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PARTIE LIQUIDE DU SANG

Les globules de chien (Delezenne) et d'homme (Hédon) ont déjà la propriété de s’agglutiner dans les solutions de sucre pures quand la quantité de sang ajoutée est un peu forte. Pour expliquer cette particularité, Hédon suppose que le sang de certaines espèces contient en lui-même une substance capable d agglutiner les globules en milieu non électrolyte et jouant par conséquent le même rôle que celui de l’acide pour les globules d autres espèces qui, eux, ne s’agglutinent point dans les solutions de sucre pures, quelle que soit la dose de sang employée. L’addition d’un sel empêche le phénomène (Hédox).

Certaines substances d’origine végétale telles que la ricine, 1 abrine, la ciotine des grains de croten, l’écorce de Robinia pseudo acacia provoquent la pi écipitation et l’agglutination des globules (Robert).

L’abrine agit sur les globules de tous les animaux; la ricine n agit pas sut le

sang des Poissons (Robert).

H suffit de quantités très faibles de poisons. On emploie des solutions au millième dans l’eau salée.

L’addition d’une solution décinormale d’acide sulfurique (0CC, 3 pour la ricine, 2CC,25 pour P abrine) défait l’agglutination. Des quantités considérables de solution décinormale de soude rétablit l’agglutination. Par des additions successives d’acide et d’alcali on peut reproduire plusieurs fois ces phénomènes. Les globules acidiliés se chargent néanmoins de toxine, car injectés au cobaye ils provoquent la mort (Reiins).

Quelques sérums contiennent des anti-agglutinines; le sang de mouton contient une antiricine, le sang de chien une anticrotine (Robert).

Les hémotoxines végétales amènent aussi la coagulation dü lait (Roberi ). L’extrait aqueux de fraises exerce une action agglutinante des plus maïquées,

surtout sur les globules du chien (Gley).

Agglutination des microbes. — Charrin et Roger ont remarqué que le bacille pyocyanique se développe différemment dans le sérum des animaux noimaux et celui des animaux vaccinés. Au lieu de pousser sous forme de bâtonnets il s’allonge en filaments segmentés qui s’enchevêtrent entre eux et tombent au fond des tubes, laissant surnager un liquide limpide (1889). J. CouRMOXTÜt des constatations analogues avec le sérum des vaccinés contre le staphylocoque pyogène. Bordet observa que des microbes introduits dans le sérum d’animaux vaccinés perdent leurs mouvements, et au bout de peu de temps se réunissent en amas plus ou moins volumineux (1895). Gruber et Duriiam appliquèrent cette constatation au diagnostic des espèces bactériennes. Ils constatèrent que le pouvoir agglutinan t des animaux vaccinés, quoique n’étant pas rigoureusement spécifique, peut néanmoins être utilise pour la destruction de certaines bactéries.

L’agglutination du bacille de Loffler par le sérum antidiphtérique (J. Nicolas), du bacille de Nicolaier par le sérum antitétanique (J. Courmont et Jullien) est très nette.

La découverte de l’agglutination des microbes a acquis une grande importance à la suite de son application au diagnostic des maladies. Wjdal observa (1897) l’agglutination en utilisant non plus seulement le sérum des immunisés mais celui des infectés. 11 constata que le sérum du sang d’un typhique peut devenir agglutinant dès les premiers jours de la maladie. Widal indiqua le parti qu on pouvait tirer de ce fait pour le diagnostic de la fièvre typhoïde. Le séro-diagnostic a été appliqué depuis avec succès à la tuberculose (S. Arloixg et P. Courmont).

Le sérum agglutinant agglutine même les bacilles morts, tués par la chaleur

ANTICORPS DU SÉRUM. 753

ou un antiseptique (formol), Widal et Sicard, Arloing, P. Courmont (b. tuberculeux).

La spécificité d’un sérum n’est pas absolue. C’est une question de degré. Un même sérum très actif vis-à-vis d’un microbe peut dans certains cas en agglutiner un autre mais plus faiblement (Rodet). D'autre part, un sérum normal peut agglutiner certains microbes. Le sérum normal de cheval agglutine la plupart des microbes (coli, Euertii, tuberculose, morve, choléra). Le sérum du sang humain normal agglutine le bacille charbonneux (Lambotte et Maréchal). Le phénomène de l’agglutination ne constitue donc en médecine qu'une présomption au point de vue diagnostic.

L’agglutinine paraît se trouver au maximum dans le sang (Arloing et P. Courmont). Elle existe non seulement dans le sérum mais dans le plasma circulant, le liquide des exsudats et transsudats, le liquide du péricarde.

L'agglutinine peut s’éliminer par les urines, la bile (Widal; Arloing et P. Courmont), les larmes (Widal et Sicard). Dans la fièvre typhoïde le pouvoir agglutinant des urines ne se manifeste que d’une façon inconstante et toujours à

Fig. 175. — Réaction de Widal, d’après J. Courmont.

Préparation d’une culture de vingt-quatre heures de B. d’EBERTH additionnée de 1/10 de sang non typhique (séro-réaction négative). — Préparation d’une culture de vingtquatre heures de B. û’Eberth agglutinée par 1/10 de sang typhique (séro-réaction positive).

un faible degré. Landouzy et Griffon, Achard et Bensaude, Thiercelin et Lenoble, Paul Courmont et Cade ont démontré que la propriété agglutinante peut passer par le lait de la mère ou de la nourrice à l’enfant. Le sang du fœtus provenant d’une mère convalescente de la fièvre typhoïde possède la propriété agglutinante (MossÉ et Fraenkel). Hawtiiorn a observé la transmission de la mère au fœtus dans la tuberculose expérimentale.

L'agglutinine doit être attribuée à quelque influence cellulaire; mais on ne sait rien de sûr concernant l’origine. Probablement la source est dans la moelle des os, les ganglions, la rate (Emden). On ne sait rien non plus sur le lieu ou se détruit l’agglutinine.

La substance active résiste à -j- 57-60°, et ne perd son activité qu à -(- 80° (Widal et Sicard), contrairement aux substances bactéricides qui sont détruites à -f- 57° (Hayem). Le froid même à — 190° est sans action (P. Courmont, Chanoz, Doyon). L’agglutinine résiste dans certaines limites au vieillissement, à la dessiccation et aux microbes, sauf si c’est le microbe spécifique qu’on y cultive; elle est détruite par lumière (P. Courmont).

L’agglutinine dialyse à travers le parchemin moins difficilement que les cytases, alexines, substances bactéricides du sérum normal (Gengou). Ces der- Morat et Doyon. — Physiologie. L 48

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