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DESTRUCTION DES GLOBULES

HEMATOLYSE.

La chaleur, la congélation et le réchauffement successif, le vide (l’agitation mécanique des globules au contact de corps durs anguleux, les réduit à une espèce de poussière ténue et fait passer l’hémoglobine en solution) (Meltzer);

L’eau pauvre en sels, certains alcaloïdes et glycosides, les silicates alcalins, les sels d’ammonium, l’urée, la glycérine ;

Les vapeurs de chloroforme, d’éther, d’amylône, de petites quantités d’alcool, de paraldéhyde, de thymol, de nitrobenzine, d’acétone, d’éther de pétrole, de sulfure de carbone [il faut tenir compte de la concentration et de la température, une dose inefiicace par elle-même peut devenir hémolytique si la température est élevée (Ivœppe)].

L’hydrogène antimonié, l’hydrogène arsénié;

L'ammoniaque, les alcalis de concentration moyenne (10 p. 100), les solutions de savons à 1,5 et 2 p. 100 (1); les acides dilués;

Le mercure métallique ;

La bile, les sels biliaires, le sérum d’un animal d’une espèce éloignée, certaines toxines microbiennes, les venins.

1. Action de l’eau. — L’eau gonfle les globules, les rend sphériques, puis les détruit et dissout la matière colorante. L eau est d’autant plus toxique qu’elle est plus pauvre en matériaux salins.

II suffit de mêler une goutte de sang d’un sujet normal à vingt gouttes d eau pure ou d’eau distillée pour dissoudre instantanément les hématies. Le liquide reste trouble lorsque le sang contient un nombre exceptionnel de globules blancs, 150 à 700000 par millimètre cube, comme cela arrive dans la leucémie myélogène (Sabrazés).

Cl. Bernard a constaté que l’on peut injecter chez un chien en digestion, c’est-à-dire contenant une quantité de liquide aussi voisine que possible du maximum normal, une quantité d’eau ordinaire très voisine de son poids de sang sans produire d’accidents. Charbonnel Salle a constaté que 1 introduction lente et graduelle d’une masse considérable d’eau (1/3 de la masse totale du sang) ne provoque aucun effet nocit. En élevant les doses de liquide injecté les urines deviennent albumineuses et sanguinolentes; toutes les sécrétions sont diminuées ou taries (Magendie, Cl. Bernard). Moutard-Martin et Richet ont confirmé ces faits et montré que les sécrétions sont ralenties aux doses moyennes de 5 à 20 grammes p. 1000 et arrêtées aux doses supérieures de 30 grammes p. 1000. — La mort immédiate survient chez le chien à la dose de 158 centimètres cubes p. 1000 (Bosc et Vedel) ; chez le lapin, lorsque la quantité injectée atteint le 1/10 du poids du corps (MüNCKet Falck, Picot).

L’eau distillée injectée à raison de 20 centimètres cubes par minute dans les veines provoque la mort immédiate chez le chien, à la dose de 170 centimèties cubes par kilogramme d’animal (Bosc et Vedel). Chez le lapin, injectée à la dose

(1) Leur action est due en partie à Na OII libre qu'elles contiennent (Bottazi). Morat et Doyon. — Physiologie.

LES GLOBULES ROUGES

de 3 centimètres cubes par minute, elle provoque la mort à des doses qui varient de 90 à 122 centimètres cubes par kilogramme (Bouchard, Mairet, Bosc et Vedel). Même aux doses de 30, 23, 20 centimètres cubes par kilogramme, la mort peut survenir assez rapidement ; dans tous les cas, il se produit des phénomènes toxiques sérieux.

Dissolutions. — Certaines substances telles que le chlorure <le sodium, l’azotate de potasse, le saccharose, l’acétate de potasse, 1 oxalate de potasse, le sulfate de magnésie, l iodiire de potassium, l'iodure de sodium, enlèvent à l’eau, lorsqu’elles sont en proportion suffisante, la propriété d’altérer les globules et de diffuser l'hémoglobine.

Pour chaque substance il existe une concentration pour laquelle le volume des globules n’est pas sensiblement modifié (1). La cryoscopie démontre que la concentration moléculaire d’une telle solution est la même que celle du sérum du sang dont proviennent les globule^. La solution est dite isotonique au sérum.

Le titre de la dissolution d’un corps donné [NaCl par exemple isotonique au sérum n'est pas le même pour chaque espèce animale ; on constate même des variations chez des individus d’une même espèce.

La solution de chlorure de sodium qui altère le moins le volume des globules des Mammifères doit contenir en moyenne 0,9 p. 100 de ce sel ; les globules de la grenouille ne changent pas de volume dans une solution de chlorure de sodium à 0,64 p. 100, ou dans une solution de KAzO1 * 3 à 1,09 p. 100, ou de sucre de canne à 3,39 p. 100; les globules elliptiques des Oiseaux ne varient pas dans une solution NaCl à 1,17 p. 100 et dans des solutions de KAzO3 et de sucre de canne isotoniques.

Plongés dans des solutions plus concentrées que le sérum (solutions hypertoniques), les globules se ratatinent; les globules nucléés de la grenouille et des Oiseaux subissent une rétraction comparable à la plasmolyse observée par de Vries sur les cellules végétales dans les mêmes conditions.

Plongés dans des solutions moins concentrées que leur sérum correspondant (solutions hypotoniques) les globules augmentent de volume ; si la concentration s’abaisse au-dessous d’une certaine limite, 1 hémoglobine diffuse, les globules s’altèrent et se dissolvent.

(1) Bouchard dès 1870, Malassez dès 1872 avaient déjà constaté ce fait lors de leurs

recherches concernant le liquide le plus propre à empêcher la destruction des hématies

extraites des vaisseaux.

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