‹ Traité de physiologieChapitre 6 sur 141 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

détail, en traitant de la génération, ce qu'il faut croire des générations dites spontanées. Pour le moment, dussions-nous les considérer comme réelles, la distinction entre les corps bruts et les corps vivants, sous le rapport du mode de production, n'en demeurerait pas moins entière. Car, pour les auteurs qui admettent que des êtres vivants peuvent naître spontanément, quelles sont les conditions de cette naissance? De Teau, de l'air et une substance organique ayant fait partie d'un organisme vivant. Ici encore, c'est donc de la vie que la vie procède ; rien ne peut produire la vie qui n'ait été vivant. Continuons à supposer que des êtres vivants naissent spontanément, qu'ils soient créés de toutes pièces ; alors , nous le répétons , on assisterait au premier acte de cette création qui renouvellerait, dans des infiniment petits, ce qui a existé un jour pour tous les êtres doués de la vie, et ces nouveau-*nés, au lieu d'avoir des ascendants semblables à eux, seraient d'emblée des ancé* 1res pour des générations futures.

En quoi ce mode d'origine ressemble-t-il à celui des corps inorganiques? Avec les corps simples qu'elle possède, la chimie peut, à son gré, former une multitude des minéraux composés de la nature ; avec de l'oxygène et de l'hydrogène elle fait de l'eau ; par ses admirables progrès, elle est même parvenue à produire certaines substances organiques. Mais en vain traiterait-elle, par tous les moyens puissants dont elle dispose dans ses laboratoires, le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et l'azote, jamais elle ne formera un animal ou une plante. — L'animal seul peut produire un animal semblable à lui à un degré plus ou moins rapproché ; le végétal seul peut produire un végétal.

Il faut bien le reconnaître, quand nous énonçons que l'être organisé et vivant ne peut provenir que d'un être semblable à lui, nous exprimons seulement ce que nous voyons tous les jours, ce qui est dans le présent et non ce qui a été dans le passé. Il est certain que tous les êtres vivants n'ont pas toujours existé ; ils ont eu un commencement, et par conséquent, à une époque quelconque, ils ont existé sans avoir été produits par le fait de la naissance. Mais actuellement la science se refuse à examiner des mystères qui lui sont impénétrables, et elle croit devoir regarder comme étrangères à son domaine les hypothèses ou les opinions qui ont été proposées relativement à l'origine de la vie et des êtres vivants. Toutefois, comme ces manières de voir ont eu quelque influence sur les idées scientifiques, il y a lieu de les indiquer au moins d'une manière sommaire.

Deux propositions opposées ont été émises : — Les êtres vivants ont

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