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ROLE PROTECTEUR DES GLANDES ET DES SÉCRÉTIONS

tration des agents pathogènes, soit par la mise enjeu de propriétés spéciales, antitoxiques, bactéricides, etc....

Fonctions antitoxiques du foie. — Cl. Bernard a démontré que si on injecte des sucres, de l'albumine de l’œuf, etc., comparativement dans une veine de la circulation générale et dans la veine porte, [la substance injectée se retrouve plus abondante dans l’urine dans le premier cas que dans le second. Si l’injection dans la veine porte est faite avec une lenteur suffisante et si la dose ne dépasse pas certaines limites, la substance peut être entièrement retenue et modifiée par le foie. Bouchard, Roger, Gilbert et Carnot, Plotz et Gyergyai, etc., ont étendu ces expériences à la caséine, aux peptones, à d’autres substances. Lautenbach 1876, Sciiiff 1877, Heger, Jacques les premiers ont signalé le rôle protecteur du foie vis-à-vis des poisons. Capitan, Gey, Eon du Val, Ghouppe, Roger, Garnier, Albanese, Gilbert et Carnot, Carrara, Montuori, etc., ont apporté de nombreux exemples particuliers de cette protection.

Un démontre le rôle protecteur du foie, soit en injectant comparativement, d’après la méthode de Cl. Bernard, le poison dans la veine porte et dans une veine de la circulation générale, soit en triturant, in vitro, le tissu hépatique avec la substance considérée, soit encore au moyen des circulations artificielles. Un constate que le poison perd une partie de sa toxicité si on l’introduit par la veine porte ou si on le met en contact avec le foie. Un peut aussi comparer l’action d’un poison chez la grenouille avant et après l’ablation du foie, chez le chien avant et après l’établissement d’une fistule d’Eck.

L’action du foie s’exerce particulièrement sur les alcaloïdes végétaux; elle s’étend aussi sur les produits de putréfaction qui prennent naissance dans l’intestin, à l’acide oxalique, etc,..., aux gaz toxiques (hydrogène sulfuré), aux ptomaïnes en général, à certains poisons microbiens et à des microbes (charbon, Roger et Lemaire). Certains métaux s’accumulent aussi dans le foie où ils peuvent être décelés par l’analyse chimique ou des réactions microchimiques (fer, plomb, arsenic, cuivre, mercure, etc.). Un sait enfin que le foie fixe et élimine d'une manière élective les pigments.

Le pouvoir antitoxique du foie est en rapport étroit avec la richesse de cet organe en glycogène (P. Teissier). Le glycogène possède des propriétés bactéricides. Il est susceptible, in vitro, d’atténuer les effets toxiques de certains poisons (nicotine). L'action antitoxique du glycogène ne s’exerce pas cependant \is-à-vis de tous les poisons ; elle peut être nulle (strychnine) ou inverse (toxine diphtérique), ce qui est en accord avec les données de la physiologie expérimentale (P. Teissier). Un sait en effet que le foie n’arrête pas tous les poisons (alcool, acétone, digitaline) et que les virus diphtérique et pneumo-bacillaire peuvent être renforcés par leur passage à travers le foie (J. Teissier et Guinard). Gilbert, Lion, Yersin ont montré que le foie ne protège pas vis-à-vis du streptococcus et du coli ; l’inoculation par la veine porte est plus dangereuse que par une autre veine; il faut, du reste, tenir compte de la virulence du microbe.

La fonction antitoxique se confond dans une certaine mesure avec la fonction uropoiétique dont le foie est le siège principal (Meissner, 1864). Le foie transforme en urée un grand nombre de déchets dont quelques-uns sont très toxiques et proviennent de la désintégration des albumines et des nucléines ou se forment dans l'intestin (tels que acides amidés, purines, composés ammoniacaux) (Pawlow, Nencki, Salkowski, Dastre). Cette transformation s’opère avec le concours de l'oxygène (Dastre) ; elle est entravée par la ligature des artères du foie (Doyon et Dufourt).

SÉCRÉTIONS EXTERNES

Le foie n'est pas le seul organe exerçant une action destructive. Le rein broyé avec de I atropine, de l'arsenic, de la morphine..., neutralise ces poisons ; le muscle neutralise la strychnine, renforce l’arsenic; le poumon neutralise la morphine, la strychnine, exalte l'arsenic (Brouardel et Thoinot). Le mélange in vitro de tissu cérébral, de cobaye, de lapin... et de toxine tétanique neutralise les effets de celle-ci (Wassermann et Takaki, etc.).

Salive. — La salive empêche la stagnation des microbes et les entraîne. D'une manière générale, elle ne possède pas de propriétés bactéricides bien nettes. Aux doses comparables à celles qui se rencontrent dans la salive le sulfocyanure de potassium est inactif (Nicolas). Par contre, la salive agit sur les produits sécrétés par les microbes et d’autres substances solubles telles que les venins. Les anciens Psylles (Afrique septentrionale) au début de notre ère employaient déjà leur salive contre la morsure des serpents. Wehrmann a constaté que l’amylase de la salive humaine mélangée à des doses très rapidement mortelles de venin empêche définitivement son action toxique. Par suite des produits microbiens et des diastases qu’elle contient, la salive peut provoquer chez les leucocytes (des amygdales) une sensibilité chimiotaxique positive ; les leucocytes attirés englobent les microbes (Hugenschmidt, Metchnikoff).

Suc gastrique. — Le suc gastrique empêche ou arrête la putréfaction. In vitro il atténue un grand nombre d’espèces microbiennes, même les spores charbonneuses et le bacille tuberculeux; toutefois il faut un contact de plusieurs heures avec une quantité suffisante de suc gastrique (Falk 1883, Wesener 1883, Strauss et Wurtz 1888, Carrière 1897). L’action du suc gastrique dépend surtout de l'acidité. La pepsine agit sur quelques produits microbiens : la toxine diphtérique (Gamaleia, Nencki et Sieber Schoumow-Simanowsky), la toxique tétanique (Nencki, Sieber Sciioumow-Simanowsky), d’autres toxines microbiennes (Ciiarrin et Lefèvre). La ricine soumise à l’action de la pepsine et de l’acide chlorhydrique ne perd pas sa toxicité mais perd presque complètement son pouvoir agglutinant (F. Muller). C’est l’inverse pour l’abrine (Hausmann). Le suc gastrique détruit le virus rabique (Wyrsikowsky ; Tizzoni et Cantani).

In vivo il est douteux que le suc gastrique exerce une action bien accusée ; le séjour des ingesta dans l’estomac est probablement trop court. Cependant on a signalé une pullulation exagérée des microbes lorsque l’acidité du suc gastrique diminue. Certains microorganismes, la plupart peu pathogènes, il est vrai, poussent bien même en milieu acide : tels sont les blastomycètes (levures, torulas), les sarcines, quelques bacilles dits acidophiles, des spirilles (Bizzozero, Salomon).

Suc pancréatique. — La trypsine agit sur le poison diphtérique (Nencki, Sieber Schoumow, Ciiarrin et Levaditi), les venins des serpents (Wehrmann) ; 1 centimètre cube de trypsine tue 10 000 à 100 000 doses mortelles de toxine diphtérique; 0,06 centimètre cube de trypsine et 0,02 centimètre cube de bile tuent 10 000 doses de toxine tétanique. L’abrine résiste à la trypsine et aux oxydases (animales et végétales), (Repin, Henseval, Haussmann, Sieber).

Bile. — La bile exerce un effet protecteur vis-à-vis de certains poisons microbiens. Elle neutralise les toxines diphtérique et tétanique, les venins (Fraser, Phisalix, Calmette, Vinzenzi), même si elle a été au préalable chauffée à 100°- 120°, pourvu que le mélange ait été assuré avant l'injection. Si le venin est injecté dans la vésicule il tue comme s’il avait pénétré par la voie souscutanée, par suite probablement de la rapidité de l'absorption (Calmette). La bile des animaux morts de peste bovine vaccine les bovidés (Koch). On préserve les animaux de la rage lorsque le virus rabique injecté est mélangé avec de

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