COMPOSITION CHIMIQUE BT QUANTITÉ DU SUC PANCRÉATIQUE. 30S
Kiru variable suivant les animaux et surtout suivant le degré d'activité de sécrétion.
Ouoi qu'il en soit, le suc pancréatique, tel qu'il s'écoule généralement endanl une digestion normale, est un liquide incolore, filant, et, pour la insistance, presque analogue à du sirop. Sa saveur est salée. Il devient lousseux quand on l'agite, se coagule et se prend en masse lorsqu'on le hauffe ou qu'on le traite par des acides forts, comme s'il s'agissait d'une «rte dissolution d'albumine. De même que les matières actives de la salive tdu suc gaslrique {diasiase salivaire et pepsine) sont de nouveau solubles ans l'eau après qu'elles ont été précipitées par Talcool, de même aussi, tjmme Tont constaté Boucbardat et Sandras, en 18&5 (1), la matière orga- ]ijue particulière au suc pancréatique peut se redissoudre dans l'eau, quoiunnlait d'abord coagulée par l'alcool. Or, on sait que la véritable albuiino,mise dans les mêmes conditions, ne se redissout plus d'une manière ppréciable. Du reste, le suc pancréatique, dont la réaction est constamlent alcaline^ s'altère et perd toutes ces propriétés avec une grande faciité. Lorsqu'il a subi un commencement de putréfaction, si l'on y ajoute Q chlore, le liquide prend une couleur rouge que Tiedemann et Gmelin (2) ot signalée, et que Cl. Bernard (3) considère comme caractéristique du quide et du tissu pancréatique.
D'après Leuret et Lassaigne, le suc pancréatique du cheval serait comosé de 99" jl d'eau et de 00«%9 de résidu sec. Tiedemann et Gmelin ont roavé, dans celui de la brebis, 96'',35 d'eau et 3«',65 de résidu sec; dans olui du chien, 91»',28 d'eau et 8»',72 de parties solides. Enfin, Bidder et cbmidt assurent que le suc pancréatique contient jusqu'à 10 pour 100 de é^idu sec, dont 9/10 de matières organiques.
On peut admettre, comme du suc pancréatique normal, celui de chien t de brebis, dont Tiedemann et Gmelin ont fait Ta'ïialyse, puisque, dans un et l'autre cas, ce fluide était visqueux, coagulable par la chaleur, l'ai* 'Vilel les acides énergiques. Voici le résultat de leurs analyses :
l"* Le suc pancréatique du cAien, comme nous venons de le dire, content: eau, 9t,28; parties solides, 8,72. Cent parties de principes solides luDnent, en cendres, 8,28. Ces cendres renferment des carbonates alca* in«^en très-grande abondance, des chlorures alcalins, des acétates et des jho^phates de soude et de potasse, très-peu de sulfates alcalins, du carbo" 3âtc et du phosphate calcaires. L'alcali qui prédomine dans les cendres M la soude. Les matières organiques sont : de l'osmazôme ; une matière !iui rougit par le chlore ; une matière analogue à la caséine et probable**
1 . De$ fonctions du pancréas^ etc. -— Mémoire adressé à rAcadénoie des sciences de ^, le Ift avril 1845, el inséré dans le Supplém, à r Annuaire de thérapeutique pour 1846, M47.
-i] TuDDiAioi et Gmelin, Ouvr. cité, i'^ partie, p. 30.
(3) Mémoire sur le paneréoM (Siippl. aux Comptes rendus de fAcad, des se* de Paris^
30& M Lk DIGESTION.
ment associée à la matière salivaire; beaucoup d'albumine, constituant enviroii la moitié du résidu sec.
2* Quant au sbc pancréatique de la brebis, il renferme : ean, 96,33; pa^ lies solides» 3^65. Cent parties solides incinérées donnent, en cendres, 2,97 et leur composition ne parait pas différer sensiblement de celle dn suc pan créatique de chien. Cependant on n'y trouve pas de matière qui se colo en rouge par le chlore^ ce qui a pu tenir à ce que ce fluide était plus fi que dans le cas précédent.
D'après ces analyses, la conclusion de Tiedemann et Gmelin (1) est q le •suc pancréatique diffère essentiellement de la saliver». Ils insistent sur grande quantité d'albumine du premier de ces fluides, sur la proportio considérable de matériaux azotés qu'il renferme et qui ne se rencontre pas dans l'autre (2).
Dans. ces matériaux il faut comprendre cette variété de diastase^ qui, connue, depuis, dans le suc pancréatique par Bouchardat et Sandras, et Mialhe dans la salive, donne à ces deux fluides le pouvoir de transform l'amidon en glycose.
II. —La quantité du suc pancréatique parait varier suivant plusieurs ci^ constances qui ne sont pas encore bien précisées. Nous avons vu plus hait qu'en sept ou huit heures Régnier de Graaf s'était procuré 15 grammes M ce fluide sur un chien, et 30 grammes sur un autre; tandis queSchorlJ dans l'espace de trois heures, en aurait obtenu jusqu'à 60 grammes sur m animal de la même espèce. Frerichs en recueillit, en trois quarts d^heurci sur un âne, 25 grammes; sur un chien de haute taille, en vingt-cinq minutes, 3 grammes; Bernard, en une heure, sur un grand chien, 8 grammes et, après le commencement de l'inflammation, 16 grammes par heoit. Bidder et Schmidt, en huit heures, n'obtinrent d'un chien pesant 20 kilogrammes, que 16 grammes de suc pancréatique. Suivant Colin, les sol)pèdes et les grands ruminants sécrètent^dans les périodes de surexcitatior.. environ 250 grammes de suc pancréatique par heure; le mouton^ 7 a 8 grammes, et le porc 10 à 15 grammes.
Mais que peuvent apprendre toutes ces estimations de quantités si diverses, quand on sait qu'une même quantité de suc pancréatique peut con>ti* tutivement varier assez pour contenir tantôt 1 et tantôt 10 pour 100 dt^ matériaux solides? Ce qu'il importerait ici de connaître, c'est la pri>portion des éléments réellement constitutifs de ce fluide eu égard à U quantité d'eau produite avec eux dans un temps donné. Weinmann « et Sig. Kroeger (U) ont essayé de remplir, en partie, cette tâche difficile,
(1) TiEDEMAini et Gmelin, Rech. expér,^ physioL et chim. sur la digestion; tndoct. «ic iourdan. 2« partie, p. 316. Paris, 18*27.
(2) Ouvr. cité, 1'* partie, p 41, 42.
(3) Weimiukn^ Zeitschrifl fur rationeUe Medicin Yon Hxrlb und Prsorrai, III. Bd. M
(A) KaoBCsa, De succo pancreatico dissertatio physiologica. p. 17 et leq. Boruti, avril 1854, ^
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en bc servant de chiens qui portaient des fistules pancréatiques permanentes. Mais leurs résultats si variables restent sans valeur, parce qu'en général ces expérimentateurs ont eu évidemment affaire à un suc pancréatique très-aqueux et anormal, produit d'une glande altérée par les suites de l'opération.
D'après les pesées qu'il a faites^ Colin conclut que la quantité de fluide provenant de cette sécrétion n'est pas toujours en rapport avec le volume de la glande qui la produit.
C'est pendant la période digestive, de la troisième à la cinquième heure, que se produit réellement la sécrétion du suc pancréatique: dans l'intervalle des digestions, elle est tellement ralentie, qu'il s'écoule à peine quelques goultes de liquide quand on établit des fistules sur des animaux à jeun. Cette sécrétion, dont les usages ne se rapportent qu'à la digestion, oflre donc, à peu près comme cette fonction elle-même ou comme la production du suc gastrique, une intermittence digne de remarque; tandis que la bile, qui remplit un rôle à la fois digestif et dépuratoire, est transmise dans l'intestin d'une manière continue, mais aussi en plus grande quantité à chaque période digestive.
III. — L'auteur d'un remarquable Traité de la digestion^ publié en 183&, Eberic, s'appliquant à déterminer l'action du suc pancréatique sur les divers aliments, eut l'idée de préparer un liquide pancréatique en faisant infuser dans Veau pure le pancréas du bœuf. Pour apprécier la valeur de ce procédé, il n'est pas inutile de rappeler ici que, depuis lors, il a été établi que, dans des infusions analogues de glandes salivaires, on peut très-facilement retrouver tous les caractères physiques et physiologiques propres à chaque salive normalement sécrétée et recueillie; ajoutons que d'ailleurs c'est ce même procédé qui, plus tard {\%Uk et 18&5), a aussi amené G. Yalentin, Bouchardat et Sandras à découvrir un des usages les plus remarquables du pancréas.
«Quand le précédent liquide pancréatique^ » dit Eberle (1), « est mêlé et " agité avec de l'huile, le mélange acquiert bientôt l'aspect d'une émulsion; )' toutefois, par le repos, plusieurs gouttelettes huileuses reparaissent sans • avoir perdu d'abord d'une manière notable de leur limpidité et de leur ' transparence ; mais, en ajoutant plus d'huile, puis en agitant de nouveau ' le mélange, à la chaleur de la main, il se forme un liquide trouble d'un :> blanc légèrement jaunâtre, duquel se sépare par le repos de l'huile qui I' vient à la surface; mais cette huile est elle-même trouble, blanchâtre, et 'f si finement divisée qu'elle présente l'aspect d'une crème; alors le reste du ' liqoide nes'éclaircit plus.
b Par conséquent», ajoute Eberle (p. 251), «le suc pancréatique est capable '• de maintenir la graisse dans un état d'extrôme division et d'en former une ') émulsion. »
(i) E»eiLE, Phtjsiol.der Verdaminy. WURburg, 183&, p. 251.
UMCR. — riTSlOL. 1* * 20
Plus loin, le mCme auteur, résumaDt toutes ses eipérienoes, formule ainsi sa cinquième conclusion :
Il Le suc pancréatique peut s'emparer de la graisse et ta maititenir soos Il forme d'une fine émulsion. Doncce gu'onavaitautrefoùdiide Iniilf, àia- II voir qu'elle agiisait sur les parties grasses des aliments, doit te dtrt nuinle- II nant du me paicréaligue (p. 253]. i H ajoute (p. 327) que le suc pancréatique, outre qu'il rend le chyme plus fluide, a mission d'émuleionner \e» graisses qui y sont contenues, pour les faire entrer dans le chyle.
Celle opinion paraît partagée par Burdach (1] qui la rappelle et la cite eo ces termes : « Suivant Eborle, le suc pancréatique sert en outre à dé- I) laver la graisse et à la réduire sous forme d'émiilsion. »
Eberle (p. 253) va plus loin et réfute l'argument qu'on pourrait tirer, contre son opinion, des expériences de Tiedemann et (imelin dans lesquelles le chyle avait été trouvé presque limpide après la ligature du canal cholédoque : convaincu de la réalité du nouvel usage assigné par lui an pancréas et de l'erreur où l'on était, suivant lui, en atlrilmant cet usage à la bile, il prétend que, puisqu'il n'y avait pas eu émulsionnement des graisses dans ces cas, le conduit pancréatique lui-même avait dû aussi être oblitéré par suite de l'opération.
Pour toutes ses expénences physiologiques, Eberle déclare d'ailleurs, de lu manière la plus explicite (p. 235), ne G'6tre servi que d'une simple infusion aqueuse et filtrée de pancréas de bœuf. C'est donc \ tort qu'il lui a élé reproché d'avoir À l'ordinaire préparé son liquide en mettant un pancréas dans une bouteille avec une solution de chlorure de sodium, d'acétate de potasse et de soude, à laquelle il ajoutait même quelquefois de la' salivé (2). Eberle s'est en effet servi d'un pareil mélange, mais seulement pour quelques expériences chimiques tout à Mt accessoires (3).
Depuis quelques années, Cl. Bernard (û), ayant repris celte question des usages du fluide pancréatique, a été conduit à des résultatii confîrmatifs de la doctrine d'Eberle. En effet, si l'on mêle, suivant lui, de la graisse fluide avoi; du suc pancréatique, il se forme une émulsion complète, semblable i du chyle, qui, exposée à une température de Sn à 36 degrés, se maintient parfaitement pendant 15 à 18 heures. Le liquide ne change pas du tout d'apparence. Mais, au bout de quelques heures [5 ou 6), il devient évident que, sous l'influence du suc pancréatique, la graisse a aussi subi uoe modification chimique, qu'elle a été dédoublée en glycérine et en acides gras.
rt ) BDiinict, Traiff fie phytiol., trad. de Jonrdan, t. 1\, p. 3SB.
(3) Morn, Élude kittohque et critique tur la ftmrtiom et let makutia dupameréai; tliète inaug. Paris, 30 juin 18â2, p. 9.
(3) Ebmle, Ouvr. cité, p. 3S6.
(ù ) Cl. Buraid , Du suc pnncNatique et de ton rAle dam tes jMiumine* de la ttigettim {Àrch. génér. de mid., A* »érie, t. llX, junar 18t9).
RÔLE DU SUC PANCIlfeATfQUË DANS LA mCESTION. 307
Ouanl A ce dédoublement, les expériences de Douch^rdal et Sandras (*), celles surtout de Bidder et SchmidU") ont démontré qu'il ne peut avoir lieu orâinairernsnt dont te tube dige$fif. — Les graisses y sont donc seulement émulsionnées par le suc pancréatique et rendues ainsi plus abgorbables.
C'est exactement l'opinion d'Ëberle, avec l'appui d'expériences et d'observations variées et en partie contestables, comme les suivantes ; Chez le chien, après la ligature des conduits pancréatiques, la graisse reste inaltérée dans le canal intestinal et ne passe plus dans les chylifères qui contiennent un liquide limpide, non lactescent. — Cbei le lapin, le canal pancréatique, qui est unique, s'ouvre très-has dans l'intestin, à 35 centimètres environ au-dessous de l'oriQce du canal cholédoque (*") : or, si l'on donne des aliments gras & un lapin, on voit que c'est précisément après l'abouchement du canal du pancréas que les chylifères commencent i contenir un cbyle blanc laiteux, tandis que plus haut ils ne renferment qu'un chyle transparent. — Les maladies profondes du pancréas, ohez l'homme, s'accompagnent constamment de selles graisseuses. — Bn injeclant, par le canal pancréatique, des matières grasses liquides dans l'intérieur du pancréas, on parvient h détruire net organe dont le tissu se combine avec la graisse et bientôt se résorbe; de là., ajoute-t-on, ches les animaux, un amaigrissement des plus rapides, le passage des matières grasses non digérées dans les fèces, et enfin la morL
L'influence dusuc pancréatique sur les corps gras nous parait avoir été exagérée, ou plutôt trop exclusivement attribuée à ce liquide. Frerichs (1) coDclul d'expériences comparatives que le sérum du sang, la bile, le suc intestinal et la salive possèdent un pouvoir émulsionnant qui n'est pas bien inférieur à celui dont le suc pancréatique est doué : il est vrai qu'il avait pris pour terme de comparaison te suc pancréatique de l'Ane, qui, ne se coagulant point par la chaleur, a pu être considéré comme altéré. Mais c'est là seulement une question de plus ou de moins; Lenz Çî), Bidder et Schmidt (3), et nous-mëme avons vu que d'autres fluides que le suc du pancréas peuvent former, avec l'huile d'olive, des émulsions qui se conservent aussi assez longtemps.
[*j Hec. cité, iUi, p. S59. — C«t npérioicntaUurt onl relrauvé àtot le chjle «( raconnu, k lou* leur* caractère», l'huile d'amandei doucei, le) graiuai de nunilon «I de porc, chet le* animiui auiqueli ili avaient feit digérer c«* aubiUnce» qui, en elTet, n'avaient poim Hé dédoublée!.
("} Ovir. citi-, p. 228. La propriété de dédoubler al d'acidiller lei eorpi gra», qui m coutlata hort de l'inleiiin, n'es! pas mise en jeu ch«i l'aninal vivant, luivant ces auteur* : elle ett com pi élément annihilée par la nSaclion acide du t/ij/me, — l)e même, le >uc panerèalique, >'il a été légèienienl acidulé, ■ b«aii èire mil en contact prolongé avec dei malièrei graawB ocuirei en dehori du corpi de l'aiiiniil, il ne détermine plui leur sapoiiificalion, c'eaU à-dire que la glycérine n'eil pat rendue libie, et que l'acide ou les acides du corpi grai ne t'uoit- Knt plus à l'alcali du suc pancréatique pour former un savon.
("*) Cette parlicularilé analomîqua a éié aignalée par Reghier de G*ur : « Dan» Im lièvres et le* Upini, dit-il, le tue paocréaltque te dâcbarge à ijuinze ou seàe travers de doigt au-dti- KHu du fiyhrt. • DatHOHVi'. cilé, ç.ii iTrailé du suc pancrialique).
[i] FuMCHS, Ouvr. cité, t. III, p. etB.
l'ij Lan, Mém. cit., p. AT.
(3) Buttiu el SciKiPi, Ouvr. cîlK, p. 353.
Scbilla trouve à la salive sous-linguale du chat, mêlée au mucus de la bouche, un pouvoir émulsionnant très-proDoncé; Témulsioa s'est maintenue pendant deux jours et demi. Avec la salive mixte on la salive parotidienne, qui est plus aqueuse, Témulsion a été bien moindre. J'ai déjà dit (p. 205) que j'avais fait les mômes observations sur la salive provenant des glandes sous-maxiliaires et sublinguales de l'homme, et que son pouvoir émulsif m'avait toujours paru plus marqué à jeun qu'aprèb les repas (*).
Bidder et Schmidt attribuent, avec raison, les résultats négatifs de quelques expériences faites avec la bile par exemple, à ce que souvent on se sert d'une trop faible quantité de ce fluide. Si la bile ne peut émulsionner que dix fois moins de graisse que n'en émulsionnerait le suc pancréatique, comme il en coule dans l'intestin au moins dix fois plus que de suc pancréatique, il ne serait pas exact d'attribuer à ce dernier fluide seul les résultats d'émulsionncmcnt obtenus. Encore faut-il ajouter que, d'après Lenz, Bidder et Schmidt, le pouvoir émulsionnant de la bile est plus considérable que dans la supposition précédente, et qu'il faut aussi tenir compte de la propriété émulsive évidente du suc intesfinal.
Frerichs (1] fit, sur des chats à jeun, la ligature du canal de Wirsung, ou bien appliqua des ligatures multiples sur le pancréas lui-même ^ de manière à le détruire ; puiSy ayant fait prendre à ces animaux de la graisse ou An lait (**), il les tua au bout de quatre à six heures. « Toutes les fois, dit-il, que la réaction inflammatoire n'atteignit pas un haut degré, les chylifere> se trouvèrent remplis, tantôt en nombre plus grand, tantôt moins grand. d'un suc blanc laiteux. Les vaisseaux blancs admettent donc, dans une certaine limite, la graisse malgré l'absence du suc pancréatique. • Herbst (2) est arrivé aux mômes résultats sur des lapins.
Sur des chiens soumis préalablement à un jeûne prolongé (et dans l'intestin desquels on ne pouvait plus admettre la présence du suc pancréatique dont la sécrétion n'a lieu qu au moment de la digestion), après avoir li( Vintestin au-dessous des ouvertures des canaux biliaires et pancréatiques, Frerichs a injecté dans l'intestin, au-dessous de la ligature, de l'huile
Ç) L. CoRViSART afBnne que « la pepsine (extraite de la membrane muqueuse de la caiUetie du mouton), exactement neutralisée, émulsionne si bien les graisses neutres que l'aspect crémeux persiste encore huit jours après Texpérience. Une acidité très-manifeste apparaît dès !.t quatrième heure. U dit avoir répété des expériences analogues avec de la bile fraîche et neutre ; Vacidité est également survenue avec rapidité. La remarque avait d'ailleurs été fxiit^ qu'il n'y avait dans les liqueurs aucune trace de putréfaction commençante lors de rapparitù^o de ces phénomènes : on sait, en effet, que c'est une propriété de toutes les matières animale^. en voie de décomposition, de détermiuer dans do pareils mélanges la rancidiià, » (Commonicâtion écrite.)
(1) Frëricbs, loc. cit.
{**) Nous ne tiendrons compte ici que des expériences faites avec la graiste^ attendu qirt dans le lait la matière grasse, déjà naturellement émulsionnée^ a pu être directement absorbée par les chylifères.
(2) Henie und Pfeuffer, Zeitschrifl, etc., Neue Folge, Bd. lY» HeftK