‹ Traité de physiologieChapitre 19 sur 374 · I. — Conditions générales ou élémentaires de la vie · texte numérisé non relu

I. — Conditions générales ou élémentaires de la vie

Le caractère le plus général auquel se reconnaît un être vivant c’est, d’après CL Bernard, Y échange qu’il entretient avec son milieu. « C’est, dit-il, une collaboration impossible à disjoindre et nous devons comprendre qu’en l’absence d’un des facteurs l’être ne saurait vivre. Il ne vit pas davantage lorsque les conditions du milieu 11 existent pas que lorsqu’elles existent seules. La chaleur, l’humidité et l'air ne sont pas la vie; l’organisation seule ne la constitue pas davantage. »

Il y a donc, du fait de ce conflit ou de cet échange, des conditions extrinsèques et des conditions intrinsèques ou d’organisation.

A. Conditions extrinsèques ou de milieu. — CL Bernvrd les ramène à quatre, savoir: 1° une composition chimique définie, autrement dit des aliments ; 2° de Y eau ; 3° de Y oxygène ; 4° un certain degré approprié de chaleur. Ces quatre conditions sont les raisons d’être de quatre fonctions destinées aies satisfaire et d’une façon simple ou compliquée se rencontreront dans tout être vivant.

Ce qu’il s’agit de démontrer ici ce n'est pas précisément l’existence de ces quatre fonctions, elles sont d’elles-mèmes évidentes, mais c’est qu’elles sont des fonctions cellulaires ; autrement dit, que ces quatre conditions doivent être fournies à toutes les cellules; que les cellules, quelles qu’elles soient, libres ou agrégées, végétales ou animales, ne peuvent manifester leur activité, vivre en un mot, qu’autant que ces fonctions sont remplies par un mécanisme simple ou compliqué. Elles expriment l’unité de la vie cellulaire, comme la loi de la division du travail exprime sa diversité.

Cytologie expérimentale. — Pour faire cette démonstration, il faut expérimenter sur des cellules. L’expérience peut se faire sur des cellules vivant naturellement à l’état isolé, ou même sur des cellules d’organismes complexes artificiellement désagrégés, ou encore sur des cellules erratiques qui appartiennent à ceux-ci, comme les globules blancs du sang ou de la lymphe. Avec plus ou moins de commodité elle conduit à la même conclusion. L’expérience

LOIS DE L'ORGANISATION ANIMALE

a sa plus grande signification, lorsqu’elle peut se faire d’une façon cruciale, c'est-à-dire, lorsque l’une des conditions énumérées étant éloignée, la vie cosse de se manifester, mais pourtant n’est pas définitivement anéantie et reprend ses manifestations quand cette condition est de nouveau réalisée. Il suit de là (pie la vie peut être suspendue, [tasser de l’état manifeste à l'état latent. Pour un grand nombre de cellules et d’êtres vivants cette suspension ne saurait être que d’une durée assez courte; pour certains, elle a une durée illimitée. C’est avec l'eau et la chaleur que cet état de vie latente prend son caractère le plus saisissant et plus encore avec l’eau, parce que sa disparition s’accuse par un changement de dimensions et de formes, un racornissement de l’être desséché qui, de prime abord, paraît incompatible avec la reprise de la vie.

a. Vie latente. — Animaux reviviscents. — Leuwenœck le premier (1701), à l’aide de ses lentilles grossissantes, a observé le phénomène de la reviviscence.

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