A. — RAISON D’ÊTRE
Le sang est, suivant l’expression de Cl. Bernard, une sorte d atmosphère intérieure et liquide dans laquelle vivent nos organes. C’est dans ce milieu intérieur qu’ils puisent les substances nécessaires à leur nutrition; c’est là qu’ils rejettent leurs produits excrémentitiels.
1. Le sang forme une réserve alimentaire et respiratoire qui se reconstitue périodiquement par le travail digestil et la respiration.
2. 11 entraîne les produits de l'activité cellulaire et les transporte à d’autres
LE SANG
organes qui achèvent la transformation de ces substances ou éliminent les déchets inutiles.
G. 11 répartit et égalise la chaleur dans l’organisme en se déplaçant alternati. vement des parties chaudes vers les parties froides et en sens inverse. Ce mécanisme d’équilibration est sous la dépendance du système nerveux par l’intermédiaire des nerfs vaso-moteurs qui règlent le courant sanguin. L’expérience suivante de Cl. Bernard indique avec une grande netteté l’importance générale de la circulation sanguine dans la répartition de la chaleur :
Si on place dans une étuve sèche (de très grande capacité) chauffée à 80° environ deux lapins, l’un vivant, l’autre mort, mais encore chaud, on constate que la température du premier s’élève plus rapidement. La circulation amène sans cesse à la périphérie le sang qui s’échauffe et remporte dans la profondeur la chaleur empruntée au milieu extérieur. Chez 1 animal sacriiié réchauffement est plus lent car il ne peut se faire que successivement de couche en couche en procédant des parties superficielles vers les parties profondes (Cl. Bernard). L'un, le lapin vivant, s'échauffe par convexion (transport d un corps chaud dans toute sa masse); l’autre, le lapin mort, s’échauffe par conduction (transport de la chaleur par couches successives) : l’avantage est au premier de ces deux modes d’échauffement.
4. Le sang protège les éléments anatomiques et les soustrait aux influences extérieures directes. 11 assure ainsi à l’organisme une certaine indépendance.