‹ Traité de physiologieChapitre 143 sur 374 · K. — INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX SUR LES SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

K. — INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX SUR LES SÉCRÉTIONS

I. Données anatomiques. — Les nerfs pénètrent dans les glandes en même temps que les vaisseaux. Ils appartiennent au système sympathique et présentent jusque dans la glande des amas ganglionnaires ou visibles à l’œil nu ou micro-

SÉCRÉTIONS EXTERNES

scopiques. Leurs terminaisons n’ont rien (le caractéristique. Elles se font par libres très fines, variqueuses à leur extrémité et qui s’appliquent sur le corps des cellules. L’ensemble de l’arborisation rappelle un peu la forme de l’organe (acinus ou cordon cellulaire) sur lequel elle s’applique, mais il n’y a rien de pareil aux muscles dans lesquelles l'arborisation est typique parce qu’elle est étalée entre le sarcolemme et le muscle dans un espace étroit à la forme duquel elle se plie.

II. Action sur les sécrétions. — Le système nerveux règle les sécrétions, directement en agissant sur les éléments sécréteurs ou les organes d excrétion, et indirectement en proportionnant 1 alllux sanguin aux besoins de la glande par 1 intermédiaire des vasomoteurs.

Ludwig mit le premier, en 1851, expérimentalement en évidence l’influence du système nerveux sur les sécrétions en démontrant que l’excitation du lingual sectionné provoque 1 écoulement de la salive sous-maxillaire. CL Bernard prouva, d une part, que 1 action du lingual doit être rapportée à un petit lilet nerveux, la corde du tympan, accolé au lingual et, d’autre part, que l'excitation provoque simultanément l'exagération de 1 écoulement de la salive et la vaso-dilatation intense de la glande. Dès lors on pouvait se demander si la sécrétion n’était pas due à une tiltration plus abondante des éléments du sang sous l’influence de l’afflux plus considérable de sang. La question fut définitivement jugée par Heideniiain qui distingua les nerfs sécréteurs des nerfs vaso-dilatateurs en prouvant que l’atropine paralyse les premiers sans modifier sensiblement 1 excitabilité des seconds (1868).

Centres régulateurs. — Les centres nerveux qui règlent les sécrétions sont de deux ordres : les uns sont situés dans l’axe cérébro-médullaire, les autres au niveau des ganglions, disséminés le long du sympathique ou dans les parois mêmes des glandes.

Le bulbe représente une région gouvernant toutes les sécrétions. Sous l’influence de la piqûre du plancher du quatrième ventricule toutes les sécrétions (y compris la hile, Vulpian) sont modifiées et coulent abondamment ; l'urine peut contenir du sucre et de l’albumine (Cl. Bernard).

La preuve que les ganglions peuvent réfléchir l’excitation ‘et transformer une impression sensitive en une incitation sécrétrice a été donnée pour la première fois par CL Bernard à propos de la sous-maxillaire. Les expériences plus récentes de Wertheimer sur la sous-maxillaire, de Wertheimer et Lepage sur le pancréas, de Mironow sur la glande mammaire, de Golz et Ew ald sur les effets de l’ablation de la moelle ont confirmé et étendu la découverte de Cl. Bernard.

Sécrétion de la salive. — Si après avoir supprimé l’influence des centres cérébro-spinaux on excite le nerf lingual à 3 ou 4 centimètres au-dessous du ganglion avec le courant électrique, on voit la salive s’écouler par la canule salivaire -(Cl. Bernard). Schiff a objecté que lorsqu’on applique le courant électrique à

Page 1