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RÔLE DE LA BILE D\NS LA DIGESTION

Un chien, dont le conduit cholédoque était lié, et qui portait une fistule biliaire^ fut nourri pendant huit jours^ exclusivement de matières aniiiales qui, pesant 4816 grammes, contenaient 1280 grammes de résidu ec composé de 1100 grammes de matières albuminoïdes et de 180 gram* nés de graisse. Les fèces desséchées pesaient 138'%1 dont 85 grammes étaient constitués par de la matière grasse : donc 95 grammes de graisse liaient été absorbés. Un peu plus tard, le même chien reçut, en cinq ours, 3035 grammes des mêmes substances donnant 806,8 grammes de ésidu sec composé de 693'%2 de matières albuminoïdes et de 113'%6 de [raisse. Les fèces desséchées pesaient 124 grammes dont 72,2 de graisse : iar conséquent il y avait eu ici absorption de Al>4 grammes de matière Tasse. En d'autres termes, puisque l'animal pesait 5300 grammes, il avait, lans la première expérience, absorbé par jour ll'%88 de graisse, soit, par ilogramme de son poids et par 24 heures, 2'%24; tandis que, dans la seoode expérience, il en avait absorbé par jour 8■^28, soit, par kilogramme le son poids et par 24 heures, l'%56.

Or, en poursuivant leurs recherches, d'une manière comparative, sur es chiens sains et sur d'autres munis de fistule biliaire, ces deux habiles xpérimentateurs sont amvès à établir qu'en moyenne les derniers n'abv^/, par heure et par kilogramme de leur poids, que J ou f de la quanté de graisse qu'absorbent les premiers.

Un autre argument à l'appui de l'action qu'exerce la bile dans l'absorp* on de la graisse se tire de Vétat du chyle^ fluide qui, comme on le sait, c^it sa couleur blanche aux matières grasses émulsionnées qu'il contient. Brodie (1) a trouvé sur des chats, qu'après la ligature du canal choléoque, le chyle, au lieu d'être blanc et opaque, était transparent ou à peu rès incolore. En répétant cette expérience sur deux chiens adultes, Ma- ^odie (2j aflSrme avoir vu que du chyle blanc avait été formé ; mais il ne it pas qu'il ait comparé la blancheur de ce chyle à celle du chyle normal. Herbert Mayo (3), ayant reproduit ces expériences sur six animaux, a "oové, comme Brodie, le cbyle incolore. 11 avait pris trois chiens et trois liats, et il a assuré depuis (en 1846), que, sur ces derniers, il avait eu rand soin de ne pas lier en même temps le conduit pancréatique ; ce qui ve les doutes qu'on avait conçus contre l'exactitude de ses expériences ir les chats.

Tiedemann et Gmelin (4) ont toujours vu le chyle moins blanc et plus iaphane, souvent même jaunâtre ou incolore, après la ligature du canal kolédoque. Ils en concluent qu'alors le chyle contient moins de graisse «a rétat normal.

Leuret et I^assaigne (5) ont vu aussi le chyle être presque transparent

(Ij Quarterly Journal of Science and Arts, 1823, p. 3dl.

'2) Précis éUm. depftysioL^ t. li, p. 419, 4* édit. Paris, 1836.

% Umâoh Med. and Phys. Journal, 1826, p. 340.

V ^tevr. cité, trad. franc., t. U, p. 55.

i, Owr. cité^ p. 148.

298 DE Lk DIGESTION.

dans ces conditions. Au contraire, Blondlot (1) et Philipps (2) auraient trouvé le chyie blanc comme à l'ordinaire ; Lenz (3) dit aussi a?oir rencontré du chyle blanc dans les chylirères de chats dont il avait lié le canal cholédoque seul ou avec le conduit pancréatique ; seulement ces vaisseaux étaient moins injectés qu'à Tétat normal. Mais Bidder et Schmidt (h), rectifiant dans leurs conclusions ces dernières expériences qu'ils avaient dirigées, affirment que la coloration blanche n'était que très-faible et qu elk pouvait provenir, soit de l'influence de la bile qui existait encore dans Tintestin de ces chats, tués très-promptement après l'opération, soit de b petite quantité de graisse qui est absorbée sans le secours du fiuldt biliaire.

On peut remarquer que, dans toutes ces expériences» il ne s'agit qui du degré d'intensité de la coloration, puisque le liquide qui se trouve dan les chylifères, à jeun, est assez souvent blanchâtre, quoique bien moins lai teux et moins opaque que pendant la digestion. De là vient que Brodieapi conclure de ses expériences qu'il ne se formait plus de chyle (il ne cons dérait pas comme tel un liquide seulement opalin), et aussi que plusieu autres expérimentateurs ont pu lui répondre qu'ils avaient trouvé le chjl blanc, quoiqu'il fût sans doute moins blanc qu'à l'état normal. «

Nous avons vu que la majorité des expérimentateurs s'accorde à recoo naître que le chyle contient d'autant moins de graisse qu*il est plus di^ phane et moins laiteux. Leuret et Lassaigne avaient déjà prouvé ce fait l'analyse chimique du chyle transparent. Il restait à prouver qu'après ligature du canal cholédoque, il en était de même du chyle jaunâtre opalin que Bidder et Schmidt ont quelquefois trouvé sur leurs chieD!^. auteurs ont fait l'analyse du chyle du conduit thoracique de la plupart d chiens porteurs de fistule biliaire qui avaient servi à leurs expériences, ils rapportent, in extenso, deux de ces analysesi comparativement à cel du chyle d'un chien sain tué huit heures après avoir mangé de la vlan grasse de bœuf :

Tous les autres éléments étant à peu près les mômes, la proportm i graisse libre du chyle était, pour le chien sain, de 32 sur 1,000, ei, pourL chiens à fistule biliaire, au plus de 2 sur 1,000.

Cette influence de la bile sur l'absorption de la graisse explique pouj quoi la plupart des expérimentateurs ont noté, sur les chiens à Mii biliaire, un amaigrissement considérable qui résultait exclusivement «i l'atrophie du tissu adipeux, les autres tissus ne présentant aucune alK^n tion dans leur nutrition. Cette dernière circonstance fait comprendre au^ que le poids des animaux jeunes puisse môme augmenter malgré cet anu grissement continu et progressif^ la graisse étant la substance la moii pesante du corps. Aussi l'espèce d'embonpoint que Blondlot a reniarqi

(1) Traité analytique de la digestion, p. 173 et tuiv. Nancy, 1848.

(2) London Médical Gazette, 1853^ p. 421.

(3) Idém. cité, p. 58 et 59.

(4) Ottvr. cité, p. 225.

iftLE DE LA ïttB DAIM LA Dir.ESTIOR.

sur sa jeune chienoe a-t-il pu dépendre du développement du système musculaire : cet auteur ne fait pas mentiou, dans l'examen cadavérique, de l'état du tissu adipeux. Quant à Nasse (1), il dit du chien qu'il avait conservé cinq mois avec une fistule biliaire : a Pinguedine quàm maximi caruit. »

Faisons remarquer, enfin, qu'il n'est pas possible de supposer que le canal pancréatique ait été lié dans le* expériences précédentes : Bidder et Schmidt déclarent avoir porté une attention toute spéciale sur ce point, et l'on ne peut admettre non plus que Tiedemann ait commis une pareille

Il nous reste à rechercher comment la bile contribue Ji l'absorption des matières crasses de l'alimentation.

Les parois de l'intestin étant constamment lubrifiées par un liquide aqueux, il paraît difficile d'admettre que les graisses, même réduites ji l'état d'émulsion le plus parfait, puissent les pénétrer par voie d'endosmose. Matteucci (1) a vu une émulnion d'huile d'olive traverser une membrane humectée, sur ses deux faces, d'un liquide rendu très-faiblement alcalin par la potasse caustique ; ce qu'il explique en admettant que la potasse a dû saponifier une partie de l'huile, Mais l'endosmose ne s'opère plus si, pour rendre le liquide alcalin, on remplace la potasse caustique par le carbonate de potasse : il n'y a jamais eu endosmose dans les expériences ainsi faites par Scbitf et prolongées pendant trois jours à la température de 35 à ÙO degrés centigrades. Lenz (3) s'est aussi élevé contre la théorie de Matteucci.

Il y a généralement assez d'accord parmi les expérimentateurs pour reconnaître que les corps gras neutres ne sont point décomposés par la bile pure{Q); à plus forte rnison ne le seraient-ils pas, après que la bile a été versée ^ur le chyme aeide. Les acides gras, avait-on supposé, sont saponifiés par la soude contenue dans la bile et ainsi rendus absorbables. Mais quel serait l'a|;cnt qui dédoublerait les graisses en base et en acide, puisque la plupart des graisses des aliments sont à l'état neutre? Peut-être, h la température de l'intestin cl avec un séjour trés-prolongé, les corps gras pourraient- ils finir exceptionnellement par s'y dédoubler en glycérine et en acides gras; mais, suivant la remarque de Len£(5), Bidder et Schmidt (6), K^néralement ils ne restent pas assez longtemps dans l'intestin pour que cette décomposition, à laquelle s'opposerait d'ailleurs la réaction acide du chyme, puisse avoir lieu. Par la même raison, le suc pancréatique ne parait pas non plus pouvoir la produire. On retrouve, en nûlure, dans le chyle

(I) CommetitaHùikbik quotidien cane temtA,f. it. HirtHMiif, 1851. (ï) Ufon» sur les pkiaomtnei phytiqttai dei corp) vivanli, p. 104

(3) Mitn. cil. , p. AS. — Voju ■utii le TVni'li

W lai, Mém.cité, p. 17.

[h] Ibid., p.32.

Ifi) Ouvr. eiU, p. 338.

lie pliijUol. de G. V*LDniN, I. I.

du canal thoracique, les matières grasses neutres qu'on a fait digérer par les animaux (Bouchardat et Sandras).

Si Ton admettait qu'un agent quelconque opérftt d'abord la saponiGcation des corps gras dans l'intestin, il faudrait encore admettre, avec Moleschott (1), que les savons produits, après avoir passé à travers les parois des chylifàres, devraient, en se décomposant de nouveau, se reconstituer à l'état de corps gras neutres; comme on voit les graisses neutres du chyle être transformées en savons dans le sang, et ceux-ci sortir par le^ capillaires après s'être transformés de nouveau en corps neutres, état sous lequel se présentent les graisses dans les corps vivants.

D'après Scbiff (2), le mécanisme de l'absorption des corps gras serait plus simple : cet observateur admet que, suivant les expériences d'OEsterlen (3)^ les corps solides insolubles peuvent, quand ils sont très-finemeul pulvérisés, passer à travers les parois vasculaires(*), et que la graisse finement émulsionnée pénètre de la même manière dans les lymphatiques. La bile, selon Schiff, exciterait les contractions des villosités inieêtinaies qui ainsi videraient leurs lymphatiques actuellement remplis de granules graisseux, pour laisser le passage libre à d'autres granules émulsiounéô dans l'mtestin. La bile venant à manquer, les lymphatiques des villosités, udc fois remplis de graisse, ne se videraient plus que très-lentement, et aiori l'absorption de cette matière serait elle-roôme ralentie.

Nous aurons occasion de revenir plus tard (**) sur le phénomène encor^ obscur de l'absorption des matières grasses.

En résumé^ nos précédentes études sur le rôle de la bile dans la digesiio^ nous ont surtout appris que la bile n'est pas un simple liquide d'excrétioij et qu'elle concourt à la digestion d'une classe entière d'aliments (matièiv< grasses) ; que sa suppression, comme liquide digestif, diminue trës-notâblement, mais n'empêche pas tout à fait l'absorption de ces matières; qu< si, après la ligature du canal cholédoque, les animaux succombent prorii[H tement aux accidents de résorption de la bile, ils peuvent survivre peo dant des mois et des années, lorsque, pour prévenir ces accidents, on i établi une fistule biliaire; qu'alors, par des raisons précédemment expo sées, la vie n'est possible qu'avec une alimentation plus abondante qu l'état normal.

Nul doute qu'indépendamment de son importante influence sur l'absorp-

(1) Physiologie des Sloffwechsels. Erlan^en, 1851, p. 207.

(2) Communication faite k la Société d'Iiist. nat. de Francfort-sur-le-Mein, 1853.

(3) Beitnïge zur Physiologie des gesunden u. kranken Organismus. lena, 1843.

{*) Les expériences de Mialhe, sur lesquelles Soubeiran a présenté à l' Académie de méAi cine de Paris un rapport favorable, démontrent que, si ÛEsterlen n'a pas été abusé par une illusion, il ue s'agissait nullement dans ses expériences d*un phénomène d*abaorptioa, maisqui^ les molécules de charbon, anguleuses et acérées, se seraient frayé un passage à travers la s&^* stance molle des villosités. P. Bérard a vu, de son côté, qu'en employant le noir de fuinér. substance dont les particules n'offrent pas les contours anguleux des molécules de charbon J" bois, on ne retrouve pas la moindre trace de charbon dans le sang des animaux auxquels va Ta ingéré. (NlALBE, Chimie appliquée à laphysiol.^ p. 197.)

(**) Voyex, au chapitre Absorption, le paragraphe consacré à Valfsorpiion intestinale»

COMPOSITION nHlMIQUE t>U SUC PANCnÊATlQUË. 301

tion des malières grasses, la bile, qui éloigne de la masse du sang tant de matériaux inutiles qui s*y introduisent avec les aliments, ne se rattache poar une grande part aux phénomènes généraux de la nutrition. Ce n'est point encore le lieu de nous occuper de cet intéressant problème.

suc PANCnEATIQUE.

Voulant examiner le suc pancréatique (qui est versé dans la deuxième portion du duodénum) seulement dans ses usages et dans ses rapports les plus directs avec la fonction digcstive, nous avons réservé, pour le chapitre consacré à l'étude générale des glandes et des Sécrétions^ certaines particularités relatives surtout à Tanatomie comparée et à la texture du pancréas.

1. — Régnier de G raaf qui, le premier, obtint isolément le liquide sécrété par le pancréas, sur un chien O^ le trouva clair et visqueux, doué

^ Extraction du tuv pancréatique, — Kegrier DE Graàf (1), à propos do procédé qu'il ait en oMfe pour se procurer du suc pancréatique, s'énonce ainsi : « A la sollicitation de SyMos de le Boë, je fus asseï heureux. Tan 1662, pour découvrir le moyen de recueillir le sue pancréatique (p. 19)... On fera une incision à l'abdomen, suivant la ligne blanche depuis ie cartilage xiphoîde jusque vers la région du pubis, pour atteindre l'intestin, qui sera lié près du pylore, et à trois ou quatre travers de doigt au-dessous de l'oriHce du caoal pancréatique, afin que les aliments descendant de l'est oroac, ou les matières contenues dans les in« lestins venant à remonter par le changement du mouvement péristaltiquc, ne troublent point Topération. On fendra ensuite Tintestin entre les deux ligatures, suivant sa longueur, par sa partie antérieure et éloignée du mésentère, en nettoyant bien avec une éponge la bile et les antres matières qui s'y trouvent. On trouvera généralement le canal pancréatique libre environ deux travers de doigt au-dessous de l'oriQce du conduit biliaire... puis on introduira doucement dans l'oriflce étroit du canal pancréatique le petit bout d'un tuyau de plume (de canard) attaché à une fiole ; après quoi, ayant fixé cette fiole i r intestin, on coudra l'abdomen avec un gros fil, en laissant pendre dehors la fiole, comme elle est représentée dans U troisième planche, fig. II (ouvr. cite).

• Ce seul instrument suffit, quand le canal pancréatique est unique; mais 9*ity a un fleuxième mnal^ comme il arrive quelquefois (ches le chien), on aura, pour le boucher, recours A l'instrument compresseur représenté dans la deuxième planche, fig. III (ouvr. cité)... afin de itrrtr tellement l'intestin que rien ne puisse sortir du second conduit,... De cette manière, toot le sue pancréatique sort par le trou où le petit tuyau de plume a été introduit et tombe dans la fiole (p. 24 et 25). »

Plos loin (p. 27 et 35), RicifiER DE Graaf décrit les propriétés du suc pancréatique, comme k lui permettaient les connaissances chimiques de son époque, et il assure « en avoir recueilli^ p^ le mojfen précédent ^ jusqu'à deux drachmes et nuhne une demi^once sur un chien^ et une "^'^ entière sur un autre chien (dogue) en sept ou huit heures. » C'est à l'aide du même proc«^i et sur des animaux de la même espèce, que Scbdtl, autre disciple de François de le Boë, I inncé plus tard (1670) en avoir obtenu deux onces dans l'espace de trois heures,

fk nos jours, Tikoemann et Gmelin {Rech. expér, sur la digestion, trad. franc, par Jourdan, i^' part, p. 27 et suiv., Paris, 1827), voulant éviter Tincision et la ligature de l'intestin aven Iss9 les désordres qui peuvent en résulter, se sont bornés k inciser k conduit principal du y^rréas vers son abouchement dans le duodénum, et i y introduire un petit tube de verre SQÎU assqiettissaient par le moyen d'une ligature. Leur procédé, quelque peu modifié, a été *^^opiéy depus, par la plupart des expérimentateurs qui ont voulu se procurer le liquide propre *> pancréas, ea établissant des fistules pancréatiques permanentes.

1 TfiU dm «ne puKrr^tiqWy àênt Uitt. anat, «les p«rlic« génitales dr rUoirtme et d»! la Femmv, trad. fran^. fc-', M», ia-6».

302 Dfi LA DIGESTION.

d'une saveur tantôt salée, tantôt un peu acide, très-souvent acide et salée; quelquefois, ajoute-t-il, ce suc était presque insipide, a de quoi notre maître Sylvius et tous mes condisciples peuvent rendre témoignage » ioutr. cii.^ p. 27). Schuyl {i), et plus tard Yiridet (2)^ crurent lui trouver aussi de l'acidité. Tiedemann et Gmeiin(3) le virent légèrement acide au moment de rincision du conduit pancréatique, et, peu de temps après, alculin.

L'alcalinité de ce buc, constatée autrefois par Wefper, Pechlin, (1 BruDner et J. Bobn, n est plus douteuse aujourd'hui pour aucun expérimentateur.

Leuret et Lassaigne (4), Frerichs(5) et Lehmann(6), qui, pour se pr<h curer le suc pancréatique, ont, comme H. de Graaf, ouvert le duodéoum et introduit une canule dans l'oriiice du conduit pancréatique, le repré* sentent comme un liquide clair, légèrement visqueux, incoagulable ouj à peine coagulable par la chaleur, etc., contenant peu d'albumine, et doDl le résidu renfermerait moins de parties organiques que de sels inorga* niques.

Pour obtenir le même fluide, Tiedemann et Gmelin(7) les premiers, et, h leur exemple, Cl. Bernard (8), Colin (9;, Bidder et Schmidt (10), n'ont pa& ouvert l'intestin, mais ont adapté un petit tube au principal canal pancréatique. Ces auteurs s'accordent assez généralement à dire que ce tluide e^l visqueux, filant^ très-riche en matières solides et surtout en matières organiques, qu'il se coagule l'ortement par la chaleur, par l'alcool et les acide: énergiques^ ou aussi à admettre qu'il contient une matière albumineu^ dillérente de l'albumine proprement dite et qu'il précipite très-aboadamment par divers sels métalliques.

Il semble, d'ailleurs^ que les propriétés du suc pancréatique ne soieu pas parfaitement identiques dans ditléren tes espèces animales^ mèmcas>e rapprochées, et Ton peut penser aussi que le mode et le moment de 1 ti^ traction ne sont pas étrangers aux divergences d'opinions qui existent reU' tivement à la coagulabilité et à la viscosité de ce liquide. La remarque i été faite que le pancréas, exposé au contact de l'air atmosphérique pendaiii un temps un peu prolongé, sécrète un suc anormal semblable à celui qu oui décrit Leuret et Lassaigne, Frerichs, etc. Suivant Colin (il), le buc pancrea< tique est très-coagulabie chez le bœuf et le mouton, mais moins que chci le chien; il ne serait pas coagulable chez le cheval et le porc. La quaoUU plus ou moins grande d'albumine que contient le suc pancréatique lui j

(1) Tractatus pro veteri medic.^ p. 94.

Ci) De pnnui cQcUone el ventrictUo fennento^ p. 266.

\;6) Ouvr. cité^ trad. de Jourdaii, !'• partie, p. 28 el 29, el 2« partie, p. 315.

\fi) Ouvr. cité^ p. 103 et suiv.

(5; Ouvr, ciié^ i. HI^ p. 8^4,

\}S) Phystol, Lhernitf t. II, p. 106.

^7; Ouvr, cité^ 1'* |)artie, p. 27.

ifi) Arch, genéTé de med.^ A*> série, t. XI X^ p. 68.

(9; Conqttts rertdus de CAcad. des se. de Paria^ t. XXXIl, p. 374 ; el t. IXXUl^ p. îJ«^-

(iUj Ouvr, cUé, p. 258.

^ll} Phyiiol. comy. des animaux domestiques, U I, p. 641.

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