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D. — LA GLYCOGÉNIE CHEZ LE FŒTUS ET L’EMBRYON

Les fonctions de 1 adulte diffèrent de celles du fœtus en ce que la fin remplie par la .fonction restant la même, les moyens ou mécanismes par lesquels elle s’exécute, vont se modifiant avec les conditions et complications du processus évolutif. La glycogénie, qui a une importance primordiale dans ce qu’on appelle communément la nutrition, est intéressante à examiner de ce point de vue.

Moyens de constatation. — Pour des raisons qu'on comprend bien, nos moyens d'étude sont, chez le fœtus, malheureusement beaucoup plus restreints que chez l’adulte. A la vérité, les formes chimiques principales qui marquent l'évolution du carbone (glycogène, glycose, acide carbonique) s y peuvent déceler, mais leur dosage comparatif dans les voies qui se transmettent la substance et

L’ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE ; LA GLYCOGÉNIE

dans les organes qui la retiennent et la modifient, ce dosage qui, fait dans de bonnes conditions, donne sa signification à la fonction glycogénique, est pratiquement impossible dans le fœtus. La substance la plus facilement reconnaissable et qu’on pourrait doser est le glycogène. Elle est très répandue dans les tissus du fœtus, c’est elle presque seule qui nous fournira dys renseignements sur les transformations de la fonction.

Cette substance infiltre les cellules d’un certain nombre de tissus ou organes. On l'y décèle par le moyen de l’iode, qui lui donne une coloration brun-acajou très caractéristique et, par la valeur de la teinte, permet d’apprécier comparativement sa quantité. On peut du reste souvent l’extraire et la doser.

Double fonction de l’œuf. — L’œuf est astreint : 1° comme tout être, à assurer sa nutrition, par des échanges avec son milieu; 2° comme germe, à préparer les conditions qui réaliseront la vie si différente de l’adulte. La relation avec son milieu ne s’établit pas par ses propres organes ou organes définitifs, mais par des organes caducs qui sont les annexes. C’est par eux qu'il échange avec le milieu extérieur, directement chez les oiseaux et tous les ovipares, indirectement (par l’intermédiaire de la mère) chez les vivipares.

Segmentation ; division en feuillet. — L’œuf fécondé se segmente. Les cellules nées de cette segmentation, à mesure qu’elles se multiplient, se disposent sur deux rangées, deux feuillets concentriques {ectoderme et endoderme) ; mais un troisième feuillet lui-même dédoublé, s’intercale entre ces lames cellulaires primitives ( mésoderme ). Une dépression circulaire, comme celle qui, dans une gourde, sépare la petite extrémité de la grosse, se dessine, se creuse et établit une sorte de pédicule qui rattache les deux excavations, dont l’une, la plus petite, est Y embryon, l’autre, la plus grosse, la partie annexielle de l’œuf.

Organisation parallèle des annexes. — Les annexes subissent de leur côté une évolution morphologique qui varie suivant les différentes classes des mammifères, mais dont le dessin général reste en somme le même. Elles sont représentées par quatre membranes cavitaires, de forme, d’origine, de durée et de fin différentes, qui sont le chorion, la vésicule ombilicale, Vamnios et l’e dlantoide avec son épaississement qui forme le gâteau placentaire.

Le chorion délimite l’œuf extérieurement, comme le fait la membrane coquillière chez l’oiseau. Sa formation est complexe et s’accomplit par la substitution à la membrane vitelline primitive de l’ovule de tissus nouveaux d’origine surtout ectodermique, qui lui sont apportés par le feuillet externe de l’amnios.

La vésicule ombilicale est d’origine endodermique; elle représente le feuillet interne dans les annexes. Elle s’atrophie assez rapidement chez les mammifères.

L 'amnios dérive de ce qu’on appelle la somatopleure, lame formée par le feuillet externe doublé de la lame externe du feuillet moyen. Partie de l’ombilic, cette lame contourne le corps du fœtus pour venir se fermer en arrière de lui, en lui offrant une gaine protectrice remplie du liquide amniotique. C’est là l’amnios proprement dit ; mais, de plus, à partir de ce point (qui reste ouvert, assez longtemps) la même membrane forme en se repliant en sens inverse un second feuillet, qui double le chorion avec lequel il est confondu et qui, comme

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