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U GLYCOGÉNIE CHEZ LES ANIMAUX A SANG FROID

nition et qui vit un certain temps sur sa réserve graisseuse. La graisse en s’oxydant peut former le glycogène. Quand cette transformation s'opère dans un organisme, nous en sommes avertis par la valeur particulière que prend le quotient respiratoire. Le surplus d'oxygène qui est nécessaire pour comburer l'hydrogène des corps gras s’accuse dans ce quotient, en rompant l’égalité des volumes d’acide carbonique et d'oxygène qui caractérise la combustion des hydrates de carbone. De fait, dans les œufs en incubation on a noté que ce quotient prend une valeur très inférieure à l'unité.

6. Chez les mammifères. — Chez les mammifères, il est beaucoup plus difticile d'indiquer la forme chimique antécédente au glycogène du placenta. Ce peut être le glycose du sang de la mère, qui refait la provision annexielle comme il entretient celle des muscles et des autres tissus maternels. Ce peut être aussi une substance élaborée parle placenta maternel et qui nous laisse le choix entre les albuminoïdes et les graisses, et ce peut être enfin ces différents corps dans une proportion qui varie avec les circonstances, à l’imitation de ce qui se passe dans les rapports de la glycogénie avec l’alimentation chez les sujets complètement développés.

E. la glycogénie chez les animaux a sang froid.

CL. Bernard a élabli que la fonction glycogénique est générale. On la retrouve chez les animaux à sang froid, vertébrés on invertébrés et son existence chez les végétaux est un fait anciennement connu. Chez tous les hétérothermes, elle présente seulement, comme toutes les autres fonctions, une élasticité plus grande et surtout des variations saisonnières , qui sont liées aux changements extérieurs de la température, contre lesquels ces êtres ne sont pas organisés pour se défendre.

A. Batraciens et reptiles. — Chez la grenouille, la tortue, les reptiles en général, le sucre ne fait défaut ni dans le sang ni dans le foie qui renferme également en plus une provision de glycogène. Tout le schème ordinaire de la glycogénie leur est applicable. La différence avec les vertébrés homœothermes consiste en ceci : vers la fin de l'automne la provision de glycogène hépatique augmente et atteint un maximum. Bientôt l’animal entre en torpeur. Il passe l’hiver dans un état d’inanition qui peut se prolonger, parce que ses manifestations fonctionnelles sont réduites au minimum. Pendant l’hiver ( surtout vers la fin) le foie renferme extrêmement peu de sucre et de glycogène. Cette réserve se reconstitue quand l’animal, sortant de son engourdissement, recommence à s'alimenter (Cl. Bernard).

Ablation du foie sur la grenouille. — Les animaux à sang froid ont poulies mutilations étendues une tolérance que n’ont pas les animaux à sang chaud. La déséquilibration qui en résulte pour les fonctions n’a pas chez eux les mêmes •conséquences immédiatement destructives que chez ces derniers. Sur une grenouille on peut enlever le foie ou encore lier tous les vaisseaux de cette glande sans entraîner la mort à bret délai. La conséquence est, dans les deux cas, la suppression de la fonction glycogénique. Si ensuite on enlève la ligature, de manière à réintercaler le foie dans le cycle circulatoire, la lonction reparaît. Seulement pour avoir un témoin de 1 existence de la lonction, il laut recourir a

L'ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE; LÀ GLYCOGÉNIE

un artifice; on ne peut pas songer à faire des prises de sang sur les grenouilles. On la rend préalablement diabétique en lui faisant la piqûre du plancher du quatrième ventricule. Après cette opération on recueille son urine qui se montre sucrée; après la ligature des vaisseaux hépatiques, le sucre disparait de 1 urine; après l’enlèvement de la ligature il réapparait. La quantité d’urine est augmentée par la polyurie qui accompagne le diabète; cette quantité est rendue plus grande en agissant sur plusieurs grenouilles placées ensemble sur un entonnoir, qui collecte l’urine dans une éprouvette. Cette élégante expérience est due à Schiff. Elle est une des formes qu’on peut adopter pour démontrer la localisation hépatique de la fonction. Cette localisation est, comme on voit, la même chez les vertébrés inférieurs que chez les mammifères.

l>. Poissons. — Chez les poissons on trouve dans le sang du glycose et dans le toie du glycose et du glycogène. Il faut seulement être prévenu que dans les conditions de mort par asphyxie, ce qui est habituel chez les animaux, ces substances disparaissent rapidement (Cl. Bernard).

C. Mammifères hibernants. — - Les hibernants ne sont pas des animaux à sang'

1 roi d ; on peut les appeler des hoinœothermes à deux degrés. Ces animaux règlent en effet leur température pour la saison chaude à un taux qui est celui des autres mammifères, et pour la saison froide à une température plus inférieure comprise entre + 5° et + 10° environ (Voy. Calorification , p. 465). Ce double régime thermique est le fait chez eux, non de l’ahscnce complète d’un système régulateur de la chaleur, mais d’une adaptation de leur système nerveux à des conditions thermiques extérieures très différentes. C’est ce qui ressort desexpéi iences de Cl. Bernard sur la façon dont le réveil s’opère chez eux, comparée à celle des animaux proprement hétérothermes. Chez ces derniers la chaleur

pénètre du dehors par le sang, envahit les tissus et leur fournit individuellement une condition essentielle de la manifestation de leurs propriétés. Chez les hibernants, la chaleur agit sur les nerfs cutanés (ou sur les nerfs sensitifs en général), excite le système nerveux, qui commande alors les réactions thermogènes propres à ramener la température à son taux supérieur. Le mécanisme du i ri hauffement est, comme on voit, très difïerent dans les deux cas : dans le premier il se fait par un apport extérieur de la chaleur (facilement répartie par le

sans

dans le second il se lait par une création intérieure de chaleur (excitée parle système nerveux).

1. Glycogénèse indépendante de l’alimentation. — Le cycle glycogénique de l’hibernation présente un grand intérêt, parce que, pendant l’état de torpeur de 1 animal, il se montre à nous dégagé des complications qui lui sont apportées par 1 alimentation. — L'animal en hibernation est comparable à l'animal inanitié ou encore à l'œuf de l'oiseau; il vit (d’une vie, il est vrai, très réduite) sur une réserve constituée antérieurement dans certains de sce tissus. Cette réserve, c est chez lui manifestement la graisse. En saison d’automne, à l’approche du sommeil hibernal, elle se constitue dans 1 abdomen, sous la peau, mais surtout dans une glande particulière, la glande hibernale , que l'on voit pendant le sommeil diminuer peu à peu, à mesure que ses cellules perdent leur contenu graisseux. Cette graisse se transforme dans le foie en glycogène. Ce glycogène, jiour une part livré au sang sous forme de glycose, se consomme dans les tissus et se traduit finalement par l’acide carbonique qui est excrété faiblement mais c onstamment par le poumon ; pour une autre part, il s’accumule dans le foie, où il constitue une réserve d’un degré plus rapproché et plus immédiatement disponible, qui fera face aux premiers besoins du réveil.

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