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SUCCESSIFS DE LA SÉCRÉTION DES GLANDES A ÉLÉMENTS FIXES

1° Phase d’élaboration des matériaux de la sécrétion. — Cette phase est caractérisée par la formation de granulations ou de vacuoles remplies de liquides.

Les granulations sont plus ou moins volumineuses. Elles sont constituées, soit par des préproduits, tels que le mucigène des cellules à mucus, le glycogène des cellules hépatiques, la propepsine, le zymogène pancréatique, soit par les produits de sécrétion définitifs, tels que la graisse formée par les éléments épithéliaux de la mamelle ou de l’intestin, soit encore par des réserves accumulées en vue de la nutrition de la cellule (graisses des cellules épithéliales des t-ubuli contorti du rein, Gurwitsch).

La nature des liquides vacuolaires a pu être déterminée dans quelques cas, d’une façon approchée, en particulier dans les cas de digestion intra-cellulaire.

La digestion intra-cellulaire s’observe chez les organismes unicellulaires tels que les Protozoaires (amibes, infusoires), les myxomycètes à l’état de plasmode, les globules blancs phagocytes. Chez les Invertébrés, elle est plus spécialement localisée dans les organes digestifs. Metciixikoff l’a observée en particulier chez les Planaires, dans les cellules épithéliales de l'intestin ; chez les actinies, dans les cellules des filaments mésentériques. Plus on s’élève dans la série animale, plus elle tend à céder la place à la digestion par les sucs digestifs sécrétés par le tube gastro-intestinal; cependant, même chez les êtres les plus élevés, elle persiste en ce sens que les cellules des organes ont la propriété de remanier les réserves constituées à leur intérieur; le foie notamment représente à ce point de vue un véritable organe de seconde digestion (Cl. Bernard).

La digestion intra-cellulaire est caractérisée d’abord par l’englobement de la nourriture (animalcule, plante, microbe). Elle se poursuit généralement en milieu acide. Des grains de tournesol bleu ingérés par des infusoires virent au rouge au bout de quelque temps. Les vacuoles digestives prennent la coloration

PHÉNOMÈNES MORPHOLOGIQUES ET MICRO-CHIMIQUES

caractéristique des acides sous l’influence d’une solution d’alizarine sulfo-conjuguée ou d’une solution à 1 p. 100 de rouge neutre d’Emuicii (Metchnikoff). Après la mort l’acidité des vacuoles est neutralisée par le protoplasma et le milieu liquide ambiant qui sont alcalins.

Les agents digestifs sont des ferments. Ceux-ci peuvent être extraits par l’eau dans bien des cas [amibes (Mouton), globules blancs ; filaments mésentériques des actinies (L. Frédéricq, Mesnil)]; cependant en général l’extrait aqueux ne possède qu'une partie des propriétés digestives qui caractérisent le protoplasme vivant.

Dispositif en rapport avec la formation des produits de la sécrétion. — La

formation des produits delà sécrétion est en rapport avec le développement d’un dispositif particulier auquel Garnier [1897] a donné le nom d’ergastoplasme (de soyaÇoaa'., élaborer en transformant). L’ergastoplasme est une partie différenciée du protoplasme ; il consiste en des filaments ou des bâtonnets colorables par les teintures basiques et qui sont placés dans la partie inférieure de la cellule, autour du noyau. Ces filaments sont en continuité avec le réticulum du protoplasme cellulaire et aussi, par l’intermédiaire du réticulum, avec le noyau duquel ils semblent recevoir la matière colorable dont ils sont imprégnés. Comme le noyau joue dans la sécrétion un rôle prouvé par les phénomènes de cariolyse ou de multiplication amitotique qu’il subit alors, les filaments ergastoplasmiques servent d’intermédiaires entre le noyau et le protoplasme ordinaire pendant les phases préparatoires de la sécrétion ; ils sont aussi les intermédiaires entre le protoplasme et le plasma nutritif apporté par les vaisseaux, et ce sont eux, qui, finalement, élaborent les grains de sécrétion. L’activité sécrétoire ne s’exerce pas d’une manière continue dans le corps cellulaire, aussi l’ergastoplasme n’est pas un organe permanent de la cellule. 11 apparaît dans cette dernière au moment où, après un repos, elle va recommencer à sécréter, et il est totalement employé à produire la substance sécrétée ; cependant il en peut persister parfois une certaine quantité, qui, condensée et agglomérée en boule, forme certains de ces corps intra-cellulaires colorables auxquels on a donné le nom de paranuclei ou de nebenkerne. Les données de Garnier ont été établies surtout d’après l’étude des glandes salivaires et lacrymales. En dehors de ces organes et du pancréas, l’ergastoplasme n’a guère été retrouvé par les différents auteurs qui ont depuis étudié cylologiquement la sécrétion.

2° Phase de désintégration et de migration exocellulaire. —

L’acte de décharge, de migration exocellulaire est caractérisé en général par les phénomènes morphologiques suivants. Les masses granuleuses disparaissent peu à peu ; les vacuoles se vident ; le protoplasme revient à l’état grenu ; l’ergastoplasme qui s’était réduit à la fin de la période précédente (période de maturité) se développe à nouveau. Le plus souvent, la cellule se réduit et devient plus basse, comme l’a fait voir Heidenhain, dans les cellules pancréatiques, et Renaut dans les sudoripares épuisées.

Les cellules séro-muqueuses telles que les cellules caliciformes ou celles des glandes mucipares différenciées fournissent un exemple typique, bien décrit par Uanvier, du mouvement vacuolaire dont les cellules peuvent être le siège. Les

LÀ SÉCRÉTION

vacuoles se meuvent, se fusionnent, bourgeonnent, montent de la partie basale vers la surface libre. Les boules de mucigène s’agrandissent, deviennent moins réfringentes, rompent par leur expansion les travées protoplasmiques séparatives à l’orifice de la cellule caliciforme; du mélange du liquide vacuolaire avec le mucigène ou de leur action réciproque l’un sur l’autre résulte le mucus exporté. Dans une sous-maxillaire de chien il diffusera à travers la mince ligne protoplasmique séparant la cellule glandulaire de la lumière glandulaire. — Il reste, une fois l’exportation terminée, plus de vacuoles que de mucigène et çà et là des masses indistinctes de mucigène malformé reconnaissable au sein du protoplasme quand on a eu soin de colorer différentiellement et électivement le protoplasme et le mucigène.

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