CONDITIONS QUI INFLUENCENT L' ABSORPTION
même aussi, de deux liquides analogues par leur composition et anormale*ment épanchés dans des cavités naturelles, celui-là en général résistera le plus longtemps au travail de résorption, qui offrira la plus grande proportion de matières colloïdes.
Toutes choses égales d'ailleurs, la rapidité de l'absorption est proportionnelle à la quantité de substance dissoute, à moins pourtant que le degré de la concentration ne soit assez élevé pour que la force de cristal^ Jisation l'emporte sur celle de diflbston. En effet, si Ton injecte dans le tissu cellulaire d'un animal une solution de 10 grammes de glycose dans 30 grammes d*eao, on peut retrouver ce sucre déjà après cinq minutes dans l'orine, tandis qu'il faudrait beaucoup plus de temps si l'eau n'en contenait qn^un gramme.
Mialhe(l) fait observer que, pour qu'une substance ptiisse pénétrer dans le système vasculaire, il faut non-seulement qu'elle sôit liquide^ mais en-core qu'elle conserve sa fluidité en traversant les membranes qui la sépa* rent du liquide sanguin ou lymphatique. Aussi cet auteur, au point de vue de ia facilité de Tabsorption, accorde-t-11 une grande importance à la distinction, établie par lui, entre les substances coagulantes et celles qui ne le sont pas on les substances fluidifiantes. En présence de l'albumine si abondamment répandue dans nos humeurs et dans nos tissus, un liquide absorbé vient-il à former une combinaison solide, comme font le sublimé corrosif et les caustiques, par exemple, il n'entrera dans le domaine circulatoire qu'avec beaucoup de lenteur, au fur et à mesure que le coagulum produit sera repris^ molécule à molécule, par les agents de dissolution que renferment nos humeurs; tandis que, dans le cas contraire^ l'absorption pourra s'accomplir avec une assez grande rapidité relative.
Enfin l'absorption est modifiée non-seulemént par la nature des liquides à absorber, mais encore par la nature des sécrétions qui imbibent les mem** branes. Ces sécrétions peuvent favoriser ou entraver la diffusion des liqui** des extérieurs : c'est ainsi que la sécrétion sébacée empêche ou retarde rimbibition de l'épiderme par l'eau, que la sécrétion biliaire met la muqueuse de l'intestin grêle dans des conditions favorables à la pénétration de la graisse^ etc.
E. —-Afin que l'absorption, qui s'applique à des matières nutritives, profite à l'organisme, elle doit s'accomplir d'une manière assez graduelle pour que la composition du sang ne s'en trouve pas trop brusquement changée. C'est même là une condition essentielle de toute nutrition normale; car dès que, dans le sang, une certaine proportion d^un produit natrîtif absorbé est dépassée, l'économie fait effort pour s'en débarrasser par la sécrétion urinaire ou par d'autres voies. La glycose, par exemple^ tout assimilable qu'elle est, échappe aux combustions normales et passe dans les urines, quand on l'a fait absorber par la muqueuse intestinale en trop grande quantité à la fois ou trop vite dans un temps donné. Cela ré'*
(1 ) MiALix, Chimie appliquée à la pftysiologie^ p. 200. Paris, 1856.
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suite des expériences de F. -G. de Bccker (1) et des nôtres, dans lesquelles, après avoir à diverses reprises injecté dans Testomac une quantité considérable de glycose dissoute, nous avons vu des lapins devenir momentanément glycosuriques.
F. — Quoiqu'il ne soit aucunement démontré que, chez Tétre vivant^ ViUctricité représente la force qui préside aux phénomènes d'absorption, elle possède, d'après Fodera (2)^ le pouvoir de les activer singulièremenl. C'est ainsi qu'une dissolution de sulfate de fer ou de cyanure de potassium traverse les parois de la vessie urinaire en quelques secondes, » l'on fait intervenir un courant électrique, tandis qu'à l'état normal il faut quelquefois attendre une heure ou une heure et demie pour obtenir le môme résultat. Aussi l'électricité peutr-elle être d'un emploi utile pour faire pénétrer diverses substances médicamenteuses dans l'organisme, pour aider à la résorption de certaines tumeurs ou de liquides accidentellement épanchés, etc.
De môme aussi la chaleur parait favoriser l'absorption : les boissons tièdes sont plus vite absorbées que les boissons froides, et ce fait s'accorde avec certains phénomènes d'osmose que nous avons fait connaître précédenmient. Quand des grenouilles ont perdu beaucoup de leur poids par un long séjour à l'air sec, et qu'on les place ensnite dans l'eau, il s*opère une absorption si rapide, que parfois on peut suivre des yeux la diminution de niveau du liquide dans lequel elles sont plongées ; mais ce .phénomène nous a toujours paru bien plus sensible avec de l'eau à -|- ^^* ou 20^ qu'avec ce môme liquide à -{- 3* ou U**.
Il est d'ailleurs permis de croire que c'est en activant localement la circulation capillaire que l'électricité et la chaleur activent aussi l'absorption; les frictions appliquées au tégument externe peuvent agir de la môme manière,
G. — On ne possède que bien peu de notions sur les variations de l'absorption dans Vétat pathologique. Suivant Broussais (3), « Tétat de ûèvre augmente toujours l'absorption. x> Mais cette affirmation n'est appuyée d'aucune preuve; elle nous parait résulter d'une vue purement théorique. — Les recherches de Duchaussoy (U) tendent à établir que l'absorption n'a plus lieu chez les cholériques algides : aussi cet observateur a-t-il proposé de pratiquer des injections veineuses dans le but d'introduire directement les médicaments dans l'économie, et de suppléer ainsi à l'absorption nor* maie. Sans repousser en principe ces tentatives^ on peut ne pas partager toutes les espérances qu'elles ont fait naître dans l'esprit de leur auteur.
(i) BecusR; Ueber dos Verhaiten des Zuckers beim thierischen Stoff\Dech9tl (ZeittcMrifl f&r Zooiogie^ ete., de Siebold et KdLLiKBR, déc. 1853).
(2) FoDBiA, Aee/i. eispérim. sur tabscrptUm et rinhalation. Parif , 1854, ia-8, 70 ^Êfti, 1 planche.
(3) Broussais, Traité dephysiol. appliq. à la pathoL, t. II, p. 419. 2« édit.. Paria, 1834.
(4) DocsAUSSOT, Des injections faites dans les veines dans le traitement du choiera épdimique, Paris, 1855.
INFLUENCE DU SYSTÈME NEBVEUX SUB L'ARSORPTION. 377
Si, eo effet, la peau et les muqueuses n'absorbent plus dans le choléra alçléBy il faut bien se rappeler que les organes internes et les centres nerveux sfécialement ont aussi perdu, en grande partie* leur pouvoir de réaction sur les médicaments, et que d'ailleurs la circulation si lente, si embarrassée dans cette période de la maladie^ ne saurait plus guère conduire ces agents la contact des parties qu'ils devraient influencer.