PARTIE LIQUIDE DU SANG
témoins dans lesquels le sérum antitoxique est remplacé par du sérum normal de même espèce les globules rouges se dissolvent au contraire très facilement sous l’influence toxique du sérum d’anguille. D’autres antihémolysines artificielles ont été préparées par Bordet en injectant à un animal A du sérum hémolytique provenant d’un animal B; le sérum de 1 animal A devient antihémotoxique et protège très bien les globules d'un animal de même espèce contre l’action dissolvante du sérum d’un animal B.
En dehors des sérums antihémolytiques on a obtenu plusieurs autres sérums an ti cytotoxiques analogues. Delezenne a préparé des sérums qui empêchent l’action du poison cellulaire qui détruit les cellules hépatiques. Metchnikoff, Metalnikoff ont préparé des sérums qui empêchent les spermotoxines spécifiques d’immobiliser les spermatozoïdes; Centanni a obtenu une an tinévro toxine.
Les éléments spécifiques sensibles à l’action d’une cytotoxine ne sont pas indispensables pour le développement de l’anticytotoxine correspondante. Le fait se démontre expérimentalement pour le cas de l’antispermotoxine (Metchnikoff).
Bordet a démontré que dans le sérum antitoxique il existe deux antitoxines :
une anticytase et un antifixateur.
Il existe dans le sang de l’homme et des animaux non préparés des antitoxines naturelles qui agissent contre les poisons cellulaires répandus dans le sang d’un grand nombre d’espèces animales. Pour révéler la présence de ces antitoxines, il est utile de chauffer les sérums normaux à 56°. On ajoute ensuite au sérum des globules rouges de même espèce et du sérum hémolytique d espece étrangère. Dans ces conditions, la dissolution des hématies ne se produit pas, tandis que leur mélange avec du sérum hémolytique produit inévitablement l’hémolyse (Besredka).
Action sur la bile. - La bile amène l’hémolyse. Le sérum normal, surtout le sérum du bœuf ou du mouton, empêche ou retarde le phénomène. L’injection de bile développe les propriétés protectrices du sérum (Buffer et Crendiropoulo,
Hédon, Bist et Ribadeau-Dumas).
Action sur les ferments solubles. — Le sérum normal exerce une action empechante sur les ferments solubles, tels que certaines diastases (amibodiastase, diastases des infusoires; les présures; la pepsine; la papaïne ; les protéases des animaux inférieurs (actinies, etc.), des microorganismes ; les tyrosinases ; la laccase ; l’émulsine; le ferment de l’urée (microc. ureae Pasteuri)... (Fermi, 1894, Pugliese et Coggi, IIa iin, 1897, Gley et Camus, Morgenrotii, Furtii et SriRO, H. Sachs, Hildebrandt, Delezenne, Gessard, Mesnil et Mouton, Moll, Malfitano).
Si par exemple on met à l’étuve à 40° de la gélatine avec quelques gouttes de pancréatine, la gélatine perd rapidement la propriété de se gélifier lorsqu’on la transporte dans l’eau glacée ou lorsqu’on la ramène à la température ordinaire ; 0CC,7 de sérum de chien ajouté à 2 centimètres cubes de gélatine à 10 p. 100 peut neutraliser d’une façon complète l’action d’une dose de pancréatine capable de digérer la gélatine en quelques heures (Delezenne et Pozerski) (1).
(1) Certains sérums qui exercent une action empêchante extrêmement marquée \Gà-vis des ferments protéolytiques de gélatine sont cependant capables d’attaquer euxmêmes cette substance lorsqu’ils lui sont ajoutés en présence du chloroforme. Cette action du sérum est de nature diastasique. Le pouvoir digestif du sérum de chien disparaît complètement lorsque ce liquide est porté à 600-62“ pendant 30 minutes. Le sérum de chien traité préalablement par du chloroforme à letuve à 40° et débarrassé i e cette substance, perd son action empêchante vis-à-vis des ferments protéolytiques e acquiert la propriété d’attaquer directement la gélatine, et la caséine (Delezenne,
ANTICORPS DU SÉRUM.
L action empêchante du sérum sur le pouvoir protéolytique d’un mélange s,l( pancréatique et suc intestinal est due à la neutralisation de la Kinase (Dei.ezf.nne, Ascom et Bezzola). Le sérum qui se montre le plus empêchant visa-vis de la Kinase d’une espèce animale déterminée n’est pas toujours celui de cette même espèce (Dei.ezenne).
Les sérums préparés contre la présure végétale et contre la présure animale ne se suppléent pas; de même en ce qui concerne les tyrosinases végétale et animale (Morgenrotii, Gessard).
Le pouvoir empêchant du sérum peut être augmenté par des injections (sous- < utanées, intra-péritonéales) du ferment considéré. Le fait a été vérifié particulièrement pour le lab, la pepsine, le ferment de l’urée...
Le mécanisme de 1 action du sérum n’est pas élucidé et paraît ne pas être le même dans tous les cas. Si le sérum normal de cheval empêche la pepsine d’agir dans certains cas, c’est surtout à l’alcalinité ou aux sels du sérum qu’il faut 1 attribuer (Briot); le sérum longuement chaulTé à haute température (une heure a 100°) agit en effet comme le sérum non chauffé (Briot, Perin). L’antiprésure du cheval est une substance non dialysable, précipitable par l’alcool et certains sels; elle résiste à 56° mais perd toute action après trois heures à 62°.
Action sur les venins. — Phisalix, Bertrand et Calmette ont signalé l’existence même à létat normal, de substances antivenimeuses dans le sang de quelques Mammifères sensibles au venin des serpents. Briot a observé le même fait en ce qui concerne le venin de vive. L’antitoxine est détruite à 62°; elle coexiste avec une sensibilisatrice qui résiste à cette température. On peut par des injections répétées immuniser les animaux contre les venins et renforcer les propriétés antivenimeuses du sérum.
Action sur les alcaloides. — Un certain nombre de corps du groupe des alcaloïdes et glucosides (quinine, pilocarpine, atropine, solanine, saponine, digitaline, cyclamine...) jouissent de la propriété de dissoudre à de très faibles doses les globules rouges (Mayet 1883, Poiil, Hédon, Ransom, Rehns).
Leur action s’observe facilement lorsqu’on laisse tomber quelques gouttes de sang dans un tube à essai contenant le poison dissous dans l’eau salée; pour une certaine dose le sang se laque en quelques secondes.
Si l’on étudie la toxicité de ces divers agents comparativement dans le sérum sanguin et dans une solution isotonique de chlorure de sodium, on constate qu’ils sont tous moins toxiques dans le sérum. Les choses se passent comme s’il existait dans le sérum quelque chose qui empêche le poison d’agir sur le globule Mayet, Pohl, Hédon).
L'action protectrice du sérum n’est pas détruite par des températures élevées (Hédon). Un sérum d’une espèce éloignée peut être beaucoup plus protecteur pour un globule donné que celui de l’espèce correspondante, et notamment le sérum des animaux à sang froid (grenouille, anguille), préalablement chauffé à 55°-60° pour détruire l’alexine, a un pouvoir protecteur beaucoup plus énergique que celui des Mammifères pour les globules de ces derniers (Hédon).
L’action protectrice du sérum contre la solanine a été interprétée par Poiil, comme due au phosphate acide de sodium.. Ce sel protège les globules contre
Pozerski). Le sérum normal (chien, lapin, mouton, chèvre, etc...) exerce une action favorisante sur le pouvoir amylolytiquc du suc pancréatique et de la salive. La dialyse, le chauffage ne lui font pas perdre cette propriété (Pozerki). Le sérum favorise par son alcalinité l’action de la lipase pancréatique (Potteny).