MILIEUX RESPIRABLES
sseotiels de la rie, une accélération beaucoup trop intense, que d'ailleurs iflilafflfflation du tissu pulmonaire ne tarde pas à survenir^ et que la mort
I est la conséquence nécessaire et plus ou moins rapide. A la vérité, les :périences faites à ce sujet ne sont pas très-nombreuses, et toutes ne tenut point à confirmer entièrement une pareille opinion : Allen et Pepys (1), r exemple, ont soumis l'organisme humain à Tinhalation prolongée de lygèoe pur, sans qu'aucun accident se soit manifesté. Déjà, lors de la rouverte de Toxygène, qu'il nommait air déphlogi$tiquéy Priestley, ayant 'ODDu que deux souris avaient respiré ce gaz pendant une demi-heure Irois quarts d'heure sans avoir paru en souffrir, s'était soumis à son tour me expérience du même genre. Yoici en quels termes il relate cette >érJeoce, qui; du reste, ne semble pas lui avoir inspiré le soupçon que niz oxygène pût avoir la moindre influence fâcheuse : « J'ai satisfait ma iùsité en le respirant avec un siphon de verre, et, par ce moyen, j'en ai uit une grande jarre pleine à l'état d'air commun. La sensation qu'éuvèrent mes poumons ne fut pas différente de celle que cause l'air imun; mais il me sembla ensuite que ma poitrine se trouvait singuliè- ■eni dégagée et à Taise pendant quelque temps. Qui peut assurer que, > la suite, cet air pur ne deviendra pas un objet de luxe fort à la mode? y a eu jusqu'ici que deux souris et moi qui ayons eu le privilège de le Hrer (2). »
«puis l'expérience de Priestley sur ses deux souris, quelques autres ani-
II ont été également soumis à l'inspiration de l'oxygène pur : Lavoisier ^guin firent séjourner des cabiais, pendant vingt-quatre heures^ dans atmosphère de ce gaz^ sans constater^ chez ces animaux, aucun signe oujfrance pendant ou après Texpérience; Allen et Pepys (3), dans une ^''ience analogue faite sur un pigeon, n'observèrent qu'une légère agi- ^fl vers la fin, encore cette agitation disparut-elle assez promptement !id ranimai fut remis dans les conditions normales, etc.
ii5, parce que l'oxygène pur est sans contredit le plus respirable de tous raz autres que l'air atmosphérique, et qu'en effet son inhalation, dans les i^s de durée que peut avoir une expérience, ne provoque aucun accit appréciable, cela ne veut pas dire qu'on pourrait sans inconvénient le ^irer d'une manière continue au lieu de l'air lui-même. Il est généraleil admis que si l'oxygène se trouve mêlé, dans notre atmosphère, à quatre "«on volume d'azote ou à un gaz presque complètement inerte, c'est qu'il kit que les propriétés de l'oxygène^ trop actives pour la respiration^ fustempérées par un pareil mélange.
«appelons, en passant^ que l'emploi de l'oxygène pur dans le traitement a phthisie pulmonaire, en particulier, n'a paru ordinairement produire un résultat favorable, et que même parfois il a occasionné une exaceriou des symptômes de cette maladie.
) Allui et Pmrs, On the Changes produced in Âtmosph, Air and Oxygen Gai by Hes' f*on, dans Philoi. Trans., 1808, p. 2A9.
PuESTiET, Expér. et ob$. sur différentes espèces d'air ^ trad. de Gtl)eUa. Paris, 1777 , 3' partie, p. 126. '
u Allkji et FEm, ioc. cii.
5ii2 DS Ik a£8PXR4XIOi!i»
Le gaz pr^oxuée êatzioêB permet, dorant qudqoes instants, Veatretieii de la respiration ; mais il ne tarde pas à fidre nattre des accidents paTts, qui peuvent se terminer par la mort si l'on ne suspend son introduction dav les Toies aériennes. Les effets de ce gaz sur Féconomie ont été étadiés, as comobencement de ce siècle, par H. Davy^ (jui se soumit le premier i son inhalation : « Après avoir expiré l'air de mes poumons, dit-il en rapportant cette expérience devenne célèbre, et m'étre bouché les narines, je respini environ qnatre litres de gax oxyde nitretix (protoxyde d'azote) : les pr^ miers sentiments que j'éprouvai furent ceux du vertige et du toa^loi^ ment; mais en moins d^une demi-minute^ continuant toujours de respirer, ib diminuèrent par degrés et furent remplacés par des sensations analogues à une douce pression sur tous les muscles, accompagnée de frémissemeat très-agréaUeS; particulièrement dans la p^Htrine et les extrémités; les objets autour de moi devenaient éblouissants et mon ouïe plus subtile. Te^ les dernières inspirations^ l'agitation augnîenta, la faculté du peavoir musculaire devint plus grande, et il acquit à la fin une propension irrés»libi« au mouvement. Je ne me souviens qu'indistinctement de ce qui sdTit; j'. sais seuiemen que mes mouvements fnrent variés et violents. Ces effets ce^ sèrent dès que j'eus discontinué de respirer ce gaz, et dans dix minote» j^ me retrouvai dans mon état naturel. La sensation de frémissement dans le* extrémités se prolongea plus longtemps que les autres sensations (1). • Cetv expérience fut répétée plusieurs fois avec tes mêmes résultats. H. Davyexpt rimenfea aussi sur les animaux.
Tbenard (2), tout en rapportant les faitsobservés par H. DavyeteDaj<yQtant qu'à leur tour Tennant et Underwood constatèrent aussi les métor effets, déclare néanmoins que ceux à qui il a vu respirer le protoxyde d'azotf s'en sont mal trouvés, et il cite Vauquelin, deux jeunes gens chargé^<it préparer ses leçons et kit«méme. Dès les premières inspirations, Vaoïpieliî tomba en défaillance, le pouls agité, les oreilles obsédées d'un boardosM' ment intense, les yeux hagards et roulant dans leurs orbites; il souHtsm beaucoup, il avait perdu la voix, ses traits étaient décomposés : il rtrU environ deux minutes dans cet état. Des eflTets analogues se manifestèrec! chez les deux préparateurs et chez Thenard. Davy, à qui furent conuDoci- ^piés ces résultats peu d'accord avec ses propres expériences, pensa quf la quantité de gas inspiré avait été trop faible. LliaHen Cardone, cb < soumettant à diverses expériences sur l'iidialation du protoxyde d'azotr enépnmvft des eiffets très-variablts (3). Plus récemment, P. Zimmennann V a institué de nouvelles expérienees sur l'homme et les animaaz coDCf> Hant rintuencèdu protoxyde d'azote comme gaz respirable. Ayant resp:" iui'*méiQe ce gaz, il sentît d'abord une saveur sucrée, et sa poitrine. ^ dilatani largement, sembla se remplir d'une douée chaleur. Après huit <h:
(1) H. Dayt, Researches Chemical and Phiiosophical chkfly Concenùnff SUrvu* '*' or Diphhgisticated Nitrous Air, and Us Respiration, Londres, 1800,
(2) Tbehard, Traité de chimie élémentaire. Paria, 1827, t, IV, p. 572.
(3) Journal de chimie médicale, U 11, p. 132.
(4) P. ZiHMERMANN, De respiratione nitrogenii oxydulati commentatùj, Hariwvfi *^'^
MIIiBDX inVIBABLIS. 5&S
dix iBspiiiliocfi, les mour^neiefito de la poitrine s'accéLérèrant, le pouk éenûi précipité et irrégnlier. Les yeaz étaient bnUants, l'ouie trè^-Ane; pois surrmrcBt des engourdissemeots dans les niembres, et en même tern^ une gaieté aiii(sidîère et ua rire continuel. — Zimmermana put ilonger, sans le faire périr^ un même lapin deux fois dans le protoxyde Tazote : ia i^emière fois^ l'animal y s^ouma vingt minutes et fut retiré a moment où l'as^iyxie se manifestait d'ane manière évidaite, la se* ooëe, il resta dans le gaz pendant trois heures vingt minutes, sans y périr» ttis en éprouvant les mêmes accklents d'aaphyxie. Les deux fois, il revint m peine à la vie. Beiix pigeons furent plongés, Tun pendant une heure *ois quarts, et Tantre pendant deux heures daats le même gaz, et ila parent Ire rappelés à Tétat normaL Trois lapins d'âges divers succombèrent au ont de deux heures quinze» deux heures trente et deux heures quaranteloq minutes. Les accidents observés chez ces animaux furent surtout une ve anxiété, une résolution musculaire simulant la paralysie, Taccéléra- MD des mouvements respiratoires et des battements du cœur. — On a^ dans '^ derniers temps, expérimenté à un autre point de vue les mêmes inha* lions, en étudiant le protoxyde d'azote comme moyen anesthésique. Ge H pas ici le lien d'en parler; mais ce gaz a offert une assez grande inmstance dans son action sur hi sensibilité.
En examinant les conditions dans lesquelles se sont placés les divers :périmentateurs,on arrive à admettre que, par suite des différents modes inhalation mis en usage, ils ont dû respirer des mélanges gazeux peu >mparables. On sait comment opérait H. Davy; Tennant et Undervt^ood, i ûpérant comme lui, arrivèrent aux mêmes résultats. Vauquelin suivit m^me marche, mais en s'arrêtant aux premiers symptômes signalés (T le chimiste anglais. Les préparateurs de Thenard, ayant rempli du gaz ml il s'a^git une ueisie d'environ quinze pintes, y ajustèrent un robinet : i la soutenant d'une main, ils pressaient de l'autre leurs narines^ de maére que le gaz passait alternativement de la vessie dans leurs poumons de leurs poumons dans la vessi^j^ mêlé à la quantité d'air que leur police pouvait contenir. Thenard s'y prit tantôt, comme eux, tantôt d'une auièrepeu différente au fond et tout aussi imparfaite. P. Zimmermann se nit d'un tube en fermant exactement les narines, et montra une persé- -rance comparable à celle de Davy; aussi se rapprocha- t-il, beaucoup iu> que les autres expérimentateurs^ des résultats signalés par l'illustre biiniste.
SU est une conséquence à tirer de plusieurs des expériences qui préi'dpnt, c'est que le protoxyde d'azote, sans être un gaz respîrable comme 'X}gène, peut néanmoins le suppléer pendant un certain temps, et ulté- (iirement produire des accidents qui, d'abord peu intenses, finissent par ne asphyxie complète.
Relativement aux produits comparés de la respiration dans Tair, dans oxygène pur et dans le protoxyde d'azote, on assure avoir constaté que, îîi^ ces deux derniers gaz, la quantité d'acide carbonique exhalé est plus
5Uk DE LA RESPIRATIOI^.
forte que dans l'air atmosphérique. Aussi a-t-on admis que plus latn^sphère respirable contieut d'oxygène^ plus il est exhalé d'adde carbonique {*) : le produit de la respiration dans l'air contenant i/5 de ^& volume d'acide carbonique, le produit de la respiration dansleprotoiy4; d'azote en renfermait presque la moitié du sien. On a cm égalonenl devoir admettre que le protoxyde d'azote se décompose dans nos poumoD^ : li. fait a paru probable^ quoique aucun autre phénomène connu ne TÎeoD^ a^ aide pour l'expliquer; car, dans nos laboratoires, le protoxyde d azote it« décompose seulement à des températures bien supérieures à celle du corp*. Comment^ a-t-on dit, ce gaz satisferait-il quelque temps aux besoins ^^-k respiration, si ce n'esta l'aide d'une décomposition partielle et par luiv* gène qu'il fournit; c'est sans doute, au contraire^ la portion de ^4 demeurée intacte qui^ en pénétrant dans l'organisme par voie d'ab>û.'7> tion, provoque les accidents signalés par les expérimentateurs.
Les autres gaz ne nous offrent plus un égal intérêt; aucun d'eux uewjt tient la respiration, même momentanément. Les uns, inertes et non (i^^^ tères, déterminent l'asphyxie, parce qu'ils ne peuvent alimenter le trir^ chimique de la respiration; les autres, actifs et vénéneux, non-seulen:d| ne suffisent pas aux besoins de l'hématose, mais encore altèrent les ovirÀ et troublent leurs fonctions ; en un mot, ils exercent sur les animaui sdc action toxique.
Les gaz qui ne tuent que par l'absence de l'oxygène, c'est-À-dire da ^ed gaz propre à entretenir la vie, sont Vazote et V hydrogène.
V azote entre pour une si forte proportion dans l'air atmosphérique, ç* l'on peut regarder l'expérience journalière comme donnant une dérn* stration péremptoire de son innocuité quand il est mêlé à une quantité >/] 'fîsante d'oxygène; d'une autre part, on a maintes fois observé qo^^ "animaux plongés dans l'azote pur y éprouvent plus ou moins rapideisri tous les phénomènes de l'asphyxie. Lavoisier, qui découvrit l'azole. reconnut le premier cette propriété asphyxiante; et,'comme il avait obt ce gaz, à titre de résidu, après l'absorption de l'oxygène dans un xok^ donné d'air atmosphérique, cette inaptitude à entretenir la respiration^ précisément considérée comme un des principaux caractères du nou^t'i gaz extrait de l'air (1).
L'inhalation de Vhydrogène pur a les mêmes conséquences, et pourUi ce gaz n'exerce non plus aucune influence délétère, puisqu'on peut, ^-^ inconvénient, faire respirer à des animaux ou à Thomme de rhjd.'> gène mélangé en très-grande proportion avec de l'oxygène ou de 1 ^^ atmosphérique. Lavoisier et Séguin l'avaient déjà constaté, et, depu ^
(*) Telle n'est pas ropiiiion de V. Regnault et J. Keiset [Rech, chim, sur la respùnt^, (^^ Annales de chimie et de physique^ 3* série, t. XXVI), qui affirment que, « dans une a'^' sphère renfermant deux ou trois fois plus d'oxygène que notre atmosphère terrestre, les r duits de la respiration restent absolument les mêmes » .
(1) Lavoisier, Mém. de VAcad. roy, des sciences de Paris, année 1777, p. 187.