£ + ÎL
De là les valeurs de C' et de C", obtenues en résolvant le système des deux équations comme il est dit plus haut (1).
Analyseur chromatique de Hénocque. — Hknocque a imaginé un petit appareil qui donne des résultats approximatifs mais suffisamment comparables pour être utilisés en clinique. L’appareil porte le nom d’analyseur chromatique. 11
E = E' + E' ou
et par la région 0g,540.
Ei « e; + E,
( 1) Contrairement aux propositions exposées plus haut, Gallerani soutient ( Archiv . ital. Biol., 1902) que l’extinction de lumière n’est pas proportionnelle dans un rapport simple avec l’épaisseur; la concentration et l’épaisseur n’auraient pas relativement à l'absorption une valeur égale, de sorte qu’on ne pourrait pas substituer à une concentration double une épaisseur double de cette dernière. Les conclusions de Gallerani ne peuvent pas être admises sans réserves.
LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE
est basé sur le principe suivant: un verre jaune est un atténuateur des deux bandes d’absorption de l’oxyhémoglobine. 11 diminue leur intensité. On peut avoir une série de verres jaunes, d’épaisseur déterminée et progressive et les placer successivement devant le diaphragme du spectroscope jusqu’à ce que les deux bandes soient effacées. On connaît les épaisseurs et l’intensité de coloration des verres jaunes qui correspondent à une quantité donnée d’oxyhémoglobine contenue dans le sang alors que les deux bandes cessent d’être perceptibles. L’instrument de Héxocque est un petit spectroscope muni d’une sorte de disque permettant de faire passer successivement devant la fente de l’appareil des verres jaunes de différentes épaisseurs, du plus clair au plus foncé. On recherche quel est le verre qui efface en quelque sorte les deux bandes d’absorption du spectre. Le chiffre gravé sur le disque près du verre indique la quantité d’oxyhémoglobine contenue dans le sang (pour 100). Le disque porte aussi un verre bleu qui, contrairement à l’action des verres jaunes, est une sorte de condensateur et rend les deux bandes de l’oxvhémoglobine plus visibles.
IV. Dosage du fer. — Pour effectuer le dosage du fer dans le sang, il faut détruire la combinaison organique dans laquelle le métal est engagé de façon à rendre au fer ses propriétés et ses réactions habituelles. Quand on dispose de grosses quantités de sang, la destruction des matières organiques présente
quelques difficultés, mais le dosage du fer dans ces cendres est facile et tous les procédés employés en chimie analytique sont applicables ici. Quand il s’agit d’analyser de faibles quantités de sang (16 à 25 grammes), il faut des procédés spéciaux très sensibles, car il s’agit de déceler au maximum un centigramme de fer mélangé à plus de 800 fois son poids de matières étrangères solides.
1. Destruction de la matière organique. — On peut se borner à calciner le sang. Généralement on chauffe moins mais on aide à la destruction en employant soit l’acide sulfurique, soit des oxydants. La calcination pure et simple est un procédé lent; de plus, la surchauffe transforme le fer en sesquioxyde presque insoluble dans les acides.
2. Dosage. ■ — Le fer peut être pesé à l’état de sesquioxyde anhydre, toutefois généralement on dose ce métal par des méthodes volumétriques soit à l’état de sel ferreux, soit à l’état de sel ferrique.
a) Procédé au permanganate de potasse. — Le fer est dosé à l’état de sel ferreux. On fait tomber sur le sel en solution une liqueur centinormale de permanganate dont 1 centimètre cube = 0,00056 de fer jusqu’à coloration rose (procédés de Margueritte, de Moreau).
b) Procédé à l’hyposulfite de soude et au salicylate de soude. — Le fer est dosé à l’état de sel ferrique. Le dosage repose sur les réactions suivantes : le salicylate de soude colore en violet les solutions légèrement acides des sels ferriques, l’addition d’hyposulfite de soude réduit les sels ferriques en sels ferreux n’agissant plus sur le salicylate et la liqueur se décolore. L’addition d’un sel de cuivre facilite la réduction. Haswell, Bruel ont utilisé ces réactions.
c) Procédé par précipitation à l’aide du nitroso [3 naphtol. — Le principe indiqué par Jolles est le suivant : lorsqu’on fait réagir sur un sel ferrique une solution acétique de nitroso (3 naphtol C10H6.OH.AzO, il se fait une combinaison de formule
Fig. 155. — Calcination du sang.
DOSAGE DE LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG. 661
(C10HG.OIi.AzO)3Fe insoluble que l’on pèse et qui contient 1/10 de fer seulement.
d) Procède calorimétrique. — On utilise la coloration rouge donnée par les sulfocyanates alcalins avec les sels ferriques. La coloration est appréciée au colorimètre de Duboscq (Lapicque), ou comparée à une série d’échantillons (Ecole des mines). Le dosage du fer de très faibles quantités de sang ne peut se faire que par le procédé colorimétrique.
3. Technique. — Nous nous limiterons au procédé colorimétrique de Lapicque et au procédé de Margueritte appliqué au sang par Moreau.
a) Procédé colorimétrique de Lapicque. — Pour doser le fer dans le sang on prend un ballon d’environ 100 centimètres cubes préalablement taré. On y fait couler environ 2 centimètres cubes de sang, qu’on pèse au centigramme; on ajoute 2 centimètres cubes d’acide sulfurique pur exempt de fer. On chauffe sur un brûleur Bunsen tout en cuivre, doucement d’abord, puis plus énergiquement quand la substance s’est dissoute et que l’eau s’est évaporée. Lorsque la solution sulfurique, toujours très noire, n'a plus l’aspect goudronneux, on éloigne un peu du feu le ballon et on y verse avec précaution, goutte à goutte, de l’acide azotique pur exempt de fer ; la solution vire vers le rouge, on chauffe de nouveau, on recommence à ajouter de l’acide azotique avec les mêmes précautions, et ainsi de suite, jusqu’au moment où le liquide n’est plus coloré qu’en jaune verdâtre très pâle ; il ne doit plus y avoir de reflet jaune. Le fer est alors apparent sous forme d’une fine poudre brillante.
Après avoir bien laissé refroidir, on ajoute 13 centimètres cubes d’eau distillée, et on fait bouillir avec précaution pendant quelques minutes. Toute la poudre doit s’ètre dissoute. On laisse refroidir, et la solution est prête alors pour la colorimétrie. On a fait préalablement une solution ferrique titrée de la manière suivante : 0er,a0 de fil d’archal bien pur et bien décapé sont dissous dans un demilitre d’eau distillée et 20 centimètres cubes d’acide sulfurique pur exempt de fer. On ajoute 10 centimètres cubes d'acide azotique pur, et on fait bouillir une demi-heure. Après refroidissement, la solution est étendue exactement à 1 litre. Au moment de s'en servir, on prend de cette solution 10 centimètres cubes qu’on étend à 100. D’autre part, on fait une solution à 10 p. 100 de sulfocyanate d’ammoniaque.
On a une petite fiole à long col jaugée à 2 traits, correspondant à 20 et 23 centimètres. On remplit jusqu’au trait inférieur avec la solution ferrique étendue, on complète à 23 avec la solution de sulfocyanate ; on agite et on remplit au quart à peu près, avec cette solution rouge les 2 cuves d’un colorimètre de Duboscq préalablement réglé pour l’égalité d’éclairage des deux moitiés du champ. On descend le piston de gauche jusqu’à ce qu’on obtienne une teinte orangée (aux environs de 4 millimètres d’épaisseur), et on établit Légalité de nuance pour la cuve de droite aussi exactement que possible. On doit, dans plusieurs lectures successives, retrouver la même épaisseur à 1/10 de millimètre près. Désormais le piston de gauche ne doit plus bouger. On vide la cuve de droite, on essuie le piston, on rince et essuie la cuve. On vide et rince la fiole jaugée, et on y verse le contenu du ballon où est le fer à doser. On rince ce ballon à deux reprises avec quelques centimètres cubes d'eau distillée, qu’on reverse dans la fiole jaugée, et on complète exactement le volume à 20 centimètres cubes. On remplit jusqu’au trait 23 avec la même solution de sulfocyanate que dans le
LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG ! HÉMOGLOBINE
t i t rage précédent, on agile; on remplit au quart la cuve de droite du colorimètre, et on rétablit très exactement l’égalité de teinte avec la cuve de gauche en faisant remuer uniquement le piston de droite (en commençant par le faire plonger presque tout au fond de la cuve pour éviter les bulles d’air).
Soit e l’épaisseur lue à droite pour la liqueur titrée; soit e' l’épaisseur lue
également à droite pour le liquide provenant du sang : —, donne en milligrammes
la quantité de fer contenue dans le poids de sang mis en œuvre ; la première décimale est sûre; la seconde décimale est approchée (Lapicque).
b) Procédé Moreau. — Un poids connu de sang, 10 grammes par exemple, est placé dans une capsule de platine de 100 centimètres cubes environ et sans avoir subi de dessiccation préalable est additionné de 12 grammes environ de poudre nilratée (nitrate de potasse pulvérisé 8 parties, carbonate de potassium pur et anhydre 1 partie, carbonate de sodium pur et anhydre 1 partie). — On chaulfe le mélange de préférence sur un bec à soufflerie, doucement d’abord pour chasser l’eau, ensuite un peu plus fort pour que l’attaque ne soit pas trop intense. Quand toute la masse charbonneuse a disparu et que le liquide est clair, on laisse refroidir. — Par refroidissement le tout se prend en une masse cristalline qu’on traite avec précaution par un léger excès d’acide sulfurique étendu de son volume d’eau qui chasse l’acide carbonique des carbonates, l’acide azotique de l’excès de nitrate et l’acide azotique du nitrite formé. On porte à l’ébullition que l’on maintient tant qu’il se dégage des vapeurs nitreuses jaune orangé. Cette opération doit être faite avec soin, car il est indispensable qu’il ne reste point de nitrate dans la liqueur, sans quoi les résultats seraient complètement faux et trop élevés. On laisse un peu refroidir, on ajoute de l’eau distillée, on fait bouillir à nouveau un instant en s’assurant que tout est bien dissout et dans cette solution on dose le fer.
La solution ferrique est réduite par le zinc pur jusqu’à ce qu’une goutte ne colore plus la solution de sulfocyanate ; on étend à 100 centimètres cubes et on dose le fer par la solution de permanganate de potassium centinormale dont 1 centimètre cube correspond à 0sr, 00056 de fer.
Le nombre de centimètres cubes N de solution de permanganate employée est noté, mais il faut lui faire subir une réduction due à ce que pour colorer 100 centimètres cubes d’eau distillée, il faut une quantité appréciable de permanganate centinormale, environ 0CC,3.
représente la dose de fer pour la quantité de sang employée; on calcule pour 100 grammes de sang
La solution de permanganate doit être renouvelée tous les trois ou quatre jours car elle se réduit spontanément. On la prépare en pesant simplement la dose voulue 0ev,316 que l’on dissout dans l’eau. Le permanganate de potassium bien cristallisé, en aiguilles brun foncé, sans poussière rougeâtre à la surface, tel que le livre le commerce, est pur et titre entre 99 et 100 p. 100 de sel.
Pour vérifier le titre de la liqueur, Moreau recommande le sulfate double de fer et d’ammoniaque. Pour titrer le permanganate N/ 100, on ajoute à environ 50 centimètres cubes d’eau distillée, 2 centimètres cubes d’acide sulfurique, une pincée de bicarbonate de soude et enfin 0£1-,.392 de sel ferroso-ammonique ; on agite jusqu’à dissolution et on complète à 100 centimètres cubes. On obtient ainsi une solution ferreuse centinormale dont 10 centimètres cubes exigent
UÉMAT1NE. 6Ô3
pour être oxydés 10 centimètres cubes de solution centinormale de permanganate.