ÉQUILIBRE GLYCÉMIQUE ET NUTRITIF
elle-même est liée n révolution des graisses et des albuminoïdes, elle traduit Y équilibre de la nutrition dans son ensemble. Cette liaison, qui appelle les trois ordres de principes immédiats à contribuer à l’entretien de la substance énergétique (glycosc), est affirmée par les faits, mais mal connue dans son mécanisme et dans sa localisation organique. Elle se réalise sans doute au prix de transformations nombreuses, complexes, faisant intervenir des cycles partiels, inclus dans le cycle général de l’évolution nutritive et impliquant des retours plus ou moins nombreux de la même substance a des formes chimiques quelle avait quittées et qu’elle reprend partiellement. Nombre d’organes dont les fonctions nous sont inconnues (rate, ganglions lymphatiques, etc.) peuvent avoir un rôle plus ou moins direct ou effacé à jouer dans ces transformations. L expérience physiologique en a fait connaître un que les idées courantes ne désignaient nullement comme devant intervenir dans le cycle intérieur de la nutrition. Cet organe est le pancréas. Les faits sont d’une grande évidence, leur explication satislaisante est cncoïc a
trouver.
I. Diabète dit pancréatique. — ô oiiMering et Minkowski (1 889 ) observèrent que 1 ablation du pancréas chez le chien, et en généial les vertébrés, a pour effet une glycosurie très abondante accompagnée des symptômes principaux et habituels du diabète , polyuiic, polyphagie, autophagie, amaigrissement, consomption graduelle aboutissant à la mort. Ces faits furent confirmés par Lépine, Titiroloix, Hédon et beaucoup d’autres expérimentateurs.
1. Extirpation du pancréas. - La condition à remplir pour obtenir ce résultat c’est que l’ablation soit totale ou tout au moins presque totale. Si on laisse une portion de la glande équivalent à 1/5, d’autres même disent 1/10, la glycosurie peut manquer. La fonction digestive du pancréas est hors de cause, car l’ablation de la tète de l’organe, qui forcément supprime les rapports avec l’intestin et son influence sur les aliments, ne suffit pas à produire le diabete. L’action irritante ou destructive de l’opération sur les plexus nerveux est également à éliminer, car si on fait l’opération en plusieurs temps, séparés par des intervalles suffisants pour laisser les plaies se cicatriser, le diabète ne se produit
que lorsque la dernière portion a été enlevée.
L’opération est délicate et la survie difficile à obtenir, parce que pour l’intestin les menaces de gangrène sont grandes et l’établissement du diabète augmente la tendance à la suppuration.
2. Destruction in situ. — En présence des difficultésde l’ablation extemporanee on~a songé à utiliser la méthode de Cl. Bernaud, consistant à provoquer la sclérose atrophique de la glande par injection dans ses canaux excréteurs de corps gras ou autres substances (gélatine, bitume de Judée, etc.). Cette méthode a ele employée par Gley, Thiboloix, Hédon, avec succès en ce qui concerne 1 atrophie ; mais le diabète, ou bien fait défaut, on se montre très léger avec tendance a
L'ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE ; LÀ GLYCOGÉNIE
guérir; ce qu Hédon explique par la lenteur apportée à la suppression de la fonction, lenteur permettant à des fonctions ricanantes de se développer, tant en ce qui concerne le rôle digestif que le rôle glyco-régulateur de la glande disparue.
3. Transplantation et greffe sous-cutanée du pancréas. — Pour mieux accuser la dissociation des fonctions digestive et glyco-régulatrice, on choisit un li agment notable de la glande (sa portion descendante) qu’on amène audessous de la peau pour l’y greffer en lui laissant son pédicule vasculaire qui passe entre les lèvres de la plaie. Ce fragment se fixe dans le tissu cellulaire et déverse son suc par une petite fistule. Si des connexions vasculaires nouvelles s y établissent a\ec la circulation cutanée, on pourra même sectionner son pédicule sans risquer de l’atrophier.
Lorsque sa nutrition est ainsi assurée on peut enlever ce qui reste du pancréas dans l’abdomen. Cette ablation n’entraîne pas de glycosurie. Mais enlève-t-on la portion greffée, les symptômes du diabète apparaissent aussitôt (Minkowski, Hédon).
L’expérience est très probante, mais elle exige que l’on n’attende pas trop de temps entre le moment de lasecliondu pédicule et l’ablation du reste du pancréas, rat , avec le temps, la portion greffée est vouée à l’atrophie. En somme, l’exécution de sa fonction glyco-régulatrice ne garantit pas à l’organe déplacé sa persistance; preuve que, tout en étant distincte, cette fonction conserve quelque lien avec celle qui oblige le pancréas à déverser son produit dans l’intestin.
4. Observation clinique. Nous avons indiqué plus haut les symptômes par lesquels se traduit l’ablation du pancréas et qui ne sont autres que ceux du diabète, dans une de ses formes les plus graves, tel qu’on l’observe cliniquement. A\ant que 1 expérience intervînt on avait eu, à plusieurs reprises, l’occasion de noter, dans l’autopsie des diabétiques, des altérations du pancréas. Lancerealx et Lapierre ont établi cette relation d’une façon définitive. Le diabète peut néanmoins exister sans lésion apparente du pancréas (Lkpixe, Mollard, Sandmeier) , il peut, d autre part, taire défaut dans les cas d’altérations limitées de cet organe ; il coexiste par contre fatalement avec toute altération totale de la glande, chez l’homme comme chez les vertébrés supérieurs; il se rencontre particulièrement avec la sclérose périacineuse (Lépine, Lannois et Lemoine).
II. Examen des symptômes. — Les plus intéressants à examiner pour nous, sont ceux concernant les troubles des échanges avec le milieu, la modification des egesta.
a. Glycosurie . — La quantité de glycose éliminée par burine est considérable. La glycosurie s’établit rapidement ; elle ne cesse que peu de temps avant la mort. Elle va de pair avec une hyperglycémie également considérable, mais qu elle ne suit pas étroitement. Pendant ce temps le foie contient très peu ou pas de glycogène , les muscles sensiblement pas, au moins dans les cas de diabète grave.
b. Azoturie. — Le trouble de la nutrition ne se traduit pas seulement par l’hyperglycémie et la glycosurie ; l’urée, l’azote de 1 urine est également augmenté, il y a azoturie. L' élimination anormale du sucre ' s'accompagne par conséquent d'une destruction