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VI. Adaptation à des milieux extérieurs divers. Les

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appareils digestif , circulatoire, respiratoire, excréteur , e/c., ont ainsi leur raison d'être dans les besoins communs des cellules vivant en association définie. Ces appareils, différenciés de l'un à l’autre, en raison de leurs fonctions propres, et d’une espèce animale à l’autre, en raison des conditions variées d’existence de ces espèces dans le milieu cosmique, ne sont pas primordiaux; mais leur fonction essentielle est d assurer, par leur variété même, les conditions primordiales et au fond uniformes de la vie cellulaire. Ils font le trait d’union entre 1 unité vivante et la multiplicité des objets et conditions qui 1 entourent. Ils font converger vers un résultat univoque cette variété extérieure.

Autre expression de la même loi. — Cl. Bernard remarquait que les conditions de la vie cellulaire, telles qu’elles résultent de l'analyse qui les lui a lait connaître, répondent en somme aux quatre éléments considérés par les anciens comme constitutifs de la nature tant inanimée qu’animée; Veau, l'air, la terre et le feu. On peut donner une autre expression des conditions de la vie a la lois plus générale et plus en rapport avec le langage scientifique actuel. Du milieu qui 1 entoure l’être vivant réclame trois choses qu’il lui restitue après transformation, ce sont : la matière, V énergie et l 'excitation, cette dernière étant une énergie qui tire sa valeur moins de sa quantité que de l’emploi particulier qui en est fait. Cette dernière condition, l’excitation, a été du reste proclamée aussi par Cl. Bernard ; il la met en regard d’une propriété de l’être vivant, 1 irritabilité, qui représente une condition intérieure à l’être vivant par opposition aux précédentes qui sont considérées comme appartenant au milieu.

Dans le conflit entre l’être vivant et son milieu il y a en fait des conditions propres à l'être vivant lui-même, ce qu'il nous faut examiner sommairement.

B. Conditions intérieures ou d’organisation. — Du fait qu’un milieu contient les conditions essentielles à la vie, celle-ci devient possible , mais elle n’est pas réalisée par la seule existence de ces conditions. Il faut que dans ce milieu nous déposions pour le moins un germe, c’est-à-dire un être déjà en possession d’un rudiment d’organisation. Ce germe va tracer à la matière et à 1 énergie le chemin qu’elle doit suivre, pour, en se transformant et se renouvelant perpétuellement, entretenir le mouvement ordonné qui caractérise la vie. Cet ordonnancement va, non seulement se maintenir à l’encontre des perturbations du milieu qui tendent à le détruire ou à le troubler, mais encore s’accroître pendant un certain temps, puis se limiter à de certaines proportions, avant de se dissoudre, mais non sans avoir assuré sa perpétuité par le détachement de germes semblables à lui, issus de sa substance.

Irritabilité ou sensibilité. — En face des conditions offertes par le milieu et que pour cette raison on appelle extrinsèques, il y en a donc qui sont apportées par Eêtre vivant lui -même et qui lui

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sont intrinsèques. Ce sont celles qu'on symbolise sous le nom d 'irritabilité, expression au fond synonyme de sensibilité. C’est en tant qu’il est irritable, c’est-à-dire sensible, que l’être vivant imprime aux éléments « I e la matière et de 1 énergie cet auan&c ment, cette solidarité, cette unité, qui nous saisissent par leur contraste avec l’indépendance, le morcellement et le désordre que ces mêmes éléments présentent dans le milieu. C’est 1 irritabilité, la ■sensibilité, qui préside à l'organisation de la vie. C’est le souvenir des états passés qui dirige incessamment l’action présente en vue d’un meilleur effet ou tout au moins de la conservation de ce qui est acquis en fait d’organisation. Le mouvement si intense, la rapidité du tlux matériel et énergétique qui traverse en permanence l’être vivant, multiplie les épreuves sur lesquelles se fonde son expérience acquise dans tous les degrés de la conscience et de la mémoire et, en même temps que celles-ci, les occasions qui sont données a la sensibilité d’intervenir.

1. Accélération évolutive. - Comment la vie est apparue une première fois <lans le milieu cosmique qui ne lacontenaitpas, c'est ce qui restepour nous incompréhensible; mais comment, après qu’un premier germe, c’est-à-dire un premier rudiment de vie y est apparu, ce germe s’est accru et multiplié sous des ormes d'organisation progressivement perfect ionnée, c'est ce que la sensibilité, telle que nous en voyons l’exercice en nous-mêmes, nous aide à comprendre Du premier germe les tâtonnements faits en vue de son développement lurent dune extrême lenteur. Dans les germes issus de lui l’organisation commença a subir une première accélération, dont il bénéficia à la fois pour fixer les caractères acquis et pour en acquérir de nouveaux, en augmentant sa complexité et sa

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Sur les structures primitives de cette organisation elle en édifia d’autres, sans jamais abandonner les premières qui demeurent les bases necessaires de édifice, vivant, mais en les faisant intervenir comme éléments dans les individualité*

nouvelles d’ordre supérieur ainsi constituées.

Degrés superposés de l’organisation et de révolution. Cette accélération

évolutive se répète à tous les degrés ou étages de l'édifice organique Elle piem dans les êtres supérieurs une vitesse étonnante. La substance du milieu, quan. elle pénètre dans l’être vivant, en peu de temps s’incorpore aux tissus, s assimile à eux, se désassimile et sort de l’organisme; c’est son évolution chimique, qui de morte la fait vivante pour un temps, puis morte de nouveau. Les éléments chimiques de cette substance s’agrègent en des cellules dont certaines e quelques heures s’accroissent puis se multiplient ; c’est son évolution cellulai . Ces cellules à leur tour en quelques jours s’agrègent en des tissus, des oigane et des appareils; c’est son évolution ontogénique, qui répété en un court espa. de temps, sans étonnement et presque sans erreur, la longue ser.c des évoluons individuelles don, on a fait, en les syncrétisanl, révolution phylogen je.

Si liant que IVdif.ce s’élève, il garde ses fondements pr.mil, s, ses ni. astruclu.es, ses emboîtements superposés. U substance qui 1 alimente giaut tous les degrés de l’organisation avant de les redescendre.

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Mais avec les complexités progressives de celle-ci son chemin s'accidente et les branchements de celui-ci se multiplient. A ces cycles originels très simples s'en sont ajoutés et superposés d’autres, qui allongent son trajet, ajournent son élimination, la maintiennent au moins partiellement dans les individus qui se succèdent en se détachant les uns des autres.

2. Le germe ; l’hérédité. — L’individu est constitué par des cellules qui sont constituées par des molécules sans cesse renouvelées. L’individu s’accroît par la multiplication de ses cellules qui s accroissent elles-mêmes en retenant en elles une partie de la matière qui sert à leur renouvellement ; mais l’individu qui absorbe de la matière morte, qu’il organise, pour la rejeter de nouveau à 1 état de matière morte, 1 individu de plus détache de lui des cellules, qui vont répéter son évolution propre : c’est le phénomène de la génération, c’est l’hérédité.

L'individu est voué à la désagrégation cellulaire et moléculaire, à la mort totale ; mais il a le très étonnant pouvoir de conférer à certaines de ses cellules les conditions intrinsèques qui ont assuré son propre développement. Pour faire un individu nouveau semblable à lui point ne sera besoin désormais de repasser par la série interminable des tâtonnements ou des rencontres fortuites qui, en partant de la molécule, ont abouti à l’organisation de la cellule.

L’individu élimine de lui des cellules qui deviendront organismes et ainsi de suite. La distance qui reste à franchir c’est celle qui sépare la cellule germinale de l’organisme individuel d’où elle provient. C’est cette distance que l’hérédité a abrégée extraordinairement, en même temps qu’elle a tracé la route d’une façon sûre pour chaque espèce en particulier. Du point de vue du développement legerme se comporte comme s'il avait en lui (à certain point de vue) l'expérience de tout le passé de l'espèce à, laquelle il appartient. Il semble même qu’il y ajoute quelque chose de celle de l’individu, d’où il provient directement. C’est ce qu’on appelle la transmission des caractères acquis par l’individu.

L’individu, à quelque esptce qu’il appartienne, a de la sorte deux points de départ, l’un scientifiquement constaté dans la cellule-œuf dont il procèder l’autre hypothétique, mais rationnel, dans la première cellule (ou l’une des premières cellules) qui est apparue à l’origine du règne vivant. Le chemin suivi dans le premier cas est une répétition extrêmement abrégée de celui suivi dans le second et dans lequel on reconnaît approximativement certaines des principales étapes.

Le procédé qui permet à une cellule de condenser en elle les conditions qui président à l’édification d’un organisme aussi compliqué que celui d'un mammifère est tout à fait inconnu ; à peine pouvons-nous essayer de nous en faire une idée par certaines comparaisons. Une façon par trop simple et manifestement inexacte de se le figurer serait d’admettre dans l’œuf une réduction proportionnelle des organes et des éléments qui doivent en naître. Les organes ne sont pas préformés dans le germe. La segmentation de celui-ci y fait apparaître d’abord des cellules, puis par le groupement de celles-ci des feuillets, puis par les plissements et bourgeonnements de ceux-ci les organes et appareils. L’œuf humain n’est pas un homunculus , c’est une cellule. Cette cellule dans l'individu humain donne naissance par sa multiplical ion à une masse agglomérée d’environ trente i rillions de cellule s , dont certaines seulement sont germinales.

Fixité et variation. — L'hérédité est un fait évident mais dont le mécanisme nous restera longtemps impénétrable. Ce qui frappe avant tout c’est sa fixité. La tendance a été pendant longtemps déconsidérer cette Jixité comme absolue. Les

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espèces ont été d'abord regardées comme invariables, partant étrangères les unes aux autres au pointde \uede laparenté et de la filiation. Lesopinions ont été modifiées sur ce point en premier lieu par Lamarck et ensuite d’une façon plus décisive par Darwin. On a compris que certaines conditions pouvaient exister qui sont capables de modifier le type dé L’organisation et lui faire prendre unjdi nouvçau, que l'hérédité, qui ne cesse d’intcrx enir, pourra lixer à son tour.

Autrement dit, l’espèce ne seualLpas immuable mais serait susceptible de donner naissance à de nouvelles espèces plus ou moins différentes d'ollo-même. Pour expliquer cette transformation, différentes hypothèses ont été édifiées ; la plus célèbre et qui n'a pas perdu toute faveur est celle (Iü-Darwix dite de là sélection naturelle^ Zc ■

ÜTSelection naturelle. — Les individus d’une même espèce répondent à un même type de conformation, mais ils ne sont pas égaux en résistance contre les causes de destruction qui les assaillent perpétuellement. Un grand nombre d'entre eux y succombe. La profusion des germes, les excédents de la natalité comblent le déficit qui tend de ce fait à se produire. Une partie seulement des êtres qui prennent naissance, accomplit dans son entier l’évolution individuelle à laquelle tous semblent appelés. 11 faut encore ajouter qu’en raison de la multiplication indéfinie des êtres vivants, les conditions de milieu tendent à devenir insuffisantes et il s’établit entre eux une concurrence pour se les approprier.

I vi<> n’psf donc pas assurée à tous, mais seulemenLaux .nhi& aptes, c'est-àdire à ceux auxquels certaines différences individuelles de leur organisation assure la supériorité. Dans cette lutte pour l'existence les survivants restent seuls pour perpétuer l'espèce, de sorte que l’hérédité intervient pour renforcer ces caractères et les fixer.

Si les conditions du milieu restent semblables à elles-mêmes, il en sera de même de l'aptitude qui lui en assure la possession et l’espèce qui la présente prend des caractères de plus en plus lixes.

Si, par contre, ces conditions viennent elles-mêmes à changer, la sélection s’opérera sur des bases nouvelles; son résultat sera encore d’éliminer les moins aptes à la survivance, en conservant ceux que certaines différences quantitatives de leur organisation avantagent dans la lulte livrée dans ces conditions.

L’hérédité interviendra alors tout à la fois pour modifier dans une certaine mesure les caractères de l’espèce et les fixer Sous une forme plus ou moins différente de celle qu'elle possède.

Lamarckisme et darwinisme. — 11 y a. comme l’on dit ordinairement, adaptnlqop de l’espèce à son milieu! La sélection naturelle nous explique que cette adaptationde l’espèce procède de l'adaptation préalable d’un certain nombre d’indivi- (lus, qui lèguent à leurs de-cemlants les aptitudes qui ont apparu une première lois chez eux.: e[le est muette sur la cause de la variation individuelle qui est à l’origine de ces grands changements. Le mode d’apparition de celle-ci est du reste compris différemment par les partisans et continuateurs de Lamarck d’une part et par ceux de Darwin de l’autre. Pour les néo-darwiniens cette apparition1 relève du hasan I , de circonstances jurement contingentes, que lajjéletiLinn naturelle utilise une fois que cette modification originelle s’est montrée. Pour les néo-lamarckiens les choses se passent autrement.

Lorsqu'un changement se produit dans les conditions du milieu, ce change ment jneme est l’origine d’efforts faits par l’individu pour s adapter à ces conditions jusque-là inusitées par lui.

« L'emploi plus fréquent, plus soutenu d’un organe... le développe, l’agran

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dit et lui donne une puissance proportionnelle à la durée de cet emploi; tandis que le défaut constant d'usage... l’affaiblit insensiblement, le détériore etiinit par le faire disparaître. » Ce premier effet sur l’individu est suivi d’un second sur sa descendance.

« Tout ce que le nature a fait acquérir jou perdre aux individus fpar l'influence des circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée et par conséquent par l’influence de l’emploi prédominant de tel organe ou par celle d'un défaut constant d’un usage de telle partie) elle le conserve par la génération aux nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les changements acquis soient communs aux deux sexes ou à ceux qui ont produit ces nouveaux individus. » Autrement dit, il y a transmission des caractères acquis par l’individu aux cellules germinales de cet individu. Pourles néo-lamarckiens c’est sur cette donnée que la sélection naturelle travaille et non sur une modification due au pur hasard; elle choisit entre les individus et entre leurs descendants, et conserve les plus aptes, c’est-à-dire ceux qui se sont le mieux adaptés.

Cette explication a de convaincus défenseurs, qui se montrent frappés de ce que l'expression, en somme outrée de la théorie darwinienne, a d’insuffisant et même d’arhitraire. A coup sûr la transmission des caractères acquis par l’individu aux cellules germinales qui procèdent de lui est un fait non seulement inexplicable,, mais on peut même dire incompréhensible, dans l’état présent de la science. Il ne l’est pas plus (si on est déterminé à ne pas se payer de mots) que celui de la transmission à ces mêmes cellules des caractères ancestraux, et il doit être de même nature. 11 faut, d’autre part, remarquer qu’en faisant appel à l’effort individuel ou à ce qu’on appelle de nos jours la réaction responsive ou défensive de l’organisme dirigée contre les attaques de son milieu, on introduit, d une façon ouverte ou déguisée, la sensibilité dans le déterminisme des phénomènes évolutifs. Ce serait elle qui dirigerait, en somme, tout cet enchaînement.

L’hypothèse transformiste est acceptée aujourd’hui par la majorité des esprits.

Cela tient d’une part à ce qu’elle est la seule hypothèse rationnelle rendant compte de l’origine des espèces que l’on puisse donner dans l’état présent de nos connaissances; mais cela tient en plus à ce que l’on avait cru trouver dans la sélection naturelle une explication du mécanisme de la transformation des espèces les unes dans les autres. Telle qu’elle a été comprise par Darwin et surtout par ses successeurs, la sélection naturelle était ramenée à une condition purement physique, écartant toute influencede l’ordre conscientet agissant automatiquement d’après un certain enchaînement pouç maintenir la vie des êtres, en adaptant leur organisation aux conditions variées dans lesquelles ils sont appelés à exister.

4. Critique de la doctrine sélectioniste. — Les principes sur lesquels repose la sélection naturelle ont été soumis à diverses reprises à une critique qui montre, dans beaucoup de cas, leur insuffisance. La sélection naturelle admet que des variations individuelles, nées du besoin ou de la nécessité et agissant d une façon cumulative, peuvent, en se fixant par hérédité, donner naissance à des espèces nouvelles. C’est ainsi que le cou de la girafe serait devenu ce qu'il est au cours des générations d’êtres antérieurs appartenant aux ongulés, par A* des accroisements successifs des vertèbres cervicales, sous l'impulsion du besoin qui pousse l’animal à brouter les feuilles des arbres. Or, cet exemple est des plus propres à montrer le mal fondé d'une telle explication. Un accroissement ou une différence accidentelle de longueur de quelques millimètres ne donnera au porteur de cette variation qu’un avantage absolument insignifiant

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en réalilé, nul en cas de disette, et ne le sauvera pas de la famine au milieu de ses congénères, sans compter que la mort, au lieu d’épargner les jeunes, meilleurs reproducteurs, en frappera de préférence un grand nombre, à raison de H oX' leur moindre taille.

Cette difficulté, qui s’est présentée à beaucoup d’esprits, a fait admettre à certains que la variation qui crée l’espèce est au contraire brusque. Huxley, en parti en lier, l'explique par l'apparition de véritables monstruosités que Hé rédité tend à fixer en les perfectionnant. Ce ne sont là au surplus que des hypothèses, et la question ne peut se juger que par l’expérience. Des essais ont été tentés sur les végétaux. Jordan, en multipliant les semis d’un grand nombre d’espèces végétales, n'a jamais pu observer l’apparition d’aucune espèce nou- y^j velle. De Vriès, en répétant des essais semblables dans de certaines conditions, H t/ ^ ^ est arrivé à un autre résultat. Avec l’onagre biennal (Enot liera Lamarckiana) , cet ^ U auteur a obtenu jusqu’à sept espèces nouvelles en quelques années, espèces considérées comme authentiques, incapables de se reproduire entre elles par le croisement.

Théorie de la mutation. — D’après de Vriès, il faudrait se faire de la formation des espèces et des conditions qui président à cette formation une .idée tout autre que celle qui a prévalu jusqu’ici. On s'est figuré la formation des espèces comme résultant de la variation lente et progressive des individus. En réalité, c'est l'esvèce elle-même qui varie . et cela brusquement. Les espèces ont, comme les individus, une naissance, une jeunesse, un état adulte, une mort. Uiie ji£pèca. dérive^ d'une autre espèce (comme un individu d'un autre individu) à un moment précis, qui marque sa séparation d’avec elle. C’est le mojjimCde la mutation spécifique. Autrement dit, un individu naît d un autre à un moment donné en se séparant de lui. Dans 1 immense majorité des cas, cet individu est de la même espèce que le parent. Dans d’autres cas exceptionnels, cet individu n’est plus de la môme espèce; il constitue, une souche désormais indépendante et, qui vase perpétuer héréditairement avfiCLSes caractères nouveaux propres à elle; c’est l’espèce nouvelle qui est née en même temps que lui et qui va coexister parallèlement à l’espèce parente, avec laquelle elle entre en concurrence, en lutte pour l'existence. Cette lutte peut avoir pour résultat la suppression de l'une ou de l’autre espèce. Contrairement à ce que soutenait Darwin, la concurrence vitale supprimerait des espèces, elle n en créerait pas.

F.nlre les deux espèces, lame parente, l'autre lille, les. djilérençes. anatomiques \ .

nq extérieures peuvent être minimes ; ce qui diffère, ce sont les caractères proprement spécifiques, ceux qu’on tire de l’épreuve du croisement.

Les conditions qui règlent l'apparition de ces espèces nouvelles sont ineon- 'j nues ; ce qu’on en peut due, c'est qu’elles a ffectent surtout la reproduction. Quand elles sont présentes. iilnsieuroj&snèces.peuvent naître en peuple temps d’une même espèce antérieure. Ppnr les espèces comme pour ..les intlixidns^al est mi âge favorable à leur reproduction, çel âge est leur jeunesse. Ces condi- 1 lions paraissent i udé peu dan le-S-de l'adaptation, à laquelle la théorie encore en vogue a fait jouer un si grand rôle.

Ces faits, s'ils se confirment par leur généralisation, comportent des conclurions importantes. L'idée transformiste, formulée initialement par Lamarc.k et CEiiii-ROY-S^iNidliLAiRE, se Jrouverait ainsi démontrée par l’expérience, seule preuve inattaquable qu’on en puisse donner. Par contre, lidéede la sélection naturelle donnée comme explication par Darwin seiail nettement contredite.

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