B. CONSTITUTION HISTOLOGIQUE
Chez les Oiseaux , Reptiles , Batraciens , Poissons , les globules rouges sont nucléés. 11 en est de même des globules des Mammitères pendant la période embryonnaire et fœtale.
Laveran a fait sur les hématies des Oiseaux des observations qui tendent à montrer que ces hématies possèdent une membrane d’enveloppe et que le protoplasme est de nature liquide. Chez les Oiseaux il existe parfois dans les globules rouges des parasites (haemamœba Danilewskyi) qui altèrent fort peu les hématies qui les logent . Lorsqu’on fixe dans une préparation de sang Irais une hématie contenant un parasite arrivé à son développement complet, on voit parfois tout à coup le protoplasme de l’hématie disparaître ; on ne voit plus à côté du parasite que le noyau du globule rouge qui le contenait. A voir la rapidité avec laquelle le contenu du globule disparaît, on a la sensation d’une ampoule remplie d’une matière liquide qui se romprait sous l’effort du parasite et qui se viderait.
Les globules des Mammifères adultes ont à peu près complètement perdu les attributs qui caractérisent à première vue une cellule. Ils ne possèdent pas de noyau apparent, ni de membrane d’enveloppe. Les hématies nucléées n’apparaissent que dans des conditions déterminées : dans les anémies parvenues à un haut degré, après la saignée; dans certaines affections qui intéressent directement la
(1) Seul l’Amphioxus n’en possède pas. Certains Invertébrés possèdent des globules colorés, soit par de l’hémoglobine, soit par d’autres pigments (voy. p. 525).
(2) Malpighi prit les corpuscules rouges du sang pour des globules de graisse.
FORME ET DIMENSIONS
moelle osseuse (leucémies, ostéo-sarcomes, certaines maladies infectieuses...).
La substance qui constitue les globules est d'apparence homogène. Vue au microscope sous une faible épaisseur, elle apparaît colorée en jaune orangé. Certains agents, destructeurs des globules rouges, tels que l'eau, séparent à une première phase de leur action ou lorsqu’on les emploie d'une façon ménagée, la matière colorante (hémoglobine) des éléments figurés; ceux-ci subsistent avec leurs contours primitifs sous la forme de masses incolores, généralement plus volumineuses qu’auparavant. Ces masses constituent ce que A. Roll ett a désigné sous le nom de stroma ; elles sont formées principalement par des matières albuminoïdes (globulines) qui ont été isolées et étudiées pour la première fois par Denis de Commercy.
1) après A. Roru.KTT. Jfliémog-lobine est fixée à Tétât amorphe sur une substance qu’il désigne sous le nmn djmdosoma et qui PepondTuîzooid de Brücke. L’endosoma se trouverait entre les maillesjlu stroma, lequel servirait de support aux électrolytes (selsïT^TÏAMBURGER soutient que le stromaTorme un réseau protoplasmique enserrant dans ses mailles une masse rouge fluide ou semi-fluide.
FORME ET DIMENSIONS
I. Forme. — Les globules sont discoïdes chez tous les Mammifères (sauf les Caméliens) et chez certains Poissons (Cyclostomes) ; ils sont elliptiques chez les Caméliens, les Oiseaux, les Reptiles, les Amphibies et les Poissons (autres que les Cyclostomes).
Les globules discoïdes des Mammifères sont pour la plupart excavés au centre sur leurs deux faces. Examinés de profil, ils ont la forme d’un biscuit légèrement renflé à ses deux extrémités. Vus de face, le renflement des bords se reconnaît aux différences
d'aspect présentées suivant la position de l’objectif. Après que l'on a bien mis au point lorsqu'on éloigne l’objectif, le bord du globule devient brillant et son centre obscur ; lorsqu’on rapproche l’objectif, le centre devient brillant et le bord obscur (Ranvier) (fig. 134).
Morat et Üoyon. — Physiologie. I. — 3G
Fig. 134. — Globules rouges et blancs du sang de l’homme (grossissement de 1000 diamètres).
a, globule rouge vu de face: b , vu de profil ; c, en pile; d, vu de trois quarts ; e, /'. épineux : g, sphérique ; m, crénelé ; L, grosse cellule lymphatique du sang; l, petite cellule lymphatique; p, cellule lymphatique granuleuse; m , granulations libres (Ranvier).
LES GLOBULES ROUGES
Chez les Oiseaux, Reptiles, Amphibies, les globules apparaissent biconvexes, lorsqu’on les examine (le profil, par suite de la présence
du noyau, qui fait bomber le centre du globule sur ses deux faces (fîg. 135). — Chez tous les embryons, aussi bien des ovipares que des vivipares, les globules du sang sont d’abord sphériques.
Dans certains élats pathologiques, notamment dans l’anémie pernicieuse, on observe des formes rappelant par leurs contours des objets très divers: une bouteille, une poire, une haltère, une étoile, un fuseau....
II. Dimensions, a) Variations d’une espèce à l’autre. — Plus l’organisme est perfectionné, plus les globules sanguins sont petits. En effet, les dimensions de ces éléments augmentent à mesure qu’on descend dans la série animale ; les plus petits globules se rencontrent chez les Mammifères, les plus gros chez les Batraciens (Prévost et Dumas, Wagner, Mande, Gulliver).
La même tendance se retrouve dans le cours du développement d’un même individu ; les globules de l’embryon sont plus gros que les globules de l’adulte (Hewson, Prévost, Wagner, Gulliver, Davy, Bischoff, Paget).
Milne-Edwards a montré que le diamètre des globules est en relation intime avec l’activité physiologique. Les hématies sont en général d’autant plus petites que les besoins respiratoires et 1 activité musculaires sont plus grands. La taille exerce une influence en ce sens que, toutes choses égales d’ailleurs, les combustions et la respiration sont plus actives chez les petits animaux que chez les grands.
Exemple. — Parmi les Mammifères, les animaux doués d’une activité très grande tels que les chevrotins, cerfs, antilopes, ont de très petits globules, alors que le paresseux dont les mouvements sont très lents, a des globules presque gros que ceux de l’éléphant.
Fig. 135. — Sang de grenouille.
a, globule rouge vu de face ; b, vu de profd ; c, vu de trois quarts ; v, vacuole ; n, cellule lymphatique en repos; m, cellule lymphatique présentant des prolongements amiboïdes ; k, cellule lymphatique morte ; p, cellule fusiforme incolore (Ranvier).
FORME ET DIMENSIONS