LA GLYCOGÉNIE CHEZ LES ANIMAUX A SANG FROID
Constante glycémique. — Lorsque le réveil survient, cette réserve <le glycogène hépatique s’entame à son tour. 11 est remarquable que, quelle que soit l’activité glycogénique, le sucre ne s’accumule pas dans le sang, où il ne dépasse jamais 2p. 1000. La destination de ce sucre nous est connue; il alimente les organes en glycogène et couvre à chaque instant la dépense énergétique des muscles et des tissus, qui est devenue 'subitement très grande. Un phénomène corrélatif d’augmentation de la thermogénèse en est la conséquence directe et immédiate; la température de l’animal peut augmenter de 30° dans l’espace de 3 ou 4 heures.
2. Transformations des graisses en glycogène. — Nous suivons ainsi plus commodément la substitution qui se fait des graisses au glycogène hépatique et au glycose, puis de celui-ci au glycogène tissulaire et à l’acide carbonique. Il nous manque de le pouvoir faire pondéralement. C’est que, de toutes ces réserves qui s’échelonnent sur le trajet du cycle, aucune, à part la provision initiale de graisses, n’est constituée à aucun moment à l’état global ; mais toutes ont loin valeur tixée par une balance entre l’apport qui les crée et la dépense qui les détruit. La transformation des graisses en hydrates de carbone ne peut néanmoins faire aucun doute dans l’espèce. Elle nous est attestée par les indications du quotient respiratoire.
Indications du quotient respiratoire. — Ce quotient (rapport de 1 acide carboniqué exhalé à l’oxygène absorbé) prend, chez l’animal en hibernation, une valeur tout à fait caractéristique. Régnault et Reiset l’ont vu descendre très au-dessous de 0,5 (exactement 0,399 dans une expérience). Pour rendre compte de l’exagération du chiffre de l’oxygène sur celui de l’acide carbonique nous pouvons faire deux hypothèses. La première serait que les graisses sont directement et complètement oxydées : la formule des corps gras montre que dans ce cas l’oxygène employé se divise en deux parts, lune qui oxyde le < ai houe et si retrouve dans un volume égal d’acide carbonique, 1 autre qui oxyde 1 hydrogène (incomplètement oxydé par l'oxygène préexistant dans la molécule) el c est le surplus qui donne sa valeur prépondérante au dénominateur de la traction
(i< )2— JL — o 399 La seconde hypothèse admet que le phénomène est moins
direct, partant plus compliqué. Simultanément il y a oxydation des hydrates de carbone jusqu’à l’état d’acide carbonique et d’eau et reconstitution des hydrates de carbone dépensés par une oxydation incomplète des graisses. Dans l'oxydation des hydrates de carbone, l'oxygène est uniquement employé à oxyder du carbone et fait retour sous un volume égal d’acide carbonique. Dans 1 oxydation incomplète des graisses, qui a pour effet de leur fournir l’oxygène qui leur manque pour parfaire la molécule d’eau censée incluse dans la molécule d’hydrate de carbone, il n’y a pas d’acide carbonique formé, ('/est cette quantité supplémentaire (pie nous retrouvons dans ce cas comme dans le précédent et qui abaisse la
valeur du quotient à environ 0,40 ; c’est cette seconde explication qu'il faut
admettre comme seule conforme à l’ensemble des données de l’expérience.
3. Augmentation de poids. —Un fait qui concorde avec la transformation des graisses en hydrates de carbone, c’est l’augmentation parfois assez sensible de poids que présente l’animal hibernant, par exemple dans l’intervalle de deux mictions. On ne la comprend pas avec une oxydation complète de la molécule de graisse qui aurait pour effet d’éliminer celle-ci en entier, sous forme d acide carbonique et d’eau. ( )n la comprend au contraire avec une oxydation incomplète
L'ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE ; LA GLYCOGÉNIE
de celte molécule, qui alors, non seulement n’en élimine rien, mais la laisse fixée dans 1 organisme avec addition du poids d’oxygène qui a servi à sa transformation en hydrate de carbone. Cette transformation estdonc, à certains moments, assez active, pour que le poids du supplément d’oxygène absorbé l’emporte sur celui du carbone et de la vapeur d’eau éliminés par la combustion parallèle jamais complètement supprimée des hydrates de carbone.
Glycogénie chez les invertébrés.
Chez les invertébrés on trouve facilement la matière glycogène, soit en 1 isolant chimiquement pour essayer ses réactions, soit en la decelant sur place à l’aide du réactif iodé. Le sucre est beaucoup plus difficile a constater. La localisation du glycogène est encore sensiblement la même que chez les vertébrés supérieurs. On le trouve dans le foie, où il affecte une situation particulière par
P P oi t d 1 oigane sécréteur de la bile, et dans certains tissus qui sont spécialement les revêtements ectodermiques etaussi les muscles, le tout présentant certaines différences quantitatives ou même topographiques, suivant les classes.
A. Mollusques. Chez les Mollusques (gastéropodes, acéphales...) on le trouve en grande abondance, notamment dans les huîtres dites grasses, où il infiltre les tissus. Le foie de ces animaux est composé de tubes s’ouvrant dans l’intestin, qui y do\ ers eut un liquide semblable à la bile. Le glycogène est accumulé autour de ces lu ils ou dans leuis interstices. Dans 1 huître en voie de développement il se oudi.se principalement dans une sorte de disque ou de bourrelet garni de cils \ i h alih s, qui lait hernie entre les valves et qui tombe quand l’animal, perdant la laculté de se mouvoir, se fixe sur le rocher (Cl. Bernard).
l>. Au iili lls. — Chez les Articulés la fonction glycogénique nous présente à relever les faits suivants. — Chez les Crustacées le glvcogène est tantôt abondant et tantôt rare ou même presque absent. Ces différences sont liées au phénomène . e a 1UHL’ A cet (aines périodes, d autant plus rapprochées que le sujet est plus Jeune, la carapace devenue trop étroite tombe et l’accroissement de l’animal
LMcnl possible. Cet accroissement se fait aussi par poussées successives et c'est à (e moment que la fonction glycogénique prend, pour quelque temps, une activité nouvelle. Le loie contient alors le glycogène en abondance, de même le revêtement cutané et de même aussi les muscles. - Chez les Insectes à l’état adulte on li orn e c gl) ( ogène et le glj cose. Lorsqu’ils sont à l’état de larves, on n’y décèle pas c c g '(ose, mais ils sont infiltrés de glycogène qui constitue à peu près entièrement ce qu’on a appelé le corps adipeux de l’animal. A l’état de chrvsalide le sucre commence à devenir décelable (Cl. Bernard).
f. \ ers. Dans les I ers (lombrieoides, enlozoaires, tænias, cysticerques) on Peut constater également la matière glycogène (Cl. Bernard).