‹ Traité de physiologieChapitre 56 sur 141 · BÔLE DE LA BILE DANS LA DIGESTION · texte numérisé non relu

BÔLE DE LA BILE DANS LA DIGESTION

avaient lié le canal cholédoque, le contenu des intestins exhalait une odear putride, trés-désagréable, et que des gaz intestinaux s'étaient développés en grande quantité. Ils prétendent que la même chose a lieu chez les ictériques dont les flatuosités sentent fortement Tacide sulfhydrique. Leuret et Lassaigne, Eberle (1), Hoffmann (2) et plusieurs autres physiolonstes sont aussi de Tavis de Saunders.

Herbert Mayo a trouvé les matières, contenues dans l'intestin des chiens lont il avait lié le canal cholédoque, décolorées et exhalant une odeur les plus fétides; Tatmosphère seule de ces animaux était déjà presque «supportable.

Frerichs (3), après la même expérience, a constaté que le contenu de estomac était fortement acide, mais que, déjà dans la partie supérieure ie rintestin grêle, la réaction devenait alcaline. L'iléon était rempli de tu. Dans le liquide filtré du chyme intestinal, il a trouvé ce corps partirulier qui se colore en rose par Tacide nitrique, en bleu par Tacide rhlorhydrique, que Virchow (U) a décrit comme un produit de la décom- Mbition de la fibrine et que Bopp (5) considère comme provenant de la Hilréfaction des matières albumino!des en général : ce corps ne fut jamais encontre par Frerichs dans l'intestin pendant la digestion normale. Il est rai que Wchsarg (6), dans un travail plus récent, afiirme l'avoir constamneot trouvé dans les fèces de l'homme.

Bidder et Schmidt (7) ont reconnu les mêmes signes de décomposition ies matières digérées, le développement de gaz d'une odeur insupporabie, etc., chez tous les chiens qui portaient une fistule biliaire et qui étaient nourris de matières animales. Mais les gaz, quoique trés^bondants, t les fèces étaient presque inodores si ces animaux étaient nourris de oin seulement.

Blondlot croit que la plus grande partie de ces gaz est avalée par 'animal en léchant sa plaie ; mais Bidder et Schmidt ont encore pu en constater la présence, môme quand l'animal avait été mis, pendant dix ours, dans l'impossibilité de lécher la bile sortant par la fistule.

Schwann ne parle ni des borborygmes, ni de l'odeur de ses animaux Dis en expérience; mais Blondlot (8) dit explicitement que les chiens, sur f^uels il avait lié le canal cholédoque et établi une fistule biliaire, ne [présentaient ni odeur anormale des excréments, ni borborygmes, quand ^n les avait empêchés de lécher leur bile.

Les faits qui précèdent tendent à établir que la bile peut empêcher la décomposition putride des matières contenues dans l'intestin, mais que c<:Ue décomposition ne s'opère pas nécessairement dans tous les cas où il

'Ij ?hy*iol. der Verdauung^ p. 314.

l HiEftU*ft Archiv, t. VI, p. 157.

f ^>uitr. eUé^ t HI, p. 839.

). HciLi ttnd PrEDFriB, Zeitschr,, t. Y, p. 213.

^} Annalen der Chemie und Pharmacie, t. LXIX.

6i Mikrotk. und chem. Vntersuchung der Fœces geaunder Menschen, Gietien, 1853.

". (Putr. diéf p. 218.

'^; Mém. sur len fonctions du foie^ p. 71.

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y a obslacio m cours de la bite dauE le canal digestif. De la piéseoce àt -i'acid€ ludique provenant d'aliments végélaux peut aussi résulter le in«me efl'et antiputride.

La bile excite-t-elle, comme on l'a prétendu, les momemmti du tmal inlestiniil? Tiedemann et Gmelin (1) ayant observé que. dans les cas dr ligature du canal cholédoque, les selles étaient rares, tr6s-sècbes et comm^ terreuses, en conclurent que la bile devait exciter le mouvement périsUltique et les sécrétions du canal intestinal. Ils fonl remarquer que les évacuations al vi nés des ictériques présentent ces mômes caractères et qu'un excès de sécrétion biliaire cause de la diarrhée.

lîberle ('J) est du même avis : « Si, dit-il, on ouvre l'abdomen et que l'on compriiuela vésicule pour faire passer la bile dans l'intestin, on voit bienlûl se développer les mouvements péristal tiques. L'expérience réussit mieiii si l'animal est à jeun depuis quelque temps. Si ensuite on tue l'animal. noD-seulument on observe les mouvements les plus vifs de l'intestin, mai> sa cavité est plus ou moins remplie de matières sécrétées partout oix il v i eu contact de la bile. »

Bloiifllol, Scbwann, Nasse, Bîdder et Schmidt ont toujours vu les selle^ se maiiilenir très-régulières sans le concours de la bile; cequines'accnnJf guère avec l'influence qu'on prête à ce fluide sur le mouvement péristallique de l'intestin.

ScbitT (3) a le premier démontré, en 1867, que la bile mise en contari avec la ftbrc musculaire y fait naître les contractions les plus énergique», cl que, dans les muscles de la vie organique en particulier, elle détermim une contrartioD permanente et comme tétanique. Injectée dans le cctiir. la bile l'arrête, dans la systole la plus énergique, plus promptcment quf la strychnine et même que te galvanisme. Budge [h) a confirmé ces obsirvalions, et de plus a constaté que la bile appliquée sur un nerf moteur, sans contact immédiat avec les muscles, détermina dans ceux-ci àt> mouvements convulsifs. Appliquée à nu sur la tunique musculaire d« l'œsopbaj^e du chat ou de l'intestin grêle du lapin, la bile y provoque, d'après Schiff, une contraction permanente; mais, dans l'état normal., la bile ne peut pas agir ainsi, parce qu'elle est tséparée de la tunique muscif lairc par la membrane muqueuse et l'épaisseur du tissu sous-muqufui. Aussi voil-on souvent des portions d'intestin qui, quoique remplies de n fluide, ne sont nullement contractées. Mais Schilf a vu dislinclemenl It^ villûsités Liu^mes de l'intestin se contracter sous l'influence d'un conlaci prolOQgi^ 'ivee la bile : cette contraction était bien distincte de celle qui i été déciili |i;ir Lacauchie (5] et par Kfiliiker (6} comme effet cadavérique. et les exprj nMices de Schiff à ce sujet paraissent décisives. Il a constaté ïn

(1) (("r r. ,,li, \nA. frenî., L H, p. 71.

(a) O,,,;-. '.lé, p. 31».

(3) vl,-./,,,. !,„-ph)/iM. Heillcunde, I. IX, p. 00,

(4) FROHirk's TageiberKhU, t. I, p. 313; iSM. (6) Éluile.t hyilrotomiques et mKroyraphiques , p. 51. 1t)piihivskop. Aaalomie, L II,p.tl&9.

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