LA SAIGNÉE
Lo dicrotisme est généralement plus accusé (Chauveau et Arloixg). Après les évacuations abondantes la forme classique du pouls est généralement profondément modifiée ; Arloixg a noté une grande tendance à la formation d’un plateau au sommet de la pulsation.
Chez le chien les inégalités respiratoires du rythme disparaissent (L. F redericq).
La pression artérielle baisse (Hales); le phénomène n’est pas proportionnel à la quantité de sang extraite (Worm-Mûller, Arloixg). 11 existe à cet égard des différences d’une espèce à une autre. Une saignée de 1 p. 100 qui peut passer inaperçue chez le chien, suffit à réduire la pression de moitié chez le lapin ; L. Fredericq). Pour obtenir chez le chien une chute de pression égale au sixième de la pression normale, il faut évacuer un tiers environ de la masse du sang (Arloixg). Chez l’homme, pour produire une diminution appréciable, il faut dépasser les limites imposées par la thérapeutique habituelle. La ventouse de Juxod est sans effet notable (Trêves).
La régulation consécutive de la pression est due à un appel exercé sut le sang des veines, à l’adaptation du système vasculaire à la quantité de sang qu il contient par contraction, à l’accélération des battements du cœur et à la résorption rapide de la lymphe interstitielle qui comble en pait.ie le déficit.
Arloixg a constaté sur les grands animaux, au moyen de l’hémodromographe de Chauveau, que les saignées petites et moyennes s accompagnent de la dilatation des capillaires et augmentent l’irrigation des tissus. Si les pertes de sang outrepassent certaines limites, le tiers de la masse du sang, linigation des tissus diminue insensiblement; la circulation se trouble profondément parce que les capillaires modifient le jeu du cœur à chaque instant, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, par leur relâchement et leur resserrement.
Les sécrétions diminuent ou s’arrêtent (Voy. p. 387).
Les symptômes nerveux provoqués par une saignée copieuse suivent une marche constante et rappellent ceux de l'asphyxie. Les éléments sensitifs sont les premiers atteints. La conscience des perceptions sensorielles disparait d’abord, puis la sensibilité générale.
A une phase plus tardive, on observe la syncope, des convulsions, 1 expulsion des matières fécales, de l’urine, des sueurs. L’apparition des convulsions est un présage certain de la mort (P. Bert).
La saignée modérée produit une certaine dépression nerveuse.
Beaucoup d’auteurs signalent simplement ce fait que la saignée abaisse la température ; l’abaissement est peu marqué lorsqu’il s'agit d’une saignée ordinaire, mais acquiert une réelle importance à la suite d’hémorragies copieuses et répétées. D’après A. Mosso, quand un chien perd environ la moitié de son sang ou même seulement quatre dixièmes, la température rectale piésente les modifications suivantes :
a) Une augmentation variable de quelques dixièmes de degré ou même de plus
d’un degré, qui se produit pendant la saignée.
b) A cette augmentation instantanée, suivie quelquefois d un rapide abaissement, s’en ajoute une autre qui va lentement en augmentant et qui dure plusieurs heures, accompagnée souvent de frissons.
c) Une augmentation de la température qui se manifeste les jours suivants,, comme une fièvre continue et qui quelquefois atteint 40°. La cause de ces modifications est inconnue.
La production de chaleur mesurée au calorimètre ou indirectement par 1 oxygène consommé ne varie pas (L. Fredericq).