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VI. — Utilisation des sérums en clinique

Les propriétés défensives naturelles ou acquises du sérum ont été utilisées dans deux directions différentes :

a) Pour la préparation des sérums thérapeutiques ;

b) Pour faire le diagnostic des espèces microbiennes (Cru ber) et révéler la nature (Widal) ou le pronostic (P. Courmont) de l’infection.

Au point de vue pratique, l’idée d’utiliser le sang des animaux vaccinés appartient à Richet et Héricourt (1888-1889). Bouchard, en 1890, rendit cette méthode plus simple en montrant qu’au lieu d’employer le sang en nature, il suffit d’injecter le sérum. A Behring et Kitasato revient l’honneur des premiers résultats décisifs. En 1890, 1891 ces auteurs signalent les propriétés antitoxiques du sang des animaux vaccinés contre le tétanos et la diphtérie. Roux, au congrès de Buda-Pesth en 1894, confirma les faits établis et donna à la méthode une très grande extension. Piusalix et Bertrand, Calmette découvrirent la sérothérapie contre les venins des serpents.

Les sérums thérapeutiques spécifiques ont une valeur curative et préventive démontrée dans la diphtérie (Behring et Kitasato, Roux), la peste (Yersin), le charbon symptomatique (S. Arloing), le venin des serpents (Calmette, Piiisalix et Bertrand), le venin de la vive (Briot) ; préventive dans le tétanos (Behring et Kitasato) ; la rage (Marie). Le sérum des malades a une valeur diagnostique dans la fièvre typhoïde (Widal), la tuberculose (S. Arloing et P. Courmont).

Conditions pour obtenir un sérum actif. — En général les injections doivent être répétées, espacées (Bordet). La valeur d’un sérum ne dépasse pas certaines limites variables suivant l’animal. Elle ne dépend pas du nombre des injections ni de la quantité (Calmette et Breton). Demoor et Van Lint cependant ont obtenu le sérum antithyroïdien le plus actif en rapprochant beaucoup les injections (intrapéritonéales) et en saignant l'animal deux ou trois jours après la dernière injection. Dans tous les cas le mode de vaccination a une grande importance.

Action thérapeutique suivant la voie d'introduction. — Les sérums n’agissenl pas ou peu, comme les toxines, par ingestion (Ciiarrin, Gibier, Carrière, Nicolas et F. Arloing). La voie veineuse est dix fois plus active (en ce qui concerne l’antitoxine tétanique, la diphtérie, le charbon) que la voie sous cutanée (S. Arloing, Descos et Barthélemy). D'après Sicard, Barthélemy, la voie sous-

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