‹ Traité de physiologieChapitre 83 sur 141 · LYMPHE. M · texte numérisé non relu

LYMPHE. M

Leiémm est légèrement jaunâtre; il verdit les couleurs bleues végétales et De serait que faiblement troublé par l'alcool et les acides, d'après Sœmmerring et Brande ; tandis (jue, d'après nos propres observations, ces réactifs y font naître des flocons abondants et trés-divisés. Le nitrate d'argent et le deuto-chlorure de mercure donnent lieu à un précipité caséiforme. Par Tévaporation, on obtient un résidu visqueux, jaune doré, translucide^ avec quelques cristaux salins.

e, — Vexamen microscopique a fait découvrir d'assez nombreux corpuscules tenus en suspension dans la lympbe. Hewson (1) parait être le premier qui ait signalé, dans la lymphe des animaux, l'existence de globules dont J. MûUer a démontré, plus tard, la présence dans celle de l'homme. Ces corpuscules^ de forme sphérique, sont diaphanes, incolores ou blanchâtres; leur diamètre est de 0,0040 de ligne d'après Wagner; de 0,005 à 0,0012 d'après Berres (2). Henle (3) en a décrit de 0,002 à 0,005 de ligne, roQds^ tantôt lisses, tantôt grenus, ou à contours lisses avec une surface granulée, et que Bouisson [k) considère comme des agglomérations de globules. Ce dernier observateur reconnaît dans la lymphe des globules de dimensions variables : les plus petits, ou les globulinsj se trouvent dans la lymphe qui n'a pas traversé les ganglions ; les globules proprement dits existent dans la lymphe modifiée par ces organes, et les globules à noyaux multiples sont propres au liquide du canal thoracique. Suivant le même auteur, il y a ressemblance entre ces divers globules et ceux du chyle. Quant à leur structure, R. Wagner a signalé de fines granulations dans leur intérieur ; Henle y a décrit des noyaux plus petits que les globules du sang, ^impies, arrondis^ avec une tache centrale de teinte plus foncée, ou bien irrégulièrement divisés ou composés de deux à trois granules. Il faut encore noter, dans la lymphe, la présence de particules graisseuses que divers auteurs ne croient pas constante.

Quant à Gubler et à Quévenne (5), ils résument ainsi les résultats de leurs observations microscopiques : La lymphe tient en suspension, dans un liquide séreux : i^ des corpuscules hématiques toujours d'un diamètre inférieur à ceux du sang, les uns lenticulaires, comme les corpuscules ^anguins proprement dits, les autres très-petits, sphéroïdaux et lisses; i" des globules pâles, ou à peine colorés, qu'on a coutume de désigner plus >pécialenient sous le nom de globules de lymphe^ et dont quelques-uns dépassent le volume des globules rouges du sang» tandis que la plupart, réduits pour ainsi dire à un noyau, n'atteignent que la moitié de I vtle dimension; 3^ enfin, des granules moléculaires de matière grasse.

Les premiers éléments semblent être des modifications des globules san- FTuins, dont ils offrent l'aspect et les réactions chimiques. Les seconds.

(i) Btwsoa, Micperimeniai Inqmriet conimning a De»eription oftke Lgmphatie SyHeriu t. II» p. 100.

(2) BSBB£8, Anat, der mikrosk» Gebilde des meruchl, Kôrpers^ p. 72. i'S) Hevu, Anatomie générale ^ trad. par Jourdan, t, 1, p. ft47. , 1) BooiftSON^ De la lymphe et de ses altérations morhides^ iSft5. (5) GvBlxt et QoÉTBmil, hc, cit.

enTisagés dans leur forme extérieure, ressemblent aux globules blancs do sang, dont ils différent pourtant à quelques égards : ce sont les véritables corpuscules de la lymphe pour la plupart des auteurs ; enfin les derniers sont identiques avec les globules graisseux du cbyle.

f. — Les analjfsâs chimiques de la lymphe^ dont on a publié jusqu'à présent les résultats, ont été faites sur l'homme, sur le chien, l'âne et le cheval.

Chez un chien à jeun depuis plusieurs jours, Chevreul (1) a trouvé la lymphe du canal thoracique ainsi composée :

Eau M«,4

Fibrine 004,2

AllminiiM 061,0

Chlorure de lodium . • • • . 000,1

Carbonate de soude 001,8

Phofphate de chaux • ... \

— de magnésie | 000,5

Carbonate de chaux /

La lymphe du plexus lombaire, chez un cheval à jeun depuis vingt-quatre heures, a été analysée par Gmelin (2) ; elle a donné :

Eau 96,10

Albumine 2,75

Fibrine 0,25

Chlorure de sodium \

Carbonate de soude ( ^ «j

Phosphate de soude 1 ^'^^

MaUère analogue à la ptialine /

Osmaiome, chlorure et lactate sodiques. . . . 0,69

Leuret et Lassaigne (3) ont obtenu des résultats différents avec la lymphe recueillie dans les vaisseaux du cou d'un cheval :

Eau 92,500

Albumine 5,736

Fibrine 0,330

Chlorure sodiqve \

Chlorure potassique I . .q.

Soude ( *•**•

Phosphate caldque /

Rees {k), ayant fait l'analyse comparative du chyle et de la lymphe d'un

(1) MàfililMB. Précis de physiologie^ t. H, p. 192. Paris, 1836.

(2) AXT. MusLLBl, Diuert, expérimenta circa chyhm sisiens^ p. 55. leîdelberf , 1819.

{*) C'est a tort que divers auteurs ont cité celte analyse de Gnuii comme ayant perlé nr la lymphe humûine,

(I) UoaiT et LA88Ai6ifE« ouvr. cité^ p. 165.

(4) Reu, Umdon and Edinb. PhUos. Mayaz., 1841, p. 547.

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