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FIXITÉ DU MILIEU INTÉRIEUR

s’éliminent par les reins, et, si la vitesse de pénétration est un peu grande, s’accumulent dans les séreuses sans entraîner aucun élément essentiel du sang.

Le glucose est un élément normal du sang. Lorsque cette substance s accumule par suite d’un vice de la nutrition (diabète) au delà d’une certaine proportion (en général 3 p. 1000), l’excès de sucre s’élimine par les urines (Cl. Bernard). Le glucose injecté dans une veine de la circulation générale est retenu ou consommé par les tissus pour la plus grande partie; la quantité excrétée par les reins dépend de la dose et de la vitesse de l injection. Le glucose injecté dans la veine porte ou dans une branche de la veine porte est entièrement retenu par le foie (sous forme de glycogène), pourvu que la dose ne soit pas trop forte et l’injection trop rapide (Cl. Bernard). Si on injecte à des chiens [tibiale] 2 gr. de glucose par kilogramme [1 sucre, 6 eau], 85, G p. 100 sonl retenus si l’injection est faite en 15 m., 98,6 si elle dure 80 m. (Doyon et Dufourt).

La glycérine disparait rapidement du torrent circulatoire. Nicloux a constaté que cette substance existe seulement en faible proportion dans le sang, à la suite de l’ingestion ou de l’injection intraveineuse de 2 grammes de glycérine par kilogramme d’animal, même pour les temps très courts qui suivent l’administration. La glycérine s’élimine par les urines. D’après Gréhant, Y alcool ingéré se retrouve dans le sang dans la proportion de 1 sur 10 environ ; après l’ingestion de fortes doses le sang contient 1/71, 1/76 d’alcool. L ingestion de lcc par kilogramme d’animal maintient pendant quelques heures une proportion d’alcool de 1 / 1 000 dans le sang. Vingt-deux heures seulement après l’injection de 5CC d’alcool éthylique par kilogramme d’animal, on cesse de trouver de l'alcool dans le sang. La persistance d’une proportion constante d'alcool dans lesang pendant plusieurs heures explique tous les accidents aigus ou chroniques de l’alcoolisme (Gréhant). L ivresse ne se montre qu’à partir de 0‘c,.3ou0co,4 p. 100. Pour que l’anesthésie ait lieu, il faut que 100cc de sang contiennent au moins 0,64 d’alcool absolu (chez le chien) (Gréhant).

Loeper a constaté que si on injecte dans les veines d un lapin du ferrocyanure t50 centigrammes), ou du sulfocyanure de potassium (25 centigrammes), du bleu de méthylène (6 centigrammes), le sang se débarrasse au bout de trois heures des 4/5 ou 5/6; au bout de vingt-quatre heures, de la totalité de la substance injectée. Une partie de cette substance se répartit sur les tissus, plus spécialement sur le foie, les reins, l’intestin. La presque totalité est éliminée par les reins, une partie par la bile et les excréments. D après Gola, le mercure , quelle que soit la voie d’introduction de ce métal, abandonne \ ite le sang, il s accumule sur les reins, le foie, l’intestin et s 'élimine lentement. Les albumines étrangères au sang sont éliminées (Cl. Bernard, Achard et Gaillard). L injection intraveineuse à un animal de son propre sérum peut sullire à provoquée l’albuminurie (Cl. Bernard).

Certains poisons disparaissent rapidement du sang. CL Bernard a constaté que si on fait communiquer la carotide de deux chiens dont l’un est empoisonné par la strychnine, l’autre ne présente aucun symptôme. — Marie, puis F. Blu- MENTiiALont constaté que le lapin injecté sous la peau avec de la toxine tétanique ne contient plus de toxine bien avant l’apparition des contractures. J. Courmont et Doyon ont vu que chez la grenouille chauflée, sensible au tétanos, qui n a tecqi qu’une dose mortelle, la toxine n a pas complètement dispaiu au moment où éclate le tétanos, mais qu’à un moment donné le sang d’une grenouille en plein tétanos généralisé ne peut plus tétaniser la souris. Heymans, Heymans et Masoin, Decroly, Bourre, Morishima ont tenté de préciser la durée du séjoui de cei tains

LE SANG

poisons dans le sang. Si on introduit dans les veines d’un animal une dose mortelle limite de certains poisons, la fixation du poison par les tissus est parfois si rapide que l’animal succombe fatalement, au bout d’un certain temps, même si la saignée etla transfusion sont pratiquées dès la fin de l’injection. Les choses se passent ainsi avec la toxine tétanique, l’arsenic ; la toxine diphtérique est moins prestement fixée. Avec le venin de cobra on peut sauver le sujet dans les premières dix minutes. Les dinitriles [nitriles malonique et pyrotartrique] prennent place immédiatement à la suite des toxines tétanique et diphtérique. La saignée doit être pratiquée pendant les deux minutes au plus qui suivent l’injection, faute de quoi l’issue fatale se produit comme si l'on n’était pas intervenu. En cinq minutes huit à neuf doses mortelles sont absorbées par les éléments cellulaires et disparaissent de la circulation sanguine. 11 faut en effet injecter à un animal une dose de nitrile neuf à dix fois supérieure à la dose simplement mortelle pour qu’après cinq minutes le sang transféré à un autre détermine chez ce dernier une intoxication mortelle (Heymans, Heymans et Masoix, Decroly, Rourre).

Les toxines persistent un temps plus ou moins long dans le sang suivant les conditions de réceptivité de l’organisme. J. Courmont et Doyon ont démontré que la grenouille maintenue à -f- 10 ou + 16 est réfractaire à des doses de toxine tétanique qui donnent le tétanos à la grenouille chauffée. Or la toxine tétanique, recherchée par l’inoculation à la souris, disparait plus rapidement du sang (et des organes) de la grenouille chauffée que de ceux de la grenouille froide. Injecté avec trois ou six doses mortelles, la grenouille froide conserve sa toxine pendant des mois; placée à l’étuve, elle devient tétanique (Courmont et Doyon). — Metchnikoff a constaté que des Poissons tels que la carpe, des Amphibies comme la grenouille, l’axolotl, maintenus à de basses températures, ne deviennent pas tétaniques et conservent la toxine intacte pendant des mois dans leur sang. La tortue qui ne devient tétanique ni à chaud, ni à froid, a pendant des mois un sang capable de tétaniser la souris (Metchnikoff, Courmont et Doyon) ; ce pouvoir diminue progressivement mais très lentement. Chez le lézard vert, la toxine persiste des mois dans le sang. Chez le caïman elle disparaît plus rapidement, surtout chez l’animal chauffé. Le lézard vert, le caïman sont comme la tortue réfractaires à la toxine tétanique à toute température (Metchnikoff).

Les corps étrangers (grains de carmin ou de vermillon, encre de Chine...) qui pénètrent ou que l’on introduit dans la circulation ne restent pas longtemps dans le sang ni dans la lymphe ; ils se déposent dans la rate, les ganglions, la moelle des os, le foie, les reins, les poumons, ils restent logés dans le tissu interstitiel de ces organes, dans l’intérieur des éléments cellulaires (Hoffmann et Recklingiiausen, Ponfick, Marro). Les éléments cellulaires tels que les microbes, lorsqu’ils pénètrent dans l'organisme réfractaire , ne s’éliminent par aucun des émonctoires qui servent à l’élimination des poisons solubles (Voy. p. 404); pourtant ils finissent réellement par disparaître complètement au bout de quelques jours, souvent même après quelques heures, sans que le sujet ait été incommodé. Dans la grande majorité des cas, ils sont saisis par des cellules amiboïdes et disparaissent dans leur intérieur par suite d’une véritable digestion (Voy. Phagocytose). Dès 1880, Chauveau avait montré que les bactéridies, injectées dans les vaisseaux sanguins des moutons algériens, disparaissent au bout de quelques heures ; on les retrouve accumulées dans les poumons, la rate et d’autres viscères; là elles deviennent incapables de se reproduire et ne tardent

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