K. — COMBINAISONS DE L’HÉMOGLOBINE
L’hémoglobine peut se combiner avec l’oxyde de carbone (Cl. Bernard), le bioxyde d’azote (Hermann), l’acide cyanhydrique (Hoppe-Seyler), l’acide carbonique (Torup et Boiir). Liebreicii a <lécrit une combinaison avec l’acétylène; si cette combinaison existe, elle est très instable (Brocinier, Lambling).
L’oxyde de cai'bone, le bioxyde d’azote forment des combinaisons plus stables que l’oxyhémoglobine et par suite s’opposent à l’hématose. L’hémoglobine bioxyazotée est plus stable que l’hémoglobine oxycarbonée ; le bioxyde d’azote peut à volume égal déplacer CO.
Les caractères spectroscopiques de l’hémoglobine oxycarbonée diffèrent peu de ceux de l’oxyhémoglobine. Le sang intoxiqué présente deux bandes d’absorption ; il n’y a qu’une légère différence des positions des bandes (les deux bandes de l’hémoglobine oxycarbonée sont l’une et l’autre déviées vers la droite); en outre les solutions oxycarbonées sont plus transparentes pour les radiations bleues que les solutions d’oxyhémoglobine ; aussi le spectre fourni par les premières est-il moins obscurci dans la région bleue que celui du sang artériel. Les hémoglobines oxycarbonées sont en général moins solubles dans l’eau et dans l’alcool que les oxyhémoglobines correspondantes ((il. Bernard).
Hoppe-Seyler a décrit une combinaison de l'acide cyanhydrique avec l’hémoglobine qui au speclroscope ne peut pas être diiïérenciée de l’oxyhémoglobine. Traitées par le sulfure d’ammonium ou le tartrate ferreux ammoniacal, les dissolutions d’hémoglobine cyanhydrique présentent la bande unique de l'hémoglobine, sans doute parce qu’il se forme du sulfocyanure ou du ferrocyanure d’ammonium. Avec l’eau oxygénée l’hémoglobine cyanhydrique se dédouble en cyanhématine et en une matière albuminoïde, sans qu’il se dégage d’O2. D’après Szigeti, le cyanure de potassium ou l’acide cyanhydrique ajoutés à une dissolution d’oxyhémoglobine provoquent aussitôt le dédoublement du protéide ; l’hématine mise en liberté fournit de la cyanhématine. Selon le degré de concentration de l’acide cyanhydrique, d’autres conditions, il se produit, soit de la cyanhématine, soit de l’hémoglobine cyanhydrique.
L’hydrogène sulfuré libre transforme l’oxyhémoglobine, même dans l’intérieur des globules, en une matière colorante nouvelle encore mal connue, désignée par Hoppe-Seyler sous le nom de thiométhémoglobine. Le pigment nouveau a une coloration verte et rappelle par ses caractères spectroscopiques la méthémoglobine. Les sulfures neutres ou les sulfhydrates, a condition de ne pas être employés en trop fort excès, n’agissent sur l’oxyhémoglobine que comme réducteurs (voy. p. 630).