PARTIE LIQUIDE DU SANG
a) En ce que es quantités de précipitine minima nécessaires pour provoquer un trouble dans un sérum donné sont beaucoup moindres quand ce sérum est le sérum correspondant;
b) En ce que le précipité provoqué par une précipitine dans le sérum correspondant est incomparablement plus volumineux que dans un autre sérum. Aussi peut-on déceler le premier dans une solution assez diluée poui qu un autre sérum, à la même dilution, ne soit pas troublé.
Exemple : Le sérum d’un lapin ayant reçu des injections de sang de génisse, employée à la même dose de 15 p. 100, troublait :
Le sérum de génisse dilué au maximum à . 1 P» 5000
— cheval — . 1 P- 300
— homme — . 1 p. 50
2. Spécificité concernant la forme chimique. — Dans le sérum ce sont les globulines qui font acquérir au sérum de l’animal injecté la réaction précipitante (Nolf, Falloise). Le liquide d’ascite, qui contient comme le sérum sanguin des globulines, peut être substitué à ce sérum (Artiius). toutefois, d apiès L. Camus, Lixossier et Lemoine, il n’est pas absolument démontré que le sérum actif, capable de distinguer l'origine spécifique d une albumine, est capable aussi d en déteiminer la nature chimique. L. Camus a constaté, après des injections de fibrine d’une espèce animale à une autre espèce, l’apparition d un sérum spécifique poui l’ensemble des matières albuminoïdes de sang. Réciproquement, un animal immunisé par des injections de sérum donne un sérum qui précipite le sérum avec lequel a été faite l’immunisation et aussi les solutions de fibrine. Un sérum préparé par des injections d albumines est actif contre les albumines et a un moindre degré contre les globulines (Oppenheimer et Michaelis). — L’albumine contenue dans l’urine humaine pathologique est précipitée par le sérum d’un lapin préparé par des injections répétées de sérum humain. Inversement on peut obtenir un sérum précipitant le sérum humain en injectant à un lapin de l urine humaine albumineuse (Leclainche et 'N allée, Mertens, Zuelzer, Blumenthal, Linossier et Lemoine, Camus, Umber). Le sérum obtenu après injection de lait précipite la caséine (Bordet, Wassermann, Sciiütze, Fuld).
Applications. — La méthode qui permet de différencier les divers sérums a reçu diverses applications.
Les cliniciens l’ont utilisée pour la recherche de l’albumine dans l’urine. Toutes les urines riches en albumines précipitent par le sérum actif, mais le précipité ne paraît pas proportionnel à la dose d’albumine. Pour rechercher des traces d’albumine il faut employer un grand excès de précipitine et réciproquement. Un sérum capable de distinguer l’origine spécifique d’une albumine n’est pas nécessairement capable de déterminer aussi la nature chimique de celte albumine (Linossier et Lemoine).
Les médecins légistes (Deutsch, Uhlenhut, Wassermann, Sciiulze) ont appliqué cette méthode à déterminer le sang humain. La réaction peut être obtenue même avec des extraits aqueux (sol. NaCl a 1 p. 100) de caillots ou de taches sanguines desséchées. La putréfaction n est pas un obstacle meme apres plusieuis mois (Uhlenhut, Ogier) ; il en est de même pour un froid de — 10° pendant quinze jours (Uhlenhut). La réaction n’est plus possible après un chauffage à 130°-170° Ferrai. Les réserves concernant la spécificité imposent l’obligation pour 1 expert qui veut déterminer l’origine d’une tache de sang de dissoudre celle-ci dans une petite quantité de liquide telle que le sérum correspondant à la précipitine
ANTICORPS DU SÉRUM. 757
puisse être troublé par elle. Une solution de sérum au millième par exemple a toujours paru troublée par la précipitine correspondante et jamais par une autre précipitine (Linossier et Lemoine). La méthode est en somme supérieure à toutes les autres pour différencier le sang humain du sang d’autres espèces, à la condition d obtenir un précipité rapidement (une heure, par exemple) et avec du sang très dilué (Uhleniiut, Minovici, Stonesco, etc...).
Précipitation des cultures microbiennes filtrées. — On obtient un précipité lorsqu’on mêle des cultures filtrées à des sérums spécifiques [Krauss, Widal et Sicard, Nicolle], toutefois la réaction est inconstante.