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H. — VISCOSITÉ

I Variations. — La viscosité du sang varie d une espèce à 1 autre. Elle paiait en général moindre chez les herbivores (lapin) que chez les carnivores (chien)

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DU SANG

(Hüiitule). Lhez un même sujet on observe des variations sensibles en rapport principalement avec le régime et la digestion. Chez le chien les valeurs minima correspondent au jeûne, les valeurs maxima à une alimentation azotée. Chez le lapin les chitli es les plus bas n ont pas été observés pendant le jeûne, mais après l'ingestion de carottes (Hürthle, Russel Burton-Opitz). L’âge n’est pas indifférent; la viscosité du sang est moindre chez le veau que chez le bœuf (Trommsdorff).’ La viscosité du sang total pris dans différents endroits et à des moments différents dans le, même vaisseau peut varier du simple au double (A. Mayer).

La viscosité du sang dépend principalement du nombre des globules; la viscosité du sang défibriné est plus grande que celle du sérum. Les variations des éléments visqueux de la partie liquide du sang et à plus forte raison des substances cristalloïdes ont une importance secondaire (Jacobj). — A. Mayer a constaté que la viscosité du plasma est indépendante de la quantité de substances albuminoïdes (fibrinogène...); il incline [ainsi que Bottazzi] à faire intervenir une notion de qualité, d’état.

Dans une même espèce le coefficient de viscosité du sérum à l’état normal varie d individu à individu, toutefois les valeurs qui le représentent oscillent relativement peu autour d’une constante. Cette constante diffère d’espèce à espèce. Le plasma présente des oscillations beaucoup plus considérables (A. Mayer).

La viscosité du sérum reste, dans de certaines limites, normale quelle que soit la viscosité des solutions introduites dans le sang (A. Mayer).

Lesvnriations de la viscosité du sang (et du plasma) ne sont pas dans tous les cas parallèles à celles de la densité (Hürthle, A. Mayer, Hirsch et Beck).

IL Rôle du facteur viscosité. — Heffter, Albaxese, Trommsdorff ont montré que pour entretenir le jeu régulier du cœur excisé de la grenouille au moyen d'une solution minéralisée, le liquide employé devait présenter une certaine viscosité. Des solutions isotoniques de chlorure de sodium oxygénées et légèrement alcalinisées avec du carbonate de soude pour fixer l’acide carbonique produit, conviennent parfaitement, si on les additionne d'un peu de gomme (2 p. 100 environ) pour augmenter leur viscosité (Albanese). Le quotient de frottement interne optimum est de 1,5 d’après Trommmsdorff. Tous les travaux concernant 1 importance du facteur viscosité dans les circulations artificielles ne sont cependant pas univoques.

On ne connaît pas exactement dans quelle mesure ni comment le facteur « viscosité » intervient. A. Mayer a montré que la viscosité des liquides constitue une lorce de résistance à l’action de la tension osmotique des sels qui y sont dissous ; sous l’influence d’une substance visqueuse la vitesse de déplacement diminue dans un osmomètre. Les liquides v isqueux s’opposent à la plasmolyse des cellules végétales, à l’hématolyse des giobules rouges ; ils conservent les globules (A. Mayer).

III. Mesure. Le principe est le calcul du temps que mettent les liquides à îemplii un espace donné après avoir traversé un capillaire de longueur donnée.

< )n compare habituellement la viscosité du liquide en expérience à celle de l’eau distillée.

Si on prend pour 1 eau à 38° une viscosité égale à 1, la viscosité du sang est en moyenne de 5,1 avec des variations de 1,39 à 9,21 à l’état pathologique (Hirsch et Beck).

A. Mayer préconise l’appareil suivant. Soit un tube capillaire de verre, en lï, a branches parallèles; à la partie supérieure d’une des branches est adapté un

RÉACTION

réservoir en forme de sphère creuse A ouverte à sa partie supérieure et surmontée d’un goulot. En un point de l'autre branche est soufflée une seconde sphère de dimensions égales à la première. Les sphères occupent sur l’U une position telle que le raccord supérieur de la seconde avec le capillaire est situé dans un plan un peu inférieur au raccord inférieur de la première. Lorsqu’un liquide est placé dans la sphère A, il s’écoule de lui-même dans la branche descendante du capillaire, puis dans la branche montante et s’élève peu à peu dans la sphère B. On mesure au compte-secondes le temps qui lui est nécessaire pour remplir cette sphère. Comme on a préalablement fait la même mesure pour l’eau distillée choisie comme étalon, une simple division des deux temps donne le coefficient de viscosité.

Pour prendre une mesure il faut prendre dans tous les cas la même quantité de liquide, et bien lubréfier les parois des capillaires. Pour cela, l’extrémité des capillaires qui surmonte la sphère P> est reliée par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc à une poire de caoutchouc mobile qui permet d’aspirer ou de refouler à volonté le liquide dans l’appareil. Toutes les mesures doivent être prises à température constante.

L’appareil exige peu de liquide ; sa construction permet de ne pas tenir compte des différences de densité. Le liquide descend d'autant plus vite dans une branche que sa densité est plus forte ; par contre, il monte plus lentement, la compensation pourrait être parfaite si on donnait à l’espace vertical une hauteur inversement proportionnelle à la densité de chaque liquide à examiner. A cet effet, il suffirait de remplacer la partie inférieure Fig. 130. de l’LJ par un tube de caoutchouc et de faire mouvoir les deux sphères en sens inverse le long d’une tige graduée. Pratiquement, cette correction n’est pas nécessaire, car pour les densités entre lesquelles sont comprises les liquides physiologiques, l’erreur provenant de leur fait dans la mesure du coefficient de viscosité au moyen de l’appareil de verre ne porte que sur les millièmes alors que toutes les autres causes inhérentes aux recherches biologiques imposent l’obligation de s’arrêter dans cette mesure à la deuxième décimale (A. Mayer).

La viscosité du sang dans différentes conditions peut être déterminée sur l'animal vivant en faisant couler directement le sang d’une artère dans un appareil de mesure approprié (Hürthle).

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