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III. — Propriétés précipitantes

Lorsqu’on injecte à plusieurs reprises dans le péritoine ou sous la peau d’un animal d’une espèce donnée (A) et en espaçant les injections de quaire à huit jours, un liquide albumineux [sérum sanguin (Tchistowitcii, 1899), lait (Bordet, Uiilenhut et Schütze, JNolff), blanc d’œuf (Uiileniiut), urine albumineuse (Leclainche et Vallée, Mertens, Zuelzer, Blumenthal, Linossier et Lemoine, Camus), des solutions de fibrine (L. Camus), des liquides d’ascite (Artiius), de pleurésies (Butza)... provenant d’un animal d’espèce différente (B)], on communique au

ANTICORPS DU SÉRUM.

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sérum de l’animal (A) la propriété de précipiter in vitro le liquide albumineux correspondant. Les essais avec des albuminoïdes digérées, peptones, etc., ont donné des résultats négatifs (Miciiaelis et Oppenheimer, etc.).

Le pouvoir précipitant du sérum a été découvert presque simultanément par Tchistowitch et Bordet.

La formation du précipité semble être une combinaison chimique entre deux substances contenues l’une dans le sérum actif (substance précipitante ou préeipitine), l'autre dans le sérum ordinaire (substance précipitable) (Linossier et Lemoine).

La sensibilité de la réaction est extraordinaire. Dans les cas favorables il suffit de quelques gouttes de sérum dilué au 1/100 000 pour amener une précipitation (exp. Uhleniiut et Sciiütze avec le lait).

Les sérums précipitants conservent leurs propriétés pendant des mois. La présence du fluorure de sodium à 3 p. 100 n’empêche pas leur action (Artiius). Le chauffage à 70° fait disparaître la propriété précipitante (Bordet). Les sérums précipitants peuvent être desséchés et gardent leurs propriétés. A l’état sec ils résistent à 130° (Biondi).

Spécificité. — D'une manière générale les sérums précipitants sont spécifiques. Le sérum d’un lapin par exemple, ayant reçu des injections sous-cutanées de sérum d’un animal d’espèce différente, précipite à l’exclusion de tous les autres le sérum des animaux de cette espèce (Linossier et Lemoine, Falloise).

Toutefois la spécificité n’est pas absolue, aussi bien ce qui concerne l’origine que la forme chimique des albuminoïdes (Linossier et Lemoine, Strube, Piiilippson).

1. Spécificité concernant l'origine. — Un même sérum agit sur des espèces très voisines dans la classification (Bordet, Wassermann et Sciiütze). Le sérum des lapins traités par du sang humain donne un précipité, soit avec le sérum dilué de l’homme, soit avec celui des singes anthropomorphes; le sérum des lapins traité avec le sang des singes anthropomorphes donne un précipité avec le sérum de l’homme (Wassermann et Sciiütze ; Nuttall, Grünbaum). Philippson n'a pas constaté un seul cas de sérum précipitant uniquement le sang d’animaux d’une seule espèce, mais des exemples nombreux de sérums qui agissent sur les différentes espèces d’un genre et dont l’action ne s’étend pas au dehors du genre. Ainsi le sérum de lapin préparé avec le sang de rana viridis (deux injections de 1 centimètre cube de sang défibriné) précipite le sang de rana viridis, rana fusca, mais non celui de hyla arborea, bufo vulgaris, salamandra maculoso. Dans certains cas cependant, l’action des sérums s’étend à des groupes plus larges que le genre, non plus par des précipités, il est vrai, mais par des troubles plus ou moins nets. Il y a des sérums agissant sur le sous-ordre des Ruminants, l’ordre des Primates, la classe entière des Mammifères, le groupe des Sauropsides (Oiseaux et Sauriens). Les sérums pour le bœuf et le mouton agissent sur tous les autres Ruminants; le sérum préparé au moyen du sang de cochon donne des nuages ou des troubles avec le sang des Mammifères appartenant à tous les ordres (Nuttall). Une même précipitine peut donc agir sur un très grand nombre de sérums différents, la sensibilité de la réaction seule diffère : les précipités obtenus étant en général d’autant plus volumineux que l’animal dont on étudie le sérum est plus éloigné dans l’échelle des êtres vivants de celui dont le sang a servi aux injections provocatrices du développement de la précipiline. Il n'en existe pas moins une spécificité relative qui se traduit de deux manières (Linossier et Lemoine) :

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