver, 1843, p. 115.

(7) Ouvr. cit., tnul. (nuf., t. II, p, 71.

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