COLORATION
sort d'une glande en repos. Celui qui sort d’un muscle en travail est plus foncé que celui qui émerge du même organe en repos.
Lorsqu’on examine le sang à travers les parois des veines et la peau, il faut tenir compte des particularités de structure de ces organes. Les radiations lumineuses transmises de la superficie à la profondeur, et celles qui sont
Fig. 128. — Circulation de la glande sous-maxillaire chez le chien (Doyon).
s. m. sous-maxillaire ; p. a. parotide ; s. I. sublinguales : 1, 2, petites veines émergeant des glandes sous-maxillaires ; 3, nerf hypoglosse ; 4, canal de Wharton ; b, corde du tympan ; C, lingual. Du côté droit, le digastrique a été abrasé ; on voit la section du muscle contre la glande sous-maxillaire.
réfléchies des couches profondes sont modifiées. La coloration bleue des veines sous-cutanées relève en partie d’un phénomène de cet ordre.
Le sang veineux présente la couleur du sang artériel dans plusieurs circonstances :
a) Lorsque la circulation est très active. Le sang, dans ces conditions, séjourne
PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DU SANG
dans les tissus un temps trop court pour être modifié. C’est ce qui se produit lorsque les capillaires sont dilatés sous l'influence de l'excitation des nerfs vasodilatateurs ou de la section des vaso-constricteurs. — Un cas particulier intéressant est celui de certaines glandes dans le genre de la sous-maxillaire. Au moment de leur activité, la consommation d’oxygène y augmente conformément à la règle; mais en même temps la circulation s'y active d’une façon plus que compensatrice de cette dépense ; de sorte que le sang qui sort de la veine de la glande est plus rouge pendant l’activité de celle-ci que pendant son repos (Cl. Bernard, Chauveau). — L’activité circulatoire qui accompagne l'activité des organes est un phénomène secondaire lié au phénomène primitif par une action réflexe et qui se proportionne aux besoins de l’organe actif ; mais ces besoins ne sont pas les mêmes partout (fig. 128). Dans le muscle, c’est l’oxygène dont la consommation est grande ; dans la glande ce sont les matériaux de la sécrétion. L’activité circulatoire est proportionnée à la consommation de la substance dont le besoin se fait surtout sentir. Dans le rein, la sécrétion étant continue, le sang est à peu près toujours rouge à l’état physiologique (Cl. Bernard).
Le sang des veines capsulaires est rutilant.
b) Le sang veineux présente également la couleur du sang artériel lorsque les échanges sont ralentis ou suspendus (p. 514). Si le repos du membre est à peu près absolu, le nerf étant coupé par exemple, le sang veineux est alors parfaitement rouge (Cl. Bernard).
Chez le fœtus des mammifères, le sang offre partout une coloration uniforme; le fœtus, faisant peu de mouvements, consomme peu d’oxygène. Ce n’est qu’après la naissance que la différence d’aspect entre sang artériel et sang veineux commence à s’établir (Cl. Bernard) (1).
III. Modifications dans les intoxications. — Le sang est rutilant dans l’empoisonnement par l’oxyde de carbone, brun lorsqu’il contient de la méthémoglobine, rouge violet sous l’influence du bioxyde d'azote. Le chlorure de calcium donne une teinte rouge vif. — Le carbonate de soude rend le sang immédiatement très rouge puis noir (Cl. Bernard). L’hydrogène sulfuré fait passer au vert sale la couleur rouge du sang oxygéné ; le sang oxycarboné résiste à l'action de ce réactif; la différence était encore très nette au bout de dix-sept ans entre des échantillons conservés en tubes fermés (E. Salkonvski). Dans l'intoxication par le cyanure de potassium, le sang prend une coloration rouge vif (Cl. Bernard) ; l’apparition de cette teinte caractéristique est liée à la présence de l’oxygène (Masoin). Le sang des animaux empoisonnés par la phénylhydrazine, examiné en couches minces, est vert (Lewin). Le sang des sujets morts par le froid présente une couleur rouge foncé sale analogue à celle du café (Tirelli).
IV. Sang des Invertébrés. — Le sang des Invertébrés est parfois incolore (Échinodermes, Aplysie, Doris...), le plus souvent coloré. Les pigments décrits sont nombreux; quelques-uns seulement ont été bien caractérisés.
1) On trouve de l’hémoglobine chez certains Mollusques, Crustacés, Vers... (p. 615).
2) Le sang d'un certain nombre d’Arlhropodes et de Mollusques présente, lorsqu’il a été exposé à l’air, une coloration bleue plus ou moins intense,
(1) Quelques auteurs ont cependant signalé une faible différence entre le sang de l'artère et le sang de la veine ombilicale; le sang de l’artère serait un peu moins rouge que le sang de la veine.