INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX SUR L' ABSORPTION
Il n'a été fait qu'un petit nombre de tentatives pour déterminer l'in- Inence du système nerveux sur Tabsorption. La conclusion la plus géné- !ile que j'aie pu tirer de mes propres expériences, c'est que, si la supressioa de l'influence nerveuse n'empêche pas l'absorption, du moins elle i raleniii, mais seulement sans doute parce qu'elle entraîne un trouble irculatoire duquel résultent l'engorgement et la perméabilité moindre des ssus.
Brodie (1), ayant divisé complètement le plexus nerveux du membre itérieur chez un lapin, répandit du woorara (curare) dans une plaie faite ce membre, et l'empoisonnement n'en eut pas moins lieu. Chez un itre lapin, il introduisit le même poison dans une plaie pratiquée sur le embre postérieur fortement étreint par une ligature qui ne comprenait tnt les principaux nerfs, et l'effet fut nul tant que la ligature resta appliiée : aussitôt qu'elle fut enlevée, les accidents de l'intoxication se maniitèrent.
l'ai varié la première expérience de Brodie de la manière suivante : Sur ox chiens de même taille, je divisai tout le plexus nerveux qui se distribue menabre thoracîque; puis, chez l'un, je versai aussitôt une solution conitrée de chlorhydrate de strychnine dans une incision faite à la partie érieare du membre, en attendant néanmoins que tout écoulement sanguin : cessé ; chez l'autre, j'attendis jusqu'au troisième jour pour pratiquer au ^me lieu une plaie, d'égale étendue, qui devait être mise en contact avec >oison. Dans le premier cas, les convulsions survinrent au bout de quel- >s minutes; dans le second, elles ne commencèrent à paraître que bien
is tard.
^près avoir injecté, à diverses reprises, une solution de chlorhydrate de ^'chnine dans les voies respiratoires de chiens auxquels j'avais coupé la r(* vague, j'ai obtenu des résultats analogues aux précédents, c'est-àe que constamment l'intoxication a été plus rapide le premier jour de >é ration que le second, et surtout que le troisième jour; d'où il semble aller qu'ici l'activité de l'absorption diminue en raison directe de reniement pulmonaire (2).
i voulu également savoir si les poisons ingérés dans l'estomac, après
1 ) BaiWg, Phiioi, Tranf.f p. 194 et miIv., année 1811.
if Veyct AMNi Traité (tanat. et de p/tysiai^ du $y»t, nerv,^ U U, p. 303»
378 DE l'absorption.
la résection de la huitième paire, donneraient lieu ou non à leurs pITets ordinaires. Dupuy (i) et Brachet (3) sont pour la n^ative; J. HûUeret Wernflcheidt (3) se prononcent pour l'affirmative (*]«
J'ai choisi deux chiens de même taille, qui avaient jeûné depuis entiron trente-six heures, et, après avoir réséqué la paire vague de l'un, j'ai Ter«c, à l'aide d'une sonde œsophagienne^ dans l'estomac de chacun d'eux, ane quantité égale d'un solutum assez concentré d'azotate de strychnine. Lt-s accidents convulsifs sont apparus, chez le chien opéré, à peu près cinq minutes plus tard que chez celui qui servait de terme de comparaisuo; du reste, dans les deux cas, les convulsions m'ont semblé avoir une égaie intensité.
Une autre fols, 'en procédant de la même manière, j'ai administré une solution d'émétique : les nausées et les vomissements glaireux se sont encore manifestés, quelques minutes plus tard chez le chien qui avait subil: résection des pneumogastriques; chez ce dernier aussi, les nausées étaieffl un peu moins fréquentes.
Quoi qu'il en soît de ces ditférences et de leurs causes, on voit que, daû les deux cas, l'absorption a eu lieu. Il est vrai qu'ici on né peut pas coft dure que cet acte soit indépendant de toute influetice nerveuse, pulsqu de nombreuses divisions du grand sympathique avaient été forcément épar gnées.
La même remarque s'applique aux expériences de Panizza (6). Ce pbj slologiste coupa sur des lapins tous les rameaux des nerfs trijumeau i facial qui se rendent à la lèvre supérieure ; puis, ayant touché la surfac interne de cette partiç avec de l'acide cyanhydrique, il vit TempoiR» nement survenir tout aussi vite que quand les nerfs précédents élaieJ intacts. Chez des chiens, il réséqua aussi les trois paires nerveuses qui t distribuent à la langue, et l'application de l'acide cyanhydrique sur d organe tout seul n'en donna pas moins lieu aux accidents ordinaires. Ma dans ces cas encore, il restait tous les innombrables filets nerveux \éj tatifs qui, enlacés autour des parois artérielles, proviennent de la portîl cervicale du grand sympathique.
S'il est expérimentalement démontré que Tîntervention des nerfs càj bro-spinaux n'est pas indispensable pour que les actes d'absorption >i
(i) DuPinr, EoBpér» sur la section et la ligature des n$rfs pneumogastriques. Ptr»» !•'*
(2) Brachet, Rech» expérim. sur les fond, du syst. nerv, gangL, 2* 6dH.,p. 226.
(3) J. Ml'LEER el Wernscheidt, Manuel de physiol.fÏT^A. de Jourdan, t. I, p. 5&7.
(*) Cl, Bernard {Compt. rend, de VAcad. des se, 1844, t, XVHI, p. 995), qui admcli la section des nerf^ vagues arrête complètement la sécréUon du suc fSLatrique et la dtg«i^ dit que, si après cette section on donne à un chien de Vémulsinê^ et une demi-beure tard de Vamygdaline, Tanimal meurt empoisonné par Tacide cyanhydrique qui résulte du lange de ces deux substances dans l'estomac, mais que la mort n'a pas Heu ehex ranimai < lai nerfs vagues sont intacts, attendu qua Témuliine est déjft inodifl4« on digérée (|«tt^ administre Tamygdaline. J. MilLLER et Valentik (Canstatt's Jahresberichi^ etc., 1844, p- ^ ayant répété cette expérience sur des lapins, ont vu rempoisonnement survenir dans ks ^ cas, c'est-à-dire avec ou sans la secUon des nerfs vagues.
(4) Panizza, Mem delf /. A. InstU, Umb., îHi, t< I.