LA GLYCOGÉNIE CHEZ LE FŒTUS ET L'EMBRYON
à son tour d'une double membrane etd’une coque solide formée également pa r une sécrétion des villosités de l’oviducte.
A la surface du jaune est la cicalricule. C’est le germe, qui, en se développant, va étendre ses annexes, de manière à englober la réserve nutritive. La vésicule amniotique prolonge ses doubles replis, d’une part sur la masse v itelline, d’autre part sur l’embryon lui-même, en arrière duquel elle se referme comme une enveloppe protectrice. En dedans d’elle et partant du feuillet interne du blastoderme, la vésicule ombilicale emprisonne immédiatement le jaune, dans lequel ses vaisseaux viennent puiser la substance des tissus en formation. Chez l’oiseau, cette membrane gardera très longtemps (jusqu'à la fin de l'incubation) les fonctions qui, chez les mammifères, sont peu à peu dévolues à l'allantoïde et au placenta. Dans l'espace virtuel qui sépare la vésicule amniotique de la vésicule ombilicale, l'allantoïde partant du mésoderme et du feuillet interne s’engage et s'étend à son tour vers la périphérie. Nettement pédiculisée dans la partie qui la rattache à l’embryon, elle va s’étaler sous la coquille dont elle n’est séparée que parle feuillet le plus externe de l’amnios ou faux amnios, qui fait fonction de chorion ou enveloppe générale. Elle a dans l’oiseau une fonction très spécialisée, manifestement en rapport avec la respiration de l’œuf. Par elle ce dernier réalise avec l'air extérieur les échanges gazeux qui le fournissent d’oxygène et éliminent son acide carbonique.
L’embryon du mammifère et celui de l’oiseau se ressemblent, en ce que 1 un et l’autre puisent les matériaux de leur développement dans des réserves constituées dans leurs annexes ou à leur portée directe. En cela ils obéissent à une loi primordiale qui veut que la nutrition ne soit pas une transposition directe des substances extérieures, mais une élaboration propre de ces substances ayant, si l'on peut dire, le cachet de l’espèce vivante et de l’individu qu elles vont constituer. Mais ils diffèrenffen ce que, pour le premier, ces réserves sont mobiles, c’est-adire se reconstituent à mesure de leur épuisement et évitent ainsi une trop grande accumulation, tandis que pour le second elles sont fixes, cest-à-dire accumulées d’avance sous le germe, qui par ses annexes va les transformer et graduellement les employer.
Réserves du vitellus. — De ces réserves, la partie essentielle est formée par le jaune ou vitellus. On y trouve une substance albuminoïde, la vitelline, qui est une globuline, des graisses liquides (oléine et margarine), de la cholestérine, des lècithines (graisses phospborées), une substance ferrugineuse, l'hématogène, du glycose, des sels minéraux (chlorures de potassium et de sodium, sullate de potasse, phosphate de chaux et de magnésie, etc.).
L'albumen de l’œuf de poule est formé d’albumine proprement dite ou ovalbumine, dont on peut distinguer deux espèces au moins, qui diffèrent par leur température de coagulation. Il contient de très faibles quantités de graisse, du glycose, des matières extractives azotées, des matières minérales solubles et insolubles.
Les hydrates de carbone de l’œuf de 1 oiseau. — Pour ce qui concerne spécialement les hydrates de carbone, nous les trouvons dans 1 œuf de poule sous leurs deux formes les plus habituelles. Nous avons déjà plus haut signalé le glycose comme un des principes constants de l’œuf.
«. Glycose. — Cd. Bernard a établi que le glycose existe dans les œufs de tous les oiseaux, granivores, frugivores, insectivores ou carnivores; non seulemant sa présence mais saquantité est constante, tout au moins sensiblement j our l’œuf d'une espèce donnée. La proportion est en moyenne de .1,70 j>. 1000
L’ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE ; LA GLYCOGÉNIE
dans l’œuf de poule avant l'incubation. Si l’œuf (fécondé) mis à couver ne sa développe pas, cette quantité reste la même, sauf s’il y a altération, auquel cas le sucre disparaît.
La quantité de glycose de l'œuf, qui est fixe pour une période donnée de l’incubation, va au contraire en se modifiant pendant la durée de celle-ci. Du chiffre de 3,80 elle descend au-dessous de 1 vers le milieu de l’incubation pour remonter à 2 à la fin de celle-ci. A quelque phénomène que se rattachent ces variations, elles indiquent, la première, qu’il y a consommation de glycose dans l’œuf, la seconde qu’il y formation de ce produit au dépens forcément d’une substance préexistante.
b. Glycogène. — La matière glycogène n’exisle pas dans les réserves fixes de l’œuf de poule. On n’en trouve point dans le vitellus, qui renferme, comme on a vu, abondamment les graisses, les albuminoïdes et une proportion sensible de glycose. L’œuf en contient cependant, mais elle est incluse, comme chez les mammifères, dans des cellules de ses annexes ou de ses tissus propres.
Au début de l’incubation on la trouve uniquement dans la cicatricule où le réactif iodé la décèle avec facilité. On la trouve ensuite à mesure du développement dans le champ envahi par les vaisseaux sur l 'area vasculosa. Les cellules glycogéniques y sont disposées en amas le long du trajet des veines, plus en certains points où la vascularisation n’a pas encore pénétré. Vers le huitième jour les extrémités des veines vitellines forment de véritables villosités glycogéniques flottantes dans la substance du jaune, où elles dessinent des plis nombreux. D’après Cl. Bernard, auquel on doit la connaissance de tous ces faits, la matière glycogène est distribuée dans les cellules blastodermiquessous la forme de granulations arrondies comme le granule d’amidon dans les cellules végétales.