CHIFFRES
moyens.
Mokat et Doyo.y. — Physiologie.
LES GLOBULES ROUGES
Le fœtus se ressent relativement peu de l'altération des conditions globulaires de lanière dans les cas d’anémie; il résiste relativement mieux que la mère. Bignami, Bidoxe et Gardim.
Vil. Sexe. — D’une manière générale le sang des individus males est plus riche en matériaux solides et en globules que le sang des individus femelles. Les différences s’accentuent chez l’homme vers dix ans (Denis, Becquerel, Rodier).
Hommes. Femmes.
Exemple : Nombre de globules par mmc.... 4,998,700 4,584,700
Hémoglobine p. 100cc de sang.. 14sr,57 13«'r,27
Moyennes d’après 50 observations portant sur 25 hommes et 25 femmes, par Otto.
La grossesse diminue en général le nombre des globules (Andral et Gavarret, Becquerel et Rodier, Régnault). La déglobulisation ne se produit le plus souvent que les derniers mois et dépasse rarement la proportion d’un cinquième ou d’un quart.
Tout de suite après la menstruation, on constate le plus souvent une augmentation des globules et de l’hémoglobine (Hayem, Sciierp, Reinl). D’après Sfameni les hématies augmentent avant et après, diminuent pendant la menstruation.
VIII. Influence de l’alimentation. — L'influence des repas est discutée. Certains auteurs ont constaté une diminution du nombre des globules (Vierordt, Malassez, Duperré et Cadet, Vierordt, Limreck, Oliver); d’autres, une augmentation (Buntzen et Sôrensen, M arcano). Il faut tenir compte des différences dans la teneur en eau des aliments et de l’intervalle qui sépare la numération du repas. Dans tous les cas, le phénomène est très passager.
L'ingestion abondante d'eau dilue le sang. Buntzen a constaté chez le chien une diminution de 5,40 à 12,7 p. 100 des globules rouges à la suite de boissons abondantes ; Schmalz a vu tomber en trois quarts d’heure la densité de 1,0597 à 1,0574 après l’ingestion d’un litre de solution physiologique. Loeper a constaté un abaissement de 4 à 600000 globules par litre d’eau absorbé dans les trois quarts d’heure qui suivent l’ingestion et le rétablissement de l’équilibre normal au bout d’une heure et demie à deux heures. D’autres auteurs (Nasse, Sciiulz, Leichtenstern) n’ont constaté aucun effet, même chez une femme qui avait absorbé en trois jours 21,5 litres d’eau distillée. Lorsqu’il y a un effet, il est toujours très passager.
D'après Loeper, l’ingestion de solutions hypertoniques (solutions concentrées de sulfate de soude, chlorure de sodium, sirop de glucose) amène la dilution du sang mais d'une manière inconstante, sans doute parce que le sel ou le sucre est dilué dans le tube intestinal et provoque un flux diarrhéique. (V. plus bas : Diarrhée.)
NOMBRE DES GLOBULES ROUGES
Chez les animaux soumis à X inanition absolue, le nombre des globules rouges s’élève dès le premier jour progressivement jusqu'à la mort.
Exemple : Une chienne avait le premier jour S 318000 hématies, le dix-septième jour 7 7G7 000 (Hayem et Reyne).
Lorsqu’on interrompt le jeûne, la concentration du sang total et du sérum se maintient d’abord, puis tombe au-dessous (sang total, sérum isolé) de la normale. L'équilibre primitif ne se retrouve que bien après que le corps a retrouvé son poids primitif. Ces faits prouvent que l’organisme tend à reconstituer les organes avant le sang. La perte en albumine, en globules est plus lente à réparer que la perte d’eau, le plasma se régénère plus rapidement que les globules, si bien que le sang paraît alors plus pauvre en globules (Grawitz, Kieritzky).
Les résultats lointains du jeûne sont un état d’anémie marqué (Worm-Müller, Buntzen, Otto).
Le nombre des hématies augmente en général faiblement chez les jeûneurs tels que Cetti et Breithaupt, Succi, et les léthargiques qui par moments sont presque entièrement privés de nourriture (Senator et Muller, Luciani).
Tauszk a observé chez des jeûneurs prenant quelques aliments, même au début, une diminution passagère des globules.
Chez cinq lapins, Loeper a trouvé après vingt-quatre heures d'inanition d'une façon constante une diminution de 4 à 500 000 globules. Ronsse et Van Wilder ont constaté chez des lapins une augmentation, mais cette augmentation n’était pas régulière.
L'influence des régimes est discutée. Hussein a nourri deux chiens, l’un exclusivement avec des albuminoïdes, l'autre en ajoutant à la quantité minima d’albumine nécessaire des graisses et des hydrates de carbone. Au bout de sept mois, le chien soumis au régime mixte a été trouvé un peu moins riche en globules et en hémoglobine; par contre, le sérum contenait plus de substances tixes que le chien soumis au régime albuminoïde exclusif. D après Hôsslin, une ration insuffisante provoque seulement une diminution de la quantité de sang proportionnelle à la perte du poids du corps, mais ne modifie pas les rapports des globules et du plasma. Grawitz estime cependant, d’après des observations faites chez l’homme, qu’une ration insuffisante en ce qui concerne les albuminoïdes et les aliments capables de fournir de l’énergie, diminue le nombre des globules rouges, surtout si le sujet exécute au même moment un travail musculaire pénible.
LES GLOBULES ROUGES
Le fer est un élément essentiel du globule. Les aliments principaux contiennent une quantité de fer suffisante pour l’adulte. Chez le jeune, en raison de la croissance, on conçoit que l’anémie puisse apparaître par suite d’une insuffisance du fer alimentaire; dé fait, l’alimentation lactée exclusive, prolongée au delà de la première année, peut conduire le nourrisson à l’anémie, le lait étant relativement pauvre en fer (Bunge, Heu biner, Monti). La médication ferrugineuse exerce une action favorable dans les anémies surtout chez les sujets jeunes ; le fer des organes et du sang augmente, la moelle osseuse prolifère (Kunkel et Cloetta, Hofmann et Mü ller). On discute depuis longtemps, sans être d’accord, pour savoir si le fer est mieux utilisé par l’organisme sous la forme de combinaisons organiques (hémoglobine, hématine...) que sous la forme saline. Abderiialden soutient que le fer organique, ajouté à une ration pauvre en fer, augmente l'hémoglobine du sang et ne fait rien si l’alimentation est normale ; le fer inorganique augmenterait dans les deux cas, non seulement l’hémoglobine, mais aussi le poids du sujet. Abderhalden conclut: que le fer organique seul est « assimilé » et que le fer inorganique agit à la façon d’un stimulant. L’action stimulante sur les organes formateurs du sang et l’organisme serait d’autant plus grande que le fer organique est lui-même plus abondant dans la ration. F. et S. Aporti soutiennent que le fer inorganique est le mieux utilisé.
La privation d'eau concentre le sang et augmente le nombre apparent des hématies. Pour être suivie d’effet la privation doit être durable, telle qu’on la recommande dans certaines cures; les premiers jours on ne constate aucun changement car le sang appelle
1 eau des tissus. La concentration du sang disparaît rapidement lorsque la privation cesse ( YVettendorff). Si on soumet des grenouilles à la dessiccation, les hématies peuvent s’élever de 800 000 à
2 500 000; 1 augmentation peut dépasser 10 p. 100 pour une perte de poids de 30 à 31 p. 100. Si la dessiccation est poussée au delà, le chiffre diminue (Glrber, Durig).
Augmentation des globules rouges sous l’influence d'un purgatif (IIay).
Homme âgé (le 33 ans.
A 3 li. 23 ni . 4,830,000 globules rouges.
3 1). 38 m . 3,023,000 — On donne
3 b. 40 ni . — — 23 grammes
4 b. 13 m . 6,340,000 — de sulfate de soude
4 b. 33 m . 6,790,000 — dans 85cc d’eau.
3 li. 20 m . 6,610,000 —
NOMBRE DES GLOBULES ROUGES
La diarrhée concentre momentanément le sang (Brouardel, Hay, Grawitz, Loeber, Quiserne). Un sel purgatif agit d’autant mieux qu’il est plus concentré ; l’effet est nul si le sang a été au préalable concentré par privation d’eau, en privant le sujet d’eau et d aliments (11ay). La présence d’aliments dans l’estomac est une condition défavorable (Grawitz).
Le choléra peut provoquer une concentration extrêmement accusée et persistante ; le sang et les tissus sont privés d’eau ; on a constaté le chiffre de 8 000000 de globules à la période algide (C. Schmidt). La dysenterie ne concentre pas le sang; le liquide évacué entraîne beaucoup d’albumine (Grawitz).
La diurèse exagérée (Constantin, Quiserne, Loeber^, les transpirations abondantes (Malassez, Grawitz, Constantin, Quiserne), toutes les hypersécrétions glandulaires (Marcano, Quiserne, Loeber i, la polypnée thermique (chez le chien) (Langlois), augmentent le nombre des globules. Hans l 'ascite la ponction s’accompagne en général d’une hyperglobulie qui peut aller jusqu’à 1 ou 2 millions et qui est en rapport avec la rapidité de la reproduction du liquide et la concentration du sang (Gilbert et Garnier).
Les polyuries abaissent en général de 300 à 430 000 le nombre des globules (Loeper). L’excitation du nerf de la parotide chez le bœuf provoque un flux abondant de salive; le nombre des hématies du sang veineux parotidien peut s'élever de 0 ou 7 millions à 9 millions (Moussu et Tissot).
Chez la marmotte pendant Y hibernation le chiffre des globules peut tomber de 7 000 000 à 2 000 000 (Vierordt, Dubois).
IX. Influence de la transfusion. — L injection dans les vaisseaux d’un animal d’une certaine quantité de sang d’un sujet de même espèce provoque le phénomène symétrique du précédent ; le plasma surajouté est rapidement éliminé de 1 appareil circulatoire (Voir page 434), les globules rouges d’abord très nombreux dans l’unité de volume diminuent peu à peu ; en peu de jours la normale est rétablie (Tschirjew, Worm-Müller, Panum, Cesser, Regèczy).
1. Lapicque et Calugakeanu ont constaté, que si on injecte à un chien la moitié du sang qu’on suppose devoir exister chez cet animal, on constate pendant six a d ix jours une proportion considérable de globules, 7 à 9 ou 10 millions (1 hémoglobine passe de 0,43 à 0,60 ou 0,70 exprimée en milligrammes de fer par centimètre cube de sang); puis rapidement, en trois ou quatre jours tout revient à la normale. L’ablation de la rate ne change rien au phénomène.
Hédon a observé que si on injecte des globules purs, débarrassés du sérum par des lavages répétés à 1 eau salée, les globules translusés ne se détiuisent pas ou seulement graduellement, lorsqu’ils proviennent d’un animal de même espèce.
LES GLOBULES ROUGES
2. Si la transfusion de sang ou de globules purs est faite à un animal d’espèce étrangère dont le sérum est globulicide pour les éléments injectés, on peut provoquer la mort du sujet en expérience. Si le sérum de l’animal transfusé n’est pas toxique pour les globules injectés, la survie des hématies n’est pas de longue durée parce que le sérum ne tarde pas à devenir globulicide; le sort du sujet dépend de la quantité de globules injectés étrangers et de l’intensité de la réaction hémolytique (Hédon),
Exemples : Le sérum de chien est fortement hémolytique pour les globules du bœuf, du mouton, du lapin. Le chien meurt rapidement après la transfusion d’une quantité importante de ces globules en présentant les accidents dus à la dissolution des globules (passage de l’hémoglobine dans le plasma, l’urine; embolies provoquées par les stromas dans les capillaires). — Le sérum de lapin est peu nocif pour les globules étrangers, altère à peine les globules du chien ; il agglutine et détruit à la longue les globules du porc,, du cheval, de l’homme, et altère à peine les globules du chien et du bœuf. La transfusion avec les globules du porc, du cheval et de l’homme est grave; la transfusion avec les globules du chien est également grave, mais les accidents éclatent plus tardivement, quelques jours après, quand se produit l’hémolyse. Si la dose de globules injectée n’est pas trop forte, l’animal peut se rétablir (Hédox).
Les injections intraveineuses et hypodermiques d’eau salée, de sulfate de soude, de bouillon, d urée, de sucre, diluent momentanément le sang et provoquent une diminution apparente des globules rouges. L’équilibre normal se rétablit très rapidement (Marcano, Loeper, Halliox et Carrion). La dilution n’est pas seulement le fait de la pénétration d’un peu de liquide dans les x'aisseaux ; elle est hors de proportion avec la quantité injectée ; elle est la conséquence d’un appel de l’eau des tissus. Elle est plus considérable avec une solution hypertonique qu’avec une solution hypotonique. L’injection sous-cutanée de solutions hypertoniques détermine deux courants de sens inverse; l’un, du sang et des tissus, a pour effet la dilution de la substance injectée, l’autre, de la solution injectée vers le sang et les tissus, a pour effet l 'élimination du liquide accumulé. Les variations sont plus discrètes et plus durables que dans le cas d’injections intraveineuses. Le grand régulateur est dans tousles cas le rein (Loeper).