CONDITIONS QUI INFLUENCENT L*ABS0RPT10N
principe est dans Tair atmosphérique, semblent les atteindre moins fré* quemment que les jeunes sujets.
La plupart des variations que nous venons de constater dans les phénomènes de l'absorption, semblent pouvoir s'expliquer comme une expérleoce d'osmose, en considérant l'ensemble de l'appareil circulatoire comme un vaste osmomètre. De même que Tosmose se fait avec lenteur, quand la pression se trouve augmentée dans cet instrument, de même l'absorption est entravée lorsque par une cause quelconque il y a réplétion du système vascolaire et pression trop forte du sang contre les parois qui le renferment. Si la tension du sang diminue par une déplétion quelconque, non-seulement la pression contre les parois vasculaires est moindre, mais, comme 1^ montré Marey, la circulation est plus rapide, double circonstance qui favorise l'absorption.
Cependant il ne faudrait pas rapporter uniquement à l'influence de la pression intra-vasculaire les variations de l'absorption ; la composition du sangy joue aussi un rôle des plus importants. Nous savons déjà que le pouvoir osmogénique du sang dépend de ses matières colloïdes ou albumi* noides : or, si ces matières viennent à diminuer, soit d'une manière absolue, comme dans certaines anémies, soit d'une manière relative, comme après l'ingestion d'une grande quantité de boissons aqueuses ou l'injection d'eau dans les veines des animaux, les liquides extérieurs s'osmoseront moins facilement dans les vaisseaux; par suite, l'absorption sera ralentie. Au contraire, l'absorption sera activée si le sang devient plus riche en matières albuminoldes, comme pendant l'abstinence, ou après des déperditions abondantes d'eau par la diarrhée, le vomissement, la sueur, etc. Voilà pourquoi tout corps organisé vivant attire et absorbe l'humidité avec d'autant plus de force que lui-même en a perdu davantage et en contient moins.
C. — L'augmentation de la pression h Textérieur du corps, et par suite k rextérieur des vaisseaux, augmente l'absorption. C'est ainsi qu'en se servant d'un appareil de son invention pour augmenter la pression atmosphérique à la surface du corps, Murray (1) a remarqué que l'absorption des médicaments, par des plaies ou pur la peau dépouillée de son épiderme, devenait alors beaucoup plus rapide.
A cette occasion, ne pourrait-on pas rappeler le fréquent usage qu'en thérapeutique on fait de la impression pour favoriser les résorptions les plus diverses? Combien de fois n'a-t-on pas vu l'application d'un simple bandage compressif aider efficacement à la disparition des tumeurs, des engorgements de tissus, de Thydarthrose, etc.?
On emploie aussi les frictions pour rendre plus rapide l'absorption de diverses substances médicamenteuses : on sait, par exemple, que l'onguent mercoriel appliqué sur la peau n'est guère absorbé ; mais vient-on à en fric-
(i) MuiBAT, ihe LÊncet, t 1, p. 909.
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tionner ce tégument (ce qui active la circulation capillaire), Tabsorption se fait activement et le mercure peut môme produire une salivation.
D. — La nature des substances à absorber a une grande influence sur la rapidité de l'absorption, et ce fait découle naturellement de la différence de diffusibilité des corps. Si, en effet, un liquide ou une substance dissoute a wie grande tendance à se diffuser dans l'intérieur d'un tissu ou dans les humeurs dont il est déjà imprégné, naturellement son absorption sera prompte. Meder (1) lie l'aorte abdominale d'un lapin, puis injecte sous la peau de Tune de ses cuisses du prussiate de potasse, et sous la peau de l'autre une solution de strychnine. Au moment où il constate la présence du prussiate de potasse dans l'urine, aucun signe d'empoisonnement ne s'est encore montré ; c'est que le prussiate de potasse se diffuse plus vite que la strychnine dans les tissus jusqu'au-dessus de la ligature artérielle où il pénètre dans le sang qui circule.
Les substances colloïdes ne s'absorbent pas d'une manière sensible, à moins qu'elles n'aient été d'abord transformées par certains fluides de l'organisme. L'albumine, par exemple, passe à l'état de peptone pour traverser la muqueuse intestinale et se rendre dans les vaisseaux. Mais la gélatine (extraite chimiquement des os), qui ne subit pas une transformation analogue, n'est point absorbée dans le tube intestinal, et les chiens que l'on nourrit exclusivement avec cette substance meurent bientôt d'inanition : toutefois, il n'en est pas de même avec la gélatine que Ton obtient par la coction des os frais et qui est naturellement unie à des matières grasses. Les substances colloïdes pures, c'est-à-dire sans mélange avec des substances cristalloldes, n'ont aucune saveur, sans doute parce qu'elles ne se diffusent point dans l'intérieur des papilles ner\euses gustatives.
Quelques corps insolubles peuvent se dissoudre au contact de nos humeurs et être ainsi absorbés : le soc gastrique acide dissout la magnésie, la chaux, etc.; le suc intestinal alcalin rend solubles l'iode, le phosphore, les résines et en partie les huiles. Mialhe a montré que les chlorures alcalins, dont la présence est constante dans les humeurs du corps vivant, dissolvent un grand nombre d'agents médicamenteux, tels que le mercure, l'argent, le plomb, etc.
Les graisses sont absorbées d'une manière lente et difficile; quelquefois môme leur absorption parait nulle. C'est seulement dans l'intestin grêle que cette absorption est rendue facile par la réunion de circonstances sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Ségalas (2) et Hering (S)» après avoir injecté de l'huile d'olive dans le péritoine d'animaux vivants, l'ont encore retrouvée après huit et dix jours, sans que la quantité en eût dimi* nué notablement; tandis que l'eau, qu'on pousse en môme quantité dans cette séreuse, disparaît assez ordinairement en vingt-quatre heures. De
(i) Medkr, Aorta abdominaii tubligata vasa lymphatica non ruorUtrt experimuntù demonatfaiur (dissert.). Greîfswâld, 1858.
(2) Ségalas, Journal dephysioL expérim,, t. IV, p. 286.
(3) Meckel'8 Deutsches Archiv^ U IV, p. 522.