‹ Traité de physiologieChapitre 150 sur 374 · C. s. d. ; C. s. g., capsules; R · texte numérisé non relu

C. s. d. ; C. s. g., capsules; R

il. ; R. g., reins; U. d. ; U. g., uretères ; A., aorte ; V. c., veine cave.

SÉCRÉTIONS INTERNES

(Gourfein) pchez la grenouille, au-dessus du rein gauche ou droit (Gourfein).

Onhn’est pas d'accord sur la fréquence des accessoires. Stilling en a trouvé chez tous les lapins qu’il a examinés; Alezais et Arnaud, chez un lapin sur vingt. [Iultgren' et Anderson n’ont pas réussi à en trouver chez le lapin, le chat et le chien. Gourfein, chez la grenouille en a trouvé 8 fois sur 110. D’après Calogero, les accessoires sont constantes chez le rat.

Structure. — La capsule surrénale est une glande vasculaire sanguine. On peut la comparer à un foie qui n’aurait pas de canaux biliaires; sa structure est assez variable. On décrit une substance corticale et une substance médullaire.

La substance corticale est formée de cellules épithéliales diversement groupées

entre elles et constituant par suite trois zones dis-

(*) Columba domestica (d’après C. Vogt et E. Yung). — G. s., capsules ; A., aorte; Y. i., veine iliaque interne; Y. e., veine iliaque externe ; A. p., arteria pudenda; V. p., veine pudenda ; R. d., R. g., reins droit et gauche.

(*") R. d., R. g., reins; C. s. d., C. s. g., capsules.

la zone glomérulaire les cellules sont groupées en petits amas ovoïdes ou arrondis; elles sont disposées en colonnes verticales dans la zone moyenne; enfin elles forment des travées anastomosées en réseau dans la zone interne. Entre les glomérules, les colonnes ou les travées, circulent des capillaires sanguins directement accolés aux cellules épithéliales. Ces capillaires deviennent de plus en plus volumineux à mesure qu’ils approchent du centre de l’organe ; leurs rapports avec les travées cellulaires sont les mêmes que ceux des capillaires hépatiques avec les travées de Remak dans le foie (fig. 100).

La substance médullaire, que beaucoup d’auteurs considèrent comme formée de cellules nerveuses ordinaires ou d'une variété spéciale de cellules nerveuses, est en réalité composée de traA'ées de cellules épithéliales se continuant sans ligne de démarcation bien tranchée avec celles de la zone réticulée de l’écorce (cobaye), et séparées les unes des autres par des capillaires sanguins de plus en plus développés ; dans l’épaisseur de ces travées épithéliales on trouve, surtout

CAPSULES SURRENALES.

au voisinage du centre de l’organe, de nombreuses cellules nerveuses typiques, semblables à celles du grand sympathique, et souvent munies de deux noyaux. Ces cellules, très reconnaissables, font encore mieux ressortir le caractère épithélial très net de leurs voisines.

Au centre de la substance médullaire se trouve une grosse veine (veine centrale) qui reçoit le sang venu des capillaires interépithéliaux et qui draine l’organe. La situation de cette veine, ses rapports avec les travées cellulaires et les vaisseaux permettent de la comparer à la veine centrale d’un lobule hépatique.

Les vaisseaux lymphatiques sont peu importants; ils se réduisent à des réseaux placés dans la capsule conjonctive de l’organe et à quelques troncs accompagnant les vaisseaux.

Parmi les nerfs, les uns vont aux vaisseaux; les autres, destinés aux cellules épithéliales, présentent deux modes principaux de terminaison : a) ils forment des sortes de corbeilles embrassant les cellules épithéliales comme dans les glandes salivaires; b) et constituent des bouquets terminaux assez volumineux (cordons épithéliaux de la substance médullaire) et sur les filaments terminaux desquels on peut voir des renflements ou des élargissements analogues à ceux que l’on trouve dans le bouquet nerveux terminal des corpuscules de Meissner. Hallion, Laignel-Lyvastixe décrivent des fibres vaso-constrictives. Ces libres quittent la partie inférieure de la moelle dorsale pour aborder le cordon sympathique thoracique à partir du huitième rameau communicant; elles passent de là dans les nerfs splanchniques d’où elles gagnent la capsule du côté correspondant.

Les glandules accessoires sont constituées les unes à la fois par la substance corticale et médullaire, les autres uniquement par l’une ou l’autre de ces substances.

Méthodes pour détruire les capsules. — L’ablation des capsules est une opération difficile, laborieuse, en raison surtout des connexions de ces organes soit avec le rein (grenouille), soit avec des veines volumineuses (grenouille, lapin, chien). L’ablation de la capsule droite présente chez beaucoup d’espèces animales des difficultés particulières par suite de l'accolement de cet organe avec la veine cave. Chez la grenouille les capsules forment un tractus qui se détache en jaune franc sur le fond rouge foncé du rein (fig. 101). Les masses mamelonnées granuleuses qui constituent ces glandes sont adhérentes au rein, accolées aux veines ou développées dans leur épaisseur (Gruby 1842, Ecker, Pettit). Pour les détruire, le plus simple est de les cautériser (Abelous et Langlois). Chez le chien le tissu conjonctif qui entoure les capsules est très dense et oppose une difficulté particulière à l’ablation (fig. 99). Les capsules du cobaye sont relativement très grosses et faciles à enlever. En moyenne les capsules de cet animal pèsent

Fig. 100. — Capsule surrénale de cobaye (coupe transversale).

1, enveloppe fibreuse; 2, zone glomérulée ; 3, zone fasciculée ; 4, zone réticulée ; 5, substance médullaire ; 6, vaisseau sanguin ; 7, veine centrale (d’après Vialleton).

440 SÉCRÉTIONS INTERNES

12 à 15 centigrammes chaque; leur volume est de 1/8 à 1/6 du volume du rein sous-jacent (fig. 102).

La destruction des capsules peut être réalisée par l’injection dans la glande soit de cultures microbiennes (tuberculose, Vecciii), soit de substances toxiques (alcool, acide chromique, chlorure de zinc à doses très faibles (Oppenheim et Loeper).

Destruction des deux capsules. — Si on enlève les deux capsules on détermine la mort en quelques heures, au plus en quelques jours. La durée de la survie dépend de l’espèce animale, des conditions dans lesquelles est placé le sujet et peut-être du mode opératoire.

Le symptôme qui caractérise l'insuffisance capsulaire est la perte graduelle de la force musculaire (Brown - Séquard).

Fig. 102. — Capsules surrénales du cobaye.

Les capsules se détachent en jaune F, F', foie; R. d.; R. g., reins; C. s. d. ; sur le rein. — V. c., veine cave. C. s. g., capsules.

Les opérés deviennent apathiques; ils restent tranquilles et respirent difficilement. Forcés à se mouvoir, ils ont la démarche incertaine et se fatiguent très vite. Peu à peu l’apathie et la prostration augmentent. Les animaux paraissent paralysés, mais l’excitabilité électrique des nerfs et des muscles persiste jusqu’à la mort (Goürfein, Hultgren et Anderson). L’état général, au début, peut rester bon en apparence parfois pendant plusieurs heures (six à sept chez le chien; quatorze à vingt-quatre chez le chat). L’animal ne mange pas. On a parfois noté des vomissements, l’arrêt de la digestion; chez le chat une forte salivation. La température diminue surtout dans les dernières heures (Brown-Séquard, Tizzoni, Arelous et Langlois, Goürfein, Streiil et Weiss, Hultgren et Anderson). La pression artérielle baisse d’abord brusquement de 20 à 30 millimètres Hg., puis progressivement (Boruttau, Streiil et Weiss). Le cœur est lent, irrégulier; le pouls petit et faible ; la respiration est d’abord accélérée, mais à l’approche de la mort elle devient lente et

Fig. 101. — Capsules surrénales de la grenouille.

CAPSULES SURRÉNALES.

profonde. Parfois, surtout à la fin, on constate des réactions exagérées sous l'influence des excitations sensitives, et même des convulsions notamment chez le chat, le lapin, le chien (Browx-Séquard, Tizzoni, Langlois, Moore et Purinton, Gourfein, Calogero...).

On a constaté, mais rarement, à la suite de l’ablation d’une ou des deux capsules, l’apparition de plaques pigmentées sur la peau et les muqueuses, principalement dans la région de la bouche et à l'orifice nasal (Notiinagel, Tizzoni, Marino-Zucco, Boinet) (1). Dans le cas d’ablation unilatérale les plaques peuvent siéger du côté opposé à la lésion (Calogero). Brown-Séquard, Marino-Zucco, Boinet ont signalé une accumulation de pigment dans le sang, mais le fait n’a pas été généralement confirmé.

La fatigue exerce un influence aggravante indiquée pour la première fois par Abelous et Langlois, et confirmée par Albanèse et tous les auteurs. IIultgren et Anderson ont même observé la mort subite à la suite de forts mouvements du corps.

D'après quelques auteurs (Abelous et Langlois, SrREiiLet Weiss), la survie est plus longue de quelques heures si l’ablation des deux capsules est faite en deux temps en laissant un intervalle de quelques jours entre les deux opérations. IIultgren et Anderson soutiennent même que le lapin peut survivre dans ces conditions pendant des mois sans présenter le moindre trouble. Gourfein n'a pas constaté de différence suivant que l'ablation a lieu en deux temps ou d’emblée. Calogero a constaté une différence nulle chez le rat, appréciable chez le chien.

Le sang des animaux décapsulés injecté à un animal normal ne provoque que des troubles légers et passagers; injecté à un animal récemment décapsulé il provoque des accidents de paralysie (Brown-Séquard, Abelous et Langlois). 11 paraît donc bien établi que des poisons s’accumulent dans l’organisme après l’ablation des capsules ; toutefois on ne sait rien de précis sur la nature et l'origine de ces poisons. Abelous et Langlois localisent la formation des poisons paralysants dans le muscle. Ces auteurs ont constaté que les extraits alcooliques de muscles, surtout de muscles fatigués, sont très toxiques et provoquent des paralysies chez les animaux décapsulés. Gourfein a trouvé : chez les animaux décapsulés, dans le sang et les tissus (notamment dans le foie); chez les animaux normaux, dans les capsules surrénales, une substance soluble dans l'alcool, résistant à la chaleur, qui, injectée sous la peau, provoque des symptômes analogues à ceux que l'on observe chez les animaux décapsulés. Gourfein estime que cette substance formée dans le tissu est normalement détruite dans les capsules ?

A l'autopsie des animaux décapsulés on a constaté : dés lésions du système nerveux central (Ettlinger et Nageotte ; Clopatt), l’hypertrophie des organes lymphoïdes (Calogero).

(1) Calogero a constaté 3 fois sur 10 chez le rat de la mélanodermie (membres post., lombes) dans des cas où l’on avait produit avec la curette des lésions irritatives du plexus solaire.

SÉCRÉTIONS INTERNES

Ablation d’une seule capsule. — Contrairement à l’opinion

de Brown-Séquard, l’ablation d’une seule capsule est généralement sans aucun effet appréciable (Stilling, Abelous et Langlois, Gourfein). La capsule non réséquée s’hypertrophie. La capsule peut arriver à peser 20 grammes de plus qu’une capsule normale (Stilling, Pettit, Thiroloix, Lecebelli, Oppenheim, Weiss).

Les opérés, particulièrement les lapins, présentent parfois de l’amaigrissement, mais il n’est pas sûr que la dénutrition ne soit pas le fait du choc opératoire. Arnaud, Abelous et Langlois ont observé chez quelques sujets des accidents nerveux éloignés.

Quantité de tissu capsulaire nécessaire à la vie. — La quantité de capsule nécessaire pour maintenir les animaux en vie n’est pas déterminée. Elle paraît varier suivant les individus. Christiani a vu mourir des rats qui possédaient encore de très grosses portions de glandes (1 /3 par exemple) ; alors que d’autres survivaient chez lesquels persistait seulement une très faible partie des organes. Langlois estime qu'il suffit de 1/11 du poids total des deux glandes pour assurer la survie chez le chien. Brown-Séquard, Abelous et Langlois ont même observé la survie après l'ablation des deux glandes, probablement par suite de l’existence des glandes accessoires. Streiil et Weiss citent le cas d’un chat qui ne présentait aucun trouble, une semaine après l’ablation des deux, capsules; l’animal fut sacrifié; on trouva près de la veine spermatique une glande accessoire de la grosseur d’un pois.

Destruction lente des capsules. — La destruction lente des capsules est difficile à réaliser chez les animaux. Par l’injection de produits ou de cultures du microbe de la tuberculose on détermine chez le cobaye une maladie qui évolue en quinze à vingt-cinq jours. La maladie est caractérisée par un amaigrissement pouvant aller jusqu’à la perte de 2/5 du poids du corps, une asthénie très accusée et des troubles digestifs (Vecchi, Oppenheim et Loeper). L’injection intra-capsulaire de substances toxiques telles que l’alcool, l’acide chromique, le chlorure de zinc, à doses très faibles, détermine toujours une évolution très rapide des accidents; la mort survient en deux ou trois jours (Oppenheim et Loeper).

Effets comparés de l’ablation de la substance médullaire et de l’ablation de la substance corticale. — Vassale et Zanfrognini estiment que la mort rapide provoquée par l’ablation des capsules est due à l’ablation de la substance médullaire; l’ablation de la substance corticale seule déterminerait une cachexie spéciale et la mort au bout de trois ou quatre semaines. Si l’opinion de ces auteurs est confirmée, le problème concernant les capsules se présenterai t dans des conditionsc omparables à celui de l’appareil thyroïdien (Voy., p. 479, le rôle distinct des thyroïdes et des parathyroïdes).

Destruction des capsules chez l’homme. — Chez l’homme la destruction plus ou moins complète des capsules surrénales est

CAPSULES SURRÉNALES.

provoquée le plus souvent par des lésions tuberculeuses, parfois par des hémorragies.

Le syndrome d’ Addison est caractérisé surtout par les symptômes suivants : une asthénie progressive aboutissant à la mort, des troubles gastro-intestinaux (anorexie, vomissements, diarrhées), des douleurs abdominales et lombaires, une pigmentation anormale de la peau et des muqueuses. Les malades sont sensibles au froid, présentent de l’hypotension artérielle, une tendance au collapsus cardiaque, de l'anémie. La maladie évolue généralement lentement ; elle peut toutefois suivre une marche aiguë ; on a observé fréquemment la mort subite.

La faiblesse musculaire est le signe le plus constant. Le sujet se fatigue Aite. U ne peut exécuter un travail que pourrait fournir un sujet sain ou atteint de lésions de même nature mais localisées ailleurs que dans les capsules (1). Les pigmentations sont très inconstantes. Bien des auteurs estiment qu'elles dépendent d'une altération du sympathique abdominal. On connaît des cas de pigmentations bien observés dans lesquels les capsules étaient indemnes, les seules lésions constatées affectant les ganglions et les nerfs sympathiques (Virchow, Semmola, Raymond, Brault et Perruchet, Alezais et Arnaud, Martineau, Mattéi, Jaccoud, Lancereaux).

Greffe des capsules surrénales. — Les résultats différent suivant l’espèce animale.

Chez la grenouille, Langlois, Abelous et Langlois, Gourfein ont obtenu des résultats encourageants en tentant des greffes des capsules provenant d’un animal de même espèce. Gourfein place dans le cul-de-sac lymphatique d’une grenouille une partie du rein avec la capsule attenante provenant d'une grenouille fraîchement tuée. 11 constate que la grenouille greffée se porte bien, puis soit au bout de six jours, soit au bout de seize à vingt jours il cautérise les capsules du sujet en expérience. Celui-ci survit dix à quarantequatre jours, suivant les conditions de l’expérience, mais finit par périr.

Chez les animaux à sang chaud M. et Mme Ciiristiani ont obtenu la reconstitution de la substance corticale, mais non de la substance médullaire. Les résultats fonctionnels sont nuis, ce qui prouve que la substance médullaire est la substance essentielle des capsules surrénales.

Médication capsulaire. Transfusion. — L’extrait capsulaire ne peut pas suppléer la fonction des capsules. Les injections n ont

(1) Charrin et Langlois ont étudié le phénomène au moyen de l’ergographe de Mosso, sorte d'enregistreur du travail.

SÉCRÉTIONS INTERNES

jamais permis de conserver les sujets décapsulés. Cependant quelques auteurs ont constaté, dans ces conditions, une prolongation de la survie de quelques heures et ramendement de certains symptômes. La respiration s'améliore ; la pression et la température se relèvent; les convulsions sont évitées (Brown-Séquard, Langlois, Hultgren et Anderson, Streiil et Weiss, Calogero). En clinique, le traitement des addisoniens n’a pas donné jusqu’ici, malgré quelques observations favorables, des résultats concluants; parfois même la médication capsulaire aggrave la maladie (P. Courmont et Rendu).

Brown-Séquard (1858-1 892), Arelous et Langlois ont constaté que si on injecte à un animal décapsulé à l’agonie auquel on vient de soustraire une certaine quantité de sang, du sang d’un sujet normal de même espèce on augmente la survie de quelques heures.

Réaction et substance caractéristique des capsules. — Vulpian a démontré dès 1856 que la substance médullaire donne avec le percblorure de fer dilué une coloration brun verdâtre.

Oliver et Sciiâfer, en 1895, ont constaté que les capsules traitées par l’eau fournissent un extrait qui, injecté dans les veines, ralentit le cœur et élève la pression artérielle. Cybulski 1896, Symonowski 1896, Velicii 1898, Livon 1898, ont confirmé ces faits. On a constaté de plus que l’extrait capsulaire appliqué sur une muqueuse provoque l'anémie locale.

Adrénaline. — La substance qui agit sur la circulation est la même que celle qui donne la réaction de Vulpian (Moore, Langlois) (1). C’est l’adrénaline, isolée et caractérisée pour la première fois par Takamine en 1901 et peu après par Aldricii.

L adrénaline est une substance organique azotée : blanche, légère, cristalline, dialysable. Les cristaux sont prismatiques, en fines aiguilles, en paillettes rhomboïdale, en forme de feuilles, en tomates ou en verrues suivant les conditions dé la cristallisation .

L’adrénaline est insoluble dans l'alcool et l’éther, difficilement soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau chaude, facilement soluble dans les acides et les alcalis excepté l’ammoniaque et les carbonates alcalins.

A l'état sec l’adrénaline est d'une grande stabilité et se conserve indéfiniment. Chauffée à 250° elle prend une coloration foncée ; à 278° elle fond, se décompose et gonfle simultanément. La solution aqueuse incolore d'adrénaline s’oxyde

(1) La substance qui donne la réaction de Vulpian fut étudiée au point de vue chimique et plus ou moins bien isolée successivement par Krükenberg, Brenner, Moore, Mühlmann, Fraenkel, Boruttau, v. Fürth, Abel. — Krükenberg, Mühlmann la rapprochaient ou l’identifiaient avec la pyrocatéchine ; Moore et Boruttau signalèrent les analogies avec la pipéridine ; v. Fürth la désigna sous le nom de suprarénine et la considéra comme une di- ou hexahydro-oxypyridine. L’épinéphrine obtenue par Abel se rapproche de l’adrénaline. — Vulpian. Biologie, 1858, sels fer, iodé, etc...

CAPSULES SURRÉNALES.

rapidement au contact de l'oxygène de l'air et passe successivement du rose au rouge et au brun. L’adrénaline montre une légère alcalinité au papier tournesol humide et à la phénolphtaléine. La poudre d’adrénaline a une saveur légèrement amère; appliquée sur la langue, elle y provoque une sensation passagère de picotement.

L’addition de chlorure ferrique à une solution donne une belle coloration vert émeraude qui sous l’influence d’un alcali devient successivement pourpre et rouge carminé. Avec l’iode on obtient une coloration rose.

L’adrénaline possède une action réductrice énergique. Elle réduit les sels d’argent et d'or et peut être employée comme révélateur en photographie. Elle absorbe l’oxygène de l’air en solution alcaline et en solution neutre. L’adrénaline résiste à la stérilisation.

L’adrénaline se comporte comme une base \ is-à-vis des acides avec lesquels elle se combine pour former des sels. Takamixe a obtenu le chlorhydrate, le sulfate et le benzoate, un tartrate, en traitant le principe actif par les acides correspondants. Le chlorhydrate est le plus soluble dans l’eau et convient le mieux pour l’usage thérapeutique. Sa solution aqueuse est limpide, incolore, inodore, non irritante. Exposée pendant quelques jours à la lumière en présence de l’air, elle passe successivement au rose et au brun foncé par suite d’une oxydation, mais sans rien perdre de son activité.

Préparation. — L’adrénaline se prépare en traitant l’extrait de capsules par l’acétate de plomb puis par l’alcool ; finalement la substance active est précipitée par un alcali, de préférence l'ammoniaque. Autant que possible l’opération doit être conduite a l’abri de l’air. Takamixe, Aldricii, Battelli.

Dosage. — Battelli a essayé d’évaluer la quantité d’adrénaline contenue dans les capsules surrénales, soit au moyen de la réaction de \ ulpian, par le chlorure ferrique, soit en examinant les modifications subies par la pression artérielle chez des lapins; toutefois il est à remarquer que ces deux méthodes ne donnent pas dans toutes les conditions des résultats concordants. La coloration verte est d’autant plus fugace que l’extrait est plus acide et la solution de perchlorure plus concentrée (Boulud, Fayol).

Action sur 1rs vaisseaux et le cœur. — L'adrénaline injectée dans les veines provoque une énorme élévation de pression, le ralenlissement et le renforcement de l’impulsion du cœur. Appliquée sur une muqueuse, elle détermine l’anémie de l’organe. — L’excitation du dépresseur chez le lapin pendant la période d’hypertension est sans effet (Livox).

Le poison agit à doses infinitésimales. Chez un chien de 8 kilogrammes, Takamixe et Houghtex ont provoqué une élévation de la pression de 30 millimètres Il Li. en injectant dans les veines 1 centimètre cube d'une solution de chlorhydrate d'adrénaline à 1 sur 100 000. Une goutte d’une solution à 1 sur lu 000 déposée sur le mésentère ou la membrane interdigitale, la conjonctive oculaire, etc., suffit à provoquer 1 anémie locale.

Les efTets sont fugaces. L’élévation de pression provoquée par l'injection intraveineuse dure quatre ou cinq minutes au plus. L’anémie locale provoquée par le contact direct avec la muqueuse dure, en général, seulement quelques minutes, parfois cependant plusieurs heures.

L’action se produit après un court temps perdu. 11 n’y a pas d'effets cumulatifs. Chaque injection ou application nouvelle détermine un nouvel effet.

L'injection intravasculaire de doses faibles d’adrénaline dans les différents réseaux donne des élévations de pression artérielle très différentes. Ces diffé-

SÉCRÉTIONS INTERNES

ronces s’atténuent lorqu'on augmente les doses de substance active. Le passage à travers le foie diminue l’activité sphygmogénique ; le passage à travers le muscle (1) la diminue beaucoup plus et souvent la supprime ; enlin le double passage à travers l’intestin et le foie la diminue davantage encore puisque la dose qui détermine une augmentation allant jusqu à 17 centimètres de Ilg. dans les veines périphériques, ne provoque plus aucun effet dans 1 artère intestinale (P. Carnot et Josserand).

L’adrénaline est très peu active lorsqu’elle est donnée par voie sous-cutanée (Reichert, Batelli, P. Carnot et Josserand). Employée en instillations et injections locales au niveau des différents viscères abdominaux malgré une légère action sur les fibres lisses des vaisseaux et des cavités, elle a des effets hémostatiques minimes et peu utilisables, tout au moins à des doses non toxiques (P. Carnot et Josserand). Bouchard a pu cependant arrêter des hémoptysies en injectant la substance dans la trachée.

L’adrénaline agit même après la section de la moelle ; ajoutée au sang que l’on

Fig. 103. — Action de V adrénaline sur l’intestin (d’après Doyon).

A, injection intra veineuse d’adrénaline. Une ampoule est placée dans l'intestin ; l’ampoule est distendue par de l’eau et reliée à un tube vertical mis en communication avec un tube de Mare y.

fait circuler à travers un membre séparé du corps, elle arrête immédiatement l’écoulement par suite de la vaso-constriction des vaisseaux. Injectée dans la jugulaire, elle est sans effet sur un membre qui serait relié au corps par les nerfs seuls (Salvioli).

D'après Livon l’adrénaline altérée à l'air et colorée possède toujours le pouvoir d’élever la pression, mais peut déterminer des accidents tels que l'arrêt du cœur. D’après Batteli.i le produit de transformation obtenu par les alcalins en présence de l’oxygène n’agit plus sur la pression et présente une toxicité de beaucoup inférieure à celle de l’adrénaline. Guarnieri et Marino-Zucco, Oliver et Schafer avaient déjà constaté le même fait en ce qui concerne l’extrait de capsules.

L’adrénaline injectée dans les veines à petites doses répétées peut à la longue provoquer des lésions des vaisseaux (athérome) et du cœur (Josué, Loeper).

Action sur les canaux et réservoirs contractiles. — L'adrénaline en injection intraveineuse provoque en général : la décontraction et la cessation des mouvements de la vessie, la contraction des muscles bronchiques, de la vésicule

(1) L’adrénaline est neutralisée surtout par le muscle fatigué. Du reste une vive agitation, des mouvements de défense suffisent parfois à rendre inactive une dose limite d’adrénaline injectée dans les veines (P. Carnot et Josserand).

CAPSULES SURRENALES.

biliaire, du cholédoque (1), de l’œsophage, de l'intestin grêle, de l'utérus; l’estomac tantôt se décontracte, tantôt se contracte (Doyon) (fig. 103 à 1 05).

Expérience sur le chien : On place dans la vessie une sonde solidement liée sur le col ; la vessie est distendue par de l’eau et reliée à un tube vertical mis en communication avec un tambour de Marey. Pour enregistrer les mouvements de la vésicule biliaire on introduit dans cet organe, par le fond, une ampoule en baudruche; l’ampoule est distendue avec de l’eau et reliée à un manomètre à eau muni d’un flotteur en bougie. — A, injection intraveineuse d’adrénaline.

Le fait que l’adrénaline provoque parallèlement la décontraction d’un organe et la contraction d’un autre organe, semble indiquer que cette substance n’agit

Deux minutes

Fig. 105. — Action de V adrénaline sur les muscles bronchiques (d’après Doyon).

Expérience sur le chien : On pratique à l’animal une large ouverture au thorax, on isole la bronche gauche et on introduit dans cette bronche une canule en verre; la canule était liée solidement. Puis le poumon gauche, modérément distendu avec l’air, était relié à un manomètre à eau muni d’un flotteur en bougie ; l’eau ne doit pas arriver au contact du tissu pulmonaire. On pratique la respiration artificielle par la trachée ; un seul poumon suffit parfaitement à maintenir l’animal en vie. — A, injection intraveineuse d’adrénaline.

pas sur la fibre musculaire et vient à l’appui des expériences qui démontrent l'existence des nerfs inhibiteurs (Doyon).

(1) Pour constater la contraction du cholédoque, on introduit une canule par la vésicule, chez le chien, profondément dans le canal cystique et on fait couler à travers le canal de l’huile sous une pression constante. On suit sur une règle horizontale le déplacement de la colonne d’huile ; chaque demi-centimètre parcouru est noté au moyen d’un signal électro-magnétique de Desprez. L’adrénaline provoque l’arrêt prolongé de l’écoulement de l’huile.

SÉCRÉTIONS INTERNES

Sécrétions. — L’adrénaline ralentit pendant un temps très court, la diurèse (Bardier et Frenkel), puis l’augmente pendant quatre à quinze minutes (Bardier et Frenkel, Charrin et Langlois). L’urine contient du sucre après l’injection dans les veines, dans le péritoine, ou le badigeonnage du pancréas avec ce poison. Le sang devient hyperglycémique. Ingérée ou donnée sous la peau, l’adrénaline ne provoque que difficilement le diabète (Blum, 1901, Zuelzer, Metzger, Herter, Wakemann). Le glycogène hépatique diminue ou disparaît (üoyon et Kareff p. 384). La sécrétion pancréatique est momentanément arrêtée (Boyon). L’extrait de capsules provoque la salive et des larmes (Langley).

Actions diverses. — L’adrénaline augmente d’abord le nombre relatif des hématies par suite de la vaso-constriction, puis provoque la diminution du nombre de ces éléments. Les leucocytes sont augmentés (Loeper et Crouzon). La respiration est plus lente et superficielle (Salvioli et Pezzolini). L’adrénaline provoque la protraction de l’œil, la mydriase (l’érection des poils chez le chat) (Lewandowsky, Langley). D’après Ioteyko, elle augmente le tonus des muscles striés.

Teneur des capsules en adrénaline. — Le principe actif existe dans les capsules dès la première moitié de la gestation (Langlois et Reiins).

Les capsules du chien contiennent environ 0sr,065 à 0&r,120 d’adrénaline pour 1000 kilogrammes d’animal; la proportion tombe à 0®r, 022 sous l'influence de la fatigue poussée jusqu’à l’épuisement, elle augmente lorsque le travail est suivi d’un repos de quelques heures (Battelli). Chez l’homme, l’adrénaline est' proportionnelle au poids du corps et diminue dans la cachexie. L’adrénaline est également répartie dans les deux capsules.

Sort et évolution dans l'organisme. — Le sort de l’adrénaline dans l’organisme est inconnu. Il paraît certain que cette substance est déversée dans le sang par les veines capsulaires. Vulpian avait constaté que le sang de ces veines donne la réaction caractéristique delà substance médullaire avec le perchlorure de fer. Cybulski, Biedl, Langlois, Dreyer, Salvioli ont démontré que ce sang ou le plasma du sang capsulaire, injecté dans les veines d’un animal, provoque l’élévation de pression caractéristique. Strehl et Weiss ont constaté que chez un animal dont une capsule a été enlevée, la section ou la ligature de la veine de l’autre capsule provoque une baisse de la pression artérielle absolument comme si cette seconde capsule était enlevée. Dans le cas d’une simple fermeture, l’enlèvement de la pince ramène la pression à sa valeur normale. D’après Battelli, le sérum normal contient généralement des traces d’adrénaline.

L’adrénaline injectée disparaît rapidement du sang (Cybulski, Oliver et Schafer, Langlois, Battelli). Elle est probablement détruite, car on n’en retrouve peu ou pas dans l’urine.

Emploi thérapeutique. — L’adrénaline est utilisée en clinique, surtout par les ophtalmologistes et les rhinologistes. Employée sous forme de solution diluée en instillation ou badigeon, cette substance provoque l’anémie locale et arrête les hémorragies. Les premières applications cliniques des propriétés vasoconstrietives de l’extrait capsulaire sont dues à Bâtes 1896, puis à L. Dur.

L’adrénaline n’augmente pas la survie lorsqu’on l’injecte chez un animal décapsulé; elle accélère la mort à doses élevées (Battelli).

Toxicité. — L’adrénaline en injection sous-cutanée détermine, chez le lapin et le cobaye, la mort en moins d’une heure, au plus en quelques heures, à la dose de 0sr,010 à (F'1', 020 par kilogramme. Dans les veines la dose mortelle chez le lapin est comprise entre 0msr,l et 0msr,2 par kilogramme (Battelli, Bouchard et Claude, Battelli). A la suite d’injections répétées, il se produit une accou-

CAPSULES SURRÉNALES.

tumance; les lapins peuvent supporter dans les veines la dose de 0msr,4 à 0m£r,5 par kilogramme (Bouchard et Claude). Chez le chien, la dose mortelle (par les veines) est comprise entre 1 et 2 milligrammes par kilogramme d'animal (Amberg). La mort est due à un œdème pulmonaire aigu; parfois à des trémulations fibrillaires du cœur (Battelli). Localement on constate la mortification des tissus, des escarres probablement par suite de l’ischémie prolongée. Les symptômes généraux sont les mêmes que ceux qui sont provoqués par l’injection de 1 extrait de capsules, à savoir : des troubles du système nerveux central, de I agitation, de la prostration, de la dyspnée, la paralysie des membres postérieurs, des convulsions toniques et cloniques, de l’opisthotonos, de la mydriase, des ecchymoses péricardiques, diaphragmatiques, capsulaires (Battelli, Bouchard et Claude). Amberg a noté souvent chez le chien la diarrhée sanguinolente. Battelli, Mousset, P. Carnot et Josserand ont constaté de l’albuminurie, de I anurie ; Blum, Zuelzer, etc., de la glucosurie (Voy. Action sur les sécrétions). La grenouille résiste relativement mieux (Taramasiu).

boA et Pellacani, Gourfein, Gluzinski, Dubois, Cybulski, Vincent, Hultgren et Anderson, etc., avaient démontré que les extraits de capsule surrénale sont toxiques et peuvent déterminer la mort. D’après Battelli, la toxicité de l’extrait dépend principalement sinon exclusivement de l’adrénaline qu’il contient.

Graisses et lécithines. — Les capsules surrénales contiennent des graisses et des lécithines (L. Bernard, Bigart, Alexander, Mulon, Bonnamour et Policard).

Ces substances sont indifféremment réparties chez l’homme dans toutes les couches de la substance corticale, et donnent aux cellules de cette zone leur texture spongieuse. Chez le cobaye, la graisse et les lécithines sont localisées dans des cellules identiques, dites spongiocytes. Les lécithines se reconnaissent sur des coupes fraîches, faites par congélation et examinées immédiatement dans la lumière polarisée. Elles présentent la croix de polarisation (1). Après iixalion par l'acide osmique elles sont solubles dans le xylol.

Le rapport de la graisse phosphorée au poids total de la glande, est, chez le cheval, de 6,77 0/0. Le rapport de la graisse phosphorée à la graisse totale : 45,3 0/0 chez le cheval ; 48,8 chez le mouton ; 57,7 chez le lapin.

La réaction des surrénales au travail musculaire se traduit par une augmentation du nombre des spongiocytes et par conséquent par une augmentation des lécithines (L. Bernard, Bigart, II. Labbk, Bardier, Bonne).

Substances diverses. — Les capsules contiennent : une albumine coagulable à 71°, diverses globulines coagulables entre 56° et 75°, une ou plusieurs nucléoalbumines (Nabarro). On a tromé comme produits de régression : l'inosite, la leucine, la tyrosine, les bases xanthiques (Okerbi.om), une substance sulfurée et azotée hygroscopique cristallisable (Grüber) et enfin des sels. — Les capsules contiennent un ferment diastatique (A. G. Croftan), un ferment oxydant des aldéhydes (Jacoby). D’après Herter et Wakemann, si on injecte à un chien du bleu d'alizarine, le pigment se retrouve dans les organes qui réduisent peu ou pas, jamais dans les muscles, poumons, capsules qui sont fortement réducleurs.

Cellules chromophiles. — On désigne sous le nom de cellules chromophiles (Stilling) ou chromaflines (A. Kohn) des cellules qui prennent une coloration brune sous l'influence de l'acide chromique ou des sels de chrome.

(1) Bonnamour et Policard n’ont pas réussi à constater la croix de polarisation sur des préparations fraîches chez la grenouille.

Morat et Doyon. — Physiologie.

SÉCRÉTIONS INTERNES

Ces cellules existent : a) dans la substance médullaire des capsules surrénales [Henle, Stilling]; b) dans les corpuscules suprarénaux des Sélaciens [A. Kohn]; c) dans les organes auxquels Zuckerkandl a donné le nom de « Nebenorgane » et qui sont situés chez le nouveau-né et l’embryon dans le réseau sympathique de l’aorte abdominale; d) dans le sympathique (S. Mayer, Stilling, A. Kohn et Rose).

La substance médullaire des capsules, les corpuscules suprarénaux des Sélaciens (Savage Vincent), les Nebenorgane de Zuckerkandl (Ciedi. et Wiesel) donnent des extraits qui, injectés dans les veines, provoquent la vaso-constriclion et élèvent la pression. Les propriétés des capsules, des corpuscules suprarénaux, et des Nebenorgane dépendent donc des cellules chromophiles (A. Kohn, Riedl et Wiesel). Récemment, Melon a d’ailleurs constaté que la réaction de \ ulpian (avec le perchlorure de fer) considérée comme spécifique de la présence de l’adrénaline se produit sur des coupes des corps surrénaux des Plagiostomes.

Grynfeltt, dans un travail dirigé par Vialleton, a constaté que les cellules chromaffines peuvent se présenter sous des aspects différents. A côté des cellules chromaffines typiques pleines de granulations, on en trouve d’autres renfermant de grandes vacuoles claires. La vascularisation est très intense. Sur les préparations de Mulon, la couleur provoquée par l’action du perchlorure de fer est surtout localisée au niveau des granulations intra-protoplasmiques décrites par Grynfeltt.

Fonctions antitoxiques des capsules surrénales. — D’après quelques auteurs, les capsules surrénales protègent l’organisme contre l’action de certains poisons. Les résultats des expériences ne sont pas univoques.

Les injections de cultures virulentes ou de toxines (pyocyanique, diphtérique, tuberculeuse, pneumococcique), les intoxications parle phosphore, le mercure, l’arsenic, le cacodylate de soude, l’adrénaline déterminent des lésions graves des capsules. Souvent même, ces glandes paraissent les seuls organes atteints (Roux et Yersin, Gharrin, Langlois, Roger, Gilbert, Oppenheim, Cacace, Loeper). Virchow, Ciivosteck, R. May, Oppenheim ont. signalé des faits comparables en clinique chez l’homme.

Les capsules augmentent de volume. Chez le cobaye elles peuvent arriver à peser ensemble le1’, 80, au lieu de 0er,30, poids moyen normal (Gharrin et Langlois). On constate de la congestion, parfois même de véritables hémorragies interstitielles. La pigmentation des capsules s’exagère. L’altération des cellules peut aller jusqu’à la nécrose. Il peut se former des thromboses, des nodules infectieux et de petits abcès microscopiques. Les capsules altérées ne présentent généralement plus la réaction caractéristique du tissu médullaire avec le perchlorure de fer; injectées sous la forme d'extrait aqueux dans les veines, elles ne produisent plus l’augmentation de pression que l’on obtient avec l’extrait de capsules normales; cependant, au début de l’intoxication, on peut noter parfois une exagération de cette action tonique.

La gravité des lésions ne paraît pas dépendre de la nature des agents d'infection ou d’intoxication, mais de la virulence de ces agents et de la durée de la survie. Oppenheim et Gharrin ont observé les plus fortes augmentations de volume, dans des cas d’intoxication lente, sous l’influence de doses faibles mais répétées de toxines pyocyanique ou diphtérique. Si l’on admet que ce sont les organes qui sont le théâtre de la lutte la plus active qui s’altèrent le plus profondément au cours des infections et des intoxications, on est en droit de a oir dans les lésions des capsules surrénales que nous venons de décrire une

CAPSULES SURRÉNALES. 451

preuve du rôle joué par ces organes dans la défense de l’organisme. Toutefois, la congestion et l’hypertrophie des capsules se produisent également sous l'influence du système nerveux, soit central (hémisection de la moelle, Brown- Séquard, Vulpian ; myélite aiguë, Bouchard), soif périphérique (ganglions . Pillet a signalé les traumatismes graves de l’estomac et du péritoine comme pouvant retentir sur le plexus solaire et amener la congestion de la capsule avec un certain degré de pigmentation.

Page 1