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C. — LUMINOSITÉ

Parmi les énergies que l’ètre vivant sait produire il faut compter la Lumière. C’est, comme la chaleur, une énergie radiante, mais sa signification fonctionnelle est en réalité bien différente. La production de chaleur répond à une des conditions les plus générales de

364 AUTRES MANIFESTATIONS ÉNERGÉTIQUES.

la \Tie ; la production de lumière vise au contraire (autant que nous la connaissons) une fonction très spéciale d’éclairage.

'Exemples connus. — La lumière des êtres vivants est connue vulgairement par celle qu’émettent certains insectes, comme le ver luisant de nos climats, ou la luciole d'Italie ou encore les pyroph ores de certains pays chauds ; mais le phénomène est en réalité beaucoup plus répandu que ne sembleraient l’indiquer ces exemples restreints. La fonction photogénique s’observe dans tous les règnes de lanature, depuis certaines bactéries et certains infusoiresjusqu’à certains vertébrés, en passant par des cœlentérés, des mollusques, des articulés, des tuniciers. Des bactéries photogènes s’ensemencent parfois et se multiplient sur les viandes de boucherie auxquelles elles donnent un aspect phosphorescent. C’est là l’explication commune de la luminosité qui se développe dans certains cas sur des tissus en général privés de vie. — La phosphorescence de la mer est due à des protozoaires, dont les plus connus sont différentes variétés de noctiluques .

La production de lumière a été constatée chez les végétaux supérieurs, sur des fleurs telles que celles de la capucine, du lis bulbifère, de l’onagre à gros fruits, du soleil des jardins, etc., dans des conditions spéciales et du reste variables suivant les plantes et pouvant pour cela prêter à contestation. En réalité la photogénèse des végétaux n’est certaine que chez certains champignons (certains agarics) et chez certaines algues incolores.

Le fond de l’Océan, par des profondeurs de 1 000, 2 000 mètres et plus, n’est pas dépourvu d’êtres vivants. Ces abîmes où la lumière solaire est absolument impuissante à pénétrer sont néanmoins éclairés. Ony areconnu l'existence desortes de forêts de polypiers lumineux. Des végétaux et des animaux y vivent qui ont l’aptitude photogène et s’éclairent avec la lumière qu’ils produisent. On en a retiré des poissons dont la tête est pourvue de fanaux qui illuminent les espaces qu'ils parcourent. La lumière serait pour les êtres vivants une condition plus générale qu elle paraît au premier abord. La où ils ne la reçoivent pas toute faite du soleil, ils la produisent euxmêmes et l’utilisent à des fins dont toutes ne nous sont peut-être pas connues.

Les organes photogènes des poissons lumineux sont de forme et de distribution variée. En plus de fanaux proprement dits, on observe le plus souvent des taches oculiformes régulièrement situées le long du corps. On s’est demandé si ces fanaux photogènes ne cumuleraient pas les fonctions à la fois d’œil et de lanterne, d’appareil éclairant et d’appareil percepteur de la lumière. Ces organes res-

LUMINOSITE.

semblent morphologiquement à des glandes mucipares transformées. Au début la phosphorescence a pu être due à la production d un mucus lumineux. Chez certains mollusques la luminosité est produite par la sécrétion d’un mucus de ce genre.

C’est la lumière des insectes qui a été jusqu’ici la plus étudiée du point de vue de ses propriétés et des conditions de sa production.

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