L. — ACTION DES POISONS
Action des anesthésiques. — D’une manière générale les sécrétions ne sont pas supprimées par l’anesthésie ; l’excitabilité des nerfs sensitifs disparaît avant celle des nerfs moteurs.
SÉCRÉTIONS EXTERNES
Cl. Bernard a constaté sur le chien que la sécrétion salivaire est augmentée au début de l’anesthésie parle chloroforme, par suite d'une action locale sur les extrémités terminales du lingual comparable à celle du vinaigre. Lorsque l’animal est complètement anesthésié, la sécrétion salivaire ne peut pas être augmentée en irritant les nerfs sensitifs de la langue par un des moyens ordinairement employés tels que le vinaigre les extrémités des nerfs sensitifs ayant perdu momentanément leur excitabilité, mais si on excite la corde du tympan, on provoque aussitôt la production de la sécrétion salivaire ou son augmentation. Lne chloroformisation plus ou moins prolongée entraîne par elle-même un abaissement plus ou moins marqué de la sécrétion lactée pendant un à trois jours (Mironow). D’après Wertheimer et Lepage, les réflexes pancréatiques résistent à l’anesthésie ; l'action de la sécrétine est diminuée ou supprimée (Camus).
Le sommeil n’exerce aucune influence sur le travail sécrétoire des glandes gastriques et du pancréas (Pawlow).
Action de l’atropine et de la pilocarpine. Choline. — L'atropine et la pilo-
carpine sont des alcaloïdes, extraits le premier de la belladone, le second du jaborandi. Le jaborandi a été rapporté d'Amérique par Coutineau et expérimenté pour la première fois par Gubler.
D’une manière générale, l'atropine diminue ou arrête les sécrétions, la pilocarpine les exagère ou les provoque. L’atropine agit sur certaines glandes (sousmaxillaire, glandes de la sueur) déjà à la dose d'une fraction de milligramme ; la pilocarpine est moins active aux mêmes doses.
La pilocarpine augmente non seulement les sécrétions (salive...), mais modifie également la composition du produit éliminé. La salive de chien devient plus riche en mucine et en diastase (Malloizel). Le suc pancréatique est moins abondant que celui qui provient de l’excitation duodénale par les acides, mais il est plus riche en résidu sec (Camus et Gley), et agit sur l'amidon, les graisses et l’albumine (Prévost, Wertheimer, Gley et Camus). D'après Delezenne, le suc pancréatique pur, recueilli dans le canal de Wirsung, sans mélange avec le suc intestinal, n’est actif que lorsqu’il renferme des globules blancs. La pilocarpine, à la dose de 1 milligramme par kilogramme d’animal, provoque le passage de nombreux leucocytes dans le suc pancréatique et l’urine. [L’urine devient trouble et laiteuse (même rouge si la pilocarpine est donnée en excès) ; sans action par elle-même, elle confère, grâce aùx globules blancs qu’elle contient, le pouvoir de digérer l’albumine à des sucs pancréatiques inactifs (sucs de fistules permanentes, suc de sécrétine) (Delezenne)].
L'action de l’atropine et de la pilocarpine s’exerce par l’intermédiaire du système nerveux (Morat). L’atropine paralyse les nerfs sécréteurs; son action rappelle celle du curare sur les nerfs moteurs volontaires. L’excitation d’un nerf glandulaire, soit directement par les courants induits, soit indirectement par l’asphyxie ou par tout autre moyen, n’est suivie d’aucun résultat positif chez un sujet auquel on a injecté, administré au préalable de l'atropine. On connaît moins bien les éléments sur lesquels agit la pilocarpine. Chez un animal intoxiqué par ce poison le nerf sécréteur (la corde du tympan), par exemple reste excitable, à moins que l’on ait employé de trop fortes doses.
L’atropine et la pilocarpine n’influencent pas au même degré toutes les sécrétions. L’atropine est sans action bien nette sur lesséci'étions urinaires. La sécrétion mammaire est diminuée par ce poison, mais le taux de résidu solide, la proportion des graisses surtout, augmente (Hammerbacher1. Les nerfs sécréteurs
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qui proviennent de la chaîne du sympathique résistent dans une certaine mesure à l'atropine. Chez le chien, même après l’ingestion de 100 milligr. de poison dans les veines, on peut encore obtenir la sécrétion sous-maxillaire en excitant le sympathique cervical; il en est de même chez le chat après 30 millig. (Heidenhain, Langley, Wertiieimer et Lepage). L’atropine supprime entièrement toute salivation lorsque le sympathique n’intervient pas (apres extirpation du ganglion cervical supérieur) (Y. Henri et Malloizel). De très fortes doses (8 centigr. par kilo.) ne suppriment et n’atténuent même pas chez le chien les réflexes sécrétoires du pancréas, la sécrétion peut même être accélérée (Wertiieimer et Lepage). L’atropine n’empêche pas les effets sécrétoires de l’injection acide dans le duodénum (Wertiieimer et Lepage, Bayliss et Starung) ; elle atténue l’effet de l’injection de la sécrétine ou d’albumoses (Gley et Camus). La pilocarpine n’augmente pas la sécrétion lactée; à haute dose elle diminue l'écoulement et abaisse le taux du résidu solide du lait (Hammerbacher, 1884; Gornemn, 1892). La pilocarpine est sans action nette sur la bile. Elle n’augmente pas le volume de 1 urine et diminue l’excrétion de l azote et de l’acide phosphorique (Loevi). D’après Sabbatani la pilocarpine serait diurétique associée à la paraldéhyde. La pilocarpine diminue le glycogène du foie et augmente le sucre du sang. Dovox et Karefe, p. 384.
L’action de l'atropine et de la pilocarpine s’exerce comme celle du curare par la périphérie : Pour le prouver, Morat isole sur un Mammifère le membre supérieur aussi complètement que possible en sectionnant tous les organes sauf les nerfs. On injecte alors de l’atropine dans une veine ou sous la peau, du côté des centres. Si dans ces conditions on asphyxie l’animal la sudation asphyxique apparaît seulement dans le membre lié ; l’atropine empêche le phénomène dans le reste du corps. D’autre part, si on injecte dans le corps d un animal préparé de la même manière de la pilocarpine, la sudation apparaît dans toutes les régions sauf dans le membre lié.
L'action de l’atropine et de la pilocarpine ne s’étend probablement pas aux éléments sécréteurs delà glande. On peut, en effet, provoquer la sécrétion sousmaxillaire en excitant le sympathique cervical après l’injection d’une forte dose d’atropine alors que la corde est devenue inexcitable.
Les effets de la pilocarpine après section et dégénérescence des nerfs glandulaires ne sont pas univoques, ce qui tient peut-être à la difficulté de supprimer dans tous les cas toutes les connexions des glandes avec le système nerveux. Si l'on attend huit à dix jours que la dégénérescence soit faite et que les nerfs soient inexcitables, on constate que la pilocarpine ne produit le plus souvent aucun effet dans le domaine correspondant ; toutefois le fait n’est pas général. C/est ainsi que la pilocarpine agit sur la sous-maxillaire même après la section de la corde du tympan ou l’extirpation du ganglion cervical supérieur, l'action de la nicotine et la dégénérescence de la corde du tympan (Vulpian, Langley). Langley a cependant constaté que six semaines après la section de la corde, la salive provoquée par la pilocarpine est plus visqueuse, moins abondante. Malloizel signale de même que la salive provoquée par la pilocarpine après section de la corde (chez le chien) est cependant moins riche en eau, surtout au début. Arloing coupe chez le bœuf le sympathique cervical d’un côté et attend quelques jours pour laisser dégénérer les nerfs. Il injecte alors de la pilocarpine dans l’animal et voit que la sécrétion est plus forte du côté du nerf sectionné et dégénéré. 11 en conclut à l’existence de fibres d’arrêt que la dégénération a fait disparaître mais qui sont conservées du côté du sympathique non
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coupé. La même expérience peut se faire chez le lapin en observant non plus la sueur, mais la sécrétion des larmes.
L’atropine et la pilocarpine sont des poisons antagonistes. La sécrétion provoquée par la pilocarpine peut être arrêtée par l’atropine et réveillée par de nouvelles doses de pilocarpine. Le phénomène est réversible et peut être répété un certain nombre de fois à condition de ne pas dépasser les doses moyennes. Il faut généralement une dose plus forte de pilocarpine pour supprimer 1 action de l’atropine que pour produire l’effet inverse (Morat). L atropine qui chez le chien n’empêche ni la sécrétion spontanée, ni la sécrétion réflexe du pancréas, ne permet cependant pas à la pilocarpine d’agir sur la glande (W ertiieimer).
La choline, dont la constitution chimique se rapproche de celle de la pilocarpine, possède comme cette dernière substance un pouvoir sécréteur. A la dose de Os--, 002 à 0sr,015 par kilogramme, dans les veines, elle exagère les sécrétions urinaire, biliaire, pancréatique, salivaire, etc. Desguez estime qu elle agit pai son groupement triméthylamine identique à celui de la pilocarpine. La choline est une hase très répandue dans l’organisme.
Diurétiques. — Certaines substances dites diurétiques provoquent, lorsqu elles pénètrent dans le sang, une augmentation de la sécrétion urinaire. Quelquesunes de ces substances sont utilisées en clinique dans les cas d imperméabilité rénale pour favoriser l’élimination des produits de déchet de l’organisme.
La valeuduirér tique d’une substance doit être appréciée à un double point de vue; il faut tenir comptera) du volume total de l’urine éliminée par vingtquatre heures ; 6) du nombre et de la nature des molécules éliminées. Une grande excrétion d’eau n’est pas nécessairement accompagnée d’une élimination parallèle des produits de désassimilation et inversement une élimination d’eau relativement faible peut s’accompagner d’un effet utile très réel par l’élimination plus considérable des molécules élaborées (P. Lexoir et J. Camus).
Le mécanisme de la diurèse varie suivant la substance considérée. Dans ceitains cas la polyurie a nettement le caractère d’un phénomène défensif et de régulation : le rein éliminant les substances en excès dans le sang. D autres fois elle est la conséquence d’une modification de la circulation générale ou locale. On ne connaît pas la mesure dans laquelle les cellules glandulaires intei viennent.
Eau. — Cristalloïdes. — La sécrétion urinaire est augmentée sous 1 influence de l’eau, et de substances cristalloïdes telles que l’urée, des sucres (dextrose, saccharose, lactose), de la dextrine, de la glycérine (Ustimowitch), de sels tels que le chlorure de sodium, le nitrate de potasse et de soude, le ferrocyanure de potassium, le phosphate et l’iodure de potassium, les sels de manganèse et de magnésie à dose modérée.
L’ingestion d’eau dans l’estomac suffit à provoquer la polyurie. L injection d’eau distillée dans les veines provoque à certaines doses non la polyurie mais l’arrêt delà sécrétion urinaire (Kierulf; Ci. Bernard ; Moutard-Martin et Richet ; Westpiial; Limbeck). L’urée (Ségalas d’Etchepare), les sucres, les sels provoquent la polyurie en injection intraveineuse même à doses faibles; 4 centigrammes NaGl par kilogramme d animal suffisent pour produire un Gilet , à la dose de 8 centigrammes par kilogramme d’animalNaCl accroît la quantité d urine sécrétée dans la proportion de 0,1 à 1,0. Les sucres amenant une polyurie Liés abondante à la dose de 1 gramme par kilogramme d’animal (Moutard-Martin et Charles Richet). D’après Richet, tous les sels minéraux solubles, diffusibles et qui ne précipitent pas l’albumine sont diurétiques lorsqu on les injecte dans
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les veines, ü n’en est pas de môme lorsque les sels sont donnés par la voie gastrique (Falck, et Knaupp, Pugi.iese, Limbeck). Certains sels ingérés peuvent même diminuer l'excrétion urinaire probablement parce qu'ils provoquent une spoliation aqueuse par l'intestin (Limbeck). Les boissons sucrées agissent comme les sucres en injection intraveineuse. Les raisins agissent par le glucose qu'ils contiennent, le lait par le lactose.
La quantité d’eau injectée n’intervient pas (au moins en ce qui concerne les sucres et NaCl). La quantité d'eau excrétée est plus grande que celle qui est injectée; le sang est déshydraté (Moutard-Martin et Richet; vérifié par Schrôder pour la caféine) ; la concentration moléculaire de l’urine diminue (Dreser) ; la soif se manifeste. Si cependant on répète trop de nouvelles injections l’effet produit devient plus faible ou nul; la déshydratation du sang ne peut pas être poussée au delà de certaines limites. Quoique l’urine soit moins dense, la quantité totale des matières solides excrétées est plus considérable quelle n’était auparavant. Tous les diurétiques agissent en augmentant non seulement la quantité d’eau mais aussi la quantité totale des molécules éliminées. L’augmentation du résidu total est moindre que l’augmentation de l’eau excrétée en sorte que le pourcentage des matières solides de l'urine diminue (Schrôder, Anten). L’urée, le chlore éliminés pendant la diurèse sont relativement moins abondants, mais en somme la quantité totale éliminée est supérieure à la normale (Moutard- Martin, Richet, Schrôder, Lôwi). L'ingestion d’eau augmente rapidement l’urée en dehors de l'ingestion des aliments (Genth, Schôndoff, Slosse).
La diurèse coïncide avec le passage de la substance injectée dans l’urine (Moutard-Martin et Ch. Richet), mais peut se produire sans élimination de la substance injectée. D’après Haake et Spiro, plus une substance est étrangère au sang, plus la diurèse est abondante. NaCl agirait surtout si l’organisme est déjà riche en NaCl; il agit peu si l'organisme a été appauvri en NaCl.
Le phénomène initial est un phénomène osmotique, le sang est dilué; la polyurie est la conséquence de la dilution; les émonctoires et particulièrement le rein éliminent l’eau et la substance en excès (Moutard-Martin et Richet, Loeper).
La polyurie est précoce dans les cas d’injections hypertoniques, moins rapide dans le cas d’injections isotonique.
Pour des solutions de même volume et de concentration différente, le volume de l’urine est d’autant plus considérable que la solution est plus concentrée ; pour des solutions de même concentration la polyurie est proportionnelle à la quantité injectée (Loeper). Hédon et Arrous désignent sous le nom de coefficient diurétique le rapport entre le volume injecté et le volume éliminé. Chaque sucre a un coefficient diurétique propre. Le coefficient est indépendant, dans de certaines limites, de la dose de sucre injecté. Pour un même sucre il s’abaisse avec la concentration de la solution. Pour chaque sucre Ü1 irésente une valeur optima correspondant à une dilution déterminée. La courbe diurétique varie avec les différents sucres. L'action diurétique des sucres croit en raison directe de leur tension osmotique et en raison inverse de leur poids moléculaire. Les différences qui existent entre les coefficients diurétiques des sucres qui ont le même poids moléculaire et le même pouvoir osmotique tiennent vraisemblablement à ce que ces sucres ne sont pas également consommés par l’organisme (Hédon et Arrous).
La diurèse cesse rapidement chez les animaux soumis à la soit (Dreser, Galeotti). Elle ne se produit pas chez les sujets atteints de maladies infec-
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tieuses, de septicémies, d’asystolie et d’une manière générale lorsque le rein fonctionne mal. Les injections de NaCl sont donc dans ces conditions inutiles; elles peuvent être dangereuses, déterminer des œdèmes, etc. Après les hémorragies la polyurie provoquée par les injections est inconstante (Loeper).
Rapporta avec la pression. — La polyurie peut se produire alors même que la pression artérielle est basse; souvent l’injection intraveineuse des substances diurétiques provoque même une diminution de pression (Moutard-Martin, Cii. Richet, H. Lamy et A. Mayer, etc.).
L’injection intraveineuse de gomme arrête ou diminue la sécrétion urinaire, malgré l’énorme élévation de la pression artérielle provoquée ; la gomme ne passe pas ou seulement à l’état de traces à travers le rein (Moutard-Martin Ch. Richet). Un grand nombre d’autres exemples pourraient être cités pour prouver l’indépendance de la sécrétion urinaire de la pression artérielle. Ce qui importe c’est la quantité de sang qui passe à travers les reins. D’une manière générale les diurétiques augmentent la circulation rénale (Landergreen et Tigerstedt) (exp. avec le stromuhr). Les sucres augmentent la pression artérielle, l'impulsion du cœur, le volume du rein et provoquent une action vasodilatatrice générale (Albertoni, Hédon et Arrous). Quelques auteurs ont essayé de comparer les changements de volume du rein et les variations de la sécrétion urinaire ; la diurèse ne coïncide pas fatalement avec une augmentation de volume du rein. Le chloral congestionne le rein et ne produit qu’un accroissement insignifiant dans la quantité d’urine sécrétée ; si, après avoir administré du chloral, on injecte de la caféine, le volume du rein est faiblement modifié, mais la sécrétion urinaire très augmentée (Albanése). La section des vagues ne modifie pas sensiblement le volume du rein, mais augmente la diurèse (Anten).
L’augmentation de volume du sang ne suffit pas à elle seule à provoquer la polyurie. Magnus a montré que la transfusion du sang détermine l'élévation de la pression artérielle et veineuse, l’augmentation du volume du rein sans provoquer la diurèse ; le liquide en excès se dépose dans les tissus. Le facteur le plus important est donc le changement de composition du sang (1). Cette opinion n’est pas cependant universellement acceptée. Stareing et Cushny soutiennent que la diurèse s’explique entièrement par une modification circulatoire du rein et qu’une augmentation de volume du sang sans changement des constituants de ce liquide suffit à provoquer l'augmentation de la sécrétion. On éviterait la diurèse provoquée par les sels et les sucres en empêchant soit par la saignée, soit par la compression de l’artère rénale un afflux plus considérable de sang dans les reins (Stareing, Cusiiny).
Théobromine , caféine, digitale. — La théobromine, la caféine, la digitale peuvent être données par la bouche chez l'homme. Pour la théobromine la dose de ler,50 est faible. La dose de 0er,2o de macération de digitale donne des effets utiles, mais, d’après Lenoir et J. Camus, il y aurait avantage à donner une dose un peu supérieure. Avec la caféine on obtient des effets satisfaisants même avec 0er,50.
Ces médicaments bien qu'agissant sur les sujets normaux, ont cependant plus d'action chez les sujets malades. D’une manière générale, l'action de la théobromine et de la caféine, aux doses indiquées, quand elle existe, est rapide et produit l'effet maximum le premier jour, mais l’action de la caféine est plus accentuée
(1) La ligature des grosses artères, surtout des carotides, amène une faible hydrurie (Eckard).
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que celle de la théobromine. En général pour ces deux médicaments, l’effet cesse dès qu on les supprime ou va en s’atténuant quand on les donne plusieurs jours de suite. L action de la digitale n’apparaît que le lendemain ou le surlendemain ; son effet est plus soutenu que celui des deux autres médicaments.
La caféine, la théobromine, la digitale provoquent généralement une élimination d’eau et une diurèse moléculaire totale L’effet diurétique parait
porter en général surtout sur 1 eau et le chlorure de sodium ; la diurèse des molécules élaborées (p. 413) est plus difficilement provoquée (P. Lenoir et J. Camus). D’après Loewi, la caféine augmente l’élimination de l’urée, de NaCd, du sucre (chez les hyperglycémiques), de l’acide phosphorique injecté en excès.
La caféine provoque la diurèse chez le lapin ; elle n’agit pas le plus souvent chez le chien. Son action est renforcée lorsqu’on administre parallèlement du chloral (Sciiroder), du curare, de la paraldéhyde (Cervello et Monaco), ou lorsqu on sectionne les nerfs rénaux (Sciiroder). La section ou la paralysie des vagues par 1 atropine permet à la caféine d’agir comme diurétique chez le chien (Corin).
Substances diverses. — La strychnine, l’ergot de seigle provoquent la diminution de la sécrétion par suite de leur action vaso-constrictive. L’action de la strychnine persiste même après la section des nerfs rénaux (J. Munk). La quinine augmente, à faible dose, la diurèse ; à plus forte dose elle la diminue. Les narcotiques associés aux diurétiques accroissent leur action (Pirocchi). La morphine à haute dose diminue sensiblement la sécrétion. L’antipyrine diminue la quantité de 1 urine et tous les éléments de l'urine (Carrière et Leclercq, Cardier et Frænkel). L'acide salicylique à la dose de 3 à 4 grammes par jour augmente de 7 p. 100 environ les échanges généraux (Kumagava) et de 40 à 50 p. 100 les valeurs de l'acide urique (Borland, Sciireiber et Waldvogel, Singer, Ulrici).
Action du froid. — Les cliniciens constatent que les lotions froides augmentent ou provoquent la diurèse. Expérimentalement, Lambert a démontré qu’une réfrigération suffisamment prolongée de la peau produit toujours chez l’homme une suractivité de la sécrétion urinaire soit d'emblée, soit secondairement. Chez le chien les résultats ne sont pas univoques. Wertheimer, Delezenne admettent la vaso-constriction du rein et la diminution de la sécrétion.
Remarques. — Les diurétiques augmentent l’alcalescence de l’urine (Rüdel) et diminuent celle du sang (Pemsel, Spiro).