PARTIE LIQUIDE DU SANG
sérum. A l’étuve, le liquide devenait acide. M. Hanriot concluait de ce fait à une saponification. Doyon et Morel ont démontré les faits suivants : a) que le sérum entièrement dépourvu de microbes ne fait pas diminuer l'alcalinité du mélange carbonate -f- huile (fait déjà noté par M. Artiius) ; b) lorsque le sérum n’est pas aseptique, le mélange devient acide après un séjour suffisant (24 à 26 heures) à l’étuve ; c) l’alcalinité d'un mélange qui n’avait pas changé tant que celui-ci était resté aseptique diminue dès qu'on l’ensemence avec quelques gouttes d'un mélange contaminé dont l’alcalinité a diminué, ou avec quelques gouttes d’une culture en bouillon provenant de ce milieu; c) le changement dans la réaction d'un mélange contaminé: huile + carbonate + sérum, doit être attribué pour la plus grande part à une variation du sérum ; la présence de l’huile n’est pas nécessaire pour que le milieu devienne acide à la phtaléine; d) pas plus que le sérum, le sang total ne contient de ferment agissant sur l’oléine; la diminution de l’alcalinité constatée dans le cas où le mélange contient des microbes n’est pas due à la mise en liberté d’acide oléique par saponification de l’oléine; il n'y a pas d’acide gras combiné au carbonate de soude.
Le sérum dédouble d’autres éthers que la monobutyrine (dibutyrine, tributyrine, triacétine, etc...). 11 est sans action sur les éthers aromatiques oxydés tels que le phénétol (Doyon et Morel). Certains éthers sont saponifiés, mais faiblement, tel l’éther amyl-salicylique. Chanoz et Doyon ont constaté que cet éther est dédoublé principalement par le foie.
M. Hanriot avait annoncé que l’alcalinité de la liqueur exerçait une influence énorme sur l’action de la monobutyrinase. Doyon et Morel ont constaté que le carbonate de soude n’exerce aucune influence favorisante sur Faction du sérum. Par contre, les mêmes auteurs ont montré que le carbonate de soude en solution étendue saponifie la monobutyrine (et d’autres éthers) à la température de l'étuve à 37° et à des températures inférieures; la quantité d’acide mis en liberté est proportionnelle à la concentration de la liqueur en carbonate.