I. — Photogénèse chez les Insectes
Les insectes producteurs de lumière appartiennent aux groupes des lumpyrides et des élatérides. Les derniers sont tes plus remarquables par la grandeur de leur corps et l’éclat de leur luminosité. Parmi eux les Pyrophores (Phyrophorus ou Elater noctilucus) ont été plus particulièrement étudiés. R. IJuuois en a lait en particulier une monographie détaillée. Les pyrophores n’existent que dans certains pays chauds (Amérique et Océanie), dans une région comprise entre le trentième degré de latitude sud et le trentième degré de latitude nord et entre le quarantième degré de longitude et le cent quatre-vingtième.
La luminosité existe déjàdans l’œuf et dans l'animal à l’état de larve. Dans la larve du premier âge l’organe lumineux est unique. Il occupe la partie postérieure du premier membre (segment céphalique) et la partie antérieure du second (segment prothoracique) ainsi que l’espace intermédiaire. Cet organe médian est composé de deux moitiés symétriques (deux masses protoplasmiques hyalines remplies de granulations particulières qu’on trouve dans l’organe de l'insecte parfait. Dans la larve du second âge le phénomène photogène s’étend à tous ses anneaux et se montre localisé dans certains points de ceux-ci. Chaque anneau porte trois points lumineux (le dernier n’en porte qu un seul), ce qui donne naissance à trois cordons d’illumination parallèles.
Chez l’insecte parfait (il s’agit toujours du pyrophore) les foyers lumineux sont au nombre de trois, un ventral et deux autres sous les taches jaunes du corselet. Dans les lampyres l’appareil forme une double masse placée à l’extrémité postérieure du corps.
Organes photogènes. — Les tissus qui composent 1 organe lumineux de l’insecte sont les uns communs à d’autres appareils, les autres particuliers à cet organe lui-même. On y trouve en effet des trachées, des nerfs, des muscles des tissus adipeux. Mais on y trouve en plus deux espèces de cellules propres à cet organe : les unes plus superficielles sont les cellules lumineuses, les autres, plus profondément situées sont les cellules granuleuses et doivent avoir aussi quelque rôle particulier, bien qu’elles forment une couche par elle-même non éclairante.
Les cellules de la couche superficielle sont disposées à la suite les unes des autres sous forme de cylindres et maintenues entre elles par une membrane tubulée et parsemée de noyaux, qui les contient à peu près comme le sarcolemme contient la substance contractile du faisceau primitif dans 1 élémenl musculaire. Ces tubes remplis de ces cellules appartiendraient à une variété particulière de tissu adipeux trouvé par Leydig chez certains insectes.
La zone sous-jacente est formée d’une substance crayeuse opaque, dont 1 aspect crayeux est du reste plus ou moins prononcé suivant les circonstances et qui est due à des fragments irréguliers mêlés à des granulations à contours plus
AUTRES MANIFESTATIONS ÉNERGÉTIQUES.
nets. Sa texture, à cette différence près, est la même et elle ne se sépare pas de la zone précédente.
L’appareil dans son ensemble est pédiculé et ce pédicule reçoit un lacis abondant de trachées ramifiées. Les ramifications s’arrêtent avant d'atteindre la zone proprement lumineuse.
Les muscles, les uns intrinsèques, les autres extrinsèques, ont encore à jouer un rôle dans le fonctionnement de cet appareil.
Les nerfs partant du ganglion correspondant, se dirigent vers le hile et ont été suivis jusqu’aux muscles et jusqu’aux ramifications trachéennes; certains auteurs disent les avoir suivis, d’autres non, jusqu’à l’organe lumineux.