Gallus bankiva .
• » ! Variations pendant la vie. — La réaction du sang ne cesse jamais d’être alcaline au tournesol pendant la vie. Elle peut varier sous l’influence de causes physiologiques ou pathologiques, mais elle oppose aux agents de perturbation une certaine résistance et tend à redevenir normale. On n’est pas exactement fixé sur l importance de ces variations ; beaucoup de celles qui ont été signalées, sont inférieures à la limite de sensibilité ou aux causes d erreur des procédés de mesure employés.
i) Influence du régime. — Le jeune prolongé augmente notablement les substances acides du sang, l’alcalinité peut diminuer de près de moitié.
Lhez un animal omnivore nourri exclusivement avec delà viande, la réaction alcaline du sérum ne varie pas sensiblement, l’acidité réelle augmente beaucoup. Chez le même animal, le régime végétarien augmente nécessairement la teneur du sang en principes alcalins ; néanmoins lorsque ce régime est poussé à l’excès de sorte que la ration d azote soit insuffisante, la nutrition générale est troublée au point que 1 acidité réelle du sérum peut s’élever au-dessus de la normale (Coiinstein, Drouin). — L’ingestion de sucre diminue l’alcalinité du sang (Albertoni).
REACTION
L'alcalescence augmente avec l’accroissement de la concentration dans la diète sèche ou sous l'influence de l’action répétée des purgatifs (Fodéra et Ragona).
L’influence des repas n’est pas élucidée. D’après Canard, Baldi, IIubner, Drouin, l'alcalescence augmente tandis que l’estomac sécrète un suc acide ; d'après Von Nooroen, le phénomène est compensé par l'élimination rénale (ou autre); de fait l’urine peut devenir alcaline vers la 4e ou 5e heure de la digestion (Bence Jones).
o) Résistance aux alcalins et aux acides. — Les injections rapides de soude provoquent des effets foudroyants ; par contre, les animaux montrent une grande tolérance quand les injections sont faites lentement; le pouvoir d’absorption du sang est à peine augmenté même si la quantité d’alcali introduite est considérable; l’alcalinité du sang n'est pas augmentée d’une manière durable (Fodéra et Ragona, L. Fredericq). La soude paraît neutralisée ou rendue inoffensive à mesure quelle pénètre; une grande partie est excrétée par les reins ; les urines sont fortement alcalines, parfois sanguinolentes (L. Fredericq).
L’ingestion des carbonates de métaux alcalins augmente seulement pendant quelques heures l’alcalinité du sang (Pergami, Burmin, Orlowski).
L’intoxication lente par les acides dilués diminue la réaction alcaline du sang et augmente 1 acidité réelle (Lassar, Walter, Krauss).
Chez les carnivores l’organisme lutte quelque temps en fournissant une quantité d’ammoniaque anormale destinée à neutraliser les acides étrangers, en sorte que l’on retrouve ceux-ci à l’état de sels ammoniacaux dans l’urine (Walter, Hallervorden, Schmiedererg, Salkowski, Gæiitgens).
Lorsque les limites de la fonction compensatrice sont dépassées l'intoxication acide se manifeste. L’organisme est dépouillé d’une certaine quantité d’éléments alcalins ; l’acidité réelle du sang augmente. La mort arrive avant que la totalité des alcalis du sang ait été neutralisée (CL Bernard, Walter). Des animaux qui vont mourir par suite d’une intoxication acide peuvent être ranimés par des injections de solution de soude (Spiro).
Chez les herbivores la faculté de résistance est très faible. Le lapin meurt si on ajoute à son régime 0,9 gr. HCl par kilogr. d’animal (Walter). Les lapins préalablement affaiblis par 11CI et intoxiqués par l’acide chondroïtine sulfurique meurent en quelques semaines; le mécanisme qui eût permis aux carnivores de résister ne paraît pas entrer en jeu, car dans les urines les bases (y compris l’ammoniaque) sont en déficit par rapport aux acides (Kettner). Chez l’homme la faculté de résistance existe à un degré intermédiaire.
PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DU SANG
Lorsque les principes acides atteignent certaines proportions, ils sont capables de produire des lésions variées. Des injections d'acide lactique, d’acide oxalique, d’acide phosphorique altèrent le rein (Gaucher, Kobert), le foie (Minkowski, Coix). — L’altération acide du sang provoque des troubles respiratoires et circulatoires relevant du système nerveux, le coma et la mort, (Walter). Heitzmann, ,1. Teissier ont vu que l’acide lactique s’oppose au dépôt des matières calcaires dans les os et dissout ces matières à mesure qu’elles se concrètent. Les phosphates apparaissent en quantité exagérée dans les urines; le squelette peut présenter les symptômes du rachitisme ou de l’ostéomalacie. D’après Ferrier, l’intoxication acide (acide ingéré ou formé in situ) peut amener, par suite de la solubilisation du phosphate tricalcique, non seulement la phosphaturie, mais peut-être aussi l’hémophilie. La teneur du sang en CO2 diminue chez les animaux intoxiqués par les acides (Spiro, Lof.wy et Münzer). Chez les Oiseaux, Milroy a constaté que les urines changent de caractères, deviennent plus aqueuses, contiennent plus d’ammoniaque et moins d'acide urique.
6) Exercice musculaire. Empoisonnement. Asphyxie. —
Dans le surmenage et toutes les fois que le système musculaire devient le siège de contractures intenses ou généralisées, la réaction alcaline du sang total et celle du sérum diminue, tandis que l’acidité réelle 'du sérum est augmentée (Zuntz, Cohnstein, Wetzel, Drouin, Ferruzza).
Le titre hémo-alcalimétrique diminue au cours de l’empoisonnement par un grand nombre de substances qui ne jouissent pas par elles-mêmes de propriétés acides, telles que : le fer, le manganèse, le nitrite de soude, le nitrite d’amyle, l’oxalate de soude, le toluyendiamine (Feitelberg), le platine, le phosphore, l’arsenic, l’iode, le mercure (Robert, Feitelberg, H. Meyer, Williams, Fr. Kraus, Lœwy et Münzer). L’alcalinité diminue dans l’intoxication oxy-carbonée (Araki, Saiki et Wakayama).
L’asphyxie lente (Fodéra et Ragona), un fort et rapide abaissement de température (Karfunkel), la section de la moelle (chez le chien) (Drago) abaissent également l’alcalinité.
D’apès Krauss, Robert, l'alcalinité du sang diminue lorsque les globules rouges sont détruits en nombre suffisant dans le sang ; d’après Bemivagm et Carlm, l'alcalinité augmente si les leucocytes augmentent, diminue si ces éléments diminuent.
7) États pathologiques. — La maladie abaisse fréquemment l’alcalinité du sang. Le fait a été constaté : chez les brightiques, au moment des crises urémiques (Charrin), après la ligature des deux uretères chez le chien (Orlowsky), au cours des infections, chez les rhumatisants, dans le coma diabétique, le choléra (Centam, Petrone, Manfredi), pendant la lièvre (Sliiiff, Calabrese, Drouin), dans la syphilis, la cachexie cancéreuse, les anémies graves.
POINT DE CONGELATION.
Dans le choléra, Centam, Petroae, Manfredi prétendent avoir vu le sérum donner au tournesol la teinte rouge. Charria estime que ces constatations ne peuvent être que celles de la dernière heure.
VII. Rapports avec l'immunité. — f /accroisse niewt-dej'ac.idité du sang fait fléchi r la résistance à la maladie et favorise l’infection bactérienne :
Le surmenage favorise l’infection bactérienne, probablement en augmentant rncc.nninTfi.tion de l’acide lactique dans le sang (Charria et RoGERjrTTne culture dê~cïïarbon symptomatique, sans effet dans des conditions déterminées, provoque la mort si on ajoute dans le muscle un peu d’acide lactique (Arloiag). Roux et Nocard ont confirmé et étendu ces résultats. L’acide intervient en débilitant le terrain; par lui-même il atténue le germe. Charrin a montré que des injections répétées de faibles doses d’acide modifient, d’une manière générale, la réceptivité de l'organisme et font fléchir l'immunité.
T, es alcalins aiigmentp.nbJUurésistance aux infections et le pouvoir bactéricide dejsJiwiumrs. Fodor a constaté que le bicarbonate de soude augmente la résistance aux cultures de bacille charbonneux. Lauder-Bruatoa, Maragliaao affirment que l'état bactéricide fléchit là où les sels de soude diminuent; Lingelsheim et Boer ont constaté que l'addition d’alcalis divers augmente l’action bactéricide du sérum, etc... D'après Receler, si le sérum devient nettement acide le pouvoir bactéricide disparaît.
L’alcaliintjé du sang diminue progressivement et d'une manière très marquée lorsque l’infection es! fatale ; si l’infection guérit, l’alcalinité, d’abord diminuée, devient d'une manière permanente supérieure à la normale. Une fois l'alcalinité accrue, la résistance aux infections ultérieures devient plus considérable (Charria). — Calabrese, Caataai, Fodor et Bigler, Karfuakel ont constaté une éléi ation de l’alcalinité chez les animaux- immunisés contre la diphtérie, la ricine, après l'injection de sérum antidiphtérique ; l'injection de toxines produit le phénomène inverse.
L’injection d’un acide à dose inoffensive est capable de diminuer la résistance du cobaye à l’atropine (Loreazo Scofoae).