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II. — Protoplasme supérieur

L'idée que le protoplasme se ramène à une forme simple, d’où sont dérivées les formes innombrables et si divergentes étudiées en

Mo a ,vr et Doyon. — Physiologie. L 4

PROLÉGOMÈNES

cytologie, a été souvent exprimée et sous des noms très divers, par beaucoup d’auteurs. La difficulté est seulement d’établir et la filiation de ces formes perfectionnées et le lien commun qui les rattache entre elles dans toutes les cellules.

Strassburger distingue dans les cellules végétales un tropho-plasma qui est une forme primitive dévolue aux fonctions les plus élémentaires de la nutrition, et un kino-plasma qui est une forme perfectionnée liée à certaines manifestations motrices intérieures de la cellule. 11 désigne de ce nom les libres du fuseau qui dirige la division indirecte, c’est-à-dire les mouvements de la caryocinèse. Boveri avait déjà donné le nom d'arc hop las ma à la substance de ces libres en la considérant surtout dans la partie du fuseau qui avoisine les centrosomes. Meyer et, avec lui, Kôlliker distinguent dans la cellule des organes protoplasmatiques, c'est le fuseau proprement dit ; des organes alloplasmatiques, ce sont par exemple les fibrilles musculaires ou nerveuses dans les cellules du muscle et du neurone ; des organes ergastiques, ce sont des formations qui élaborent certaines substances restant plus ou moins longtemps à l’état d’enclaves dans le protoplasme.

Toutes ces désignations établissent en somme l’existence de ce qu’on peut appeler un protoplasme supérieur (Prenant), qu’on appelle aussi parfois un protoplasme différencié, toujours par opposition à la matière Aivante primitive, d’aspect homogène, qui précède ces formations et qui persiste au-dessous d’elles comme leur support. Elles appartiennent les unes et les autres à des cas très particuliers de la morphologie cellulaire et de la division du travail physiologique (cellules musculaires et nen^euses) ; et certaines n’ont qu’une existence temporaire (cellules en voie de division indirecte). La question est donc, une fois de plus, au milieu de leur diversité et de leur spécificité tant morphologique que fonctionnelle, de trouver le lien qui les rattache à un type à la fois commun à toutes les cellules et de plus persistant à travers ses transformations évolutives. C’est ce que Prenant a essayé de faire en analysant les très nombreux travaux parus sur ces questions.

Cet auteur admet l 'existence générale, c’est-à-dire dans tous les cytoplasmes et hors la phase de cinèse, d'une substance analogue à la chromatine du noyau, mais autrement chromatique qu’elle, constituée par des filaments distincts des cytosomes. Cette généralisation une fois admise, on groupera les cas particuliers dans des catégories principales à leur tour subdivisibles.

Caryocinèse et sécrétion, leurs rapports. — Dans la fonction des cellules et partant du cytoplasme, on distingue deux ordres de travaux intérieurs, à première vue complètement différents, mais gardant cependant certaines analogies. C’est, d'une part, la caryocinèse, qui aboutit à la division, au dédoublement de l’énergide cellulaire ; c’est, d’autre part, la formation de produits plus ou moins spéciaux, qui se détachent ensuite d’elle, ce qu'on appelle la sécrétion. Dans le premier cas, les forces qui entrent en jeu établissent une répartition qualitative et quantitative rigoureusement égale entre tous les constituants de la cellule, ce qui aboutit à la formation de deux cellules semblables remplaçant la première; dans le second, la séparation laisse persister la cellule primitive et détache d’elle un produit dérivé d'une constitution incomparablement plus simple. Sous leurs différences essentielles les deux opérations ne sont pas sans analogie. Dans les deux cas ce sont des cytosomes reconnaissables à leurs formes et à leurs réactions microchimiques qui accomplissent le travail ou tout au moins qui y coopèrent et le dirigent.

PROTOPLASME

Kinoplasme ou archoplasme et ergastoplasme. — Dans le premier cas, celui de la caryocinèse, l'organisation de ces cytosomes forme ce qu’on appelle le kinoplasme ou Y archoplasme-, dans le second, celui de la sécrétion, elle constitue Y ergastoplasme ; ces désignations sont ainsi réservées à des catégories principales du protoplasme supérieur. On n’oublie pas, d’autre part, que l’ergastoplasme, comme le kinoplasme, est une substance située principalement autour du centrosome et qui forme la partie du fuseau, ainsi que les asters, qui vont s irradiant autour de lui. Dans la cellule en mitose, c'est la division cellulaire qui est l’opération à laquelle cette organisation coopère ; dans lacellule glandulaire développpée, il n’y a plus de mitose, le kinoplasme est devenu ergastoplasme et coopère à la sécrétion. Dans l'intervalle des sécrétions comme dans celui des mitoses cette figuration s’efface ou disparaît.

II y a, à première vue, autant de différence entre le travail de la cellule musculaire ou nerveuse et celui de la cellule glandulaire, qu'il peut y en avoir entre ce dernier et la caryocinèse. Mais l’étude des fonctions nous a habitués à voir dans le muscle et la glande des équivalents biologiques et la question serait de savoir si cette équivalence peut s’appuyer sur des données parallèles aux précédentes, c’est-à-dire tirées de la constitution originelle du protoplasme supérieur ; autrement dit, si l'ergastoplasme intervient dans le travail fonctionnel spécifique, ou, pour mieux dire encore, si la formation cytoplasmique à laquelle nous rapportons ce travail répond à cette notion particulière d’ergastoplasme.

Ergastoplasme dans les éléments musculaires et nerveux. — (Jn premier point à noter, c'est que lacellule musculaire et la cellule nerveuse adulte ont perdu l'aptitude à entrer en mitose, aussi bien que la cellule glandulaire complètement développée. Pour ce qui est de l’ergastoplasme, il serait représenté par les fibrilles musculaires et les fibrilles, nerveuses, les unes et les autres les premières surtout, ayant des caractères de coloration élective, de forme, d’organisation, qui les rapprochent des fibrilles du fuseau des cellules en division. La différence est surtout en ce que les fibrilles musculaires et nerveuses sont permanentes, ce qui est en corrélation avec l’activité tonique de ces éléments (plus ou moins exacerbée à certain moment) au lieu de l'intermittence franche de la mitose ou déjà plus accusée de la sécrétion.

En ce qui concerne spécialement les cellules nerveuses, les graines chromatiques, d’après cette manière de voir, seraient dépendants du kinoplasma. Au surplus, l’auteur de ces rapprochements met en garde contre des assimilations par trop étroites et réserve l’avenir qui est appelé à modifier la conception dans ses détails.

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