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PARTIE LIQUIDE DU SANG

de fortes doses de solanine ; il est sans action sur les autres glycosides. Non seulement l’explication de Poiil n’est pas générale, mais elle ne rend pas compte de l’action du sérum; ce liquide en effet, soumis à une dialyse prolongée, ne perd pas son pouvoir antitoxique contre la solanine (HédonL Ransom constata que l’extrait éthéré du sérum protège les globules contre la saponine et que la substance antitoxique n’est autre que la cholestérine. Hédon a vérifié ce fait et constaté que la cholestérine protège également les globules contre tous les autres glycosides. C’est l’affinité du poison pour la cholestérine du stroma qui cause la toxicité pour le globule et l’hémolyse. Dans un milieu contenant de la cholestérine en solution, et l’un quelconque de ces glycosides; on peut ajouter des globules sans avoir d hémolyse parce que le poison se fixe instantanément sur la cholestérine dissoute, et est neutralisé par elle (Ransom). Hédon a donné d’autres preuves que c’est bien la cholestérine qui est en cause : une émulsion de jaune d’œuf dans de l’eau salée exerce une action préservatrice très lorte contre tous les glycosides hémolytiques; tous ces poisons se fixent sur la substance cérébrale broyée et émulsionnée dans l’eau.

La réaction du milieu aune importance en ce qui concerne la solanine seulement. Poiil a vu qu’une certaine proportion de phosphate acide de sodium dans le milieu empêche l’hémolyse. Hédon a constaté en outre que les acides libres ont une action analogue, quoique moins prononcée que celle des sels acides. D’autre part, Hédon a vu que les alcalis libres et les sels alcalins ont une action inverse, c’est-à-dire favorisante de l’hémolyse. D’après Hédon, les globules ont la propriété de fixer quasi-instantanément sur leur substance les acides et les alcalis du milieu. Lorsque la quantité d’acide ou d’alcali du milieu est dans une proportion convenable par rapport au nombre de globules en suspension, ceuxci s’emparent de tout l’acide ou de tout 1 alcali du milieu, en conservant leui couleur normale, et le liquide ambiant devient neutre. Après avoir fixé l’acide ou l'alcali, les globules ne le lâchent plus, on peut les laver indéfiniment à l’eau salée, ils gardent les substances fixées. Ainsi impressionnés et lavés, leur résistance à la solanine est remarquablement modifiée. Les globules impressionnés par un acide (et surtout par le phosphate acide de soude) sont devenus immun ^is à-vis de la solanine. Impressionnés par un alcali, au contraire, les globules sont sensibilisés; ils se laquent dans des solutions de solanine hypotoxiques pour des globules neufs. La preuve que l’action immunisante de l’acide réside bien dans le fait que les globules ne peuvent plus être attaqués par le poison, est dans ceci : quand on ajoute des globules neufs à une solution de solanine d’une concentration toxique limite, la solution perd toute toxicité pour de nouveaux globules qu’on y ajouterait après le laquage des premiers ; le poison est consommé dans l’acte de l’hémolyse (fixé par la cholestérine). Mais si on ajoute à une semblable solution des globules impressionnés par un acide, l’hémolyse n’a pas lieu ; les globules se déposent et la solution conserve toute sa toxicité pour des globules neufs. Les globules traités par un acide et notamment parle phosphate acidede sodium, deviennent donc impénétrables à la solanine (Hédon) (1).

(1) L'action antitoxique du phosphate acide de sodium contre la solanine ne se montre pas seulement sur les globules, mais aussi sur les épithéliums. La desquamation des branchies des Poissons qui survient très rapidement dans une solution aqueuse d’un sel de solanine, est totalement empêchée par l’addition d’une proportion convenable do phosphate acide de soude, sel inoffensif pour des animaux même à forte dose, et les Poissons continuent à vivre (Hédon).

ANTICORPS DU SÉRUM.

Remarques. — Giofredi admet que le sérum des chiens accoutumés à de hautes doses de morphine exerce une action antitoxique et préventive contre l’empoisonnement par la morphine. Maramaldi a constaté les mêmes faits en ce qui concerne l’alcool. Les conditions dans lesquelles ces expériences ont été faites doivent être particulières; des essais faits au laboratoire, à l'instigation de M. Morat, concernant la pilocarpine et l’atropine n’ont pas donné de résultats positifs. Le sérum de chiens accoutumés à la pilocarpine ou à l’atropine n’empêchait nullement la pilocarpine de provoquer les sécrétions ou les mouvements des réservoirs contractiles et l’atropine de paralyser le vague (aux doses ordinaires).

Action sur les agglutinines. — Eiirlicii a démontré qu’on peut obtenir des antitoxines contre l’abrine, la ricine, etc... Quelques sérums normaux contiennent des anti-agglutinines. Le sérum de mouton contient une antiricine, le sérum de chien une anticrotine (Robert).

Action sur les poisons minéraux. — D’après Besredka, certains poisons minéraux (acide arsénieux) donneraient lieu au développement d’un contre-poison dans l'organisme animal, toutefois ce fait a été contesté par Morishimia. Serena a obtenu des résultats négatifs avec l’arsenite de potassium.

Propriétés. — Les antitoxines sont des substances non cristallisables, de composition chimique inconnue. Elles adhèrent intimement aux albuminoïdes du sérum, peuvent être précipitées avec les globulines par le sulfate d’ammoniaque à 26-44 p. 100 (li)E et Lemaire), à 38 p. 100 c’est-à-dire à 1/2 saturation (Pick, Freund et Sternberg). Les antitoxines restent en solution pendant la dialyse (Marcus et Sexg). Si on soumet le sérum antitétanique à la dialyse, l’antitoxine passe à travers la membrane dialysante ; elle ne donne pas, dans le liquide dialysé, les réactions des substances albuminoïdes (Proscher), etc.

Les antitoxines se distinguent en général par une grande résistance vis-à-vis des influences physiques et chimiques. Sous ce rapport, elles se rattachent aux agglutinines, aux fixateurs, aux précipitines — mais se distinguent des cytases. Elles résistent aux températures qui détruisent les cytases et ne sont altérées qu’au delà de 60°-6a°. L. Camus a pu porter à 110° et même à 140°, pendant un quart d’heure, du sérum antivenimeux ou antidiphtérique désséché sans lui faire perdre ses propriétés vaccinantes et antitoxiques. Gardées à l’état sec dans le résidu des sérums évaporés, à l’abri de l’air et de la lumière, elles se conservent très longtemps sans s’affaiblir. Plus la température est basse, plus le sérum antidiphtérique se conserve longtemps. A 37°, 5, sa valeur diminue de moitié en un mois (Tavel). En général, dans les conditions ordinaires, le sérum antidiphtérique perd le quart de son pouvoir immunisant en trois mois (S. Arloing).

Comme les agglutinines, les fixatrices, les antitoxines existent non seulement dans des sérums préparés, mais abondent aussi dans les plasma (du sang circulant, de la lymphe, des exsudats), la sérosité d’œdème provoqué par le ralentissement de la circulation (Vaillard et Roux). L’antitoxine existe surtout dans le sang, moins dans les globules que dans le plasma (Astros). On en trouve moins dans l’humeur aqueuse, peu dans la salive, l’urine, le lait (Eiirlicii et Wassermann), le pus. Elles passent à travers le placenta. On retrouve l'antitoxine diphtérique dans le sang du nouveau-né.

Mode d'action. — Les antitoxines agissent :

a) Directement sur les poisons. Le fait a été constaté in vitro sur la ricine (Robert, Eiirlicii) ; l’ichlyotoxine (Camus et Gley, Rossel) ; les diastases (Dungern, Rriot, Morgenroth) ; les substances globulicides, spermotoxiques, etc. Le froid

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