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BÔLE DE LA BILE DANS LA DIGESTION

outre que la bile» quand elle est mêlée au chyme, fait contracter très^ ioanifestement les muscles des grenouilles.

II est donc probable que la bile» quoique mêlée au chyme et en partie précipitée par son acide» agit sur les villosités intestinales comme la bile seule. Hais il est bien difficile de le démontrer; car, si Ton met ce chyme ra contact avec la muqueuse, on ne peut plus examiner les villosités, et si, après quelque temps, on essuie cette membrane, alors on exerce une irritation mécanique qui suffit, d'après les recherches de Brûcke (1), pour 5 déterminer des contractions.

Tiedemann et Gmeiin (2) croient que la bile versée dans l'intestin stimule ^ membrane muqueuse et Tezcite à sécréter davantage de suc et de mucus ialestinaux. Ëberle (3) admet aussi que la bile augmente la sécrétion du suc luMinaly parce qu'il a vu dans l'intestin, partout où il y avait contact de iabile, une espèce de mucus qu'il considérait comme du suc intestinal; mais il ne connaissait pas les caractères véritables de cette dernière sécrétion, et il parait avoir pris, pour elle, le mucus précipité de la bile.

11 serait possible que la bile, en déterminant la contraction des fibres musculaires découvertes dans la muqueuse des intestins par Middeldorpf, favorisât l'expulsion du produit de la sécrétion intestinale. Jusqu'à présent, dans des tentatives réitérées, jamais SchiiT (&} n'a pu constater, chez les mammifères, de pareilles contractions sous l'influence de la bile.

La bile, par Veau qu'elle renferme, sert à rendre le chyme plus liquide H à en faciliter l'absorption partielle. C'est un des résultats certains, mais trè<-dccessoires, de la présence de la bile dans le tube intestinal. L'eau qu'elle contient, et qui arrive avec elle dans l'intestin, se résorbe avec la partie liquéfiée et transformée des aliments.

IV. Nous voici enfin arrivés à l'intéressante question de savoir si la bile concourt à la digestion d'une certaine classe d'aliments en particulier.

Quant aux matières albuminoîdeset féculentes ^ les analyses quantitatives de Bidder et Schmidt établissent que la bile n'agit guère autrement sur elles que l'eau pure. La digestion de ces substances ne parait ni empêchée, ni ralentie, ni diminuée chez les animaux dont on a lié le canal cholédoque, L'aoQîdon, digéré dans la bile putréfiée, peut se changer en glycose comme ^>U5 l'influence de tous les liquides en putréfaction ; la bile fraîche est à peu prés sans action sur lui. Cependant Nasse (5) affirme que la bile de bœuf peut Ininsformer un peu d'empois en glycose, mais qu'elle est sans action sur la

(1) Beriehteder Wiener Akademie^ 1851.

(2; Ouvr. eité^ trad. franc., t. H, p. 70. (3, Die Verdauung, p. 314.

{h) CoaumuiieaUon éerita.

S) Namb, Physiologie der Galle lArchiv fur wuMimhaftliche Heithmde^ 1859, t IV. P^ 445).

fécule crue ; ce)Ie*ci au contraire subirait la même transformattoa sous Tinfluence de la bile de porc. La gl jcose se transforme, en bien faible quantité, en acide lactique au contact de la bile; mais au contact de Teau pure se produit souvent le même elTet. Si Ton fait digérer la glycose avec de la bile, l'acide lactique formé met en liberté quelques acides gras de la bile solubles dans Téther, et bientôt l'extrait éthéré devient plus chargé et plus abondant. Meckel ab Hemsbach (1) et Marchand, qui ont observé ce fait, ont cru que, sous l'influence de la bile, la glycose se transformait en graisse; mais Schiel (2), Van den Brock (3) et Frerichs (U) ont démontré la cause de cette erreur.

Rappelons-nous surtout que, sans le secours des autres sucs sécrétés dans l'intestin (fluide pancréatique, suc intestinal)^ la bile ne possède aucune action transformatrice à l'égard des aliments azotés incomplètement digérés par l'estomac, et qu'elle ne peut rendre de nouveau coagulables les matières albuminoîdcs déjà transformées par le' suc gastrique.

Pour ce qui regarde les matières grasêes^ c'est une ancienne opinion que la bile les émulsionne et qu'elle les rend ainsi plus absorbables. On peut voir, dans Haller (5}, quelques-unes des raisons alléguées en faveur de cette opinion dont il se déclare le partisan. — Tiedemann et Gmelin (6) disent qu'il est probable que la bile opère la dissolution des corps gras. Lenret et Lassaigne (7), Bouchardat et Sandras (8) attribuent positivement à ce fluide la propriété de rendre la graisse soluble.

A l'appui de ces manières de voir, on a rappelé, entre autres iaits^ que les ictériques ne digèrent qu'incomplètement les corps gras, qui sont rendus inaltérés avec les fèces; que la bile est souvent employée cemme savon par les dégraisseurs, etc.

Les expériences de Lenz (9) tendent néanmoins à établir que la bile, telle qu'elle arrive dans l'intestin et qu'elle se môle au chyme acide. ne peut guère dissoudre ou décomposer les corps gras, et que, si elle émulsionne les graisses liquides, elle est loin de posséder cette propriété à un degré plus prononcé que les autres liquides visqueux qui se trouvent dans l'intestin.

Mais Bidder et Schmidt (10) ont examiné de nouveau la question et roni traitée d'une manière plus précise et plus concluante, dans leur important travail sur la digestion.

(i) De geneii adipU in animalibus. Hais, 1845.

(2) Hmuund Pfeuffei, Zeitschr.^ U IV, p. 375.

(3) Même recueil, année 1849.

(4) Owfr. cUé^ t. m, p. 835.

(5) Ekm, physiot,, t. Yl, p. 608.

(6) Ouvr. cité, t. H, p. 56.

(7) Lûc. eU.

(8) Compté» remfus det séancet (te tAcad, des se. de Paris, mai 1842.

(9) Lin, Deùàifiis concoctione et absorptiane, Mitavie, 1850.

(10) Ouvr. cité, p. 222.

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